''Les charognards '' est un film difficile, il est extrêmement complexe sur les sentiments, sur la souffrance aussi bien morale que physique et sur la mort. Don Medford à poussé loin la réflexion derrière une apparence de grand guignol qui confine parfois à la folie. Pour cela il utilise les paradoxes avec un abominable justicier bien pire que le voleur et des désirs de mort plus puissants que des désirs de vie. Il est tentant à première vue d'assimiler ce western à ceux dont Segio Leone est le chef de file mais ce serait dommage de passer à coté de tout le reste. Autant dans les westerns italiens les personnages non aucun poids, seule comptant l'action, autant ici les rapports sentimentaux entre les êtres vivants sont importants. C'est d'ailleurs à cause de ces vraies présences, Melissa et Frank étant charnellement en contact avec les spectateurs, qu'il se produit un fort sentiment de malaise en sortant de la salle. Certains adorent et certains détestent, c'est le propre des films ''cultes ''. On crie au génie ou au navet et en vérité il est les deux à la fois. Par exemple, la séquence du repas de pêche en boite est absolument dingue mais tellement cinématographique, comment ne pas l'aimer? Les scènes de tirs lointains, nécessaire pour créer un climat onirique qui ne pourra se terminer que logiquement, sont laides, stupides et bestiales et auraient pu être tournées autrement. Le réalisateur a cédé à la mode du western de 1970 , il a introduit beaucoup trop de plans à travers les longues vues pour faire nouveau et utilisé beaucoup trop les effets de zoom. Inversement, c'est souvent beau par les extérieurs et la réalisation, les dialogues sont corrects, la musique est belle et le coté lyrique extrême bien mis en valeur. C'est un film difficile à conseiller qu'il ne faut surtout pas voir au premier degré, il est d'un pessimisme noir sur la nature humaine qui hélas le mérite mais il croit en l'éducation, en l'amour et en l 'amitié et sait parfaitement le montrer derrière de violentes apparences.
Ce western ne manque pas de piquant et commence très fort ... Gene Hackman est un habitué des rôles de durs, voire de salopard sadique et brutal, rageur et vengeur dans celui de Brandt Ruger. A l'opposé, Oliver Reed (Calder) campe un chef de bande autoritaire avec ses hommes mais humain, jusqu'à la tendresse avec la femme qu'il a enlevée. Don Medford met notamment l'accent sur les sentiments et les caractères des différents des personnages. Les jeux de la caméra et les plans renforcent cet aspect psychologique. Candice Bergen (Melissa Ruger) incarne une femme au tempérament bien trempé qui, de femme fidèle, se substitura en amante attentive du chef de bande. Progressivement, la poursuite organisée par Ruger va se transformer en chasse à l'homme impitoyable. Un film bien tourné, dans le style de Peckinpah, à la fois sobre et violent. La succession des plans de séquence est très bien montée, dans une logique de suspense croissant. Les décors naturels sont splendides. Au final, Don Medford nous offre un film d'une grande violence certes, mais d'une rare approche dans les comportements humains.
Tuerie de western crépusculaire et démythifiant qui serait culte depuis longtemps s'il avait été signé Peckinpah. C'est âpre, sans concessions, jusqu'au boutiste, d'une rigueur plastique et thématique rare et ça laisse un goût de sang dans la bouche. Puissant!
Un western assez sauvage dans la lignée de la horde sauvage. Violent et cru. Bestial et sanguinaire autour de la vengeance et la traque des ravisseurs. Sans concession et sans états d'âme, l'homme tue pour affirmer sa possession et se rapprocher imperturbablement jusqu'au final implacable. Tendu.
C'eut été Sam Peckinpah qui aurait signé ce film on aurait hurlé au chef d'œuvre, mais voilà Don Medford n'est qu'un obscur réalisateur de télé. Pourtant le film est très bon, Reed est excellent, Hackman est bon, Bergen légérement en retrait. Le scénario est très linéaire, enlèvement, syndrome de Stockholm porté à son paroxysme, et mari redresseur de tort avec un fusil high tech. Certaines scènes sont anthologiques (le pot de péches au sirop) Et tout cela baigne dans un climat de violence, ça viole, ça flingue et ça ne tue pas proprement. Et pourtant les sentiments existent et c'est la force du film, car croyez-le ou pas, ce film, c'est une belle histoire d'amour, bien loin des nunucheries hollywoodiennes habituelles.
Les Charognards est un western méconnu datant de 1971 réunissant pourtant Candice Bergen, Gene Hackman et Oliver Reed mais derrière la caméra c'est un inconnu Don Metford (qui a surtout oeuvré pour la télévision) ; il en résulte un western singulier que les fans du genre ne devraient pas négliger. Doté d'une certaine dose de violence (de bonnes scènes fusillades) Les Charognards malgré un début qui se cherche un peu et rapidement prenant de part sa noirceur notamment, on se laisse bercer par cette sorte de ballade violente que n'aurait pas renié un Peckinpah, la fin est particulièrement cruelle. Les 3 acteurs principaux sont excellents et l'Anglais Oliver Reed est parfaitement à l'aise dans un l'univers du western. Riz Ortolani signe une très belle musique.
J'ai rarement vu un western aussi violent.. avec des grands acteurs, des paysages magnifiques, un final tragique et une musique magnifique de Riz Ortolani.
"Les charognards" (The hunting party) (1971) TCM Cinéma le 10.05.2017
Drôle de titre ! Puisqu' on connaît le mot "surprise party" (sa traduction de la boum) pourquoi ne pas avoir appelé ce film "chasse-party" puisque c'est sa traduction de l' anglais ! On bénéficie d'un scénario simple à suivre, et qui n'occasionnera pas de migraines au spectateur : la traque d'une bande de malfaiteurs dont l'un a commis l'erreur d'enlever une institutrice pour apprendre à lire et écrire. Manque de chance, c'est la femme du plus puissant type de la ville. Pas d'indiens donc et une durée de projection pas trop longue, pour du "made in US". Heureusement car on enregistre quelques passages à vide au fil du temps. Les partisans de la non violence auront intérêt à faire des mots croisés plutôt qu'à regarder ces tueries sanguinolentes à répétition ! Un casting plutôt moyen pour une intrigue du même acabit mais on ne s'ennuie pas une seconde. Candice Bergen, veuve de Louis Malle en 1995, joue particulièrement mal ! Gene Hackman, quant à lui est parfait dans un rôle taillé sur mesure ! Et adepte du top en matière d'artillerie : sa bande et lui utilisent un fusil à longue vue et à longue portée ! On n'arrête pas le progrès. Lors de sa sortie, ce film avait fait en France un peu plus de 500 000 entrées en salles. willycopresto
Film méconnu qui est excellent. Sa grande violence le place dans la lignée de Soldat Bleu ou de la Horde Sauvage, contemporains. Surtout, la noirceur absolue de l'histoire rend l'oeuvre très marquante. A voir.
Un western qui a bien du mal à trouver sa place entre western classique et western spaguetti. Pour se démarquer il lui manque une véritable confrontation Reed Hackman, hors ce dernier reste en retrait. Pour finir les scénaristes n 'ont rien trouvé d'original et laissent reposer tout le film sur les scènes de tir au canard au lieu d'approfondir intelligemment sur les personnages.