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Un visiteur
5,0
Publiée le 12 août 2009
Qui a dit que les "vieux" films étaient lents et ennuyeux? Voici le tonitruant "Ces messieurs dames", au rythme effréné (on pense au "Fanfaron" de Dino Risi) et à la critique acerbe des petits notables de province. C'est de la comédie italienne, certes (un peu bavarde), mais "Signore & signori" vaut le détour puisqu'il ressort sur grand écran. Entre sauteries et coucheries, ces bourgeois-là sont à la fois sympathiques mais tellement grotesques, avares et immondes (lorsqu'ils draguent, ils ne distinguent même plus une gamine d'une femme). Les femmes, elles, ne sont pas en reste, puisque lorsqu'elles ne sont pas cul-bénies ou avares, elles sont nymphomanes... De ce tas-là, tentent de sortir Osvaldo et Miléna (la très belle Virna Lisi). Savoureux!
Les trois sketchs sont vraiment savoureux avec une préférence pour le deuxième. Comédie italienne avec rythme, débit de parole assez impressionnant, grands discours et des hommes toujours galants à outrance !!!! On rigole pas mal.
Branle-bas de combat chez les bourgeois ! Où chacun à des cornes sur la tête. Qui dit comédie à sketches, dit inégale. C'est systématique. Sauf que celle-ci est bien plus pénible qu'inégale. Bavarde, cacophonique (à l'image du premier segment), bien trop longue et demandant bien du courage pour l'endurer jusqu'au bout. Alors oui, Germi tire au mortier sur la petite bourgeoisie de province italienne, les insultent pleuvent, les torgnoles partent facilement, ces messieurs ont la bave aux lèvres, ces dames sont affriolantes au maximum, mais ça ne suffit pas pour donner de l'intérêt. Je dois faire partie des rares personnes à n'avoir jamais aimé "Ces messieurs dames" et je l'assume. A chaque fois, je n'en retiens que Virna Lisi, belle à vous en rendre fou.
Critique au vitriol de la petite bourgeoisie avide de divertissements, de commérages, de mesquineries dans le but d'oblitérer la réalité décevante, la famille encombrante, le travail ennuyeux, cette comédie de moeurs et de caractère en trois chapitres mêle vaudeville, farce et satire dans un rythme sémillant, semblable à celui de la réalisation et des conversations de héros qui présentent un panel cynique des défauts ou faiblesses humains. Parfois cacophonique, la première intrigue suit le fil des infidélités mutuelles au sein d'un groupe de (faux) amis avant que la seconde ne s'arrête sur une liaison particulière où le ridicule emphatique le mêle au drame burlesque puis que la dernière dénonce les manipulations d'hommes libidineux. Joués avec entrain, malice, énergie, ces récits que scande une mélodie survoltée dessinent en creux une société ancrée dans sa temporalité et sa géographie mais à la caricature psychologique pertinente. Caustique, drolatique, cruel!
