Beaucoup y voient la suite d'Ana. Pour l'aspect famille peut-être. Moi j'y vois une sorte de Mikhalkov. Tout se passe en famille. Pour le meilleur et le pire. Je ne suis pas vraiment convaincu de la portée du film. Beaucoup de personnes à la Agatha Christie pour arriver à une critique de la société c'est vrai. L'amour a disparu et ne subsistent que les ressentiments.
Les films de Carlos Saura interprétés par sa compagne de l'époque Geraldine Chaplin, représentent une période très riche dans la filmographie du metteur en scène espagnol. " mama a 100 ans" est l'un d'entre eux. Sorte de fausse suite à "Anna et les loups" ( sans doute Supérieur à " mama.." elle se situe dans le même lieu et reprend plusieurs personnages qui étaient présents lors de " Anna.."
Il me paraît toutefois utile d'avoir vu le film le plus ancien avant de voir celui-ci, car le spectateur qui commence directement par "Mama" a de fortes chances de passer à côté de son idée sous-jacente. A la tête de l'espagne depuis presque 40 ans, Franco est décédé. "Mama" se propose de répondre à cette interrogation : et maintenant ?
La galerie de portraits que nous montre ici Saura, n'a pas gagné en vertu morale, malgré la fin du gouvernement dirigé par les militaires( les deux enfants de mama veulent se débarrasser d'elle pour une question d'héritage, tandis que deux de ses petits enfants montrent le peu de cas qu'elles font de la morale ).
Le talent de Saura, permet au film de ne pas comporter de rupture de rythme, malgré un scénario minimaliste . Porté par Geraldine Chaplin qui rayonne et par Ampara Munoz, ( jeune actrice qui remporta - excusez du peu- le concours de miss Espagne en 1974 et celui de miss univers en 1975), le film au goût amer et sarcastique se suit avec plaisir.
Toutefois, ce n'est en rien un des meilleurs opus de la filmographie de Saura, dont l'importance aujourd'hui dans le cinéma espagnol, est peut-être un peu occultée par son successeur célèbre dans la péninsule ibérique j'ai nommé Pedro Almodovar. Il faut donc redire que chronologiquement Luis Bunuel et avant Almodovar, Saura est le cinéaste le plus coté dans la patrie de Cervantes.
"Tant de sacrifices inutiles". Ces quelques mots n'ont l'air de rien ou de pas grand chose, mais je peux vous garantir que pour clôturer tout ça avant d'y aposer le mot fin, on ne pouvait pas trouver mieux. Comme d'habitude avec Carlos Saura, il faut s'accrocher. Ce qui fait le sel de son cinéma, ça n'est pas la complexité de ses histoires, même si elles ont le chic, comme celles de Marco Ferreri (dans un style beaucoup moins réaliste en ce qui concerne ce dernier, bien entendu) pour bousculer le spectateur dans son confort. Mais bel et bien l'ambiguïté des personnages qui sont présentés, et par ricochet, la mise en scène qui les entoure. "Maman a 100 ans" n'échappera pas à la règle. Il ne te faut pas plus que quelques minutes pour flairer l'embrouille. Tu ne sais pas ce que c'est, mais tu sens qu'il y a un truc pas net qui arrive. Drame familial. Saura en connaît un bon sur la question. Ici, c'est une affaire de captation d'héritage. Des pièces rapportées auraient pu en être les intigatrices, cela aurait été trop simple. L'Homme est un loup pour l'Homme, et il ne fait jamais aussi mal que lorsqu'il est un parent proche. Interprétation parfaite, Geraldine Chaplin en tête, et t'as en face de toi un grand classique du cinéma espagnol.
Carlos Saura signe ici une farce mordante et cruelle, plus constat politique que drame familial. Moins fort que "cria cuervos", on y retrouve tout de même l'audace et le talent du cinéaste espagnol.
Film qui partage les mêmes lieux et quasiment les mêmes personnages que le long-métrage Ana et les loups, cette chronique familiale de Carlos Saura se visionne agréablement grâce à la présence d'une belle mise en scène et surtout d'un excellent casting où l'on retrouve notamment la jolie et bien touchante Géraldine Chaplin.
Comédie de moeurs dans laquelle nous retrouvons les personnages de Anna et les loups. Franco est mort et l'Espagne devient moderne. Beaucoup de légèreté et de fantaisie dans ce film. On rit beaucoup.