La Charge héroïque
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88 critiques spectateurs

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mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juin 2011
Chef-d’œuvre du western, chef-d’œuvre de John Ford (le meilleur de la trilogie), chef-d’œuvre de John Wayne, certes. Mais ce scénario sans originalité, ce panégyrique de la cavalerie américaine — mais assez respectueux des Indiens — et cet étalage des valeurs fondatrices, contribuent au vieillissement du film et en font une fresque un peu désuete. Mais restons admitatifs devant la mise en scène parfaite dans le classicisme, la beauté picturale des décors naturels (Monument Valley comme il n’a jamais été filmé), la musique et la composition magnifique de John Wayne, vieilli pour l’occasion et émouvant par son humanité.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 septembre 2013
John Ford entame avec “La charge héroïque” le deuxième acte de sa trilogie sur la cavalerie, c’est aussi sa sixième collaboration avec John Wayne. Wayne qui n’a que 41 ans, campe un capitaine à la veille de sa retraite qui effectue sa dernière mission alors que suite à la défaite du général Custer à Little Big Horn ,les tensions s’intensifient avec les indiens qui se regroupent en tribus pour partir en guerre. Alors que le fond dramatique lui aurait permis de livrer un film épique, Ford préfère s’attarder sur la vie de la caserne et sur les derniers instants du capitaine Nathan Brittles avec ses hommes. On sent le plaisir de Ford à filmer cette communauté repliée sur elle-même qui s’est crée ses propres rites pour survivre dans ces contrées inhospitalières de l’Ouest américain. Le Capitaine Brittles est la pierre angulaire de la vie au fort et il veille comme une mère poule sur l’ensemble de ses hommes. Le film est profondément romantique au point d’en être parfois naïf, car ne nous y trompons pas c’est une vision utopique de l’Ouest que nous sert Ford qui modèle la grande histoire à sa vision du monde. Un monde où la solidarité entre les hommes tient lieu de règle de vie et où les conflits se règlent par une bonne bagarre à mains nues. Ford a souvent été rangé dans le camp des réactionnaires alors que tout au long de ses films il démontra un réel humanisme doublé d’une foi incommensurable en l’homme. Comme souvent il prend la défense des minorités et Wayne agissant à sa place préfèrera disperser les chevaux des indiens endormis pour éviter un bain de sang lors de l'expédition finale. Le tout est magnifié par le Technicolor qui donne une vision unique des paysages de Monument Valley que le réalisateur aimait tant. Les scènes comiques viennent égayer le propos comme celle de la bagarre de saloon où le Sergent Quincannon campé par le fidèle Victor Mac Laglen met au tapis dans la plus joyeuse des ambiances 7 militaires aguerris. Un cinéma qui dénote avec la vision crue d'un Fuller ou d'un Peckinpah. Seul Kevin Costner à l'orée des années 90 tentera de retrouver cette communion entre la nature sauvage et les hommes. Juste après le massacre de Little Big Horn, Ford montre qu'une "charge héroïque" n'est pas obligatoirement synonyme de bain de sang. Un des films qui résume le mieux l'oeuvre humaniste du grand Ford.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 avril 2016
Deuxième volet de sa trilogie consacré à la cavalerie, sorti avant "Rio Grande" et après "Ford Apache", “La Charge Héroïque” s'intéresse surtout au Capitaine Nathan Cutting Brittles, qui s'approche très rapidement de la retraite et qui se voit attribuer une dernière mission plus difficile qu'elle n'y parait. Western assez triste, que ce soit à travers la longue marche des cavaliers ou le deuil que le capitaine a encore du mal à faire, l'ensemble se révèle très bien écrit et subtilement mis en scène par John Ford. L'émotion est au rendez-vous, à l'image de l'émouvante scène entre Brittles et le chef Indien (dont le trainement n'est aucunement manichéen). La force du cinéma de John Ford se trouve aussi dans sa description de la vie de tous les jours, ici celle du camp, avec de nombreuses séquences mémorables à l'image de celle du cimetière (où le traitement des couleurs est remarquable). Sans vouloir sous-estimer ou oublier les seconds-rôles, on retient aussi, et surtout, de ce film un grand John Wayne, très sobre et émouvant, qui a été vieilli de quelques années (il n'a que 40 ans à l'époque du film). On notera aussi la mauvaise traduction française du titre, dont la charge n'a rien d'héroïque, alors que le titre original "She wore a yellow ribbon" représentait bien mieux la nostalgie qui se dégage de ce beau film.
