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CH1218
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3,5
Publiée le 3 novembre 2017
A l’annonce de l’évasion d’un prisonnier, une chasse à l’homme s’organise au sein même de la ville de son enfance, alors en émoi. Avec « la Poursuite Impitoyable », Arthur Penn dresse un portrait peu flatteur de ses concitoyens et de la nature humaine en générale. La dernière demi-heure est particulièrement intéressante mais pour y arriver, c’est quelque peu bancal et un brin longuet. La distribution du film a par contre une sacrée belle gueule.
La première partie de La poursuite impitoyable se révèle assez classique. Bien réalisée, elle gomme avec efficacité les aspects théâtraux de la pièce source dont Horton Foote était l’auteur. Ainsi, l’unité de lieu qui frappe souvent les adaptations au cinéma des pièces de théâtre est ici imperceptible. Cette entame permet aussi de voir Marlon Brando incarné avec puissance et énormément de charisme un shérif débonnaire. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
"La poursuite impitoyable" est un film dur, malaisant, qui pue le racisme, la lâcheté des hommes de cette Amérique profonde des années soixante. Près de deux heures de film dont une dernière qui monte crescendo dans la violence, violence physique, violence orale. A voir en VO avec la voix toute particulière du grand Marlon Brando. Certes Robert Redford est bien coiffé pour un fugitif, peu importe, un grand film d’Arthur Penn.
Arthur Penn signe ici un grand film et nous offre une critique acerbe de la société de son époque qui fait froid dans le dos, personne n'est épargné dans ce drame brillamment écrit. L'unité de temps et d'action rythme bien le film, chaque personnage est bien cerné et chaque acteur est impeccable dans son rôle, en particulier Marlon Brando en shérif dont le passage à tabac est terrifiant. Teinté de cynisme et de mélancolie, cette poursuite impitoyable est un chef-d'oeuvre.
Un beau thriller avec un vrai fond de drame, les sujets sur la ségrégation et du mépris pour la loi y sont particulièrement bien pensé. Traque pour la justice du peuple, le scénario raconte la cavale de Bubber Reeves, un petit truand qui revient dans sa ville natale par mégarde, et qui va devoir échapper aux habitants voulant le tuer et au shérif Calder, un shérif qui veut quitter cette ville de fous, une intrigue qui aborde des sujets sensibles et les abordent de la meilleure façon qui soit, sans exagération ou pathos, juste la description d'un destin au final tragique. Brillant, c'est le mot qui convient le mieux a ce formidable Marlon Brando, antihéros au bord du gouffre qui fait de cette course contre la folie et la mort une affaire personnelle, et Robert Redford, surprenant en taulard en cavale traqué de tous, ou encore Jane Fonda, sublime femme amoureuse, et un peu de Robert Duvall, très peu présent malgré son talent. Comme pour son aussi bon "La Fugue" avec Gene Hackman, Arthur Penn installe une ambiance chaude, presque étouffante et qui laisse présager le pire sur cette petite bourgade américaine typique des années 60. Un thriller très réussi, plus un drame sur le mal d'une époque qu'un pur thriller d'action.
Doté d'un scénario extrêmement bien écrit, "La Poursuite impitoyable" entraîne le spectateur dans une histoire infernale qui atteint son apogée avec le final. De ce fait, la réalisation est très intéressante en imposant un rythme vraiment soutenu. Par ailleurs, les acteurs sont totalement convainquants tel Marlon Brando (époustouflant). Ainsi, le film divertit et captive entièrement le public grâce à des scènes cultes et dramatiques comme le lynchage de Brando.
Quel film ! Je le revois avec plaisir, c'est un tableau de la bêtise humaine et ses ravages, surtout lorsqu'elle est armée. Avec ce casting de prestige tout y passe, même les adolescents. Film noir et pessimiste, c'est un constat peu reluisant de la nature humaine qui n'a pas de frontière (même si le Texas est assez caricatural sur certains traits). Racisme, lynchage, adultère, machisme, idées préconçues, Arthur Penn n'y va pas avec le dos de la cuillère ...
Marlon Brando, Robert Redford, Jane Fonda dans un film d'Arthur Penn. Sur le papier ça claque quand même, en réalité un peu moins malheureusement. Certes les thèmes abordés sont tout à fait pertinents et intéressants et malheureusement toujours d'actualité: bigotisme, puritanisme, racisme, vindicte populaire, justice,... le problème c'est que c'est traîté avec une certaine lourdeur maladroite proche de la caricature (la mamie avec sa bible, la foule en colère constituée de fétards alcoolisés plus pathétiques qu'autre chose,...). Et puis si la fin est tendue, prenante et effectivement impitoyable pour le coup, le reste du film est très lent et mou du genou comme on dit par chez nous: "poursuite" est un bien grand mot. Reste les têtes d'affiche: Redford et Fonda sont impeccables (et tellement beaux) et Brando (pas mal non plus dans son genre) irradie tout de son charisme incomparable.
