Symbole du film policier "à l'américaine", ce film, même s'il est à mille lieues de l'ultra réalisme de "French connection", n'en reste pas moins un polar assez réaliste dans l'ensemble, extrapolant la plupart du temps mais restant assez en phase avec l'esprit de l'époque. Son héros, anti-héros plutôt, n'est pas un raciste facho mordu de la gâchette (le clin d’œil d'Harry à son collègue dans une des scènes du film le prouve), c'est un personnage complexe, déprimé, désespéré, blasé, qui a vu peu à peu ses idéaux se désagréger au fur et à mesure qu'il côtoie la fange de notre société. Révolté par certains côtés d'une justice friable, il fait son job malgré des idéaux réduit en miettes. Très violent, sans concessions, émaillé de répliques cultes, truffé de scènes reprises plusieurs fois par la suite, des rebondissements, une mise en scène parfois classique, parfois baroque (flirtant avec le western), interprété avec beaucoup de talent, un polar pur et dur, tendu, mis en musique par un génie (L. Schiffrin donc, très funky), une oeuvre crépusculaire par moments, avec un personnage principal qui vaut bien plus que sa caricature. D'autres critiques sur