Main basse sur la ville
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 octobre 2012
Une plongée dans le monde politico-financier (et ses magouilles) de la ville de Naples (et de l'Italie en général). Corruption et arrangements, le sujet est passionnant grâce aux dialogues souvent enlevés. Rod Steiger est excellent, la réalisation et le montage sont pas mal du tout. Par contre la photographie pas toujours très claire.
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 décembre 2010
Rosi a la rigueur documentaire d’un Rossellini et un sens dramatique digne du meilleur cinéma noir américain. Il n’évite pas complètement les défauts du cinéma engagé de gauche, son coté démonstratif et manichéen (cristallisés dans le personnage du conseiller communiste De Vita) mais il les rend parfaitement supportables. Ce qu’il montre, la collusion du monde politique avec des intérêts privés, particulièrement le secteur de la construction immobilière, vaut très largement au-delà de l’époque et du lieu du film. La France du gaullisme immobilier, jusqu’à très récemment, est comparable au Naples en extension des années 60 mis en scène dans « Main basse sur la ville ». Curieusement, peut-être même à l’insu du réalisateur, c’est le personnage du « méchant » qui retient le plus l’attention par son charisme. Il y a quelque chose de wellesien dans l’interprétation qu’en donne R. Steiger. Les scènes de débats en conseil municipal sont aussi impressionnantes que celles de procès dans « Salvatore Giuliano ». Du très grand cinéma politique, comme les italiens ont su en faire.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 14 mai 2014
Début des années 1960. Naples est le terrain de vastes opérations immobilières, qui permettent à des promoteurs peu scrupuleux de s'enrichir avec la complicité des hommes politiques de la ville. Ainsi, l'entrepreneur Nottola investit de vieux terrains agricoles en périphérie de la ville, espérant retirer de cet investissement un bénéfice de 5000%, mieux qu'une usine, avec l'avantage de ne subir ni syndicat, ni grève. Mais les travaux des chantiers entraînent l'effondrement d'un immeuble des vieux quartiers populaires, provocant plusieurs décès ainsi que le handicap définitif d'un enfant. Il s'en suit alors un énorme scandale en pleine campagne pour les élections municipales. Nottola est candidat sur la liste majoritaire des conservateurs; il se retrouve alors face à ceux qui souhaitent lui faire payer les crimes dont il est responsable et ceux, dans son propre camp, qui n'ont de cesse de l'évincer pour étouffer la polémique. Puissant et manipulateur, Nottola arrache finalement le poste de conseiller qui favorisera ses affaires, et c'est une belle procession de notables, de prêtres et d'enfants de chœur qui s'en va bénir un nouveau chantier sous le soleil napolitain.
Main basse sur la ville est un film ardu, sur le fond comme sur la forme, austère et pour tout dire assez ennuyeux.
La bourgeoisie, tenante des partis de droite et du centre, est sans foi ni loi, prête à tout pour assurer ses intérêts: trahir ses compagnons, dénoncer ses propres enfants. Le conseiller municipal communiste, membre de la commission d'enquête sur Nottola, est incorruptible et tenace, tenant d'une vérité et d'un avenir meilleur. Le peuple est absent, tout juste esquissé de loin, subissant les tragédies mais ne prenant part à rien. Et la mafia n'est jamais évoquée, ce qui m'a plutôt surpris quand on traite de l'immobilier napolitain des trente glorieuses.
J'ai eu le sentiment de voir un film de propagande du parti, avec une vision, disons-le tout net, plutôt stalinienne des choses. Pas inintéressante, car reflet d'une époque et très certainement du PCI, mais jamais vraiment objet de cinéma. La seule scène réellement cinématographique, et la seule captivante, est celle de la chute de l'immeuble, très belle.
Main basse sur la ville, une expérience donc, mais qu'on est content d'avoir derrière soi...
weihnachtsmann

1 621 abonnés 5 745 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 janvier 2020
Film politique sur le pouvoir de l'argent.
Intéressant dans son sujet mais presque documentaire et ennuyeux dans son côté film.
this is my movies

824 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 octobre 2016
Un sujet passionnant et toujours d'actualité, une mise en scène assez immersive et des acteurs très bons, pourtant, ce film m'a laissé sur la touche. Parce qu'il se refuse à être complètement didactique et qu'il dépeint toute une galerie de personnages que j'ai du mal à identifier, il se révèle frustrant et laborieux à suivre. J'ai surtout l’impression que F. Rosi n'a pas montré les bonnes choses, que ses dialogues et ses situations ne sont pas toujours adaptées car quand on veut dénoncer un scandale aussi prégnant et aussi universel, alerter l'opinion publique en fait, il faut savoir se rendre accessible (sans pour autant être simpliste). Les esprits brillants le trouveront exceptionnel, je dois dire que c'est un film qui dit parfois des choses très intéressantes et très importantes mais duquel j'ai décroché et qui se révèle bien souvent trop élitiste et confus pour réellement passionner et susciter l'indignation (les agents immobiliers corrompent le pouvoir politique et se font de l'argent sur le dos des habitants de la ville, le système démocratique empêche toute inflexion et tout changement malgré quelques gesticulations). En définitive, rien n'a changé depuis ce film et c'est peut-être bien ce qui a de plus terrible. D'autres critiques sur
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

