L'Inspecteur Harry
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J.Dredd59
J.Dredd59

122 abonnés 703 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 août 2015
Le premier opus d'une des plus grandes sagas de film policier, culte et intemporelle. Enfin intemporelle pas trop quand on voit le brushing, les caisses, les décors... mais bon on se laisse prendre, ça reste contemporain.
Dirty harry, tout le monde connait non ? Ia bien une raison. Faut dire que tout est maitrisé dans ces films, du suspens aux sentiments, le côté dur comme les moments plus cools, pas trop passé, une bonne zic et pas grand chose de mauvais à relever. Comme la justice et l'inspecteur, la note est implacable.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juin 2017
Clint Eastwood est Dirty Harry, c'est un type violent, sanguin et qui a ses propres lois. Voilà en gros le personnage, et c'est vraiment un plaisir de le suivre. Il y a donc le super-flic Harry Callahan et le super-psychopathe Scorpio. Peu de profondeur, subtilité ou nuance dans ces personnages. Mais derrière tout ça, il y a une véritable enquête, passionnante à suivre. Les personnages sont plutôt attachant (dans leur genre) et bien écrit, tout comme les dialogues (moins ils sont subtiles mieux c'est, notamment grâce à certaines punchlines de Harry). Don Siegel maitrise sa réalisation et nous offre un magnifique Los Angeles, brillamment exploité. Au final c'est une vraie réussite, entre polar avec une bonne dose d'humour noir et des personnages intéréssant. Clint Eastwood est au sommet dans un rôle qui façonnera sa légende. Captivant et excellent !
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 janvier 2012
Le film qui a lancé le prototype du flic qui hait la bureaucratie, qui est toujours opposé à ses supérieurs et qui ne fait pas dans la subtilité pour parvenir à ses fins. Bref le genre de type qu'on aimerait bien être si on avait plus de couilles et prototype qui a été tellement et tellement employé que le plus étonnant dans les films policiers de ses trente-quarante dernières années c'est quand on l'utilise pas. Généralement le meilleur reste toujours la première oeuvre d'un genre, et "L'Inspecteur Harry" ne fait pas exception à la règle. C'est efficace, violent, sans esbroufe, trouvant son sommet dans la remise de la rançon à travers San Francisco et Clint Eastwood est THE charisme. Bien sûr le méchant par son incroyable capacité à ne vouloir faire que le mal est très réussi. Ayant fait scandale à cause de la soi-disante idéologie faciste du personnage de Clint Eastwood, le film est juste à prendre en fait comme une très belle réussite dans le cinéma d'action.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 juin 2014
S'il est indéniable que pour de nombreuses raisons ce film marque une date dans l'histoire du cinéma américain, il reste tout aussi évident en le revoyant que c'est un très mauvais film . Il est vraiment laid à regarder , même Clint n'y est pas à son avantage. L'affreux méchant est lui carrément une caricature qui blessée deviendra un cauchemar ambulant. La liberté dont fait preuve Don Siégel dans sa façon de filmer est d'un goût déplorable, le plan le plus prétentieux et malvenu étant le travelling arrière gigantesque sur un stade vide dans lequel un fou est torturé. D'autres films de Callahan suivront et certains seront plus convaincants et plus intelligents mais ''Dirty Harry'' restera célèbre pour avoir lancé une mode et grâce aussi à quelques répliques bien imaginées, notamment celle concernant un homme qui poursuivait érotiquement une femme avec un couteau de boucher. Les deux épisodes annexes (tuerie et descente de l'échelle de pompiers) ne sont que du remplissage et le final dans le car du grand n'importe quoi lorsqu'il s'agit d'une thèse aussi ambitieuse sur le rôle de la police à San Francisco. 1970 est la date qui correspond à la chute du cinéma d'auteur américain, ce film est totalement représentatif du début ce phénomène.
MaCultureGeek