Jo D
Jo D

33 abonnés 133 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 novembre 2012
Dire que ce film est souvent considéré comme LE meilleur de John Ford ! Personnellement je suis loin d'être de cet avis. Le scénario est décousue, pas spécialement captivant et en plus il ne nous laisse aucune surprise. On regarde tout simplement un film d'un patriotisme non dissimulé sur une brève partie de l'histoire des Etats-Unis. J'ai trouvé la confrontation avec les indiens assez ridicule, chose assez étonnante dans une production de ce standing. On a l'impression que ces scènes ont été tournées et rajoutées par un réalisateur de série Z, très très loin d'être digne d'un John Ford en tout cas.
Seul John Wayne surnage ici, en homme vieilli et charismatique comme jamais, dans son rôle d'un futur retraité allant sur sa dernière mission.
Pas fan du tout de ce genre de western, qui ont pour la plupart, il faut l'avouer, très mal vieilli. Je leur préfère largement les westerns "spaghetti" du Maître Sergio Leone...
NeoLain

5 888 abonnés 4 743 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 octobre 2014
Hommage pour la cavalerie américaine mais c'est un western qui s'appuie surtout sur le départ en retraite d'un capitaine que joue John Wayne. L'aventure est pas motivante et seul l'humour galope à contrario de l'action, qui elle, malgré une scène que je trouvé raté de la cavalerie qui charge un spoiler: campement indien à la toute fin du film,
l'action marche sur son ensemble au trot. La Charge héroïque fait parti d'une trilogie mais sans être par exemple à la hauteur du Massacre de Fort Apache. Il y à aussi une romance complètement anodine avec l'actrice Joanne Dru. Donc, comme je disais, il y à tout de même de l'humour avec un sergent qui porte une affection sur l'alcool, sans compter une baston dans un bar.
Samuel S.
Samuel S.

30 abonnés 398 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 août 2013
John Ford orchestre un western flamboyant de bout en bout, qui reste encore aujourd'hui un grand moment de cinéma inépuisable.
Apleupleu
Apleupleu

10 abonnés 53 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 décembre 2019
Ce 2ieme opus est comme le premier , a savoir pas terrible ,il ne se passe rien et cela a tres mal vielli. C'est la cavalerie americaine au club med.
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 011 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 octobre 2022
Le sujet tourne autour des tuniques bleues avec John Wayne en capitaine aimé de ses hommes qui doit prendre sa retraite. A vrai dire, je m'attendais à mieux pour ce qui est présenté comme un chef-d’œuvre car le scénario est mince comme un fil. Une poignée d'indiens défile à cheval alors qu'ils sont soi-disant dix mille guerriers de différentes tribus. Il y a beaucoup de chevauchées mais guère autre chose.
petithom
petithom

10 abonnés 473 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 juillet 2007
Wayne en soldat vieillissant, de beaux décors sinon la trame n'a rien de fantastique.Un film à la gloire de l'armée.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 24 juillet 2012
Mû par cet instinct paradoxal (pervers ?) qui veut que l'on soit plus disert pour évoquer une oeuvre médiocre (voire carrément mauvaise, comme ce film) plutôt que pour encenser tel chef d'oeuvre (qui n'en a d'ailleurs pas besoin, tant mieux), j'allais prendre ma plus belle plume pour écrire une critique acerbe de cette soi-disant "incontournable réussite" fordienne. Et je m'aperçois que ce serait inutile, puisque Lextricable et Henrico l'ont déjà fait, bien mieux, même, que je ne l'aurais fait sans doute.
J'ajoute donc mon coup de pioche pour démolir l'édifice : si l'un des (nombreux) laudateurs de cette apologie de l'armée US pouvait m'expliquer à quoi sert la grotesque "rixe" (il s'agit en fait plutôt d'une invraisemblable distribution de torgnoles, si caricaturale que même Bud Spencer n'aurait pas daigné tourner), sinon à discréditer encore davantage un projet rance et indigent (scénaristiquement et intellectuellement s'entend, car on sent bien que ce fiasco intégral à coûter bonbon) qui usurpe jusqu'à son titre mensonger, lequel nous fait vainement espérer un peu d'action dans ce laborieux et pénible film de propagande qui manque cruellement de souffle épique. Préférez "Le Fils du désert", envers lequel je serais moins critique que le pourtant pertinent Lextricable.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 1 mai 2009
Dans le genre, il paraît que c’est le top.
La cavalerie US glamour avec son bon gros sergent picoleur et bagarreur, ses sous-officiers amoureux et courageux, sa religiosité, sa sensibilité (la mort de Blancs les met dans un émoi terrible), ses ennemis peaux-rouges sauvages au possible (qui torturent un marchand d’armes en le jetant à plusieurs reprises dans un feu)… et surtout son capitaine (Wayne) bourlingueur, gentiment autoritaire, fidèle (parle à sa femme enterrée), philosophe même (répète à l’envi que s’excuser est un signe de faiblesse)…
Dans le genre donc, ça vaudrait 4/4.
