Ce nouveau repompage de Brian De Palma dans la filmographie d’Hitchcock (il a, cette fois, poussé le vice jusqu’à embaucher Bernard Hermann pour en composer la bande originale) a au moins le mérite de faire preuve de bien plus de personnalité que des films comme Pulsions ou Body Double. C’est dans la profondeur psychologiques de ses personnages tourmentés que le scénario, à priori un remake vaseux de Vertigo, réussit à prendre son ampleur dramatique et grâce à la beauté éclatante de sa photographie bariolée et au charme de Geneviève Bujold que sa mise en scène devient séduisante. Mais la narration est d’une langueur déconcertante, voulant mettre lentement en place les pièces de ce jeu de séduction-manipulation, thème récurrent chez De Palma, pour mener difficilement le spectateur jusqu’à une révélation finale aussi grotesque que prévisible.
Directement inspiré de Vertigo, film qui a donné envie à DePalma de faire du cinéma, Obsession est un veritable tour de force scénaristique et psychologique. Inspiré d'Hitchcock certes. Mais Brian DePalma parvient à se demarquer de son modèle par sa réalisation, sa direction d'acteurs irréprochable et la dernière demie-heure en tous points sublime. La filiation avec Hitchcock est renforcée par le recours à une musique signée Bernard Herrmann. "Obsession" joue la carte de l'intimisme, de la souffrance intérieure étouffée, du romantisme. Geneviève Bujold est excellente, à la fois juvénile et mutine. Cliff Robertson apparait un peu en retrait et n'est guère expressif...John Lithgow signe avec DePalma sa première collaboration. La photo de Vilmos Zsigmond est sublime. Obsession est donc un hommage à Hitchcock avec les references à Vertigo, Dial M. for murder mais également une sorte de passage de flambeau entre Hitchcock et DePalma qui s'approprie les themes chers au Maitre du suspense sans les plagier.
Brian de Palma est l'héritier revendiqué de Hitchcock. Au point d'avoir été accusé de le plagier. "Obsession" (1975) c'est "Rebecca" au carré, "Sueurs froides" au cube comme l'écrit joliment Pierre Murat dans Télérama.
Un hommes d'affaires américain assiste impuissant à la mort de sa femme et de sa fille. Quinze ans plus tard, il rencontre à Florence le sosie de son épouse. Comme dans "Rebecca", comme dans "Sueurs froides", le héros est hanté par le souvenir de sa femme. Il tente de la retrouver et d'en reconstruire l'image. Mais à la différence des films d'Hitchcock, le manipulateur n'est plus chez De Palma celui qu'on croit. Grâce à la musique de Bernard Hermann - le compositeur fétiche de Hitch - et l'éclairage de Vilmos Szigmond, De Palma réussit à créer une atmosphère oppressante qui annonce ses films fantastiques ultérieurs : "Carrie", "Furie" ... Entre conte de fée (la reine trop belle pour être remplacée, le roi esseulé, la princesse amoureuse de son papa ...) et thriller policier (le kidnapping qui tourne mal, l'associé moins désintéressé qu'il voudrait le laisser croire, l'inspecteur au truculent accent cajun ...), Brian de Palma réalise à 35 ans à peine un film très maîtrisé qui n'a pas pris une ride. Pourtant, il charrie les pires défauts des années 70ies : les éclairages surexposés à la David Hamilton, la coiffure à la Mireille Mathieu de Geneviève Bujold, la moustache à la Freddy Mercury et les costumes trois pièces rayés de John Lithgow ...
Entre l'original et la copie, nombreux préfèrent l'original et recommandent d'aller revoir "Vertigo". C'est réduire "Obsession" à une pâle copie de "Sueurs froides" et Brian de Palma à un copiste besogneux. Son travail est autrement plus stimulant. Car le thème même de "Obsession" interroge sa propre relation à l'œuvre de Hitchcock. Son héros est tiraillé par le souvenir de l'être aimé. Il croit la retrouver en la personne d'une jeune artiste italienne qui travaille à la restauration d'un tableau dans l'église florentine où, 30 ans plus tôt, il avait rencontré sa femme (échaudées par le tournage d'un film X dans cette église, la mairie avait refusé à Brian De Palma le droit d'y tourner les scènes d'intérieur qu'il dût filmer ailleurs). Ce tableau s'avère être un palimpseste : cette Vierge à l'enfant cache un tableau plus ancien. Et cette superposition pose à la restauratrice un dilemme : faut-il restaurer l'œuvre plus ancienne au risque de détruire l'œuvre plus récente ? La métaphore est évidente : le héros doit-il oublier son épouse décédée pour aimer cette femme qui lui ressemble tend ? ou chercher à retrouver sous les traits de la jeune fille le souvenir de la défunte ? C'est la même interrogation qui traverse le cinéma de De Palma : qu'il s'agisse de "Body Double" ou de "Pulsions", il utilise "Fenêtre sur cour" ou "Psychose" comme un palimpseste, un point de départ à partir duquel bâtir une œuvre originale et envoûtante.