1 161 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juillet 2016
Des films aussi marquants que ce "Dirty Harry", il en existe peu. Parce que si tu veux voir un bon vieux trip sur un flic badass et burné, pour lequel torture et meurtre sont comme chasse et pêche, autant revoir les bases même de ce sous-genre cinématographique. Et le truc a beau avoir plus de quarante ans ( quarante-cinq, plus précisément ), ça reste foutrement efficace. Plan par plan, Don Siegel instaure un nouveau genre de films, et par là même de personnages. Original par bien des aspects, il fait de son acteur une star internationale, bien plus iconique, à mon goût, que la periode western d'Eastwood. Mythique, le personnage de Calahan ne cesse de faire des émules; aujourd'hui encore, ses pastiches foisonnent par dizaines, jusqu'à la série "Arme Fatale", catastrophe annoncée. A l'évidence, le détail le plus marquant du film se trouve dans son acteur principal, et véritable icône du cinéma de genre : Clint Eastwood, aka Dirty Harry, aka la coqueluche de Sergion Leone, fut-il un temps. Pour tout vous dire, son interprétation n'est guère finaude; le type a beau envoyer du lourd, il le fait avec une sulfateuse, et non pas avec la finesse de danceuses étoiles, du style de ... je sais plus trop qui. Mais c'est avec classe qu'Eastwood interprète son personnage, ce bourreau très "punisheresque", lui fournissant tout le charisme qu'un tel protagoniste requérait. De toute évidence, Harry, c'est lui et personne d'autre; il est irremplaçable, tout comme Stallone en Rocky ou en Rambo, et Schwarzy en Conan ou en Terminator. C'est, je pense, à cela que l'on discerne le grand acteur de l'interprète simplement convaincant. Tout le travail de réalisation est également à souligner, tant Don Siegel, déja metteur en scène de ce chef d'oeuvre de "Body Snatchers", nous fait part d'un travail autant impeccable qu'irréprochable; voir un tel métrage s'ouvrir sur un tel plan, c'est juste majestueux. Et en plus de poser les bases de l'ambiance du film à venir, cette introduction nous présente ce dont on va parler par la suite : le bad guy de l'histoire. Qu'on se le dise, Andrew Robinson n'est pas constamment dans le juste, mais mince, le mec s'y croit à donf. C'est pas parfait, certes; mais bon, quand tu t'intéresses un minimum à son regard, tu captes que le mec, il est pas seul dans sa tête. Disons juste qu'il se perd, parfois, à parler intérieurement avec Jackie et Bruce, sans réellement se demander si son jeu se trouve dans la nuance et la finesse. Mais au final, le résultat reste vraiment très convaincant. L'écriture, par contre, est de grande qualité; rédigée avec style et maîtrise, elle fait constamment preuve d'une variété des thèmes abordés fortement appréciable. C'est bien construit, bien pensé, en bref, c'est clairement bien foutu. Pas une réelle incohérence, des punchlines de folie, des personnages bien étoffés; en y réfléchissant, je ne trouve guère de défaut."Dirty Harry" est un grand film qui pose la plupart des codes d'un genre aujourd'hui surfait, et duquel l'originalité semble peiner à arriver. Porté par un acteur au fort charisme, et savamment agrémenter d'une forte personnalité, le film se veut viscéral et glauque, dépeignant une triste vision désillusionnée d'une Amérique en plein déclin, tant idéologie que populaire. A voir, un grand film. Mieux, un classique.
sly-stallone88
sly-stallone88

