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3,0
Publiée le 9 octobre 2015
On peut lire dans le Paris-Midi de 1931 que les titres Viloria sont de nouveau cotès à la Bourse! On se rappelle peut-être le krach qui se produisit jadis sur les titres « Viloria » quand le pètrôle manqua tout à coup dans le puits dont cette Sociètè est concessionnaire! Or, voici qu'après vingt ans les sources souterraines jaillissent de nouveau et ont même accru leur dèbit primitif! La hausse des titres est flamboyante! Les heureux porteurs d'actions rèalisent des gains fèeriques! Savez-vous ce que ça veut dire ? Que les Kampf sont riches et vont devenir des gens du monde! Et que leur fille est une certaine Danielle Darrieux! Alors qu'elle avait seulement quatorze ans, la future comèdienne de "Madame de..." fait dans ce film sa toute première apparition au cinèma! Derrière sa facture sèduisante, c'est une adaptation adroite du roman « Le Bal » d'Irène Némirovsky où Darrieux se glisse dans ce rôle de jeune ingènue avec un naturel confondant! il est à noter aussi que Andrè Lefaur est une fois de plus excellent et qu'on y trouve Paulette Dubost dans un petit rôle de figuration en dèbut de film! Un classique...
Le préambule du film de Wilhelm Thiele montre le bonheur familial sans tache d'un couple de sympathiques commerçants et parents aimants. Une fortune inattendue introduit une fable conventionnelle qui nous dit que l'argent ne fait pas le bonheur mais qu'il produit des parvenus. Le bal dont il est question est celui que les naïfs époux Kampf compte donner au Tout-Paris.
Ce film très lisible est une curiosité pour la raison qu'il est le premier dans lequel apparait Danielle Darrieux, gracieuse gamine de 14 ans qui joue la comédie, qui chante et qui est l'enjeu moral du sujet. Car, Antoinette est la première victime de l'embourgeoisement d'une mère pervertie et d'un père suiveur (André Lefaur). Le point de vue porté sur Madame Kampf, désormais épouse sur la mauvaise pente et mauvaise maman, n'est pas loin d'être misogyne... La comédie, car "Le bal" reste avant tout une fantaisie, est démonstrative dans sa défense du modèle familial; le thème s'insert dans un film court et dans une mise en scène sans personnalité ni idées. Et si Danielle Darrieux n'avait pas fait carrière, regarderait-on ce film avec le même intérêt et la même indulgence?
La France d'entre les deux guerres. Magnifique, naïf, avec des acteurs formidables et le premier film de Danielle Darrieux à l'âge de 16 ans. La France a bien changé depuis.
C'est l'histoire d'une famille parisienne modeste qui devient du jour au lendemain riche et délaisse alors les "anciennes" habitudes pour une entrée précipitée dans la vie mondaine. Sujet peu original et pourtant le film ne manque pas d'atouts: tendre, naïf, drôle... Ajoutez à cela le charme de la France des années 1930 et de Danielle Darrieux (son premier rôle, je crois, à quatorze ans seulement) à la joie communicative. Et quelle voix! Un très bon moment assuré!