254 abonnés 2 702 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mai 2020
Main basse sur la ville est un film de mafia avant l'heure extrêmement convaincant.
Le film fait preuve d'un indéniable réalisme. Tout y est : la violence, la corruption de fonctionnaire, l'achat d'influence, les ralentis bureaucratiques, le secteur de l'immobilier napolitain même si le nom de la ville n'est pas mentionnée (ville et secteur particulièrement gangrenés par le syndicat du crime) …
Les acteurs sont très convaincants à commencer par Rod Steiger. Son personnage est très intéressant à suivre.
L'intrigue n'est certes pas forcément imposante en termes de rebondissements et de péripéties mais elle délivre une photographie parfaite de la situation de l'époque. Situation qui n'a d'ailleurs pas évolué tant que ça, puisque, occasionnellement, il arrive encore que certains bâtiments s'écroulent et qu'en enquêtant, on découvre que le permis de construire a été délivré de manière très occulte alors que les conditions de sécurité n'étaient pas complètes.
À la limite du documentaire (même s'il s'agit d'une fiction), un film que je recommande.
il_Ricordo
il_Ricordo

118 abonnés 407 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 janvier 2012
Main basse sur la ville est un film sur la corruption qui montre davantage le monde des corrompus et corrupteurs, le mode de vie et leurs réactions que celui de leurs victimes (mise à part la saisissante séquence d'ouverture). C'est un film politique dans lequel le jeu des acteurs est moins intéressant que leurs propos (même si leur jeu de politiciens véreux, Rod Steiger en tête, est criant de vérité). Toutefois, la trame est réellement prenante et le film demeure un incontournable thriller social et politique. Le réalisme de Francesco Rosi tranche avec le fantastique d'un Fellini ou le romantisme d'un Visconti : c'est comme si l'on revivait les heures glorieuses du néoréalisme des années 40, où la question sociale, au cœur du film, lui donnait une dimension historique. Main basse sur la ville est un incontournable du Cinéma italien.
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 246 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 décembre 2018
Francesco Rosi est un pur cinéaste politique : pour lui le cinéma sert à expliquer et démontrer le rôle des organisations sur les individus. Il ne dénonce pas les pourris. Il les explique: c'est plus cruel et surtout c'est plus efficace.
L'alliance entre le maire monarchiste-profasciste Achille Lauro, élu ostensiblement en payant les votes populaires, et la démocratie chrétienne (puissante) permet à la municipalité napolitaine de donner le champ libre aux promoteurs qui saccagent le centre ville et spéculent sur les alentours en arrosant largement. Loin de caricaturer les rapports politiques, Rosi montre la complexité des relations de pouvoir entre le promoteur Nottola, la DC et Achille Lauro. L'effondrement d'un immeuble du miséreux quartier espagnol ouvre une crise qui se conclut par une commission d'enquête réclamée par le PC et l'élection d'un nouveau maire, probablement tout aussi pourri et mafieux que le précédent. La camorra n'est jamais citée mais chacun la sent présente dans les transactions.
Naples est sans doute une des seules grandes villes du monde dont la texture ouvrière ait été détruite systématiquement dans le détail, laissant place à un urbanisme délirant mettant face à face une architecture moderniste et laide pour les riches et d'immenses zones d'habitat populaire en barres de béton, totalement laissées à l'abandon. C'est le résultat de la politique pourrie des années 60-70 que décrit Rosi. Aujour'hui la politique mafieuse s'est plus concentrée sur les déchets créant les problèmes d'hygiène dramatique que l'on connaît.
Le promoteur est joué par Rod Steigner, le leader communiste du conseil municipal toujours sur la brèche est joué par lui-même et le leader socialiste par un député socialiste. Le rythme est celui d'un film noir mais l'objet est une action politique.
Indispensable pour connaître Naples mais aussi pour apprécier la question du Sud de l'Italie.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 septembre 2010
C'est incroyable à quel point ce film de 1963 est encore d'actualité de nos jours. Avec "Main basse sur la ville" Francesco Rosi signe une œuvre politique à la fois très bavarde et néanmoins brillante de bout en bout.
QuelquesFilms.fr

359 abonnés 1 765 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 octobre 2013
Confusion des intérêts publics et des intérêts privés, détournements de fonds, corruptions, manipulations... Francesco Rosi dénonce les abus de pouvoir de la Démocratie chrétienne, en s'inspirant de faits réels. Derrière cette dénonciation, il y a évidemment un parti pris politique. Cela dit, en bon spécialiste du film d'investigation, le metteur en scène italien réalise une oeuvre sérieuse, austère comme un dossier judiciaire, mais intéressante. Sa façon de décortiquer le système en place est convaincante et le résultat, édifiant.
Hotinhere