244 abonnés 2 224 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mars 2011
ce premier volet des aventures de l'inspecteur Harry donne le ton de la série : violence et justice à tout va !!! jouissif
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2022
Un chef-d'œuvre du 7ème Art peut-être pas toutefois L'Inspecteur Harry est clairement un grand polar américain des années 70 ; une réelle découverte à faire pour ceux qui ne l'ont jamais vu.
Le réalisateur Don Siegel tourne clairement l'un de ses meilleurs films et l'un de ses plus connus. Ebranlé par une criminalité en hausse, ce polar urbain reflète la violence de la société de l'époque à travers la traque d'un tueur sadique par un flic coriace aux méthodes peu orthodoxes.
Clint Eastwood incarne avec beaucoup de charisme ce policier qui allait rapidement devenir une figure marquante du cinéma (divers acteurs ont été approchés pour ce rôle dont Paul Newman, John Wayne et même Frank Sinatra) , l'autre vedette étant son revolver : un .44 Magnum arme ultra puissante (qui je crois normalement doit être manié des 2 mains et non d'une seule, mais bon on est cinéma et ça fait plus stylé) qu'il utilisera de manière excessive lui vouant des critiques acerbes pour sa façon de se débarrasser des délinquants.
Ce film est un peu une vision fantasmée de la figure du policier, Harry a tout d'un justicier solitaire, servant à la fois une société qu'il considère comme corrompue mais lui en étant en même temps fidèle car à sa manière c'est un homme droit et respectueux.
Il sera l'homme de la situation pour arrêter un dangereux tueur (inspiré du Tueur du Zodiaque) incarné avec conviction par Andy Robinson. C'est le maire de San Francisco, joué par John Vernon, qui le charge de cette mission alors que le tueur réclame une rançon...de 100.000 $. New York et Seattle ont d'abord été évoqués comme lieu de l'action, finalement ce sera la cité californienne qui sera choisie pour son cosmopolitisme.
C'est un film bénéficiant d'une réalisation nerveuse, et c'est un film (surtout pour l'époque) assez violent ponctué de différentes excellentes scènes. Je ne fais pas tous vous les décrire quoiqu'il en soit ce polar enchaîne les situations ce qui permet un récit sans temps morts, il y aurait peut-être juste un manque d'intensité par moment.
C'est aussi un film aux dialogues savoureux (certains sont devenus cultes), et il ne faut pas oublier la musique de Lalo Schifrin qui participe au climat de ce polar marquant.
En bref si vous ne l'avez jamais vu, j'espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à le regarder...et qu'ainsi vous vous sentirez "lucky" d'avoir découvert cet incontournable du polar urbain des seventies.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 novembre 2024
« L’inspecteur Harry » est la quatrième collaboration de Clint Eastwood avec Don Siegel qu’il considère comme son maître, celui qui lui a mis le pied à l’étrier pour sa carrière de réalisateur dont on peut dire cinquante plus tard qu’elle a été fructueuse et même prestigieuse à certains égards. En 1971, Eastwood est encore catalogué comme un acteur de western. Après son retour d’Italie il a joué dans « Pendez-les haut et court » de Ted Post puis dans « Sierra Torride » de Don Siegel. Les deux fois, « l’homme sans nom » de la trilogie des dollars de Sergio Leone n’est jamais très loin. Don Siegel lui connaît parfaitement le genre policier. « Dirty Harry » qui était prévu initialement pour John Wayne, Steve McQueen, Paul Newman ou Frank Sinatra tous plus rodés au genre policier, devait être réalisé par Irvin Kershner. Mais Eastwood qui s’intéresse au projet convainc la Warner d’entrer dans le jeu et impose Don Siegel à ses côtés. Les deux hommes qui n’avaient pour but que de proposer un simple divertissement, spoiler: vont sans le savoir déclencher une polémique liée à la violence du film et au caractère raciste et clairement porté sur une justice expéditive de l’inspecteur Harry Callahan, interprété par un Clint Eastwood qui ne s’attendait pas à une telle volée de bois vert. La ville de San Francisco préférée à New York et à Seattle un temps envisagées, affiche un visage très loin du point de rencontre de tous les hippies du monde entier qui définit alors la ville. Meurtres, trafics de drogue, racket, vols à la tir et viols sont le quotidien des flics de San Francisco
qui ont parfois l’impression de vider la mer, armés d’un seau. Les politiques locaux semblent s’en accommoder, s’abritant derrière l’état de droit, rempart ultime contre l’inefficacité. Harry Callahan, flic revenu de tout et sans attache après avoir perdu sa femme fauchée par un chauffard, tente de trouver un exutoire en usant de méthodes plus que musclées qui embarrassent salement sa hiérarchie bien obligée de lui reconnaître des résultats probants. Le scénario de facture classique dépeint en entame à l'aide de scènes plutôt convenues, le personnage et le contexte dans lequel évolue le flic solitaire. « Dirty Harry " porte sacrément bien son surnom dans l’ambiance de l’époque qui sort à peine du rêve des sixties enchantées. Le réveil s’annonce brutal. Les Beatles se sont séparés, le 9 août 1969, Charles Manson et ses séides ont semé la terreur dans le quartier chic de Cielo Drive, assassinant au passage Sharon Tate la femme de Roman Polanski enceinte, enfin le conflit vietnamien n’en finit pas de s’enliser avec en sus le retour au pays mal vécu par des GI’S ne sachant pas vraiment pourquoi ils ont été envoyés en Extrême Orient sacrifier leur jeunesse et parfois leur vie. Quand un tueur psychopathe se nommant « Le Scorpion » rejoue l’attentat de Dallas sur les toits des buildings de la cité inondée de soleil, sa gueule d’ange (Andrew Robinson) choisie à dessein par Siegel ne va pas contribuer à atténuer la méprise qui enfle. Une critique scandalisée avec à sa tête l’impitoyable Pauline Kael, grande prêtresse du Nouvel Hollywood qui n’a pas de mots assez durs contre le réalisateur et son acteur, accusés de faire par extension le lit de l’auto-défense en se cachant derrière un flic violent et parfois sadique. Clint Eastwood venait de se voir coller dans le dos une étiquette de réactionnaire comme John Wayne avant lui qui s’atténuera certes avec le temps mais ressortira des tiroirs dès le premier pas de travers, notamment lors de la sortie de « Grand Torino » en 2009. Cinquante après la sortie de "Dirty Harry", on peut tout d’abord constater que le film s’il est assurément une dénonciation plutôt bien vue de l’impéritie des autorités, y oppose à travers le personnage de Callahan une solution qui à tout le moins méritait les réserves d’une certaine critique progressiste et humaniste. Eastwood et Siegel s’ils n’étaient pas des adeptes de la loi du talion, auraient sans doute dû introduire dans le scénario quelques indices l’indiquant clairement. Pour le reste si Clint Eastwood est toujours aussi impressionnant de flegme et de froide détermination, le film montre aujourd’hui ses limites scénaristiques liées à l’improbabilité totale du duel que se livrent Callahan et le Scorpion. « A bout portant » (1964) ou encore « Tuez Charley Varrick » (1973) seront donc à privilégier pour apprécier la maîtrise du genre policier de Don Siegel. Quant à Clint Eastwood, sa filmographie offre elle aussi plus de nuances et de profondeur de réflexion, vue dans son ensemble.
Objectivons

