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Marie n'a rien d'une madone que le cinéma aime sculpter dans le marbre du martyre, et c'est ce qui m'a plu. Chabrol lui préfère la chair d'une femme ordinaire, vaniteuse, calculatrice, qui triche et s'arrange pour survivre sous un régime qui piétine les siennes. Entre son ambition minuscule et l'effondrement moral d'un pays entier, le crime intime devient l'alibi commode d'un État en faillite, prompt à punir des corps pour mieux masquer ses déroutes militaires. La mise en scène suit la même ligne, presque austère, sans reconstitution tape-à-l'œil ni effet appuyé, comme un constat glacé posé sur une époque qui broie ses habitants.
Et Chabrol, comme à son habitude, filme en cinéaste du soupçon, un œil qui observe sans jamais peser sur ce qu'il regarde. Mais à force de rigueur, le récit finit par s'endormir lui-même, lancinant, presque rampant. Je suis le quotidien de débrouille de Marie sans jamais me laisser happer, et le climat vichyste, pourtant si riche, reste un arrière-plan à peine esquissé. Vraiment dommage. Mais Isabelle Huppert est immense. Elle incarne cette femme tout entière sans jamais la réduire à une énigme simple, refusant le sanglot facile pour les silences et les regards qui filent, et qui racontent ce qu'aucun torrent de larmes ne saurait dire. Elle ne joue pas une victime. Elle prête son visage à une mémoire longtemps tue.
Et Chabrol, comme à son habitude, filme en cinéaste du soupçon, un œil qui observe sans jamais peser sur ce qu'il regarde. Mais à force de rigueur, le récit finit par s'endormir lui-même, lancinant, presque rampant. Je suis le quotidien de débrouille de Marie sans jamais me laisser happer, et le climat vichyste, pourtant si riche, reste un arrière-plan à peine esquissé. Vraiment dommage. Mais Isabelle Huppert est immense. Elle incarne cette femme tout entière sans jamais la réduire à une énigme simple, refusant le sanglot facile pour les silences et les regards qui filent, et qui racontent ce qu'aucun torrent de larmes ne saurait dire. Elle ne joue pas une victime. Elle prête son visage à une mémoire longtemps tue.
Y a des films comme ça, après quelques scènes, tu sens que ça ne va pas le faire du tout. Sujet fort ou pas, Chabrol ou pas Chabrol, quand ça vaut pas un clou, ça vaut pas un clou. Parce que c'est bien joli de faire un film qui est pensé pour être une affaire de femme... encore faut-il que ladite femme soit à la hauteur. Or, ça n'est absolument pas le cas. Et pour cause, tout est centré autour du personnage joué par Isabelle Huppert. Et hier comme aujourd'hui, Huppert, c'est Huppert : un frigo qui ne dégage rien. Lui confier un rôle pareil, appelant à l'émotivité et à la profondeur, ça relève du suicide. Si seulement Chabrol avait eu l'idée d'avoir recours aux services de Sandrine Bonnaire... le film aurait été mauvais quand même, mais on aurait au moins sauvé la qualité de l'interprétation. Les autres actrices ne valent pas mieux, y compris la fille Trintignant. Quant à ces messieurs, c'est encore plus catastrophique. La moustache confère à Cluzet un air de Dustin Hoffman, malheureusement pour lui (et pour nous) elle ne lui donne pas son talent. Et sinon, quoi d'autre ? Histoire sans aucun intérêt, personnages creux, (vous vous en doutiez) reconstitution de la France occupée à la limite de l'insulte à l'Histoire et une mise en scène aux abonnés absents. Non incluses ses déroutes purement alimentaires, c'est l'un des pires films de Chabrol. Terrible de penser qu'en cette même année 1987, il mettait sur pieds le très bon "Masques" qui lui, n'a pas eu les honneurs de cette triste "Affaire de femmes".
Film qui traite un sujet dramatique, qui devrait émouvoir et susciter l'indignation. La situation faite aux femmes pendant l'occupation nazie, même compte tenu de l'ambiguïté du personnage incarné par I.Hupert, laisse totalement insensible par une realisation sans énergie.
Voici un drame psychologique social et poignant qui doit beaucoup à son metteur en scène et à son actrice principale! Claude Chabrol s'inspire de la fameuse affaire Marie-Louise Giraud,
spoiler:
avorteuse guillotinèe dans une France vaincue qui se relève comme elle peut!
C'est avec "Une affaire de femmes" (1988) que Isabelle Huppert gravit un nouvel èchelon important dans sa prestigieuse carrière! En faiseuse d'anges sous l'Occupation, elle impressionne en s'appropriant le rôle de la mère de famille qui pratique sans scrupules les avortements pour tenter de survivre aux problèmes du conflit! A ses côtès, François Cluzet (le mari), Marie Trintignant (l'amie) et même Marie Bunel (difficile de l'oublier) incarnent des personnages dignes d'intèrêt! La froideur quasi documentaire de l'oeuvre et la duretè du propos font que l'on ressort dècomposè de la projection spoiler: (les cathos intègristes risquent la crise de nerfs lors du dènouement)
. A l'arrivèe, une nouvelle rèussite historique de la collaboration Chabrol / Huppert...
