Le 1er long-métrage de McTiernan est méconnu et c'est regrettable car Nomads est un magnifique film fantastique jouant essentiellement sur son atmosphère mystérieuse et inquiétante, pas d'effet sanglant ici ni de réelles scènes chocs mais un film visuellement très beau (certains diront très eighties ainsi que sa BO qui m'a plu personnellement), un bon Pierce Brosnan jouant dans un registre plus sombre qu'à son habitude (d'ailleurs il faut voir si possible Nomads en VO car il interprète un français et son accent est charmant à écouter avec son "Ta gueule" prononcé "Ta goule"). Amateur de curiosité cinématographique vous serez servi avec ce très prenant Nomads.
La bonne idée du film, c'était d'introduire les fantômes des peuples tribaux dans le cadre de Los Angeles, capitale du futur et "city of quartz" selon le sociologue Mike Davis. Le film maintient l'intérêt par le dévoilement progressif du mystère, et les perspectives ouvertes par une menace d'un genre assez rare. Cette bonne impression est gâchée dans son dernier quart par une conclusion en forme de banal thriller. La résurgence des croyances ancestrales n'étant pas le monopole de Nomads, ce film est assez dispensable.
Non, John McTiernan n'est pas que ce réalisateur de génie, cet extraordinaire formaliste derrière les chefs-d'oeuvre définitifs/ignorés/miraculeux que sont Die Hard, Last Action Hero et Le 13ème Guerrier. C'est aussi l'homme d'un premier film indépendant, étrange, bancal, carpenterien, oublié : Nomads. Baisses de rythme et intrigue que l'on qualifiera de "dissipée" (de quoi redorer le blason de futurs BONS scenarii (Predator ?) dont la simplicité/efficacité évitait au moins tout superflu), interprétation fumeuse (Brosnan et son français d'outre-espace, mdr) et manque d'implication/identification du spectateur (le héros "meurt" à 5 minutes du début du film et son substitut n'est à l'arrivée qu'un simple réceptacle d'hallucinations rétif à toute évolution psychologique) sont les principales faiblesses d'un film qui parvient néanmoins à distiller un climat d'étrangeté par moment hypnotique. Plus troublant que réellement terrifiant, plus fantastique qu'horrifique, Nomads capture de concert le kitsch (Adam Ant et ses ersatz punks de Bananarama !) et la moiteur urbains d'un Los Angeles mtviesque. Mais Nomads, et c'est peut-être là tout son sel, déflore quelques motifs narratifs qui feront la richesse séminale des futurs classiques d'un McT ici scénariste. Je veux évidemment parler de l'observation (trompeuse puis révélatrice) par écran interposé, d'une inclination marquée pour le ludisme (jeu du cache-cache) ou du recours au body language comme idiome universel. Guettez aussi ce curieux dernier plan - travelling compensé rulez ! - révélation plus qu'éloquente quant aux motivations larvées du réalisateur... Nomads, l'équivalent filmique d'une lettre de motivation adressée aux grands studios hollywoodiens, comprendre californiens ? Certainement. Aussi, si des esprits tordus s'obstinent à vouloir voir dans un simple panneau de signalisation un sens plus caché encore, l'esquisse timide d'une diatribe à la Rollerball... hé bien faites comme si de rien n'était !
Premier film très 80's de John McTiernan dont il est aussi le scénariste, Nomads a tout du premier film, il est donc truffé de défauts mais il s'en dégage quand même une drôle d'aura et reste profondément intéressant. Le film souffre aussi d'un petit budget et de passages ennuyants qui contraste avec certaines scènes beaucoup plus réussies démontrant les prémices du talent de McT. Par contre il vaut mieux voir le film en V.O. avec un Pierce Brosnan qui joue un Français avec un accent Irlandais certains ce qui s'avère assez drôle quand il parle Francais.