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Revu en 2022, ce Chabrol se révèle une très grande cuvée , un de ses meilleurs films assurément . Une description au couteau, au scalpel de la vie de cette jeune femme, sous l'occupation , ni meilleure , ni pire qu'une autre , qui veut vivre sa vie, être heureuse, qui est amenée à faire des avortements pour améliorer son quotidien. Tous les personnages sont du même calibre , ni bon , ni mauvais . Chabrol ne juge pas , il décrit , il montre , même le pire , ces avortements avec de superbes gros plans indirects. Les murs sont sales , écaillés, , on est proche de la misère dans cette petite ville de province. Les dialogues sont cinglants , caustiques , La prière à la vierge de Isabelle Huppert dans sa prison , est énorme, anticonformiste , anti- cléricale féroce. Tous les acteurs sont excellents . Huppert tient là un des 3 meilleurs rôles de toute sa carrière. Aucun temps mort , tout s’enchaîne rigoureusement, et la mise en scène est très belle , très soignée ( ce qui n'est pas toujours le cas chez Chabrol) . La caméra bouge bien, avec grâce.. On finit le film convaincu , comme une évidence, sans que jamais il n'y a ait eu de démonstration ou de prêche. Une incroyable performance qui démontre l’intelligence et le raffinement de Claude Chabrol.
Sans parti pris et sans concession, Claude Chabrol narre ici une histoire dure peuplée de personnages peu recommandables, focalisant sur le destin d'une femme ordinaire autant prise au piège de son statut que de la vie qu'elle se fabrique. Isabelle Huppert est admirable dans le rôle, et Chabrol déroule à l'envi toute la veulerie et le climat de l'époque délétère des années d'occupation, remuant le couteau dans la plaie par sa mise en scène clinique et froide, parvenant à frapper l'imaginaire du spectateur sans effets de manche inutiles.
Un regard sombre, comme souvent chez Chabrol sur le genre humain. Ici, le thème est celui de l'avortement dans des milieux populaires sous le régime de Vichy. Le rôle principal l (très bien interprété par Isabelle Huppert) est une femme qui cherche à s'émanciper de sa condition ordinaire et de son couple sans amour et se livre à des activités cupides comme avorter ou louer les chambres de ses jeunes enfants à des prostituées avec l'assentiment tacite de son mari (Un jeune François Cluzel moustachu) bafoué, qui va finir par la dénoncer et 'envoyer à la mort. A part la sœur de la mère de 6 enfants qui décède de septicémie après son avortement, mais dont le sentiments bienveillants sont surtout d'ordre religieux, et la prostituée ( belle Marie Trintignant), et un peu l'héroïne elle même sur laquelle Chabrol conserve un regard compatissant car elle est belle et naïve, tout le monde et surtout toute cette époque est décrite avec noirceur.
Prises de vue, cadrage, couleurs et montage efficaces.
Prises de vue, cadrage, couleurs et montage efficaces.
Film poignant vrai... Que dire... Un mélange de nombreuses emotions... Les acteurs sont justes parfaits... Je recommande... Un des rares films qui retrace la vie des français sous l'occupation sans qu'on parle systématiquement de la résistance..
S'inspirant d'une histoire vraie, Chabrol dresse le portrait d'une femme libre et sans scrupules sous l'Occupation, portée par l'interprétation remarquable d'Isabelle Huppert, primée à Venise.
Sous le régime de Vichy, Marie aide sa voisine à avorter. Voyant l'affaire très lucrative, Marie continue ses actions et devient faiseuse d'anges en aidant d'autres femmes enceintes, au péril de sa vie. Tout commence dans un appartement poisseux, une famille misérable qui survit durant la Seconde Guerre Mondiale. Isabelle Huppert incarne Marie, une femme aussi maligne que provocatrice. Un rôle taillé pour son jeu, toujours aussi brut de décoffrage et impactant. Le premier avortement est montré tel quel, presque avec banalité et c'est sur ce ton que Claude Chabrol continuera de nous exposer les méfaits de Marie. Accédant à un nouveau statut social grâce à la richesse qu'elle tire de son activité, Marie devient méprisable, antipathique. François Cluzet qui incarne Paul, son mari, est un pauvre type, mais il est juste ce qui fait de lui le véritable héros de l'histoire. En effet l'avortement devient un rouage social pour Marie, les femmes viennent à la chaîne demander ses services. Elle en tire profit, mais ne connais presque aucune once de culpabilité quand elle pille financièrement ces femmes en quête de soutien. Elle est presque un bourreau, terrifiante dans son silence et son absence d'émotions, alors même que certaines décèdent à cause de sa méthode. Marie peut-elle être considérée comme une tueuse en série ? Finalement elle prend goût à l'argent et devient aussi impitoyable que le régime sous lequel elle vie. L'absence de solidarité est évidente, Marie fait cela pour elle uniquement. Brillant dans sa forme et son discours, "Une affaire de femmes" décrit à la fois une période sombre qui poussa les gens aux pires vices, mais parle aussi de la dureté de la vie pour ces mères qui ne désiraient par forcément l'être.
