De retour en France après la guerre, un ancien GI se souvient de cette période de la Libération où il logeait dans une pittoresque pension de famille et partageait sa chambre avec une jeune fille pauvre. D'après une oeuvre romanesque, Anatol Litvak réalise un très passable mélodrame, conclu par un lacrymal concours de circonstances. Le ton est donné par la composition éplorée de Dany Robin en orpheline de guerre souffreteuse et romantique que les autorités soupçonnent d'être une prostituée. C'est l'argument du film, pauvre il faut bien le dire, et surtout affaibli par la transposition à Paris d'un roman situé à l'origine en Italie, pays où la prostitution d'après-guerre relevait d'un vrai phénomène social. Le film est encore décrédibilisé par cette vision tout américaine de la France populaire que la VO fait parler en anglais...sauf quelques vocables, pour l'exotisme. Grotesque. Le petit peuple parisien véhicule les clichés et stéréotypes de l'Amérique condescendante. Kirk Douglas, en simple soldat US, campe un personnage longtemps insignifiant jusqu'au moment où, par amour, et pour la sauver de l'infâmie,spoiler: il s'apprête à épouser Dany Robin . C'est parfaitement ennuyeux et on ne trouvera guère d'intérêt qu'à apercevoir spoiler: Brigitte Bardot adolescente dans le rôle d'une serveuse ou à voir Fernand Ledoux, Serge Reggiani donner la réplique à Kirk Douglas.