C'est le quatrième long-métrage d'Arthur Penn, après Le Gaucher, Miracle en Alabama et Mickey One. Et c'est l'un des films précurseurs de ce qu'on appellera le Nouvel Hollywood. Ce néo-western, tout en violence latente puis explosive, d'une lenteur étouffante, porte l'une des critiques les plus virulentes du cinéma US à l'égard de la société US, de l'Amérique profonde, représentée ici par une petite ville du Texas : racisme ordinaire et autres préjugés stupides, pouvoir de l'argent comme force corruptrice, vulgarité et bêtise d'une populace blanche qui ne pense qu'à s'amuser en se gavant d'alcool et d'adultère. Et surtout : vil instinct grégaire, terrifiante mécanique des foules qui révèle la "sauvagerie des honnêtes gens" (pour reprendre une expression d'un film de Georges Lautner, Le Septième Juré). Et là, on dépasse les frontières états-uniennes pour toucher malheureusement à quelque chose d'universel, une nature humaine pétrie de peur, d'intolérance et de violence. Arthur Penn structure son propos autour deux personnages clés : celui de Bubber Reeves (Robert Redford), bad boy au mauvais destin, bouc-émissaire, malheureux loser qui a déjà presque tout perdu (sa liberté, sa femme...) avant de perdre le peu qui lui reste ; et celui du shérif Calder (Marlon Brando), droit dans ses bottes, qui tente de faire respecter l'ordre, mais qui demeure bien seul et faible face au rouleau compresseur d'une furie collective (en témoigne la dérouillée d'anthologie qu'il reçoit dans son bureau). Cet autre loser, par ses fonctions sociales, incarne à lui seul la déroute d'un Pays où l'on ne peut, semble-t-il, avoir foi ni dans le droit ni dans la justice. Constat noir, amer et profondément pessimiste. Comme une antithèse d'un grand film de studio hollywoodien. Étonnant. Arthur Penn n'a toutefois pas pu aller jusqu'au bout de son projet. Le montage du film lui a échappé, confisqué par le producteur Sam Spiegel. Selon des propos repris par Jean Tulard dans son Guide des films, le réalisateur aurait voulu donner à cette Poursuite impitoyable "une allure, un rythme, un style bien différents", et l'a donc partiellement désavouée. Le résultat final n'a pourtant rien d'un sabotage et demeure puissant ; il constitue même, paradoxalement, l'un des meilleurs films de son auteur. Son final chaotique, notamment dans le cimetière automobile, est mémorable. Et la qualité de l'ensemble doit également beaucoup aux dialogues (adaptés d'une pièce de Horton Foote) : épurés, précis, avec ce qu'il faut de causticité et de cynisme. Des mots parfaitement cinglants dans la bouche d'un Marlon Brando des grands jours, tout en nonchalance dégoûtée, colère noire et visage monstrueusement tuméfié.
C’est pas mal, mais pour ma part, ça n’a rien d’exceptionnelle car le film a sans doute un peu vieilli. Je me suis un peu ennuyé durant la première heure car il y a quelques longueurs et ça met du temps à démarrer. La suite est meilleure plus particulièrement la scène finale. Parmi les acteurs, je retiendrais juste la performance de Marlon Brando qui est fascinante. Celui-ci est posé, convaincant et il donne de la profondeur au shérif Calder. Il y a aussi des thèmes étonnamment modernes et percutants pour l’époque comme l'adultère, l'échangisme, l’ivresse collective, le racisme et le fait de vouloir faire justice soi-même. Bref, la bêtise humaine dans toute sa splendeur et qui n’a malheureusement que peu changée. A voir une fois mais sans plus.
Un homme s'échappe de prison et vas mettre à feu, malgré lui, sa ville natale. Son intention première est de fuir au Mexique mais différents concours de circonstance, font qu'il se retrouve dans sa ville natale du sud des Etats-Unis. Ce retour fait remonter toutes les haines. Le film peint très bien la montée de cette haine et montre la bestialité de l'être humain. La réalisation n'est pas des plus inventive mais les acteurs sont tous formidables.