C'est avec "Une affaire de femmes" (1988) que Isabelle Huppert gravit un nouvel èchelon important dans sa prestigieuse carrière! En faiseuse d'anges sous l'Occupation, elle impressionne en s'appropriant le rôle de la mère de famille qui pratique sans scrupules les avortements pour tenter de survivre aux problèmes du conflit! A ses côtès, François Cluzet (le mari), Marie Trintignant (l'amie) et même Marie Bunel (difficile de l'oublier) incarnent des personnages dignes d'intèrêt! La froideur quasi documentaire de l'oeuvre et la duretè du propos font que l'on ressort dècomposè de la projection spoiler: (les cathos intègristes risquent la crise de nerfs lors du dènouement)
. A l'arrivèe, une nouvelle rèussite historique de la collaboration Chabrol / Huppert...
Un film impressionnant et singulier, que l'on peut regarder avec un certain malaise.
Isabelle Huppert est étourdissante et rend la vulnérabilité de son personnage touchante, par delà son apparente et capricieuse froideur. Et que dire de la délicate Marie Trintignant ? Le jeu de François Cluzet, celui de "l'ombre au tableau", met en lumière sa présence, ce talent si subtil pour interpréter le rôle de Paul, relégué dans son coin et prêt à bondir sur sa proie. Les enfants sont sublimes.
Isabelle Huppert est étourdissante et rend la vulnérabilité de son personnage touchante, par delà son apparente et capricieuse froideur. Et que dire de la délicate Marie Trintignant ? Le jeu de François Cluzet, celui de "l'ombre au tableau", met en lumière sa présence, ce talent si subtil pour interpréter le rôle de Paul, relégué dans son coin et prêt à bondir sur sa proie. Les enfants sont sublimes.
Un film de Claude Chabrol. Le style à Claude Chabrol. Avec de très bons acteurs et actrices. Une ambiance spéciale. La France sous l'occupation allemande. Un très bon drame.
Un beau film, bien équilibré. Un récit de la misère d’une certaine France sous l’occupation allemande. Quand la misère conduit aux pires comportements, pour pouvoir s’en sortir. Mais encore, la misère des femmes, des couples, confrontés à l’absence de méthode de contraception. La bigoterie politique, pour tenter de compenser un honneur national bafoué. On refuse le « meurtre » des fœtus, d’un côté, et on envoie les enfants juifs dans les camps de la mort, de l’autre…
Dans "Une affaire de femmes", Chabrol installe son histoire dans la France rurale pendant l'occupation allemande sous Pétain. Marie (Isabelle Huppert) découvre une technique pour faire avorter des femmes ayant fauté avec l'ennemi ou d'autres qui ne peuvent plus assurer financièrement la vie d'un autre enfant. Malheureuse avec son ami Paul (Francois Cluzet), un homme rustre et dur, elle finit par s'épanouir dans une activité qui lui rapporte et qui socialement utile. Chabrol dépeint très bien la difficulté de la vie en milieu rural, la pauvreté dans une période qui a été très difficile pour la France. Cette période de l'Histoire est très importante aux yeux du réalisateur, il en avait dejà abordé le thème dans "La ligne de démarcation". Encore du très bon Claude Chabrol.
Interpretation magistrale d'Isabelle Huppert dans un personnage totalement antipathique, une idiote qui pratiquent des avortements par intérêt, et non pas comme on pourrait le penser par solidarité féminine, qui traite son mari comme un chien, et ne pensent qu'à s'étourdir avec un collabo. Comme on est pendant le régime de Vichy qui prone les valeurs familiales et la morale, elle va payer le prix de ses actes. Film lent et sombre mais beau portrait d'une femme enfant totalement amorale (et non immorale)
Ce long-métrage de Claude Chabrol, sorti en 1988, brosse le portrait complexe d’une femme ayant pratiqué des avortements durant la Seconde Guerre mondiale. Le récit expose les contradictions de cette personne sans scrupule, à la fois portée par une volonté d’émancipation personnelle, un désir d’ascension sociale et un esprit de bonté. Tous ses actes, qu’ils soient calculés ou bien innocents, rendent son personnage autant détestable qu’attachant. Autour de Marie Trintignant et François Cluzet, c’est bien entendu Isabelle Huppert (la muse du réalisateur) qui assure ce rôle difficile mais à sa mesure. Pour dénoncer les paradoxes de cette époque, le régime de Vichy, soutenant les valeurs morales de la famille, se fait sérieusement égratigner. Bref, un film glacial qui utilise le fil du rasoir pour distinguer le Bien et le Mal.
Excellent. On trouve ici chez Chabrol une sensibilité rare chez un réalisateur aux "affaires de femmes"...
