20 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
2 critiques spectateurs
5
0 critique
4
0 critique
3
1 critique
2
1 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Pascal
254 abonnés
2 408 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 4 juillet 2025
Ressortie en salles de dix opus du cinéaste suédois Bo Widerberg, sorte d'opposant artistique à Ingmar Bergman auquel il reprochait son absence de considération pour les thèmes à caractère sociaux. Selon Widerberg " chez Bergman on ne voit jamais les gens travailler ".
" Le chemin du serpent " est regard sans concession sur l'abus de pouvoir de la classe de possédants à l'égard des plus démunis.
On est ici au XIX ème siècle dans un village suédois reculé. De père en fils une famille de propriétaires créanciers d'une veuve mère de famille sans ressources, se payent en nature sur plusieurs générations.
Avant dernier film de Widerberg avant son décès prématuré, " le chemin du serpent " est une critique au vitriol d'une société de classes qui profite de son statut et de la misère des plus faibles.
Au plan formel, on pourra peut-être reprocher l'uniformité des décors ( pratiquement toutes les scènes se déroulent en intérieur ) et une certaine lenteur dans l'exposition du sujet.
Une fois tous les enjeux mis en place, " le chemin du serpent" prend alors une dimension impressionnante qui va jusqu'à susciter la nausée devant l'immoralité sans vergogne qu'elle montre. Un film aux reflets politiques évidents.
Binge watcher des séries originaires de Suède et en parcourir les dernières productions cinématographiques, c'est bien, mais qu'en est-il d'un cinéma plus classique ?
C'est ce que je me suis dit en commençant ce "Chemin du serpent", titre dont la signification apparaît au milieu de l'histoire : le commerçant véreux, maître du village tout entier grâce aux dettes et crédits contractés, vient collecter le loyer chaque année à date fixe et en nature, en empruntant un chemin sinueux dans la neige (et qu'est-ce qu'il y a comme neige dans ce pays !)
L'interprétation est sobre (idéale si, comme moi, vous souhaitez apprendre le suédois), les décors minimalistes et la musique vite oubliée si ce n'est celle jouée par les protagonistes (la maman, la fille, la bru). La réalisation ne réinvente en rien le cinéma.
A chaque nouvelle tuile subie par cette famille, on se dit que ça y est : un coup de feu ou un événement joyeux va bien finir par se produire pour égayer quelque peu le quotidien et diriger l'ensemble vers un happy ending parce que nog är nog. spoiler: Eh bien non. le sort s'acharne, la malignité du commerçant creuse toujours plus profond l'injustice et la mort s'ajoute à la mort.
On comprend mieux comment la Suède fut jusqu'au début du XXème siècle un pays de misère et d'émigration. Satire sociale historique sans humour, sinon involontaire, ce Chemin du serpent est lent à regarder et misérabiliste. Il ne ravira que les amoureux du grand nord. spoiler:
Notons également la fin en guise de miracle tant attendu mais traitée de manière brutale et sans réelle explication.