Signé Arthur Penn et parfaitement emmené par le duo Marlon Brando/Robert Redford, « La poursuite impitoyable » est un drame teinté de polar d'excellente facture doublé d'une virulente charge contre les mœurs américaines des années 60. Dans une bourgade du sud des Etats-Unis qui fleure bon le vice et la dégénérescence congénitale, une poignée de notables véreux traque un jeune repris de justice en cavale, parfait bouc-émissaire à tous les maux qui frappent la communauté. Entre racisme, décadence, cynisme, justice privée et alcoolisme latent, le portrait dressé par Penn de cette Gomorrhe sudiste est glaçant en tout point. Le contexte est un petit peu long à se mettre en place mais une fois ce cadre effrayant posé, on ne décroche plus de cet espèce de western moderne à la violence particulièrement rude pour l'époque (le passage à tabac de Marlon Brando est vraiment marquant). Très bien construit, très bien mis en scène, un film coup de poing qui s'efforce de conserver toujours une certaine justesse et met bien en exergue la folie cathartique et la bêtise de l'Etre Humain quand il forme une foule enragée. Très bon film.
Arthur Penn est un metteur en scène américain connut pour sa réalisation de Bonnie & Clyde, chef d’œuvre indétrônable du film de gangster sanglant et virtuose. Tourné avant ce dernier, La poursuite impitoyable reste tout de même l’un des sommets de sa filmographie, malgré le reniement de son auteur mécontent de ne pas avoir pu assurer un contrôle total sur le montage. Il est vrai qu’on est loin des fulgurances de découpage de la violence de Bonnie & Clyde, mais le film présente tout de même un aspect visuel recherché, à commencer par une photographie somptueuse qui en met plein les yeux lors de la séquence d’ouverture magistrale, déjà annonciatrice d’une œuvre puissante, avec ses teintes âcres qui se heurtent dans l’obscurité …On découvre alors un film ponctionné d’un rythme calculé entre l’action et les dialogues destinés à prendre le revers sur la poursuite, la psychologie devenant alors la boîte à suspense la plus efficace au devant de toute poursuite traditionnelle. L’interprétation grandiose attise les sentiments d’injustice et de révolte qui s’éveille dans nos cœurs de spectateurs face à ces ébattements de masses, causés par l’alcool, l’ennui, les déboires de richesse, l’aveuglement populaire parfois volontaire dans l’objectif de briser la monotonie de la vie de dandy…on est pas loin de l’implacable Fury de Fritz Lang, le tout étant doublé d’une trame policière palpitante qui ne donne pas l’impression d’être au service de cette étude de mœurs. Marlon Brando campe un shérif désabusé de manière si convaincante qu’il peut prétendre au titre de meilleur acteur pour cette Poursuite impitoyable pourtant remplie à craquer de performances mémorables (Robert Redford que l’on voit peu mais cela lui suffit largement pour tenir tête aux autres, Jane Fonda touchante, Edward G. Marshall en père possessif, et je ne peux résister à l’envie de citer Henry Hull, qui a la trempe de ces acteurs qui écument avec talent tellement de rôles secondaires que leur figure apparaît partout, voire perce un jour en tant que vedette comme l’a fait Lee Van Cleef dans Et pour quelques dollars de plus…). L’étouffement prématuré que l’on ressent face au nœud coulant que serre lentement le drame autour de notre gorge se pose en brouillon du futur schéma narratif crescendo de Bonnie & Clyde. Avec ces deux films on peut sans problème considérer Arthur Penn comme un des plus grands spécialistes du crescendo dramatique réaliste et sans concession. On finit écœuré, brisé et décimé devant la destruction ravageuse du final d’une crédibilité étonnante. N’importe qui aurait pu participer à ce feu de joie, des personnes de notre entourage, nous même en étant bien imbibés si on ose se l’avouer. Ces ressentis n’occultent en aucun cas la tristesse et l’empathie qui nous frappent envers les protagonistes piégés à leur propre jeu. Un grand film, un classique qui n’est pas cité à tout bout de champ dans les chroniques de l’histoire du cinéma mais à dès mon premier visionnage il m’est devenu indispensable.
Al'époque le film avait choqué pas mal de monde de par ca violence, aujourd'hui celle si parait désuette mais le film a garder toute sa force évoquatrice (le rasisme, l'intolérence, la connerie humaine). Les acteurs sont formidables, la réalisation maitriser de bout en bout et le scenario prenant aux suspence constant. Le tout entre coupé de scene mythique comme celle du cimetiere automobile et surtout la fin qui reste dans toute les mémoires de ceux qui l'ont vu. Chef d'oeuvre.