L’histoire originale de Pietro Germi et Luciano Vincenzoni, « Signore e Signori » se déroule dans la ville de Trévise et non en Sicile comme dans les deux opus précédents (« Divorzio all’italiana » et « Sedotta e abbandonata»). Elle se compose de trois sketchs où évoluent les représentants de l’ordre moral italien, à savoir : la bourgeoisie, l’église et la police. Les liens profonds qui unissent ces représentants de la cité sont la tartufferie et l’intérêt. Lubrique et financier pour les bourgeois, uniquement financier pour l’église et carriériste pour la police, tous à l’abri d’une presse corrompue et donc inoffensive. Pietro Germi, à la franchise et aux colères célèbres, cloue au pilori pendant près de deux heures le catalyseur de ces trois turpitudes, l’hypocrisie, qui même amenée au sommet est clairement le quotidien des protagonistes égoïste, lubriques, envieux et menteurs. Le premier sketch est une farandole hystérico vulgaire de cette bande de dépravés dont il serait fastidieux d’énumérer qui baise avec qui, tellement la liste serait longue. En la résumant à « tous avec toutes » le compte devrait être bon, à une ou deux exceptions près. Si le scénario est suffisamment drôle grâce à l’apport du fameux tandem Age et Scarpelli, l’ensemble rappelle le cinéma de Federico Fellini, la perspective en moins, le cynisme mais aussi la balourdise en plus. Heureusement les deux suivants atteignent les sommets. L’histoire touchante d’un amour véritable entre le malheureux Gastone Moschin et la sublime Virna Lisi, que les trois tenants de l’ordre moral s’efforceront de réduire à néant, pour être certain de ne pas sortir de la fange, du stupre, du mensonge et de la corruption au profit de la beauté et du véritable. Non mais ! C’est clairement le moins drôle des trois, mais c’est certainement le plus douloureux. Enfin dans le dernier, chacun des membres du groupe de salauds va profiter à son tour d’une candide paysanne de 15 ans !!!! Pas de chance, le juge, malgré la « compréhension » de l’église, et à l’opposé du pronostique des avocats, est bien décidé à les envoyer devant le tribunal pour détournement de mineure. Mais grâce à l’argent, dont quelques millions finiront dans les caisses de l’orphelinat catholique, tout est bien qui finit bien. Le plus drôle, mais aussi le plus abject des trois. En exceptant Gastone Moschin, Virna Lisi et Aldo Puglisi, le casting se composait d’acteurs peu connus. Néanmoins la direction précise du cinéaste amène l’ensemble au niveau souhaité. Malgré ce premier sketch un peu raté, les deux suivants méritent largement d’être visionnés. Palme d’or du festival de Cannes, ex-aequo avec « Un homme et une femme » de Claude Lelouch, sous les huées de critiques peu lucides. « Excusez-moi de vous avoir fait rire... » leur répliqua Pietro Germi.
Excellentissime ! Les Italiens sont-ils encore de gros veaux machos consternants ? Allez savoir... Dans le film, ils le sont, et bien abjetcs de surcroît ! Je ne comprends pas ta frénésie pour apprendre l'italien par Assimil, Camille !
Palme d'or (Cannes 1966) ex aequo avec " un homme et une femme" de Claude Lelouch, " ces messieurs dames " est sans aucun doute une des pièces maîtresses de la filmographie de Pietro Germi (1914/1974).
Après " divorce à l'italienne " (1961) considéré comme le titre fondateur de la comédie à l'italienne et " séduite et abandonnée " (1963) tous deux situés dans le sud de l'Italie, Germi pose son scénario dans le nord, en Vénétie à Trévise, région considérée comme symbole des bonnes manières, mais aussi ( peut-être) celle de la sophistication des apparences.
Avec ces trois opus remarquables, Germi est au cœur de ce qui restera comme sa décennie reine, expression de son remarquable talent qui en fera ( selon moi) un des metteurs en scène majeurs de l'âge d'or du cinéma italien.
Germi décrypte avec un humour acide les moeurs et l'hypocrisie de ses compatriotes ( qu'ils soient hommes ou femmes d'ailleurs) à l'égard de la sexualité et des choses de l'amour.
Si pour des raisons de coûts de production, la distribution ne comporte pas de stars ( il y a certes dans un second rôle Virna Lisi, mais elle n' est encore qu'à ses débuts), " ces messieurs dames" figure encore aujourd'hui parmi la liste ( il est vrai assez longue) des opus principaux de l'âge d'or du cinéma italien.
Le scénario est découpé en trois épisodes qui s'apparente à une sorte de film à sketches ou les personnages sont tour à tour figures principales et secondaires.
Lors de la cérémonie de remise des prix, le film fut hué par une bonne partie des professionnels présents.
Le partage de la palme à deux titres fut sans doute mal accepté, certains y voyant une façon de minorer la récompense suprême attribuée pour la première fois à un film français.
Sans entrer rétrospectivement dans des comparaisons inutiles de la qualité entre les deux films, on peut sans risque de beaucoup se tromper, affirmer que la bronca cannoise était bien imméritée.