« Une affaire de femmes » de Claude Chabrol (1988) est un film de la maturité pour ce cinéaste qui pour une fois délaisse les films « policiers » dans le milieu de la petite bourgeoisie de province. Il nous raconte l’histoire de Marie (Isabelle Huppert) qui rêve d’être chanteuse dans un théâtre mais qui avec ses 2 enfants est confrontée à une dure vie durant l’occupation. Pour aider une voisine dans la détresse, elle se fera « faiseuse d’anges » et cela se saura et comme « quand on gagne des sous, on en veut toujours plus », elle va en faire son métier en quelque sorte avec en prime – si on peut dire – la sous-location d’une pièce de son appartement de plus en plus luxueux à son amie, Lulu, une prostituée (Marie Trintignant). Sans amour pour son mari (François Cluzet qui est mauvais mari et mauvais acteur ici), elle va tomber dans les bras d’un client de Lulu, un collabo (Nils Tavernier) mais ce n’est pas lui qui la dénoncera à la Police Vichiste et comparaitre pour l’exemple à Paris devant le Tribunal d’Etat à cette époque où la devise « Travail, Famille, Patrie » faisait rage, Marie ayant en quelque sorte enlevé à la France « 23 futures mères » !
Un film extrêmement bien mené et dirigé avec une Isabelle Huppert qui crève l’écran. Un film sorti en 1988… soit quand même 13 ans après la dépénalisation de l’avortement grâce à Simone Veil !
Un film extrêmement bien mené et dirigé avec une Isabelle Huppert qui crève l’écran. Un film sorti en 1988… soit quand même 13 ans après la dépénalisation de l’avortement grâce à Simone Veil !
Un film courageux et qui doit aussi continuer à faire débat auprès de certaines catégories de personnes aujourd'hui encore ...malheureusement ! . Une interprétation incroyable de Isabelle Huppert le genre de performance qui marque . Un film dur et nécessaire.
Excellent film ! Et surement (pour moi) l’interprétation la plus bouleversante d'Isabelle Huppert . L'histoire s'inspire de Marie-Louise Giraud, une des dernières femmes guillotinées en France.
Le personnage de Marie Latour n'est pas sans rappeler , celui de Violette Nozière : une femme qui s'ennuie , étouffée par une vie sans but. Elle décide alors de 'rendre service' à sa manière , naïvement , en pratiquant des avortements .
Méthodes qui conduiront Marie vers la mort ...
Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Isabelle Huppert .
Le personnage de Marie Latour n'est pas sans rappeler , celui de Violette Nozière : une femme qui s'ennuie , étouffée par une vie sans but. Elle décide alors de 'rendre service' à sa manière , naïvement , en pratiquant des avortements .
Méthodes qui conduiront Marie vers la mort ...
Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Isabelle Huppert .
Le 9 juin 1943 Marie-Louise Giraud est condamnée à mort par le Tribunal d'Etat institué par Pétain pour juger les crimes politiques. La loi du 15 février 1942 avait en effet qualifié l'avortement de crime contre la sûreté de l'état et la femme Giraud avait avoué en avoir pratiqué 27 : "pour aider, dit-elle". Pétain refuse sa grâce et elle est exécutée le 30 juillet à la Roquette. C'est l'histoire de cette femme, de ses amies et de ses clientes que raconte sobrement Chabrol dans Une Affaire de Femme en 1988. Isabelle Huppert est évidemment parfaite dans le rôle de la faiseuse d'anges à Cherbourg sous l'occupation : nécessiteuse (elle veut mieux pour ses enfants que leur pauvre appartement), ambitieuse (elle veut devenir chanteuse), audacieuse, un peu cynique (elle prend un amant au vu de son mari) tout est bon pour s'en sortir, même les avortements clandestins, même louer la chambre des enfants à son amie prostituée. Marie Trintingant joue cette amie et quand elle est en scène éclipse Isabelle Huppert (à 25 ans elle explose de sensualité). Dans les autres rôles Dominique Blanc, Marie Bunel, Dani : les hommes sont assez nuls, comme dans le scènario, n'en parlons pas. Chabrol - toujours d'autant meilleur qu'il en fait moins - traite sans sentimentalisme de l'Occupation, la condition des femmes et la politique obscène de Laval et Pétain.