404 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juin 2025
Il s'agit d'un film policier qui serait considéré comme comportant des longueurs s'il sortait aujourd'hui, mais comme il est sorti dans les années 70, cela met dans l'ambiance de ces années-là.
L'intrigue est banale pour un spectateur qui compare avec notre époque, mais tel n'était peut-être pas le cas en 1972.
Le principal intérêt est le jeu de Clint, mais je n'avais pas l'impression de contempler un bijou du cinéma, malgré la présence de plusieurs phrases cultes qui ont traversé les années.
GyzmoCA
GyzmoCA

295 abonnés 2 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2020
Clint Eastwood est pour beaucoup de monde cet inspecteur Harry avec lequel il tourna 5 épisodes et qui lui donna une image d un homme raciste , aimant les armes .
Ce premier épisode mis en scène par son réalisateur fétiche (Don Siegel) est bien ancré dans son époque des années 70. L histoire s inspire de l histoire vraie du Zodiac, tueur en série qui sévissait dans les années 60. (Cette histoire a aussi donné le film zodiac de David Fincher).

Don Siegel effectue une mise en scène efficace avec des panoramiques et des plans de caméra bien trouvés . Le rythme est bon permettant de donner une tension à l intrigue .
Clint Eastwood est bien dans son rôle, cynique, percutant dans sa haine de tout le monde, mouvant sa silhouette élancée plein de désarroi. Le tueur scorpion a été bien casté avec un côté fou et réfléchi à la fois .

L inspecteur Harry est un très bon policier qui a inspiré de nombreux policiers derrière et qui montre (s’il le fallait encore) l immense talent de Clint , sobre et efficace .
videoman29

