Un film à flash back ayant pour décor le vieil Hollywood. On va suivre l’histoire d’un réalisateur , d’une actrice et d un écrivain qui ont pour point commun un producteur avide de succès (Kirk Douglas) et vont se remémorer les rencontres, leurs succès, les trahisons. Ce qui m’a plu c’est vraiment le portrait de cet Hollywood, la manière de montrer l’envers du décors, dans ses côtés magiques et usine à rêves mais aussi plus tragique et cynique. Kirk Douglas l’un des géant de cet Hollywood est formidable dans son rôle de producteur ambitieux avide de succès. En racontant ses trois histoires le film à malheureusement par moment quelques redondances qui l’alourdissent un peu mais ce fut tout de même un vrai plaisir de le découvrir.
Véritable classique de l'âge d'or hollywoodien, ce film nous plonge dans les arcanes de la fabrication d'un film (voir le passage fabuleux du projet sur les hommes chats, référence directe au film "La féline" de Tourneur) et plus généralement des coulisses du cinéma avec le portrait dur et contrasté d'un producteur (formidablement campé par K. Douglas) à travers le destin de 3 de ses collaborateurs qui ont tous finit par être trahi par cet homme. Les différents destins sont rendus avec à chaque fois de moins en moins de temps et il se dessine petit à petit le caractère difficile à appréhender d'un homme complexe, passionné par son art mais aussi manipulateur, séducteur, auto-destructeur et charismatique. La mise en scène de Minnelli est discrète mais il coordonne parfaitement ses séquences, maîtrisant sa narration éclatée et signant au passage quelques plans fabuleux. Un film passionnant, truffé de rebondissements et d'une finesse psychologique assez exceptionnelle. Du beau et grand cinéma, dominé par des acteurs accomplis qui se donnent à fond ! D'autres critiques sur
Quand le cinéma traite le cinéma, on ne peut qu'être ravi. "Les Ensorcelés" est un film si réel qui l'en devient troublant. Facsiné par la construction narrtive du film, sans que l'on décroche un instant. C'est un film de pouvoir où l'on montre le Producteur comme un antagoniste, mais avec de bonnes volontés, jusqu'à que son égoïsme le tue à petit feu. Kirk Douglas représente dans ce film, les producteurs acharnés par leur travail, jusqu'à même trahir les siens. Un super film et également, un des meilleurs films qui parle du Cinéma
Un film hollywoodien à flashbacks très classique. Très réussi aussi, mais l’enjeu du scénario et son point de départ ne m’ont pas vraiment accroché. C’est très bien écrit, joué et réalisé, mais les trois flashbacks sont un peu répétitifs, comme dans Chaînes conjugales, et chacun illustre la même idée, ce qui rend les deux tiers du film assez prévisibles.
Un des chefs-d'oeuvre de Minnelli qui rend hommage aux hommes et aux femmes de l'âge d'or d'Hollywood. C'est merveilleusement mis en scène avec des mouvements de grue d'une élégance princière. Kirk Douglas, impressionnant, joue le rôle d'un producteur inspiré de Selznick et voulant poursuivre le rêve de cinéma de son père, comme s'il avait été ensorcelé par le blason du studio. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Le film vaut d’abord par sa construction, en trois flash-backs qui se complètent, et par l’image qu’il donne de l’univers de Hollywood. Un univers dépeint sans manichéisme, respectant les contradictions internes des personnages (voir le titre original). Certaines scènes atteignent un assez fort degré d’intensité, comme celle de la séparation de Georgia et Jonathan. D’autres sont intéressantes par la place de la créativité dans la production cinématographique (l’évocation plutôt que le « spectacle » choisie par Jonathan). Mais l’ensemble reste un peu trop classique pour ne pas dire convenu, et n’évite pas quelques poncifs. Et on sent, plutôt que la peinture au vitriol ou l’analyse profonde des pouvoirs que cela aurait pu être, une certaine complaisance pour ce milieu auquel Minelli semble fier d’appartenir.
Magnifique interprétation notamment de Kirk Douglas et Lana Turner. Des personnages que l'on aime et déteste à la fois. Le film est très accrocheur malgré l'absence d'intrigue ou de scènes d'action. Un bon sujet que celui des studios hollywoodiens traité dans le contemporain! A voir absolument!
Je ne remercierais jamais assez la personne qui m'a proposé de prendre un abonnement au Forum des Images. Grâce à elle, je peux voir plein de films dont je n'aurais même pas eu l'idée de regarder par moi-même. Cette fois, c'était The Bad And The Beautiful de Vincente Minelli.
