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inspecteur morvandieu
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3,5
Publiée le 20 mai 2026
En préambule, les auteurs font bien de préciser que l'histoire racontée ici se fonde sur des faits authentiques. Sans quoi, comment croire que le modeste valet de chambre d'une ambassade ait pu s'approprier des secrets militaires alliés et décider de les vendre aux Allemands. La personnalité de Diello, bientôt surnommé Cicéron, est au cœur de ce film d'espionnage. Celui qui rêve depuis longtemps d'émancipation, qui a passé sa vie au service des autres se voit bien, dans un futur proche, rentier au Brésil. Employé modèle et discret le jour, Diello est cet espion arrogant et cynique la nuit. Deux faces d'une même personne. Avec ironie, Mankiewicz montre comment un sans-grade met en branle tout ce qu'Ankara compte d'espions et de diplomates. Et c'est avec non moins de causticité -ce ton qui caractérise si bien l'œuvre générale du cinéaste- que Mankiewicz s'amuse de la défiance des Allemands devant des renseignements de première main... L'ambition sociale et la cupidité du domestique, encore soulignées par les rapports ambigus qu'il entretient avec son ancienne patronne, aristocrate aujourd'hui fauchée -pour le coup, c'est un personnage inventé de toute pièce -et le ballet diplomatique sont les deux axes autour desquels Mankiewicz construit ce récit finalement moins grave que corrosif.
Avec L'Affaire Cicéron, Joseph L. Mankiewicz orchestre un film d’espionnage élégant, fondé sur une intrigue réelle aux multiples jeux de dupes. James Mason incarne un anti-héros raffiné, mû par une ambition ambiguë qui nourrit l’intérêt du récit. Mankiewicz privilégie les dialogues et la construction au détriment d’une tension plus immédiate. Le film séduit par son intelligence et sa sobriété, mais peut aussi sembler manquer de souffle dramatique. Reste une œuvre solide et maîtrisée, mais dont la retenue limite l’intensité.
Un film d’espionnage à la mécanique impitoyable réalisé d’une main de maitre par Joseph L. Mankiewicz. Racontant comment en pleine Seconde Guerre Mondiale, le valet d’un ambassadeur britannique basé en Turquie va subtiliser des documents confidentiels pour les vendre aux allemands « L’affaire Cicéron » happe dès les premières minutes et fait montre d’un suspense crescendo jusqu’au cruel final pour le personnage principal campé par l’excellent James Mason.
Joseph L. Mankiewicz s'inspire ici (librement) de l'histoire d'Elyesa Bazna. Un employé de l'ambassade britannique en Turquie, qui en 1944 livra des secrets militaires et diplomatiques aux Allemands. Un espion rocambolesque, sous le nom de code "Cicéron". Pour l'anecdote, outre le nom du protagoniste de l'affaire qui a été changé, le titre original du film fut modifié en "5 Fingers", au lieu de "Operation Cicero". La raison est que la ville de Cicero était tristement célèbre aux USA à l'époque. D'une part comme ville de gangsters lors de la prohibition, d'autre part à cause d'émeutes racistes s'étant déroulée en 1951... Mais bref, revenons au film ! Il s'agit là d'une trame d'espionnage classique, mais rudement bien menée. Le récit est efficace de bout en bout et n'a absolument pas vieilli. Ceci grâce, entre autres, à des personnages très bien écrits et ambigus à souhait. Le scénario exploite également la paranoïa ambiante. Les Britanniques veulent débusquer une taupe. La hiérarchie allemande passe son temps à se tirer dans les pattes, et à mettre de côté les précieuses informations par peur d'intoxication ! Néanmoins ce sont surtout les dialogues assez délicieux qui m'ont frappé. Evidemment peu réalistes (je doute que des espions prennent le temps d'avoir des conversations aussi élaborées !). Mais on s'en moque, c'est du cinéma ! Beaucoup de malice, de piques, et d'humour dans des échanges où la méfiance règne. L'autre grande qualité du film est le protagoniste incarné par un James Mason impérial. Je salue le film pour ne pas avoir choisi de camp entre Britanniques et Allemands, culotté alors que l'on sort à peine de la Guerre. Notre anti-héros est rapidement identifié comme un opportuniste de première. Un valet frustré que son intelligence et ses airs de gentleman ne lui permettent pas d'échapper à sa condition de serviteur. Il aurait pu être diablement antipathique. Grâce à James Mason, on prend un réel plaisir à le voir naviguer entre deux camps dangereux. Un très bon cru d'espionnage, avec en prime une utilisation de quelques décors locaux.