315 abonnés 1 921 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 avril 2020
Déjà bientôt 50 ans que l'excellent réalisateur Don Siegel (« L'évadé d'Alcatraz », « Sierra Torride » etc...) créait le personnage de « l'inspecteur Harry »... et je ne me lasse pourtant jamais de redécouvrir ses aventures. Très révélateur d'une certaine façon de penser et de vivre aux États-Unis, ce flic monolithique, brutal mais totalement incorruptible, est à lui-seul un état des lieux de la police de San-Francisco des années 70. On retrouve, dans son univers impitoyable, tous les grands thèmes et clichés chers à cette époque... qui n'a pas tellement vieillie, en fin de compte. Clint Eastwood y est parfaitement à l'aise, il n'incarne pas Harry Calahan, il EST Harry Calahan. Sa prestation est géniale et prouve sans discussion possible qu'il a été un grand acteur avant de devenir, à mon avis, le meilleur réalisateur actuellement en activité. Je vous laisse donc « déguster » ce classique indémodable en espérant que vous prendrez autant de plaisir que moi à redécouvrir ses dialogues qui sont, depuis longtemps, devenus cultes.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 février 2019
À la fin des années 60, les États-Unis vivent sous la peur du tueur du Zodiaque. En 1971, ce tueur en série n’étant pas arrêté (on en ignore encore d’ailleurs l’identité de nos jours), ce traumatisme est donc encore vivace et inspire un film : L’inspecteur Harry. Cette cinquième collaboration entre Don Siegel et Clint Eastwood (après Un shérif à New York, Sierra torride, Les Proies et Un frisson dans la nuit où cette fois c’est Eastwood qui réalise et où Siegel n'est qu’un simple acteur) est de nos jours surtout connu pour avoir donné naissance à un des personnages les plus connus du cinéma : l’inspecteur Harry Callahan.
Si aujourd’hui ce film est reconnu comme un excellent film policier, il ne faut pas oublier qu’il était à l’époque considéré par beaucoup comme fasciste. En effet, en cette époque où la contre-culture et le mouvement hippie battait son plein, le film de Don Siegel ne pouvait que susciter la critique dès ses premiers plans puisque ceux-ci se concentre sur une plaque commémorant les policiers morts en service. De plus, son héros est un policier n’hésitant pas à faire usage de son arme à feu et à utiliser des propos misanthropes et racistes.
Toutefois, cette vision du personnage et du film est très réductrice voire complètement fausse. En effet, Harry n’aime pas spécialement la violence spoiler: : il ne veut pas de nouveaux coéquipiers de peur que ceux-ci soient blessés ou tués, il n’intervient dans le braquage que parce que celui-ci se déroule avant l’arrivée des renforts et préférerait finir tranquillement son sandwich et laisser ce sale boulot à ses collègues (son surnom de Dirty Harry étant à un moment expliqué par le fait que celui-ci lui est toujours attribué), il sait pertinemment qu’il ne reste aucune balle dans son barillet quand il met en joue le braqueur mais joue sur la dissuasion…
De plus, l’accusation de racisme est totalement disproportionnée. Si Callahan tient des propos racistes, c’est plus par plaisir de provoquer qu’autre chose. En effet, il souhaite en réalité protéger son collègue mexicain et l’approuve quand celui-ci choisit de quitter le terrain, il entretient une relation amicale avec le médecin noir de la Police et il est affecté quand le petit garçon noir est assassiné par Scorpio (le tueur en série inspiré par le Zodiaque évoqué plus haut) laissant une mère en pleurs… Les attitudes réellement racistes sont surtout attribuées à Scorpio spoiler: (dans sa lettre de chantage, il utilise le mot "nègre" ; il cherche à s’attaquer à un homosexuel noir et est bel et bien l’assassin du petit enfant noir…). Au final, les seuls criminels noirs sont ceux de la séquence du braquage (celle-ci étant extrêmement marquante a peut-être au final pâti de sa réussite) et l’homme embauché par Scorpio pour le frapper.
Accuser le film de racisme est donc très réducteur puisqu’il montre au final plus de noirs victimes ou étant du bon côté de la loi (certains policiers). Il fait par contre preuve d'ambiguïté en montrant que parfois les droits de l’accusé peuvent avoir des limites spoiler: (si Harry torture Scorpio, c’est uniquement dans le but de savoir où est enfermée la jeune fille enlevée ; cette torture allant à l’encontre de la loi pousse à la libération d’un tueur dont on sait parfaitement qu’il récidivera et qu’il est coupable…)
. Derrière une façade de cynisme (qui sert peut-être surtout de protection), Harry n’utilise au final la violence que lorsqu’il n’y a aucun autre recours spoiler: (il aurait tué Scorpio dès la séquence du stade sinon)
et est surtout écœuré par l’absence de justice (ce qui explique son agressivité devant une hiérarchie n’osant pas affronter la dureté de la réalité en face). Il est ainsi beaucoup plus humain que sa caricature voudrait le laisser croire spoiler: : il semble ne se consacrer qu’à son travail suite au décès de sa femme causé par un ivrogne ; il oublie quelques secondes sa surveillance de Scorpio en voyant une femme nue ; il reconnait ne pas savoir pourquoi il continue à être policier ; il est jette son badge dans la mer après avoir tué Scorpio comme s’il était dégoutté par son métier…

