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3,5
Publiée le 1 février 2023
Les temps sont durs et pour être en haut de l'affiche, Fernand Gravey et Julien Carette sont vraiment prêts à tout! Une transformation se prèpare dans cette "Fanfare d'amour" (1935) de Richard Pottier, prèsentèe au Cinèma de minuit en octobre 2022! Qui a dit que les orchestres de femmes ne faisaient pas triplette dans ce bas monde ? Et si on vous dit que Billy Wilder s'inspirera de cette histoire loufoque pour le lègendaire "Some Like It Hot". Comme le fera Kurt Hoffmann en 1951 dans un remake allemand! Eh oui, ça donne envie de dècouvrir cette très bonne comèdie française de l'avant-guerre qui fait encore tant rire aujourd'hui! Le duo Gravey / Carette fonctionne à merveille et on n'a quasiment jamais vu Betty Stockfeld aussi charmante que dans ce film! Les seconds rôles eux aussi sont formidables avec une mention pour Madeleine Guitty! On n'avait oubliè ègalement que Pottier ètait un technicien de cinèma, un vrai de vrai! A dècouvrir absolument...
Deux copains musiciens courent le cachet, quitte à se travestir en femme pour intégrer un orchestre féminin. Le sujet sera repris par Billy Wilder dans son plus réussi "Certains l'aiment chaud". Le vaudeville musical de Richard Pottier n'est pas très entrainant (la musique de Vincent Scotto l'est davantage, notamment avec cet air orchestré à la façon d'un train en marche). Je ne suis pas très client des comédies de travestissement et il faut faire un certain effort pour entrer dans les conventions du genre, c'est-à-dire admettre que le subterfuge perdure contre toute raison, sans préjudice, ici, des maladresses et des aigus douteux de Fernand Gravey et Carette... Le film est trop long et d'un humour assez bête, suivant la nature primaire des personnages (dans un second rôle inutile, le vénérable Pierre Larquey se sent obligé de cabotiner). Pas la moindre causticité dans cette comédie. Aucune considération ou ambiguïté intéressante à propos de l'identité sexuelle. Les petites équivoques, lorsque les deux amis sont courtisés par des hommes, sont de balourds éléments de vaudeville. En réalité, les quiproquos -notamment lorsque Fernand Gravey doit alterner ses personnages masculins et féminins pour séduire Betty- sont inefficaces et s'étirent mollement, faute d'une mise en scène astucieuse.