Ce film glace les sangs non seulement par l'interprétation assez cynique de I. Huppert mais aussi par la fin tragique dont la montée en puissance semble régler au millimètre près. Cette histoire de femme faiseuse d'anges nous parait tellement anodine aujourd'hui, pourtant c'était considéré comme un pécher immoral il n'y a encore que quelques dizaines d'années. Ce film en décor le retrace très bien, avec tous les personnages secondaires nécessaires à une histoire bien travaillée, comme le mari désabusé et jaloux, le collabo sur de lui, les putes et enfants aussi.
Un film étourdissant, magistralement interprété (notamment par Isabelle Hupert bien sûr), qui nous plonge dans ce contexte à la fois terrifiant et attendrissant d'une famille vivant pendant l'occupation. La très grande subtilité d'un Claude Chabrol, toujours fin observateur des contextes humains dramatiques, nous émeut et nous questionne. Pour moi c'est l'un des films qui résument le mieux la condition féminine pendant cette période d'occupation, et même la condition humaine en général, avec ses contradictions et ses enjeux, ses dérives et ses espoirs, ses horreurs et ses joies... Tout le génie du réalisateur et des acteurs ici se déploie, en nous invitant dans une réflexion humaniste. Un très beau film qui bouleverse, et qui selon moi nous invite à prendre du recul sur l'histoire, à réfléchir sur les évolutions des sociétés, et du droit des femmes ! Je le conseille vivement.
Quelque part, le film me fait penser prendre à « Belle de jour ».
Femme naïve mais fière qui trouver un but à son existence.
Ici Chabrol filme une femme qui s’émancipe sans voir le mal dans son activité. Elle devient sûre d’elle tout en perdant pied dans son activité. Mais elle gagne en amour par sa volonté de se sentir utile dans la société de l’époque où les femmes peinaient à affirmer leur valeur.
En même temps beau portrait des femmes délaissées et malheureuses avec la touchante scène avec Dominique Blanc et sa résolution encore plus émouvante.
Et quelle belle fin avec le « poème de l’amour et de la mort » qui clôt avec une infinie mélancolie ce récit délicat.
Femme naïve mais fière qui trouver un but à son existence.
Ici Chabrol filme une femme qui s’émancipe sans voir le mal dans son activité. Elle devient sûre d’elle tout en perdant pied dans son activité. Mais elle gagne en amour par sa volonté de se sentir utile dans la société de l’époque où les femmes peinaient à affirmer leur valeur.
En même temps beau portrait des femmes délaissées et malheureuses avec la touchante scène avec Dominique Blanc et sa résolution encore plus émouvante.
Et quelle belle fin avec le « poème de l’amour et de la mort » qui clôt avec une infinie mélancolie ce récit délicat.
43 ème film de Chabrol, un film qui est adapté du livre de l'avocat Francis Szpiner. Il faut recontextualiser l'époque du film, qui se passe dans les années 40, où l'avortement était illégal. Je dois bien dire que ce film est poisseux, et sombre, de par son sujet sur l'avortement, et cette mise en scène de Chabrol nous glace souvent le sang. Les décors font très sales et rugueux, et la violence physique d'un Cluzet n'est rien comparé à la violence psychologique qui parsème le film. Un film pro avortement, il serrait difficile d'affirmer le contraire, tant les scènes que l'on voit nous bouleverse de tristesse, porté par la magie d'une Isabelle Huppert à la fois fragile et tenace. D'ailleurs c'est un peu le reproche du film, mise à part cette performance dantesque, magistrale, une des meilleures du 7ème art en France, du 7ème art tout court, le film est un peu mince. Mais bon, il faut dire aussi, que l’ambiance trop pesante n'aide pas ce film à dépassé le "simple bon film".
Une très belle découverte, un film bourré d'humanité, de féminité et d'amour. La réalisation et la photographie sont juste, offrant des plans et des images subtiles et belles. J'aurais tendance à dire qu'on nous présente le combat d'une femme, mais on peut ce combat peut être interpréter de différentes façons. C'est essentiellement un combat pour sa famille, pour améliorer leur condition de vie. Le film est touchant, autant par les conditions de vie entraînées par l'occupation allemande, que par ses femmes amenées pour des raisons différentes à interrompre leur grossesse. J'ai trouvé Marie très en avance sur son temps. Autant dans son "métier" que dans sa personnalité. Isabelle Hupert est magnifique, elle s'imprègne totalement du rôle. Elle est poignante, dégage une force incroyable et passe beaucoup de choses par son regard. François Cluzet est également intéressant, cet homme revenu d'Allemagne qui a de grosses difficultés à oublier et reprendre sa place dans une famille éclatée. Un très très beau film que je vous invite à découvrir et que vous allez d'une manière ou d'une autre apprécier.
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