Cette histoire véritablement inspiré de faits réels est d’abord incroyable et toute l’intelligence de Mankiewicz est d’avoir su éviter de faire ce que l’on pouvait attendre d’ordinaire d’un film d’espionnage. J. Mason et D. Darrieux donne à celui-ci une touche de légèreté, de distance drainant le film à plusieurs reprises vers le registre de la comédie voir l’absurde alors qu’il est question de la divulgation de documents ultraconfidentiels. Cette manière de mettre en correspondance, la futilité et le mercantilisme des finalités de cet informateur improbable improvisé et la portée, les conséquences de son entreprise ou se joue le sort de la seconde guerre mondiale et le destin du monde , constitue l’identité singulière du film et sa réussite. Le point d’orgue en matière d’absurdité est en réalité atteint à l’occasion de la scène ou l’on voit les dignitaires de l’ambassade d’Allemagne afficher une moue suspicieuse et dédaigneuse spoiler: alors que Cicéron leur apporte sur un plateau les plans du débarquement de Normandie qu’ils décideront in fine de ne pas prendre en considération.
Récit d'un espionnage stupéfiant tant dans son déroulement que dans l'aveuglement historique des ennemis en présence, l'intrigue s'amuse des ressorts du genre en y mêlant des aspects de film noir: femme fatale (éclatante Danielle Darrieux), jeux de manipulations, mascarades, cynisme, tension latente. Campé par un superbe James Mason, l'anti-héros s'appuie sur les faiblesses humaines quitte à sous-estimer sa noirceur dans une quête de liberté symptomatique de son époque. Dynamique, tant dans l'habile mise en scène que dans la narration épurée ou les plaisants dialogues, le rythme nous maintient attentifs, dans une moralité ambiguë. Délectable!
Un bijou de Mankiewicz à ranger dans la cinémathèque avec les meilleurs Hitchcock. Du suspense, de l'humour, des rebondissements, des coffres forts, de gros billets de banques, s'invitent dans une farandole ininterrompue d'un immense jeu de dupes. Une réalisation parfaite, une interprétation ad hoc, et une conclusion désopilante. Un classique à voir à revoir, et à conseiller à tous.
Quel régal ! Ce vieux film noir et blanc en 4/3 s’annonçait vieillissant. En fait, tout concourt au plaisir : James Mason et Danielle Darrieux sont sublimes, le scénario aux petits oignons, (il y a même du Hitchcock sans la scène de la femme de ménage qui remet en route l’électricité) et l’humour dans la scène finale est jubilatoire. En plus, l’ensemble est tiré d’évènements véridiques : la Turquie, pendant la guerre 39-45, était neutre, et les ambassades allemandes et britanniques se livraient une bataille où le renseignement était au centre des préoccupations. Un film d’espionnage aux accents véridiques qui a vraiment bien vieilli. Vraiment à voir, sans doute LE modèle du genre.
Un des meilleurs Joseph Leo Mankiewicz. Cependant, j’en reste toujours à « L’aventure de Mme Muir ».
spoiler: Comme beaucoup, je retiendrai la scène où une femme de ménage prend l’initiative de rétablir le courant, lequel courant permet à un système d’alarme de s’enclencher, lequel système d’alarme est relié à un coffre-fort, lequel coffre-fort est fouillé par un majordome de l’ambassade d’Angleterre ; espion improvisé, Diello-Cicéron (James Mason) photographie des documents classés hautement confidentiels pour les livrer à des nazis. Scène d'une grande intensité. Nous sommes à Ankara en 1944.
