L'on redécouvre enfin le premier long métrage de Paula Delsol, l'une des rares cinéastes de la Nouvelle Vague, avec Agnès Varda, mais qui ne réalisera qu'un autre film de cinéma. La Dérive, tournée en 1962, ne connut une sortie en salles que deux ans plus tard, assortie d'une interdiction aux moins de 18 ans. La critique puritaine de l'époque fit d'ailleurs un sort à ce récit, féministe avant l'heure, autour d'une héroïne rejetant la vie de femme rangée qu'on lui promet. Elle obéit à ses désirs et parfois à la nécessité, se moquant bien du regard des autres, la jugeant sans moralité. Le scénario manque un peu d'étoffe, mais son aspect documentaire sur la feria de Nîmes et sur la vie à Palavas-les-Flots, au début des années 60 capte l'intérêt. Quant à son actrice principale, Jacqueline Vandal, qui n'a pas grand-chose à envier à Jeanne Moreau ou à Brigitte Bardot, sa carrière fut fugitive au cinéma, auquel elle préféra la littérature et notamment à la poésie.