On peut conseiller de voir ou revoir les trois opus de Germi ( " divorce..", " séduite..." et donc " ces messieurs dames") qui non seulement se répondent l'un à l'autre et forment une sorte de trilogie indispensable à connaître pour l'amateur du cinéma du patrimoine.
…Bonsoir. La fin du titre n’arrivera qu’à la toute fin, comme s’il nous le fallait mériter, ce qui n’est pas incobérent vu à quel point le film est bavard en mots & en actions. Revenu de deux films en Sicile, Germi fait de Trévise le nouveau bouc émissaire de sa haine contre l’hypocrisie – trait commun à de nombreux cinéastes italiens mais que Germi a toujours traité à sa manière. Sauf ici où l’on pourrait dire aujourd’hui qu’il s’est fait un kif.
Le film se donne pour credo de doter tous ses personnages de cornes : une stratégie triviale mais efficace quand il s’agit de s’attaquer aux… démons de la nation. Étude (endiablée donc) de la frivolité du groupe, l’œuvre n’a pour limite que la taille de la foule dont elle est en mesure d’explorer les vices. À cette fin, le casting était déjà large, mais le réalisateur s’est permis de constituer trois sketchs histoire de varier les points de vue – une technique qui se voulait révélatrice des intrications du cercle d’amis mais qui révèle finalement surtout que l’histoire est en circuit fermé.
Conséquemment, si Mesdames et messieurs est un amusement doux-amer constant, il est aussi très long. Germi a perdu de vue dans la dérision & l’autodérision que sa création n’était pas immunisée à être imbue d’elle-même : trop pris par son idée & ravi par la possibilité de laisser ses acteurs en roue libre, il me semble avoir été aveuglé par la fluidité de son tournage : flux tendu de moqueries où, il faut bien l’avouer, sont saisies les institutions avec une facilité grisante (je n’ai jamais vu une police aussi réactive), le film assomme même si l’on connaît la propension italienne à mettre – beaucoup – de mots sur tout.
On sera rassuré par le fait que Germi n’était pas insensible à l’effet que pouvait produire son opus : très vulgaire comme s’il se faisait l’exutoire de lui-même, il met en scène un “emm***eur” (confer les sous-titres) dont le seul défaut est… qu’il parle trop, justement, & le personnage le plus attachant survit à sa propre histoire grâce aux boules Quies. La franchise germienne n’est donc pas totalement absente.
Un petit chef d'œuvre féroce, du cinéma à l'italienne cruel envers une certaine société bien-pensante, avec parfois un ton et une musique qui fait penser à Mocky quand il est en forme.
Pietro Germi déplace son observation de la méridionale Sicile (Séduite et abandonnée, Divorce à l'Italienne) à la septentrionale et riche Vénétie (la ville de Vérone ou de Trévise, ce n'est pas clair) catholique et industrieuse, qui ne dédaigne pas pour autant les moments de détente. Mais attention, rien à voir à voir à la dolce vita romaine, bien plus décadente et mistérieuse. On s'amuse, oui, mais d'abord on travaille (le pharmacien, le médecin, le commerçant de chaussures, etc,.) et surtout on essaye de faire de l'argent, désormais la valeur suprême. Danse ce contexte Germi nous donne un portrait au vitriol mais pas dépourvu de tendresse d'une certaine bourgeoise, pas forcement représentative mais réelle, et surtout encore d'actualité. Aidé par cast d'excellents comédiens très complices et en pleine forme, méconnus en France mais pas en Italie, sauf la très belle Virna Lisi, le film est magnifiquement filmé, en noir et blanc, dans un rythme endiablé soutenu par la très belle musique de Piero Piccioni. Il s'agit là d'un des meilleurs exemples de la comédie italienne, on rit, amèrement, A voir, bien entendu.
Une reprise nécessaire pour ce chef d'oeuvre. Une critique de la petite bourgeoisie de province radicale et extremement drôle. A voir en cet été de cinéma creux.