Mais quel est ce genre ?
Le cinéma dans toute son horreur : scénario indigent, musique omniprésente (3 secondes de galop : sonnez trompettes !) et criarde, psychologie à deux balles, sans parler du « discours » sur les Indiens…
Du niaiseux en bobine.
Quant à la charge héroïque : il n’y en a pas. Il aurait fallu conserver le titre original : « Elle portait un ruban jaune ». C’est bien plus parlant…
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 décembre 2019
Tous les westerns avec John Wayne ont ce côté patriotique horripilant. Les tuniques bleues sont là pour sauver le monde civilisé.
Les westerns intimes sont quand même plus fins et plus tendus.
Ici l'histoire d'amour est plutôt ringarde et le sergent alcoolique ridicule et digne d'un Laurel et Hardy.
Les décors sont beaux par contre
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mars 2019
Une fois de plus Ford met en valeur des personnages de caractère dont McLaglen une fois de plus impayable en sergent porté sur la bouteille, John Agar en jeune lieutenant plein de qualité et jeune premier et, surtout, un John Wayne dans un de ses meilleurs rôles. Un tournage en couleur Technicolor ("...Fort Apache" était en Noir et Blanc !) qui change la perception et qui sera en prime salué par l'Oscar de la meilleure photographie pour un film en couleur... John Ford signe là un film moins militariste que "... Fort Apache", avec une nostalgie plus forte qui apporte une émotion plus forte qui fait de ce film le plus touchant des trois. Ford signe un western humaniste plein d'espoir tout en étant réaliste sur les tenants et aboutissants. Un grand film une fois de plus à voir et à revoir.
Site : Selenie
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 juillet 2020
Deuxième volet de sa trilogie consacrée à la cavalerie américaine, John Ford nous plonge une fois de plus dans les coulisses de ce corps d’armée prestigieux, au passé historique aussi bien glorieux que tumultueux, mais avec une sincérité et un respect toujours aussi intacts.
Dans Le Massacre de Fort Apache, premier opus réalisé en 1948, le réalisateur de westerns par excellence avait transposé la bataille de Little Bighorn, le 25 juin 1876, en prenant certaines libertés historiques, en commençant par la modification des identités des principaux protagonistes. La Charge héroïque étant le deuxième opus de la trilogie, il semble donc logique que son action se déroule directement après celle du premier film.
Ainsi, après la défaite de Custer et de son 7ème régiment de cavalerie, la tension s’intensifie sur les frontières de l’Ouest, et les tribus indiennes, fortes de leur victoire, se regroupent et concluent une alliance pour écraser définitivement l’invasion américaine. Dans un poste-avancé isolé sur les plateaux désertiques de Monument Valley, le capitaine Nathan Brittles, incarné par John Wayne, est près à prendre sa retraite. Mais face à la menace d’une attaque imminente, l’officier vieillissant accepte de mener une ultime mission et de rendre visite à son vieil ami, chef de tribu indienne, pour tenter d’empêcher un massacre qui se profile.
Pour donner vie à cette épopée, John Ford s’inspire s’abord de l’écrivain James Warner Bellah, actif des années 1930 aux années 1950, et dont les écrits sur la cavalerie et les Indiens s’inscrivent parfaitement dans l’univers historique et militaire raconté par le réalisateur. Ford puise également son inspiration dans les tableaux du peintre réaliste américain Frederic Remington, connu pour ses œuvres picturales qui décrivent la vie quotidienne dans l’Ouest américain.
L’aspect documentaire du premier opus est récupéré pour La Charge héroïque, avec une grande attention portée sur la vie quotidienne d’une garnison et des hommes qui la composent, qu’ils soient entre les murs d’un fort destiné à protéger les frontières encore insoumises de l’Arizona et du Texas, ou en patrouille dans les contrées reculées et dangereuses du grand Ouest. John Ford dresse donc le portrait d’une galerie de personnages aux caractères et tempéraments variés : des officiers sages et respectés, des sous-officiers jeunes et impétueux, de vieilles recrues parfois tourmentées par des addictions (l’alcoolisme étant une pathologie souvent présente dans les films de Ford), mais également des femmes, belles et insoumises, comme a l’habitude de les présenter le cinéaste.
