Un nouveau Gaspard Noé, forcément ça fait du bruit. Mais à ce point là, rarement quand même. Véritable bombe à fragmentation lâchée en plein festival de Cannes 2002, Irréversible a suscité, comme toute oeuvre polémique se doit de le faire, un déchaînement médiatique. Il faut dire qu'au vu du synopsis et du réalisateur, on ne s'attendait pas à une bluette sirupeuse. Jugez par vous même: Marcus et son meilleur ami Pierre décide de se venger d'un homme nommé le Tenia, après qu'il ait violé la femme du premier. Bon, il faut avouer que c'est bien maigre comme scénario et on se demande par moments si tout cela n'est pas qu'un prétexte pour nous faire passer une séance s'apparentant à de la torture, tant Noé ne nous épargne pas. D'abord, la réalisation est dérangeante à souhait (caméra virevoltante pendant au moins 1h, bonjour les maux d'estomac), et la violence prend aux tripes (la scène d'intro dans la boite gay est d'une barbarie inouïe). Vient la fameuse scène de viol, dont ont peut se demander si elle n'a pas servi de vitrine pour vendre le film. Franchement, ce n'était pas non plus la peine d'en parler autant. La seule chose qui fait sortir cette scène des sentiers battus, c'est sa longueur: 10 min. Une approche difficile à critiquer, tant il est clair que le but était d'être le plus réaliste possible. Et après? Voilà, c'est là le problème. Car mis à part deux séquences fortes, le film n'a absolument rien à dire, et on s'ennuie sec. Même la phrase de fin, sensée avoir une portée philosophique, dessert totalement tant elle apparaît comme incongrue par rapport à ce que l'on a vu avant. Les acteurs sont tous géniaux, mais là, ils ne peuvent rien y faire. C'est juste plutôt plat. Cela reste une expérience, mais pas forcément appréciable.