Un peplum acceptable mais pas si exaltant que ça. Le sujet est certes mythologique mais il reste un peu fleur bleue dans le traitement. Il manque un enjeu plus grand et surtout on se serait bien passé des scènes ridicules et grotesques des niais de service.
Un péplum de série B comme on en faisait dans les années 60. Des combats de romains et de gladiateurs . Le film vaut surtout pour la présence de la très belle Mylène Demongeot , qui nous régale de sa prestation,
Il y a deux ans, je consacrais un été à Robert Bresson avec 6 films et à la Nouvelle Vague. Me voilà à délirer en voulant approcher le péplum franco-italien ou européanno-italien voire italien tout court !
Des péplums j’en ai vu : de « Ben Hur » (1959 William Wyler) à « Agora » (2009 Alejandro Amenábar), de « La terre des Pharaons » (1955 Howard Hawks) à « Gladiator » (2000 Ridley Scott), de « Cléopâtre » (1963 Joseph Leo Mankiewicz) à « Troie » (2004 Wolfgang Petersen), de « Quo Vadis » (1951 de Mervyn LeRoy) à « 300 » (2007 Zack Snyder) en passant par « Spartacus » (1960 Stanley Kubrick) et « Caligula » (1979 Tinto Brass) ou encore « Alexandre » (2005 Oliver Stone). Evidemment, la liste est longue et je pourrais souler mon monde en y ajoutant des séries comme « Spartacus », « Barbarians » ou « Rome ».
Je débute avec « L'enlèvement des Sabines » de Richard Pottier. Ce qui a motivé ma décision, c’est le casting qui mentionne Francis Blanche et Roger Moore ! Je fus récompensé car les deux acteurs ont quelques scènes en commun. Comme j’ai vu le film qu’en version imposée français, je n’ai pas pu me rendre compte du jeu de Roger Moore, jeune acteur prometteur auréolé de sa série « Ivanhoé » Si Roger Moore bénéficie d’un noble rôle en la personne de Romulus, fondateur de Rome, il n’en est pas de même de Francis Blanche qui est dans la peau d’un bigleux demeuré ! A noter la présence de Jean Marais qui joue une statue et Mylène Demongeot.
Le réalisateur préserve quelques faits historiques comme laisser le choix aux Sabines de choisir leur homme. Ainsi Romulus ne voulait pas passer pour un barbare. Les dialogues ont beau être signés du dramaturge Marc-Gilbert Sauvajon, ils sont globalement ridicules. Ridicules aussi les quelques scènes de bataille où je m’amuse à scruter l’implication des figurants lesquels se battent comme des gamins dans un cour d’école.
Naïf, gentiment ridicule, vieillot, les scènes Francis Blanche-Roger Moore valent tous les sacrifices de temps perdu ! Cependant, cette première expérience de péplum spaghetti est nettement moins douloureux qu’un Jean Eustache.
Un fait historique « peu connu » rendu plus célèbre par un tableau de maître du même nom et désormais adapter en film. La morale ou question principale du récit serait à coup sûr la suivante : spoiler: « Comment garder la fidélité d’une armée pour son dirigeant ? Comment motiver les troupes de partir en guerre et comment les récompenser ? » Au fond, il y à eu double enjeu dans le cas présent. Certes les faits décris sont assurément plus violents que le film ne veut bien le montrer en raison de sa direction assez « familiale » et théâtrale et manque cruellement de panache mais une fois encore, l’époque voulait une ambiance moins morose et sombre qu’il serait possible de faire aujourd’hui. Les Sabines ou la proie, « trophée de chasse » de l’Empire pour affaiblir ses voisins et s’en assurer une puissance future. Un jeu global assez léger et un retour au romanesque qui ne m’avait assurément pas manqué, visuellement je pourrais dire que seule l’armure de Romulus (Roger Moore) est absolument ratée puisque ressemblant plus à un t-shirt mal penser (passons). Le futur 007 incarne avec juste ce qu’il faut de sincérité le premier souverain Romain. Mylène Demongeot ne manque pas de charisme et reste bien la seule femme à ne pas se laisser écrasée par la gente masculine. La partie assez furtive avec les divinités fut d’une sincère inutilité car, entre longueurs verbale et un contenu bien mou, les 2 « guest » franco-italien n’auront clairement pas eu le temps de briller. Par contre l’assaut final montrant réellement l’enlèvement des Sabines fut bon mais manque « un poil » de percussion . S’il doit y avoir un nouveau récit sur ce fait, je serais assurément curieux d’en voir le résultat.
Amusant de voir Roger Moore en jeune homme avec ses cheveux bouclés et un peu gringalet dans sa tunique courte de romain ou Jean Marais, torse nu, en dieu de la guerre. Certaines séquences sont truculentes comme celle où les sabines enlevées choisissent leur mari romain. Ces femmes ressemblent beaucoup à celles du vingtième siècle y compris par leur coiffure. Si le scénario pêche par sa naïveté et si les combats manquent de crédibilité, le film conserve néanmoins un côté bucolique et romantique qui lui confère un certain charme.
Un film très agréable comme on en fait plus. Sujet historique original est intéressant, Très bons personnages (Roger Moore excellent) ambiance et mises en scène impeccables. A voir au moins pour ses charmantes et naïves Sabines.