Une fois encore, Ford met l’accent sur la fraternité et l’union au sein des communautés militaires et sur l’importance des traditions, le titre original « She Wore a Yellow Ribbon » faisant directement référence au ruban jaune (que l’on peut d’ailleurs voir dès le générique du début, flottant fièrement dans l’air) porté dans l’attente du retour d’un être cher ou de soldats en guerre à l’étranger.
Toutefois, et c’est là où on peut constater l’une des facettes du talent éternel de Ford, le réalisateur ne tombe pas dans une vision idyllique et niaise à base de grands sentiments débridés et de stéréotypes, mais réussit à décrire simplement, avec réalisme, empathie et tendresse, la vie d’hommes et de femmes partageant les mêmes valeurs d’entraide et de tolérance au sein d’une communauté reculée. Un hommage émouvant à ces cavaliers qui ont façonné l’histoire des Etats-Unis et qui sont si souvent payé le prix du sang. Comme disait le critique britannique Lindsay Anderson, spécialiste de la filmographie fordienne, « faire des films qui témoignent de tant d’amour pour les traditions militaires sans être militariste relève de l’exploit ».
Le titre français « La Charge Héroïque » est trompeur et n’est pas vraiment représentatif du film : s’il y a de nombreuses scènes d’action, il n’y a pas vraiment de charge. De plus, on relève peu de morts ici exceptés trois trafiquants d’armes. Même la pseudo charge finale, qui est plus un vol de chevaux qu’une véritable attaque, ne compte aucun mort et pas même un blessé.
L’émotion primant sur l’action est un credo des films fordiens : le spectateur avide de « charges héroïques » sera sans doute déçu tant les batailles sont rares et expéditives. Néanmoins, l’action n’est pas pour autant totalement absente. En effet, le film s’ouvre directement sur une superbe chevauchée d’une diligence emballée et sans conducteurs, puis se termine par la fameuse charge pleine de fougue et de vigueur. La scène de la poursuite de Ben Johnson par les Indiens est même tellement parfaite que John Ford la retourne quasiment telle quelle dans Le Convoi des braves l’année suivante, sans presque y changer un angle de prise de vues.
L’une des plus belles richesses de La Charge Héroïque est sa photographie : dirigée par Winton C. Hoch, qui a déjà travaillé pour Le Fils du désert, western fordien réalisé l’année précédente, son technicolor, ses plans et ses cadres prouvent une réelle maîtrise, récompensée avec mérite par l’Oscar de la meilleure photographie en 1950. Ford filme avec une admiration sans bornes les troupeaux de bisons, les beaux paysages de l’Ouest, s’attachant comme toujours à sa marque de fabrique, l’imposant rocher de Monument Valley.
Dans ce décor grandiose et désertique, le danger rôde toujours : ce sont les Indiens qui guettent en haut d’une colline, filmés de profil ou de dos, se détachant au premier plan et laissant peser une sourde menace sur la cavalerie qui chemine tranquillement dans la plaine. Mais si Ford a longtemps été taxé de racisme par la postérité, et surtout par des individus qui n’y connaissent rien, La Charge héroïque est un nouvel exemple de ce jugement biaisé.
En effet, Ford emploie pour figurants, dans ce western comme dans les suivants, les Indiens Navajos afin de tenter de les faire sortir de la misère. Au lieu de se livrer à une peinture d’un ennemi indien sanguinaire, il peint une nation fière, victime elle aussi de ses contradictions, les jeunes refusant d’écouter leurs aînés. Le discours final entre le capitaine Brittles et le chef indien est d’ailleurs très émouvant et témoigne d’une vieillesse lasse de la guerre, qui est désabusée et désespérée face aux volontés belliqueuses d’une jeunesse impétueuse et orgueilleuse, d’un côté comme de l’autre. On retrouve d’ailleurs ce conflit générationnel dans Little Big Man, vingt ans plus tard. Le racisme dont a été longtemps accusé Ford est d’autant plus injuste que son amitié avec des tribus apaches était connue de tous. Pour le cinéaste, la création de la nation américaine ne pouvait se faire contre les Indiens, mais avec eux.
De plus, aux codes d’un genre qui voulait que les Indiens ne soient que des visages anonymes, massacrant à tout va ceux qui avaient le malheur de se trouver sur leur chemin, Ford ajoute des nuances et décrit ces tribus avec beaucoup plus d’humanité. D’abord, il rappelle, par l’intermédiaire du seul véritable méchant du film (un trafiquant d’armes), la traîtrise de certains Blancs, qui se retournent contre leur propre camp par goût du profit. Le cinéaste n’hésite pas non plus à stigmatiser la lâcheté de ceux qui, plutôt que d’affronter les Indiens, préférèrent les anéantir en en faisant des alcooliques, comme il l’avait déjà fait dans Le Massacre de Fort Apache.