794 abonnés 5 494 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 août 2024
Plongée minutieuse et édifiante dans le monde politico-financier de la ville de Naples, entre magouilles, jeux de pouvoir, et corruption immobilière.
Max Rss
Max Rss

257 abonnés 2 329 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 février 2025
Un film comme celui-là sera toujours d'actualité. Qu'on se le dise. Il est donc question de spéculation immobilière, d'affairisme et de corruption. Mais surtout de politique. Une société privée construit des logements à tours de bras. Ladite société est gérée par un mec qui siège au conseil municipal napolitain. Un immeuble se casse la binette, provoquant blessures et décès, le tout un mois avant les élections municipales. Le parti majoritaire (de droite) fait étouffer l'affaire. Le parti d'opposition (communiste) s'empare du scandale, demandant la mise en place d'une commission d'enquête, faisant croire que l'intérêt général est sa seule préoccupation. En clair, que nous dit-on ? Tout simplement ceci : le peuple ne fonctionne que d'une seule et unique façon. Même s'il sait très bien que l'attribution de chantiers immobiliers relève de la magouille, il ne demande qu'à avoir un toit salubre à se mettre au-dessus de la tête, par conséquent, il vote massivement pour le parti qui le lui donne. C'est là que se met en place la main basse sur la ville. Si grain de sable dans la mécanique, il se tourne alors vers l'opposition qui fait entièrement son beurre là-dessus. La conviction est ici absente. Tout n'est qu'électorialiste. On n'en attendait pas moins de Francesco Rosi. Mais, à force d'hésiter entre le documentaire (ce qu'il devait être à l'origine) et le cinéma, on se retrouve face à un ensemble qui passe en partie à côté de son sujet, malgré des enjeux claire et une vraie lucidité dans le propos.
Charlotte28
Charlotte28

204 abonnés 2 897 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mars 2025
Austère dans sa réalisation, en noir et blanc pour donner un faux air de documentaire à cette intrigue de corruption politique, l'intrigue, fictive "alors que sont réels le climat social et le milieu qui l'ont générée" dénonce avec un sautillant sarcasme la malhonnêteté (intellectuelle), l'hypocrisie, le déni d'hommes de pouvoir accrochés à leurs prérogatives et se préoccupant davantage d'obtenir les votes de leurs concitoyens que de les mériter... Mené par un captivant Rod Steiger, le casting donne corps avec un humour distancié à ces dédaigneux magistrats, cachés derrière de belles intentions éhontément incompatibles avec leurs actions cyniques. Une image lucidement réaliste des tractations et manipulations en coulisses: une juste satire.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

164 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 janvier 2022
D’abord voulu comme un documentaire, Main basse sur la ville en a gardé l’âme et ne se laisse pas voir facilement. Plongée en apnée dans l’administration et la politique napolitaines, c’est une vision crue et dense des malversations qui grandissent dans l’ombre de l’opinion publique. On n’a plus de doutes que le mot imbroglio vient d’Italie, pays où le progrès s’est fait souvent fait dans la discorde et où l’on ne se cache pas d’abuser des masses en mélangeant sans vergogne démocratie et démagogie.

Voyage dans les racines mêmes de la politique, l’œuvre de Rosi essaye de peindre avec une complétude rare un tableau dont le cinéma social se contente de faire les esquisses : la misère, les taudis, la constructomanie sous le regard cauteleux du Vésuve... le réalisateur veut donner le pourquoi de ces circonstances sociales dramatiques, destructrices des droits humains fondamentaux au vu et au su de tous : "en politique, l’indignation sociale est inutile".

C’est un film très ciblé dans le temps, le contexte et l’espace, mais son enseignement est intemporel.
Peter Franckson
Peter Franckson

80 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 janvier 2026
La spéculation immobilière et la collusion des élus spoiler: (qui transforment des terrains agricoles en terrains constructibles) avec les promoteurs cupides ignorant les règles de sécurité en matière de construction et qui ne sont pas vérifiées [à travers le conseiller municipal de Naples, Edoardo Nottola (l’Américain Rod Steiger, 38 ans) dont le fils est promoteur]
reste d’actualité. Francesco Rosi fait un portrait sans concessions de la classe politique italienne (foire d’empoigne lors des conseils municipaux), cynique (« l’indignation morale ne sert à rien, l’important étant de ne pas être battu ») où tous les arrangements sont permis pour obtenir et/ou conserver le pouvoir, illustrant bien la citation culte du « Guépard » (1963) de Luchino Visconti, d’après le roman éponyme de Giuseppe Tomasi Lampedusa, « il faut tout changer pour que rien ne change ». Néanmoins, le film est un peu long (1h41) avec des passages où les dialogues surabondent et manquent de concision.
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