Rarement un film a réussi, comme Les forbans de la nuit de Jules Dassin, à décrire la fuite éperdue d'un homme face à un destin tragique qu'il tisse lui même au cours d'une cynique fuite en avant. Le rire nerveux de Richard Widmark, plus que tout autre symptôme, résume avec force le caractère névrotique d'un homme qui veut grimper dans l'échelle sociale sans tenir compte des aspirations de son entourage. Au delà de ce personnage typique du film noir, il faut louer la mise en scène de Jules Dassin qui, en quelques plans d'un Londres délabré et de sa vie interlope, réussit un film d'atmosphère à message social. Les seconds rôles sont magistralement tenus. Seule la présence trop rare de Gene Tierney crée un léger sentiment de frustration. Mais ne chipotons pas, nous sommes sans aucun doute devant lun des tous meilleurs films du courant « noir américain » des années 40.
Dans ce magnifique film noir réalisé à Londres, Jules Dassin nous brosse le portrait de Harry Fabian, petit truand en recherche permanente d'argent pour monter de chimériques combines. Et, comme l'évoque le très beau titre original, Night and the city, le film nous plonge dans les bas-fonds de la capitale britannique où trafics en tous genres pullulent dès la nuit tombée. La mise en scène, la lumière sont superbes, et les acteurs Richard Widmark – qui incarne un personnage à la fois médiocre et attachant – Gene Tierney et Googie Withers nous offrent des prestations magnifiques.
Superbe film noir de Jules Dassin dirigeant de grandes stars du cinéma des années 50 au talent époustouflant pour laisser place à un drame poignant et inoubliable... Du grand, du très grand cinéma à admirer, c'est tellement rare...
Le parcours dun escroc à la petite semaine dans les bas-fonds de Londres. La seule chance quil a ce malfrat est dêtre accompagnée de Gene Tierney, magnifique, comme toujours mais évidemment, il sen apercevra que trop tard. Franchement pas mal.
Tout commence en pleine nuit à Londres alors qu'Harry Fabian est suivi par des hommes, surement des gangsters. Quand il décide de rentrer dans le milieu de la lutte grâce à quelques combines, il ne sait pas encore dans quel engrenage il est tombé...
Dès cette première scène, la maîtrise et le talent de Jules Dassin éclate totalement et il nous emmène dans le monde des gangsters de Londres suivre la motivation de Fabian pour réussir dans ce milieu puis peu à peu son irrémédiable chute. La force de Les Forbans de la Nuit, c'est notamment la façon dont Dassin arrive à nous passionner et surtout nous attacher à ce personnage malgré ses multiples défauts (menteur, tricheur, magouilleur...). Croyant toujours avoir une bonne idée, il plonge toujours plus bas jusqu'au jour où il ne pourra plus faire marche arrière tant l'étau autour de lui se resserre.
L'écriture est de qualité, tant au niveau des personnages et des dialogues que de l'histoire, où les péripéties sont bien trouvées et accentuent la noirceur des personnages et enjeux, mais la principale qualité du film se trouve dans la mise en scène de Jules Dassin. Ce dernier met en place une atmosphère sombre, désabusée et fataliste, adéquate à la galerie de personnages gravitant autour d'un formidable Richard Widmark (qui met bien en avant le côté anxieux de Fabian) où l'on navigue entre lutteurs, gangsters et autres types louches, tous intéressants et avec un minimum de consistance.
Jules Dassin met en place une dimension tragique, puissante, prenante et immersive, ainsi qu'une tension de plus en plus forte qui ne redescend jamais, avec comme point d'orgue ce final particulièrement réussi. Il décrit un monde sombre voire glauque où la noirceur est partout, exceptée chez celle qui aime Fabian, la belle Gene Tierney qui, malgré son petit rôle, illumine l'écran dès qu'elle apparaît. Il met merveilleusement en valeur ce Londres nocturne et son milieu de malfrat, ses clubs et ses combats de luttes, sublimé par une photographie sombre, un brillant jeu d'ombres et un fond musical jazzy.
Un remarquable film noir où Jules Dassin nous plonge dans l'enfer de cet homme prêt à tout pour s'élever au rang des plus grands gangsters de Londres, porté par un formidable Richard Widmark. Brillant.
La fuite d'un pauvre type essayant d'échapper à la mort, tel est le sujet de ce très bon polar de Jules Dassin. Après une première partie interessante mais un peu bavarde, la seconde est excellente, avec un Richard Widmarck magnifique en homme traqué.
Grand film. Disons-le tout net, ce qui me stupéfie dans ce film est la scène du combat entre le lutteur retraité et la jeune brute. Cette scène est pour moi une scène d'anthologie, qui a sa place facilement dans les dix plus grandes scènes du cinéma. Cette scène, suivie de la mort du vieil homme, m'arrache des larmes. On y trouve, il me semble, une dimension quasi philosophique, artistique et émotionnelle extraordinaire. C'est le triomphe de l'art, de l'intelligence, de l'exigence, de la science du combat, et même de l'honnêteté sur la fausse monnaie, sur la force et la violence brutes, primaires, sur la barbarie. Et on y voit, filmée d'une façon extraordinaire, la victoire du vieux, par son savoir et l'amour de son art, sur la brute, pourtant avantagée par sa force et par sa jeunesse. Un autre aspect très beau est la relation père fils (bien que le fils soit un gangster), montrée avec une justesse et une pudeur comme rarement au cinéma. Cette relation prend même une autre résonance si on pense que Jules était le père de Jo, disparu plus tard prématurément, avec qui il avait un lien très fort.
Un très bon film noir dans le plus pur style anglo-saxon. On se prend à rêver avec le personnage principal, que ses entourloupes et combines réussissent à quelque chose, malheureusement pour lui, ne joue pas qui veut dans la cour de la mafia londonienne de l'époque. L'enthousiasme du héros est en tout cas contagieux, la chute n'en est que plus brutale.
très bon film noir encore bien servi par un richard widmark très inspiré.ce film decrit l'ascension dans le milieu de la lutte d'un escroc intelligent mais sans argent.ses ruses successives lui permettront de toucher du doigt la reussite mais la malchance fera tomber sur lui toute ses escroqueries jusqu'à sa mort.
pour moi, le cinéma de jules Dassin, c'est un peu comme la moussaka de son pays d'origine. C'est lourd pas subtil du tout, mais c'est bon quand même.La mise en scène est lourdement appuyée et sur dramatisée (ces plans répétitifs ou le héros court dans les bas fonds...)Richard Widmark sur joue et les ficelles sont trop grosses pour être crédibles. Et pourtant on finit par se laisser prendre par le film et certaines scènes marquantes restent en mémoire (notamment la scène de lutte gréco romaine et la scène finale).Au final,un film qui mérite d'être vu même si à mon avis, on est très loin du chef d'œuvre annoncé....