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Un visiteur
2,5
Publiée le 29 août 2009
Un western en dents de scie, Je pense que le projet de départ se voulait ambitieux mais quelque chose n'a pas du fonctionné. Un scénario intéressant à la base mais sans doute à moitié écrit ou escamoté et une réalisation un peu trop banale pour en faire un grand western.
La rencontre entre John Sturges et Clint Eastwood aurait pu donner une oeuvre de haute facture, au lieu de cela nous avons le droit à un western qui n'est certes pas foncièrement mauvais, mais qui est tout de même extrêmement banal. L'histoire n'est guère captivante, mais le tout se laisse néanmoins regarder grâce à la bonne performance de Clint Eastwood, à la sympathique partition de Lalo Schifrin et aux jolies décors de Charles S.Thompson. Un film mineur donc dans la filmographie de John Sturges et de Clint Eastwood.
Un western comme un duel. Deux, seuls au milieu de deux groupes antagonistes. Pas un western traditionnel mais une aventure tendue et âpre. On est loin des cavalcades habituelles. Pas mal.
Dans « Joe Kidd », Clint Eastwood joue une variante de l’Homme sans nom, incarnant à nouveau un cow-boy taciturne et macho, excellent tireur et bagarreur. Certes il a cette fois un nom, et il n’est pas vagabond, mais à l’écran cela ne change pas des masses. Bref, notre homme se retrouve coincé entre deux adversaires : un révolutionnaire mexicain et un grand propriétaire terrien. Il y a dans ce western une volonté de pondre quelque chose de nuancé, avec ce révolutionnaire aux motivations saines mais aux méthodes plus que discutables, interprété par John Saxon. Cependant cette nuance est anéantie par le méchant joué par Robert Duvall, archétype du riche arrogant n’hésitant pas à tuer des innocents, et entouré de crapules. C’est dommage car cela aurait dynamisé le film, qui en l’état est un peu mou, même sur 1h27 ! Toutefois « Joe Kidd » demeure appréciable. Grâce à son trio d’acteurs, ses très jolis paysages naturels, et quelques très bonnes idées. Par exemple l’exploitation d’un arsenal moderne (fusils à lunettes, arme semi-automatique), ou cette utilisation finale étonnante d’une locomotive ! Par contre, je ne sais pas quelle mouche a piqué les monteurs sonores, qui ont accolé TOUS les pas de Clint Eastwood de bruits d’éperons. C’est peut-être réaliste après tout, mais cela ruine quelque peu la crédibilité des séquences où il est censé être discret…
Western un peu mou de la gâchette mais plaisant où le nonchalant mais pragmatique Clint fait sa loi entre les Mexicains spoliés et les riches propriétaires blancs.
Un Clint Eastwood mineur et sympa. J’ai bien aimé le début, l’accoutrement de Joe Kidd, sa désinvolture au tribunal et le voir sanctionné de travaux d’intérêt général ! Puis, on retrouve un Clint Eastwood un peu plus conforme à ce qu’il a commencé à jouer et qu’il peaufinera avec le temps au point de penser à tort qu’il a toujours joué ainsi ce genre de personnage : un homme qui défie toute forme d’autorité, agissant comme il l’entend avec un humour froid et tellement réjouissant. On a tendance, moi le premier, à croire qu’il a toujours été ainsi dans ses rôles. Non, « Joe Kidd » se place juste avant « L’Homme des hautes plaines » son premier western qu’il réalisera et juste après un inspecteur Harry. Cependant, on peut reconnaître dans le personnage de « Joe Kidd » bien des aspects de ses personnages dans la trilogie de Sergio Leone et dans celui de « Sierra Torride ». Avec "Les Proies", il offre une prestation à part et d'autres prestations exceptionnelles suivront et ponctueront sa filmographie.