Certaines scènes du film sont particulièrement réussies. On peut notamment penser à celle, célèbre et élégiaque, d’une exceptionnelle tendresse, au cours de laquelle dans un incroyable crépuscule rougeoyant de studio, le capitaine Brittles se rend sur la tombe de son épouse décédée pour lui raconter ce qu’il a fait de sa journée. Une ombre apparaît et monte sur la pierre tombale, c’est celle d’Olivia, émue, venant lui apporter des cyclamens. Il y a aussi cette séquence au cours de laquelle John Wayne, effectuant son dernier passage des troupes en revue, reçoit de ses hommes une belle montre en argent. Pour y lire l’inscription gravée à l’intérieur, il chausse de petites lunettes, celles-ci n’arrivant cependant pas à cacher les larmes qui lui montent aux yeux (l’idée des lunettes a été improvisée par l’acteur lors du tournage de la scène).
Dans son récit, Ford ne cède en aucun cas à l’exaltation d’un héros sans peur et sans reproche : ce sont des hommes simples et ordinaires qui sont les véritables héros fordiens. L’exemple parfait en est le sergent Quincannon, personnage secondaire interprété par un vieux complice de Ford, Victor McLaglen, dont le goût pour la bouteille est affectueusement souligné, jusque dans la longue bagarre qui l’oppose aux soldats venus l’arrêter. Cette scène plutôt inutile flatte à la fois le sens du burlesque de Ford, mais aussi ses racines irlandaises. Même le capitaine Brittles est bien loin du valeureux cow-boy qu’on s’imagine incapable de s’émouvoir ou de discuter longuement sur la tombe de sa femme en y plantant des fleurs. De même, les personnages fiers et virils habituellement campés par le Duke semblent être à des années-lumière de ce capitaine tendre et vieillissant. Il s’agit peut-être là de l’un des plus beaux rôles de sa carrière, ou au moins le plus émouvant. Cette interprétation est faite de petites touches, une certaine manière de chiquer, de fumer, de se racler la gorge et de répéter des phrases devenues célèbres comme « Ne vous excusez pas, c’est un signe de faiblesse ». Une performance qui montre encore une fois que John Wayne possède une plus large palette d’émotions et de registres que le commun des mortels lui connait, et qu’il reste à tout jamais comme l’un des plus grands acteurs de l’histoire du cinéma américain.
Aux côtés de John Wayne, acteur par excellence de John Ford, et de Victor McLaglen évoqué plus haut, on retrouve aussi la pétillante Joanne Dru dans le rôle d’Olivia Dandridge, la nièce du major Mac Allshard courtisée par le lieutenant Cohill (John Agar) et le sous-lieutenant Ross Pennell (Harry Carey Jr.). Les fans des westerns fordiens avaient déjà pu apercevoir l’actrice dans La Rivière rouge, où elle jouait le rôle de Tess Millay. Ici, à la différence du film d’Howard Hawks où elle n’apparait qu’à partir de la deuxième partie pour jouer environ et au total une petite vingtaine de minutes, Joanne Dru obtient l’un des principaux rôles. Tiraillée entre les sentiments des deux officiers, la jeune femme parvient à conserver sobriété et dignité dans un rôle pourtant empreint de romantisme. Le second rôle féminin est celui de l’épouse du major, interprétée par Mildred Natwick, qu’on a déjà pu voir l’année précédente dans le rôle de la défunte mère du Fils du désert.
De tous les westerns de Ford, La Charge héroïque est le plus crépusculaire, le plus mélancolique, le plus émouvant. La comparaison est peut-être osée, mais ces caractéristiques peuvent donner l’impression que La Charge héroïque fait écho au glas du genre western sonné par L’Homme qui tua Liberty Valence, en 1962, également réalisé par John Ford.
Quoiqu’il en soit, La Charge héroïque est aussi l’un des films les plus contemplatifs de Ford, qui s’attarde davantage à filmer les paysages de Monument Valley et le visage de son acteur de prédilection, que les scènes d’action. Célèbre pour la splendeur de son Technicolor, La Charge héroïque est enfin un film d’une grande beauté picturale, auquel Ford semble avoir accordé une attention esthétique particulière. Enfin, la belle composition de Richard Hageman, mélange de thèmes tendres, épiques et de chansons traditionnelles, est elle aussi d’une grande beauté.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 3 février 2014
(VIDEO) On s'en fout. Tout ce que raconte Ford, tout ce qu'il filme, on s'en fout. La mise-en-scène rend le scénario entièrement incompréhensible ; rien ne nous arrache au sommeil. Un western-burger des plus indigestes.
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