Tout en étant un film beaucoup plus subtil que l’image qu’il possède, L’Inspecteur Harry n’oublie pas d’être un excellent film policier et d’action. La mise en scène de Siegel est d’une sobriété privilégiant l’efficacité à l’effet de style (Eastwood cinéaste semble d’ailleurs avoir été beaucoup plus influencé par Siegel que par Sergio Leone sur cet aspect). Toutefois, on peut noter que cette sobriété n’empêche pas quelques clins comme cette présence sur un mur (étrangement jamais évoqué par les critiques) d’un tag où est écrit KYLE (Kyle Eastwood étant né 3 ans auparavant) ou le cinéma affichant Play Misty for me, le premier film d’Eastwood en tant que réalisateur tourné juste avant et dans lequel Don Siegel tenait un petit rôle. À propos de réalisation, on peut souligner que la séquence de la tentative de suicide a été dirigée par Eastwood lui-même pour remplacer un Don Siegel malade. L’interprétation, quant à elle, est tout à fait convaincante avec un Andy Robinson ayant trouvé le rôle de sa vie avec le psychopathe Scorpio et surtout un Clint Eastwood prolongeant son personnage d’héros d’action cynique et qui est tellement convaincant dans ce rôle qu’il mettra des années à prouver qu’il ne doit être réduit à celui-ci.
Ainsi, L’Inspecteur Harry, accompagné par l’excellente musique de Lalo Schifrin, est donc très loin de l’image que ses détracteurs de l’époque, obnubilé par l’idéologie politique, ont bien voulu lui donner et se révèle donc un des films policiers les plus marquants des années 1970 et même du genre tout coup. Un petit chef-d’œuvre d’efficacité dans son genre. spoiler:
Uchroniqueur
Uchroniqueur

220 abonnés 2 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 octobre 2021
"L'Inspecteur Harry" film policier, thriller d'action, sorti en 1971, réalisé par Don Siegel. Premier opus d'une série de 4 films mettant en scène l'Inspecteur Harry Callahan avec Clint Eastwood dans le rôle.
Un bon film d'action, un bon thriller dont le scénario s'inspire du tueur en série "le tueur du zodiaque" qui a sévi à San Fransisco à la fin des années 60.
Le personnage de Clint Eastwood, justicier solitaire, viril et au comportement plutôt directes est celui développé dans les western et ici transposé dans ce rôle de flic dans le San Fransico des années 70. Un rôle qui inspirera ensuite le cinéma policier d'action. Un bon film policier, une bonne réalisation, un beau sens du cadrage, une scène d'ouverture qui a certainement inspiré celle de Jack Reacher 1.
Un bon film.
yohanaltec
yohanaltec

107 abonnés 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juillet 2017
Clint Eastwood est vraiment efficace dans ce thriller implacable de Don Siegel. Le suspense est présent tout au long du film et la traque du tueur est intéressante. La traque est d'ailleurs privilégiée, et le tueur appréhendé dès le début, ce qui permet de présenter un film différent vis à vis d'un serial killer. La personnalité de ce serial killer est vraiment complexe. Les plans sombres de ce San Francisco délabrée sont fabuleux, tandis que le thème musical de Lalo Schiffrin est bien en accord avec ce cadre.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 juillet 2017
« L’inspecteur Harry » replacé dans son contexte socio-culturel de l’époque est un très bon film d’action. L’histoire s’inspire en partie de faits réels et dénonce une certaine forme de laxisme, notamment de l’administration, du système judiciaire. Le film offre une option très discutable qui consiste à prendre des raccourcis avec la loi pour régler les problèmes qu’engendrent un psychopathe. Le métrage aborde également de manière détournée le concept des groupes d’auto-défense, sujet qui reviendra de manière plus directe avec Magnum Force (1973). La mise en scène signée Don Sigel est propre et le rythme est cohérent. Les scènes d’action sont bien orchestrées même si elles apparaissent désuètes aujourd’hui. Un film culte s’il en est.
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