A noter que John Sturges avait réalisé le « Dernier train de Gun Hill », un train qui entrait en gare normalement ; avec Clint Eastwood, le train qu’il conduit termine sa course dans un saloon, stratagème pour flinguer trois hommes à Harlan (Robert Duvall). Voilà ce qu’inspire Clint Eastwood, une démesure à la mesure de son humour démesuré ! Quand j’y songe, même le début est conforme à ce qu’inspire Clint Eastwood…
Un western très moyen qui n'est pas à la hauteur de la filmographie de Clint Eastwood. Le scénario est paresseux et parfois même improbable. On ne se sent jamais vraiment interessé par l'histoire. Même Clint Eastwood, que j'aime beaucoup, semble s'ennuyer dans ce film. On pouvait espérer tellement mieux de la rencontre entre John Sturges et Eastwood. Un film qui s'oublie assez vite. Dommage.
Clint Eastwood, impavide (sa colère est intérieure), vole au secours de la veuve et de l'orphelin mexicains (surtout la veuve), dans un western fin de race. John Sturges est aussi au bout du chemin, avec sa mise en scène désabusée et molle du colt. Il a tout de même de beaux restes et la chose se voit sans déplaisir, un mégot de cigarillo au coin du bec.
Depuis ses succès avec Sergio Leone, Clint Eastwood de retour à Hollywood collabore essentiellement avec Don Siegel ("Un shérif à New York", "Sierra Torride", "Les proies", "L'inspecteur Harry"), faisant fructifier l'image de machiste marmoréen qu'il s'est forgée dans les sierras espagnoles. Il s'est essayé à la réalisation avec un thriller de très bonne facture ("Un frisson dans la nuit") qui lui a apporté une certaine reconnaissance critique et un succès d'estime. Il a aussi fondé sa propre maison de production (Malpaso Company) qui produit depuis "Pendez-les haut et court" (Ted Post, 1968) presque tous ses films. En cette décennie 1970, nous avons donc affaire à un homme très conscient d'avoir atteint la gloire sur le tard, sur un coup de dé qui entend faire fructifier très rapidement son capital de popularité en prévision d'un revers de fortune toujours possible. "Joe Kidd" s'inscrit dans cette logique, faisant appel à John Sturges, vétéran du western et surtout réalisateur des "Sept mercenaires" (1960) qui a fait la popularité de Steve Mac Queen, issu tout comme lui des westerns télévisés. "Au nom de la loi" pour Mac Queen, "Rawhide" pour Eastwood. Adapté d'un roman d'Elmore Leonard qui signe le scénario, le film hésite en permanence entre le ton parodique des westerns spaghetti et celui plus ambitieux des épopées sur les éternels conflits terriens avec les populations indigènes (ici les mexicains) qui ont émaillé la conquête de l'Ouest. Cette hésitation stylistique imprègne le héros Joe Kidd qui a plusieurs reprises changera de camp, tout d'abord en fonction de ses intérêts personnels puis mû par une conviction qui s'affirmera quand il constatera que Frank Harlan (Robert Duvall), l'homme qui l'emploie est une crapule cynique et sadique. Si Robert Duvall est excellent en hobereau sûr de son fait et sans affect, Clint Eastwood semble moins concerné, pensant sans doute déjà au western qu'il va mettre en scène juste à la suite et qui sera son premier chef d'œuvre de réalisateur. On regarde donc d'un œil distrait ce western de série pas infamant mais mené par un John Sturges en bout de course qui prendra sa retraite quatre ans plus tard non sans avoir mis en scène un policier avec John Wayne tout à fait estimable ("Un silencieux au bout du canon") et un film de guerre sur le projet prêté à Hitler d'enlever Winston Churchill ("L'aigle s'est envolé" en 1976). Rien n'oblige donc à la vision de "Joe Kidd", à peu près tous les autres westerns dans lesquels Clint Eastwood a joué étant de meilleure facture.
