On suit donc les cheyennes dans leur périple, où ils montrent tout leur courage et leur art de la guerre 1 contre 100, mais aussi leur détermination et leur sens du sacrifice. Les grands événements (le départ, le passage de la ligne de chemin de fer, l'évasion du fort Robinson...) qui semèrent leur route sur ces quelques mois sont bien intégrés au récit, avec deux sous intrigues fictives qui ajoutent une dimension plus "intime" au sein des cheyennes. On sera juste un peu déçu par la fin qui est par contre trop éloignée des faits et offre un trop facile "Happy End", et ce, même si on se doute que le réalisateur a voulu par cette fin envoyer une sorte de message optimiste pour l'avenir. On constate que les rôles principaux sont bel et bien les cheyennes, un choix aussi salvateur et judicieux. John Ford réussit à insuffler le lyrisme d'une épopée tout en restant mesuré et presque intimiste, sans abuser des séquences d'action (les cheyennes n'étaient pas assez nombreux pour chercher la confrontation directe). Ce dernier western de Ford est aussi le plus bel hommage à la nation cheyenne, à leur courage et à leur fierté. Un grand film, cohérent et digne sur une "grande marche" méconnue. A voir, à revoir et à conseiller. Site : Selenie.fr
Nous avons ici une vision plus équilibrée du duel habituel cowboy et indiens. Mais on a la vision du blanc quand même. La narration verse dans le documentaire où même dans l'explication. Certaines parties sont plutôt loufoques ou ridicules. Je n'y retrouve pas la grandeur ou le souffle d'une chevauchée par exemple. Moyen au final.
Un western humaniste et crépusculaire qui rend hommage aux Amérindiens, à travers le récit de l’épopée d'un peuple pourchassé, prêt au martyr pour garder son identité.
Un film qui prend la défense des indiens déportés dans la seconde moitié du 19ème siècle. Les motivations de cette déportation furent avant tout d'ordre économique. Le film raconte la tentative des Cheyennes de regagner leurs territoires confisqués, malgré l'opposition des pouvoirs publics ( à l'exception du ministre de l'intérieur de l'époque) et avec l'armée, et le lent cheminement de la tribu décimée dans les déserts, sous la chaleur ou dans la neige hivernale. Dans les côtés positifs du film, il y a, malgré le parti pris pro-indien, des tentatives de s'écarter d'une vision trop binaires de l'affaire. Parmi les blancs, certains ont obtus, obnubilés par les ordres, d'autres par leur gentillesse (les quakers), d'autres enfin (le capitaine, le toubib, le sergent..) sont un peu plus complexes et évoluent au cours du scénario/ Mêmes chose chez les indiens, souvent montrés comme droits, valeureux, guerriers, ce qui n'exclut pas les jalousies et les cops bas. Ce qui est surtout merveilleux, ce sont les paysages (Monument Valley), la lumière, les costumes ce qui est un peu irritant, c'est cette façon trop récurrente de nous montrer des chevaux ventre à terre. Ce qui est incongru et à mon avis, et n'a pas grand chose à voir avec la trame générale, c'est ce long passage en ville avec la partie de poker et les gens qui partent à cheval on ne sait trop vers quoi, partie où à l'exception des 2 cowboys convoyeurs de troupeau, les personnages n'ont rien à voir avec le reste de l'histoire
La colorisation est magnifique, le résumé me plaît sur le papier, les paysages super mais rien à faire, j'ai du mal avec les westerns. Celui-ci est trop lent pour moi et même si je l'ai regardé jusqu'à la fin, j'ai dû me forcer. C'est donc une question de goût vu la bonne note Allociné. Pour moi, ce sera 2,7/5
Un film excellent relatant un épisode de l'histoire des États-Unis peu reluisante pour "les hommes blancs". On se range rapidement derrière les Cheyennes. À voir absolument
Pour son ultime western le réalisateur John Ford s’intéresse au traitement réservé aux Indiens en les présentant sous un jour plus bienveillant et compatissant qu’à l’accoutumé à cette période. C’est un film transi d’humanité, bien qu’imparfait à cause d’un certain nombre de scènes inutiles notamment l’incongrue séquence faisant apparaitre le personnage de Wyatt Earp en total décalage avec le récit. La réalisation oscille quant à elle entre le grandiose et le quelconque tandis que la distribution manque légèrement de prestance à l’écran. Malgré ses défauts, on apprécie la volonté du cinéaste d’offrir un écrin positif au peuple indien dans un récit empli d’une dignité salvatrice ainsi que d’une profonde et sincère émotion.
Bon film. Quelque peu inégal quand même. Quelques lenteurs, mais une qualité d’image remarquable et d’excellentes mises en scène. L’histoire est novatrice pour l’époque, John Ford apparaît comme visionnaire. Mais bizarrement il y a quand même un peu trop de manichéisme (au sein des blancs plus qu’au sein des indiens) qui enlève de la crédibilité au récit. Le passage en ville est surprenant, un peu déjanté, plaisant quoique déroutant. La distribution est top. Tout cela donne un bon film sans plus.