Je suis assez partagé sur ce film. En effet, en plus d'une technique parfaite et d'une musique plutôt écoutable de David Raskin, la construction faite de flash-backs me plaît, mais elle a ses défauts inhérents. Effectivement, elle appelle la comparaison entre les différentes parties. Et là, c'est le gros défaut du film. Les deux scènes d'expositions sont fabuleuses, avec l'attente de voir le personnage de Shields, joué par un Kirk Douglas exceptionnel, qui arrive à nous rendre cet opportuniste attachant, la première histoire mettant en scène la rencontre entre Shields et Amiel est prodigieuse, la troisième, entre Bartlow et Shields aussi. Malheureusement, c'est dans le ventre mou du film que les choses se gâtent avec cette histoire d'amour certes importante mais assez plombante et traitée de façon très peu originale.
Le film perd l'espèce d'humour pince-sans-rire (les hommes-chats) qu'il avait et tombe dans le mélodrame, avant de redevenir bon. Mais le mal est fait et on s'est vraiment ennuyé pendant 30 minutes et le film nous semble interminable. Cela dit, la fin est assez drôle et très ancrée 50's. En d'autres termes, c'est un film sur son époque, sur le cinéma et avant tout, un film sympathique.
Une œuvre sur le cinéma, l’univers hollywoodien est décrit de manière crue et symbolisé par un Kirk Douglas imposant et malsain. Scénario divisé en trois parties distinctes est malin, l’ambiance et la réalisation elle ressemble à celle d’un film noir et en plus de cela les dialogues sont très bons.
Un film porté en grande partie par la prestation de Kirk Douglas en producteur génial et manipulateur à sa façon, j'ai trouvé en revanche les autres acteurs un peu fade, Gloria Grahame dans un petit role s'en sort pas mal tout de même. Il faut dire que le scénario n'est pas aussi sulfureux que certains l'affirment, voir même pas du tout, juste une histoire solide sur le monde du cinéma , de la production et de la création.
Ce chef d'œuvre est sans conteste une des plus belles mises en abîme que le cinéma ait pu faire de lui-même, au coté de Boulevard du crépuscule et du Dernier nabab. Vincente Minnelli s’éloigne de ses comédies musicales habituelles pour y critique la politique des studios à l'âge d'or des années 50 tout en déclarant son amour au cinéma grâce à sa mise en scène pleine de poésie et à ses différents personnages campés par d’excellents acteurs qui sont tous eux-mêmes, à leur manière, des clichés de la magie hollywoodienne.
A la manière de Tous en scène, que Vincente Minnelli réalisera en suivant, Les ensorcelés offre une mise en abîme permanente et magique - ici, sur le mode mélodramatique. Si ce n'est qu'il est quelque fois trop bavard, le film ne souffre d'aucun défaut. En 2h00, Minnelli explore son milieu et livre aux novices spectateurs les gloires et misères d'un producteur sous l'ère hollywoodienne. La mise en scène est telle que l'aime le réalisateur fictif, personnage secondaire qui apparaît pour remettre Shields à sa place : sobre, "humble", elle ne fait que servir le film sans prendre la vedette. Le script de base, dense et brillant, offre une galerie de personnages sidérante. Heureux grâce à Jonathan Shields, puis desespérés à cause de lui, les trois protagonistes se retrouvent dans la même situation que les spectateurs, c'est-à-dire dans l'impossibilité de juger cet homme, charismatique et détestable, enviable ou pitoyable. Le titre original parle de Shields (Bad and Beautiful), le titre français évoque les trois autres personnages suspendus au téléphone lors du dénouement. Pour donner vie à ses personnages pleins d'humanité, de contradictions, Minnelli opte pour Kirk Douglas, Lana Turner, Walter Pidgeon et Dick Powell - bons choix, c'est le moins qu'on puisse dire. Douglas frôle l'oscar du meilleur rôle la même année pour ce rôle, pas étonnant. Il joue sans retenue et avec brio son personnage extraverti et sans scrupule.
The bad and the beautiful peut être considéré comme le Citize Kane de Minnelli. C’est un portrait acide d’un magnat d’Hollywood cynique, calculateur mais ayant « le cinéma dans le sang ». Kirk Douglas est évidemment parfait dans le rôle. Les trois personnages qui l’ont le plus côtoyé vont présenter leur vérité à son propos : une actrice (Lana Turner), un metteur en scène (Barry Sullivan) et un écrivain (Dick Powell). Aucun ne veut retravailler avec lui, et on comprend vite pourquoi. Cette dénonciation d’un tyran n’est pas le meilleur film de Minnelli, car on peut trouver la charge un peu lourde., surtout si on compare au Eve de Mankiewicz ou au Sunset Boulevard de Wilder. Il s’agit toutefois d’une œuvre solide, superbement jouée, indispensable pour un cinéphile.