Réalisé par un John Sturges fatigué, « Joe Kidd » est un western mineur pour Clint Eastwood et peu (re)connu. On comprend mieux pourquoi en le regardant…
Un Western mineur dans la carrière du cinéaste John Sturges que j'ai connu plus inspiré dans les années 50 et le début des années 60 !! Le film commence mal avec un rythme mou mais parvient à se sauver après une demi heure avec l'arrivée d'une troupe de chasseurs de primes arrivant dans le patelin pour tuer un chef Mexicain recherché. "Joe Kidd" accepte de les aider car il a perdu un ami de ranch capturé mais s'aperçoit que ceux qu'il aide sont racistes, sauvages et abattent froidement des Mexicains. Un film à peu prés pas mal dont on retrouve quelques ingrédients des glorieux long métrages de John Sturges, une histoire captivante, des fonds de décors entre déserts et montagnes filmé magnifiquement mais "Joe Kidd", sortit en 1972, peut paraitre comme le film de trop chez le cinéaste, c'est à dire déja-vu. Clint Eastwood incarne le personnage du role titre avec charisme et fougue mais se fait voler la vedette par le haissable mais génial Robert Duvall.
Rien de transcendant dans ce western de bonne facture mais terriblement conventionnel. Clint Estwood habituellement si charismatique parait même s'ennuyer un peu.
J. Sturges aux manettes, L. Schifrin à la musique et bien sur E. Leonard au scénario, c'est un trio qui aurait du fonctionner surtout si l'histoire est ensuite jouée par C. Eastwood notamment. Apres vu Reglement de comptes à OK Corral ce western est moins bien sur. Mais ce Joe Kidd reste agréable à regarder et on passe tout de même un bon moment.
En 1972, l'âge d'or du western est passé. Peckinpah est venu le démolir avec La Horde Sauvage (1969) et Leone lui a offert de fastes funérailles avec Il était une fois dans l'Ouest et la Révolution. C'est l'année où sort Jeremiah Johnson (de Pollack) mais c'est déjà l'ère d'après, où le genre peut être déstructuré sans grande incidence puisqu'il n'y aura plus de mouvements, comme dans les sixties avec son western spaghetti et les dérivés (zapata, fayot, etc). C'est dans ce contexte que John Sturges, auteur de films d'action et de westerns aux bénéfices juteux ( en tête les 'classiques' : La Grande Evasion et Les sept mercenaires ), conçoit Joe Kidd. Ce divertissement affable cumule sophistication visuelle, action poussive et état d'esprit bituré, avec surgissement de train dans un saloon pour marquer le coup. Le cinéaste est en fin de carrière et le genre s'effondre, mais en tête d'affiche est placé Clint Eastwood, un des héros de la trilogie du dollar de Leone, devenu un des acteurs les plus bankable d'Hollywood. Son succès est tel qu'il a pu se permettre un premier long-métrage en tant que réalisateur : Un frisson de la nuit, point de départ du pan de sa carrière le plus passionnant. Dans Joe Kidd, Eastwood joue son personnage conventionnel de misanthrope adapté, un ton en-dessous. Il dégaine peu, s'oppose avec modération, sa distance confine à l'indifférence, son activisme est mécanisé au point d'en perdre sa ferveur badass presque involontaire. Cette dimension de son jeu sera exacerbée par la suite, notamment au travers de " L' Homme des Hautes plaines " ( l'année suivante ), puis passée à la question, notamment dans les films où Eastwood se met lui-même en scène ( "Impitoyable " ). Joe Kidd est un western banal, si léger qu'on en viendrait à lui trouver des postures de dédain envers le genre qu'il emprunte. Nul contenu critique pourtant, c'est un divertissement où des talents envoient la marchandise, avec une paresse tempérée et ce qu'il faut de style. Le départ joue d'une certaine médiocrité, lors de l'apparition d'Eastwood au tribunal, perturbée par l'intrusion d'un troupeau de bourrins. Arrive un autre groupe, plus mesquin, emmenant vers les véritables enjeux au programme, c'est-à-dire la traque d'un homme. C'est le bal des benêts, ça jure tout le temps, le scénario et la cohérence sont assez élagués pour libérer les molles (mais sereines) énergies. Les justifications de bases sont assez bancales, avec cette petite ville quasi vidée en apparence ( certains dialogues le démentent ) où tant de monde se retrouve, en étalant leur hargne mais en souffrant apparemment de l'existence de murs invisibles. Joe Kidd : happening nonchalant et sans gloire