15 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
4 critiques spectateurs
5
1 critique
4
2 critiques
3
1 critique
2
0 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Pascal
253 abonnés
2 399 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 13 janvier 2025
Réalisé en 1968 par Alexandre Askoldov, cinéaste soviétique d'origine ukrainienne dont c'est le seul film , " la commissaire" dut attendre 1988 pour être diffusé enfin et obtenir l'ours d'argent au festival de Berlin.
C'est Gorbatchev lors de la Perestroika qui donna son autorisation, afin que ce titre, tiré d'un roman de V. Grossman, puisse sortir en salles.
Ce qui dérangea vraisemblablement le pouvoir soviétique est à chercher avant tout dans certaines répliques corrosives à l'égard de l'autorité politique en général.
Certaines scènes ambiguës peuvent aussi être interprétées de manière trop large, pour ne pas avoir été l'objet de la vindicte de la censure.
En tout cas, qu'elle qu'en soit les raisons véritables, le gel de la diffusion de ce film attira par contrecoup l'attention au moment de sa sortie, d'autant que " la commissaire" constitue un véritable choc, en raison de sa beauté plastique.
L'action se déroule dans la partie nord est de la Russie, à proximité de l'actuelle saint Petersbourg, lors de la guerre post 1917, qui a opposé les Rouge et les Blanc dans un combat fratricide.
Une commissaire politique de l'armée rouge, enceinte, trouve refuge dans un village pour accoucher. Mais son régiment doit se replier et elle reste seule dans la famille d'un artisan, alors que les Blancs ne sont pas loin.
Réflexion sur la politique comme possibilité d'améliorer la vie des humbles, " la commissaire" est aussi d'une maîtrise formelle exceptionnelle.
On est ici simplement en présence d'un des veritables chefs d'oeuvre et monument du septième art, produit par l'Union soviétique.
On pourra peut-être reprocher les derniers plans, un peu trop rapides, qui peuvent laisser comme une vague incertitude dans son interprétation chez certains spectateurs occidentaux.
Film russe de Alexandre Askoldov, 1967 Lors de la guerre Rouges Contre Blancs en Russie communiste, la Commissaire d'un corps d'armée se trouve enceinte. Pour la "cacher", on la place dans une famille d'un village, famille pauvre et juive qui a déjà de nombreux enfants et où elle pourra accoucher. Peu à peu, elle sera acceptée par la famille et sympathisera, mais quelques jours plus tard, spoiler: elle leur abandonnera son enfant et ira rejoindre l'armée rouge...
Beau film d'Askoldov, sur un thème original. Une soldate communiste pure et dure obligée de vivre pauvrement avec des juifs. Les séquences d'armée et de soldats sont très belles avec des envolées lyriques de toute beauté (les chevaux qui courent) dans un magnifique noir et blanc. Les séquences intimistes dans la famille sont plus conventionnelles, moins esthétisantes. Les acteurs sont bons, et le sujet tellement original.
Ce film aura tout gagné en misant sur une seule chose : pas ses acteurs, ni ses cadrages qui n'ont pourtant rien à envier aux réussites contemporaines, ni son histoire dont il faut toutefois chercher un équivalent assez loin si on ne considère pas les films de guerre russe comme un genre homogène, ce qui serait bien sûr un tort. Ce point fort, c'est d'avoir su jouer sur la féminité vacillante d'une femme combattante, efficace dans le système militaire communiste, robuste et fière, et frappée par la grossesse comme par une affliction dont il faut la persuader de la beauté. La façon dont elle passe à travers ce processus d'acceptation - puis dans la manière dont elle commence à aimer son enfant - met en jeu ses convictions et son honneur, il n'y a rien qui ne soit authenique chez les personnages avec qui elle vit cette épreuve. Le scénario pense à tout, sacrifiant son rythme - en admettant que les films de guerre russes en ait jamais eu de correct - à sa métamorphose en gigantesque métaphore de la maternité par la guerre. Il est appréciable que le régime soviétique ait été le berceau d'une telle perle qui parle du rôle de la femme.