Prenant parti pour la cause d'un peuple maltraité (sans en faire pour autant pleinement les héros de son histoire), John Ford signe un western d'une grande beauté visuelle dans les habituels décors de Monument Valley, laissant planer un certain désenchantement au milieu de quelques scènes d'action rondement menées. Un bémol en bout de ligne pour un film long et contemplatif, dont l'histoire est tronçonnée par une improbable séquence (certes, avec James Stewart) dont le ton nous sort du récit sans que l'on en saisisse la nécessité.
Un western majeur de John Ford, poème épique dédié à la cause indienne. Cette évocation de la longue marche des Indiens pour retrouver leurs terres est souvent bouleversante, tout comme l'excellent Richard Widmark, dont le jeu sobre et nuancé sied tout particulièrement à son personnage d'officier désabusé. Le choix d'un récit long permet au cinéaste de cerner l'enjeu au fil des saisons, comme dans "La prisonnière du désert", tout en allant vers la comédie lors d'une séquence convoquant le duo Wyatt Earp / Doc Holliday.
Que retenir principalement du dernier western de John Ford ? Probablement l'amertume et la gravité du ton sur lequel le cinéaste, épousant la cause indienne, relate le baroud d'honneur d'une tribu cheyenne déracinée, lasse des mensonges des Blancs et de son existence morne dans une réserve en plein désert. Quelques chevauchées et de rares escarmouches constituent l'action du western, dans lequel Ford dénonce la politique des colons, leur hégémonie dépourvue de générosité et d'humanité et exprime le sentiment d'abandon des Indiens. Plus que la nature de l'action, banale, et des personnages, superficiels, c'est l'évocation d'une civilisation en phase terminale, illustrée par la marche quasi funèbre des Cheyennes, qui installe le sentiment dramatique porté par le western ; un western qui, pour cette raison, est moins fantaisiste, et même pas du tout fantaisiste, moins "frivole" que ceux auxquels Ford nous a habitués. Cependant, en dépit du sens élevé qu'il recouvre, le film ne m'a guère convaincu, trop démonstratif, emphatique parfois et, surtout, construit autour d'un scénario faible et conventionnel.
C'est un John Ford, donc c'est toujours un bon film en perspective. Ici il nous livre un western où les indiens sont présentés sous un autre jour. Ils sont toujours rabroués mais certaines personnes voient les choses d'un autre oeil. Heureusement. Néanmoins ils vont devoir fuir, s'enfuir et partir pour un long périple, poursuivis par les soldats américains. A cela on trouve aussi sur la route, la ville de Dodge city avec W. Earp joué par un J. Stewart qui montre ses talents d'acteurs. Autrement le personnage principal c'est le "dur" R. Widmarck et c'est sympa de voir K. Malden aussi dans un bon rôle. Les paysages sont parfois magnifiques et le film n'a pas vieilli dans ce sens. Mais il y a des effets spéciaux qui eux ont un peu vieilli voire beaucoup.
Ce dernier western de John Ford, signant quelque part son mea culpa envers les Indiens, est une nouvelle fois remarquablement filmé dans les paysages de Monument Valley et servi par de bons acteurs (il n'y a pas véritablement de "tête d'affiche", même si Richard Widmark est présenté comme tel...) Cette quête des Cheyennes pour retrouver leurs terres natales est aussi bien un combat physique que psychologique, mettant en confrontation les différents protagonistes, que ce soit chez les indiens (opposition entre les 2 chefs) que chez les colons (oppositions politique et militaire). Enfin, on échappe pas comme d'habitude à l'humour un peu lourdeau du réalisateur (avec notamment la séquence à Dodge City mettant en scène James Stewart dans le rôle de Wyatt Earp qui semble venue de nulle part...) même si le comique de répétition avec le soldat Smith est plus subtil.
Cette conversion de John Ford à la cause des Indiens produit un film un peu longuet. Heureusement il a le mérite de réveiller un souvenir historique que les "Américains" ont longtemps refoulé. Et puis il a toujours le génie de trouver des paysages magnifiques. Comme il a été le premier à filmer Monument Valley.
Fort de 50 ans d'expérience cinématographique durant lesquelles il réalisa plus de 130 films, John Ford nous livre à presque 70 ans une de ses plus belles toiles de maître, tournée en 70 mm dans un somptueux Technicolor. Ici tout est dit ou presque, sur l'être humain, la politique, les jeux de pouvoir, au moment où la nation indienne déclinante connaît un dernier sursaut afin d'obtenir ses droits du sol. Réhabilitant les Indiens (Ford dit lui-même en avoir tué davantage dans ses films que le Général Custer), il accomplit avec cette oeuvre crépusculaire, un film majeur et essentiel dans l'histoire du cinéma