D'apparence clippesque avant même l'invention de cette forme d'art, ce fantastique se regarde agréablement; histoire métaphorique sur de troubles pulsions de villageois et/ou sur l'exclusivité d'une indispensable passion: Quant à la Bête, elle; visiblement, sort d'une chaîne de montage alpha et souffre de son teint gris tout en étant à la recherche de sa Mère.
Un film fantastique à la française, et pourquoi pas après tout "La Main du Diable" sorti la même année en pleine période trouble de l'Occupation était une belle réussite dans le genre. Celui-ci lorgne vers "Frankenstein" et le résultat aurait pu être bon si le scénario avait osé aller jusqu'au bout de l'ambition affichée en premier lieu. Or le résultat apparaît au final trop sage. Quand à la mise en scène, elle n'arrive jamais à créer réellement une atmosphère envoûtante si ce n'est pas intermittence, comme par exemple pour de la scène d'enterrement où la photo rappelle Dreyer et les décors Whale. Là aussi, on peut dire au final hélàs que c'est trop sage. Dommage car il y avait à l'origine beaucoup d'élements pour reproduire un film aussi réussi que "La Main du Diable". La faute en grande partie peut-être à un metteur en scène pas assez talentueux.
A la légende et à la malédiction qui frappe les Malveneur depuis des lustres s'ajoutent les expériences scientifiques du dernier du nom en son château, soucieux de perpétuer sa "race et son nom". De quoi faire peur. Le réalisateur Guillaume Radot donne assez grossièrement dans le décor gothique, le mystère pesant et les secrets de famille, sans préjudice du tonnerre qui gronde et du vent qui rafale. Il entretient un climat anxiogène par les postures suspectes et propos sibyllins de quelques protagonistes, de probables mensonges et des incidents macabres au coeur du château. L'arrivée d'une préceptrice (Madeleine Sologne) pourrait permettre d'éclairer tout ça. Le réalisateur en fait un peu trop et ne maîtrise, en fait, ni son sujet ni sa mise en scène. Son film est une tentative impersonnelle de cinéma fantastique dont le dénouement passera par une explication de texte tarabiscotée. Ce n'est pas fait pour surprendre : on devine tout au long du film les ficelles communes qui introduisent les incidents et activent des personnages sans épaisseur. A cause de quoi, le suspense est assez vite indifférent. Le film est un petit sujet bricolé auquel il manque un auteur. C'est à l'image des comédiens, dont on ne peut pas dire qu'ils sont habités.
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3,0
Publiée le 31 mai 2012
Malèdiction sur Malveneur où un ancêtre serait devenu loup-garou! Avec l'aide de son garde-chasse, son descendant se livre à d'ètranges recherches biologiques! Le film de Guillaume Radot fait parti de ce bref courant fantastique qui illumina le cinoche français pendant les annèes 40! Sans recouvrir à des effets grand-guignolesques, le climat du film est souvent gothique et reprend les bonnes vielles recettes des bandes d'èpouvante de l'Universal avec une demeure mystèrieuse (le magnifique château d'Anjony), un savant à moitiè fou (la science selon Pierre Renoir est une vielle fille à dècouvrir) et des paysans en colère dont la devise est: Malveneur / malheur! Avec ègalement au menu une bonne distribution dont l’inquiètante Gabrielle Dorziat et surtout Madeleine Sologne qui apporte un charme indèniable à l’ensemble, avec une musique d’orgue très rèussie...