Un film bancal qui comprend quelques très bons passages (l'élimination du donneur) qui ne saurait en compenser les faiblesses : introduction confuse dans laquelle on mélange tous les personnages, interminables blablas en plans fixes dans la seconde partie, décors de studio fauchés, évasion finale grotesque. Fresnay vraiment pas fait pour ce rôle est méconnaissable et peu à l'aise.
Un micmac autour du meurtre d'un banquier et voilà que le forçat évadé Francis, dit Chéri Bibi, se trouve victime collatérale de ce fait divers en étant repris par la polce. Quelques protagonistes de ce prologue embrouillé par la mise en scène de Léon Mathot -ancien acteur vedette du cinéma muet , (et très) mal reconverti dans la réalisation- se retrouvent ensemble, par la grâce d'une ellipse et d'un scénario complaisant, en route pour le bagne de Guyane. Le cheveu ras, jouant les repris de justice et les meneurs de tentatives d'évasion, Pierre Fresnay occupe le rôle-titre mais peine à convaincre qu'il est un dur de dur. A sa décharge, si tous ont des têtes de bagnards - y compris Dalio, toujours fripouille, avec sa bouille de cafteur- c'est une chiourme de cinéma que filme Mathot, qui n'a aucun sens dramatique ni aucun point de vue sur la nature des personnages. C'est bien dommage car l'intérêt de ceux-ci provient de leur singularité dramatique en tant que déportés du bagne. Sur mer ou en Guyane, l'intrigue est grossière (ah ces séquences où les prisonniers adoptent le langage des sourds-muets pour ne pas attirer l'attention...), imprécise aussi, comme si le montage avait élagué un peu trop. C'est même compliqué d'attribuer un genre au film. Il est trop étriqué pour faire un film d'aventure (surtout qu'il est tourné en studio), trop peu réaliste pour en faire un drame humain.