Moi qui n’ai aucune sympathie pour les escrocs et autres criminels réels ou historiques, aussi incroyable que cela puisse paraître, j’en arrivais à craindre pour la vie de ce Diello-Cicéron ! Mais j’ai été vite rassuré, « L’affaire Cicéron » inspiré de faits réels n’est pas un hommage à l’espion - escroc Diello puisque celui-ci est fictif. Ce valet de chambre avait un autre nom. En vérité, cette affaire a été révélée bien après la guerre par un certain Moyzisch, attaché d’ambassade, rattaché au IIIème Reich. Apparemment, le film prend d’énormes libertés quant aux fameux documents fournis par ce Cicéron. spoiler: Il semblerait que les documents relatifs au débarquement, dates et lieux remis par ce dernier et ignorés par le Reich relèvent du fictif.
Bref, la part fictive est nettement plus majoritaire que la part réelle.
Cela dit, Joseph Leo Mankiewicz parvient à illustrer un jeu de dupes captivant, et qui dit duperie, dit ridiculisé. En effet, le réalisateur s’appliquera à tourner en ridicule tout le monde à commencer par ce fameux Moyzisch, personnage historique à qui on doit ce film, le IIIème Reich, le contre-espionnage britannique et évidemment Diello. Incarné par James Mason, acteur élégant par nature, Diello veut sortir de sa condition de valet, d’homme à tout faire en s’improvisant espion ; il se lie avec la comtesse Anna Staviska, sous les traits gracieux de Danielle Darrieux, pour mener à bien ses malversations, mais celle-ci déchue financièrement va s’avérer aussi manipulatrice que Diello. spoiler: Parvenu à échapper au contre-espionnage anglais, Diello réfugié au Brésil verra tous ses efforts tournés en ridicule.
Si « L’aventure de Mme Muir » avait tous les composants d’un conte, « L’affaire Cicéron » a tous les atours d’une fable…
Inspiré d’une histoire vraie, un film d’espionnage brillant, élégant et réjouissant, où l’intérêt personnel d'un valet impassible et cupide va dévorer les enjeux internationaux en pleine seconde Guerre mondiale, porté par l'interprétation impeccable de James Mason. 3,75
Un des plus beaux et plus intelligents films d'espionnage qui soit, à l'ancienne: exotisme, raffinement des dialogues, élégance des comportements. Mason et Darrieux rivalisent de cynisme et de fausseté dans un tourbillon d'action et de retournement de situations jusqu'à une fin surprenante. Le 2e chef d'œuvre de Mankiewicz avec Le Limier.
L’intérêt de ce film réside essentiellement par la reconstitution historique d'une histoire d'espionnage qui relève du monde réel, et de plus filmé à l'endroit ou cette histoire a eu lieu. Donc, pour les amateurs d'histoire, ce film est parfait, et comme il a été filmé quelques années après les faits, les lieux n'ont guère dû changer. Mais mis à part cela, l'histoire est relativement plate ; on n'est pas chez James Bond! Loin s'en faut! Il faudra attendre les 20 dernières minutes pour voir un semblant d'action et de suspense : le reste du temps, on assiste aux différentes tractations et la recherche de l'espion. Ce n'est pas palpitant, mais cela se laisse regarder. A voir par les amateurs de réalité historique.
Cela ne pourrait être que la banale reconstitution d’une incroyable affaire d’espionnage mais grâce au talent de Mankiewicz c’est bien davantage. Les motivations des personnages sont très travaillées et le discours sur l’étanchéité des classes sociales, véritable motif du cinéaste, ajoute une vraie profondeur à l’ensemble. James Mason livre une composition parfaite, et au détour d’une ou deux séquences, Mankiewicz rivalise avec le « maître du suspens ».
Un film d'espionnage brillant signé Joseph L. Mankiewicz, sur un employé de l'ambassade anglaise d'Ankara qui, en pleine seconde guerre mondiale, revend des secrets alliés aux nazis. Mise en scène, dialogues, jeu d'acteur, suspense : l'ensemble est un sans-faute délectable, une référence indiscutable du genre.