Un thriller alternant lenteurs et rythmes. Une réalisation d'une grande maitrise. Une virtuosité rappelant les grandes heures d'Hitchcock. La musique est à l'image du film : d'abord classique, puis angoissante, tourmentée, féérique puis crescendo... jusqu'au rebondissement final. A ne pas rater...
Dans un style purement Hitchcockien (les analogies avec "Vertigo" semblent inévitables), De Palma s'impose avec "Obsession" comme l'un des cinéaste les plus intelligent, subtil et doué de sa génération. Le reste de sa carrière en est la preuve...
De Palma qui maitrise bien son sujet, petit malaise d'une dizaine de minutes au début, ou le drame s'impose pas si efficacement mais ensuite tout reprend en force et intrigue. Excellente prestation de l'acteur Cliff Robertson qui nous démontre véritablement "être dans l'obsession". Autre point subtile dans ce film, on se rend compte qu'au fur et à mesure que lui est aussi observer par ce qui l'entoure. Sinon je trouve le final avec quelques secondes de trop, cela adoucit légèrement l'impact de tout l'ensemble.
Revu, en 2017, c'est un film qui a beaucoup vieillit. Et dire que c'était un film culte , voir innovant à son époque. Mais tout cela parait "so kitch" maintenant , on a l'impression de voir une mauvaise série TV, une sorte de Dallas du polar. L'intrigue est incohérente, on ne croit pas une seconde à ce double personnage. La réalisation est poussive , l'image n'est pas soignée, et la musique ( pourtant du musicien de Hitchckok) est sirupeuse, trop mélo, et ballourd à souhait. Mais le pire est le jeu de Cliff Robertson , tellement daté, tellement mauvais, sur- théatralisé , même pas du niveau d'un soap TV.Il est à la limite de l'insupportable.. Même le fameux plan final, prouesse technique d'un plan circulaire interminable est daté. Il faut mieux revoir les effets de caméra (un peu similaire) du Claude Lelouch des années 70 qui ont beaucoup mieux vieillit.
Grand fan depuis mes 18 ans de Brian de Palma, j'ai bien aimé ce film qui traite de la perte et des douleurs psychologiques qu'elle engendre allant jusqu'à la folie. Le tout baignant dans un complot génial et hallucinant, on frôle le Hitchcock mais on franchit pas la limite, la musique se veut très prenante, trop parfois à la façon d'un thriller psychologique trop appuyé mais c'est l'époque et le genre qui veut ça. Casting brillant, j'ai découvert l'oncle de Peter Parker dans ce film, Genevieve aime les rôles barrés, c'est sûr (cf. Faux semblant) et visuellement c'est une réussite avec ces lumière floues et évanescentes. Assurément un bon de Palma !
Avec "Obsession", Brian de Palma réalise sans aucun doute l’un de ses plus beaux films). Le scénario est vraiment parfaitement construit du début jusqu’à sa fin qui est toujours aussi bouleversante à visionner, la photographie de Vilmos Zsigmond est d’une rare élégance et la BO de Bernard Herrmann est juste sublime. Mais ce qui retient aussi l’attention dans ce thriller dramatique, c’est aussi et évidemment la mise en scène quasi parfaite d’un réalisateur qui est alors quasiment au sommet de son art. Ne pas oublier de citer non plus la brillante performance du casting (Cliff Robertson et Geneviève Bujold sont époustouflants), car sans celui-ci, ce chef-d’œuvre du 7ème art n’en serait peut-être pas un.
La première partie est vraiment ennuyante, rien d'intéressant juste des personnes qui discutent. Heureusement que par la suite il y a un gros rebondissement, extrêmement inattendu qui réveille un peu tout. Un rebondissement évoquant l'avidité et l'amitié. La musique est troublante.
Film au rythme assez lent mais très envoutant jusqu'au rebondissement qui gache beaucoup de chose ! car ce rebondissement est quand meme tiré par les cheveux, cela en meme tellemnt gros que cela en deviens ridicule... Je met 12/20 pour la première heure !
Brian de Palma aime Hitchcock mais il aime encore plus le cinéma. Autrement dit, il s'inspire mais tout en ajoutant son propre style. Une fois encore c'est une réussite.
Fiction qui porte bien son nom on a envie que cette tragique mélodrame nous arrive. L'image sale fantasmagorique à son charme. Transparence des sentiments qui produit une forte identification.