Dépeignant habilement le quotidien de Français anonymes sous l'Occupation dans leurs préoccupations et vies intimes, le récit décrit l'époque pétainiste sous un jour cru mais dépourvu de manichéisme. Ainsi en va-t-il de cette héroïne aux airs de Mme Bovary qui se retrouve malgré elle incarnation d'une liberté absolue mais aussi d'un amoralisme opportuniste, au-delà des avortements mêmes qui illustrent chacun une raison différente de recourir à ce système éminemment violent. Face à une Isabelle Huppert excellente d'ambiguïté, le casting se révèle au diapason, d'un François Cluzet esseulé à une poignante Dominique Blanc dont le discours courageux sur la maternité et ses injonctions résume brillamment l'audace du propos. Aussi faussement froide que sa protagoniste, la réalisation sait illuminer ses personnages et les plonger dans l'atmosphère idoine selon leur situation narrative ou émotionnelle, aidée par des dialogues incisifs. Percutant!
Une des belles réussites de Claude Chabrol. Avec Isabelle Huppert son actrice fétiche il propose le portrait complexe d une femme prise dans l occupation. Une femme qui aspire à un certain confort et à une vie exaltante, qui rejette un mari qu elle n aimait déjà plus et qui revient diminué de la guerre. Une femme dont l envie de liberté ne colle pas vraiment avec la France de Vichy. Je disais un portrait complexe car même si elle est montrée de manière très diverse et parfois sans fard on a du mal à la saisir complètement tant elle échappe aux stéréotypes et c est ce qui rend ce film aussi passionnant.
On aurait tort de ne voir dans le film de Chabrol que l'histoire d'une avorteuse condamnée à mort. Car le sujet qu'aborde Chabrol lui permet d'aller plus loin que le fait divers et d'évoquer la condition générale de la femme française en ce début des années 40, sous Vichy précisément.
Déjà, le personnage d'Isabelle Huppert nest pas ce qu'il semble être au début du film, une mère courageuse dont le mari est prisonnier en Allemagne.Et surtout Marie Latour n'est pas une héroine particulièrement sympathique ou attachante. Adultère, avorteuse et même maquerelle, Marie est une femme amorale mais -et c'est toute la subtilité du propos- c'est une femme qui, sans en avoir conscience, revendique et gagne sa liberté, précisément parce qu'elle s'affranchit de la morale. Marie est scandaleuse parce qu'elle sort du rôle de femme effacée, de figure subalterne que la société française de l'époque lui impose d'être. Chabrol est doublement subversif en ce qu'il dénonce ce carcan social tout en créant un personnage cinématographique inattendu et anti-manichéen qui prend à contrepied les héroines conventionnelles.
Isabelle Huppert est formidable dans ce rôle de femme un peu sotte, presque candide qui n'agit que par instinct, sans réflexion, un rôle qui annonce ceux d'Emma Bovary et de la postière de "La cérémonie" (et qui rappelle Violette Nozière). Le metteur en scène ne porte aucun jugement sur Marie et seule la peine de mort lui inspire un jugement moral. La sobriété de la réalisation, l'authenticité des décors et des personnages garantissent, plus qu'un portrait, une étude de moeurs d'une grande qualité.
Déjà, le personnage d'Isabelle Huppert nest pas ce qu'il semble être au début du film, une mère courageuse dont le mari est prisonnier en Allemagne.Et surtout Marie Latour n'est pas une héroine particulièrement sympathique ou attachante. Adultère, avorteuse et même maquerelle, Marie est une femme amorale mais -et c'est toute la subtilité du propos- c'est une femme qui, sans en avoir conscience, revendique et gagne sa liberté, précisément parce qu'elle s'affranchit de la morale. Marie est scandaleuse parce qu'elle sort du rôle de femme effacée, de figure subalterne que la société française de l'époque lui impose d'être. Chabrol est doublement subversif en ce qu'il dénonce ce carcan social tout en créant un personnage cinématographique inattendu et anti-manichéen qui prend à contrepied les héroines conventionnelles.
Isabelle Huppert est formidable dans ce rôle de femme un peu sotte, presque candide qui n'agit que par instinct, sans réflexion, un rôle qui annonce ceux d'Emma Bovary et de la postière de "La cérémonie" (et qui rappelle Violette Nozière). Le metteur en scène ne porte aucun jugement sur Marie et seule la peine de mort lui inspire un jugement moral. La sobriété de la réalisation, l'authenticité des décors et des personnages garantissent, plus qu'un portrait, une étude de moeurs d'une grande qualité.
C'est le premier film de Claude Chabrol que je vois de ma vie je crois, et je ne suis pas déçu ! Le film a beau se passer durant le régime de Vichy et avoir été réalisé en 1988, c'est dingue comme Une affaire de femmes a des thématiques contemporaines, à savoir le féminisme. Ici c'est représenté à travers le personnage de Marie, une femme qui a compris que les problèmes des femmes ne pouvaient être réglées que par ces dernières. Malgré son côté un peu antipathique, Marie est au final un personnage compréhensible et attachant du fait de sa volonté d'indépendance, et elle suffit à elle seule le visionnage de ce film. Les acteurs y sont vraiment superbes et comme je l'ai dit, ce film n'a pas pris une ride du fait de sa thématique. Un très beau film et à la conclusion très réussie qui vient encore souligner l'injustice que le sort des femmes soit trop souvent donné aux hommes. Je recommande !
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