Beetlejuice est l’un des films emblématiques de Tim Burton, et même si sa sortie remonte à quelques décennies, il n'a rien perdu de son charme visuel et de son ambiance singulière. Cela dit, après avoir vu ce premier opus, je dois admettre que, même avec un regard neuf et enthousiaste pour l’univers Burtonien, le film ne m’a pas totalement convaincu. Certes, il y a des éléments intéressants, mais l'ensemble ne parvient pas toujours à atteindre la magie qu’on espère.
Tout d’abord, la musique, comme toujours avec Danny Elfman, est un point fort. Le thème principal du film est mémorable, et
les deux scènes de danse, où les personnages se retrouvent à se mouvoir dans une sorte de danse macabre, sont particulièrement agréables.
L'univers musical accompagne parfaitement les événements qui se déroulent à l’écran, et c’est un élément qui reste gravé après le générique de fin.
Ce qui m’a également marqué, c’est la façon dont le film aborde la mort.
L’idée de représenter les fonctionnaires de la mort comme de simples employés bureaucratiques est un concept rafraîchissant et original. D'autant plus que le film ose aborder des thèmes comme le suicide de manière inattendue, en l’associant à l’idée qu’une personne qui se suicide devienne un fonctionnaire de l’au-delà. C’est une approche audacieuse et étrange, mais qui, paradoxalement, réussit à apporter une touche d’humour noir tout en abordant des sujets lourds.
Les transformations en monstres, également, sont très réussies et ajoutent un côté visuel très plaisant. Burton, fidèle à lui-même, excelle dans la création de personnages hauts en couleur, qui, bien que classiques aujourd’hui, restent intéressants à suivre. Cependant, certaines figures, notamment le méchant harceleur sexuel, m’ont posé un réel problème. L’inclusion d’un personnage aussi détestable, à la fois abusif et malsain dans ses intentions envers une jeune fille, m’a semblé à la fois glauque et mal pensée pour un film censé être familial.
Il y a quand même un abus de faiblesse où la jeune lui demandant de l'aide, Bettlejuice accepte de l'aider si elle se marie avec lui.
Le manque de consentement et le comportement limite violent du personnage sont bien trop dérangeants pour un public jeune, et essayer de rendre ce méchant sympathique a, pour moi, été une grosse erreur.
Visuellement, le film reste un régal. La réalisation, les costumes et les décors sont typiques de Tim Burton, et les effets spéciaux, bien que datés, sont impressionnants pour l’époque. Cependant, certaines scènes,
notamment celles où le personnage se déplace sur Saturne
, ne tiennent pas la route et vieillissent mal.
En revanche, si le film regorge de ces éléments caractéristiques que j’aime tant chez Burton, le rythme lent et la mise en scène m’ont empêché de m’immerger totalement dans l’histoire. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages autant que je l’aurais voulu, malgré le potentiel de l’univers. L'humour, qui est une des marques de fabrique du réalisateur, ne m’a pas vraiment fait sourire. La scène du repas et de la danse, bien que plaisante, n'a pas été suffisante pour me faire basculer dans l’adhésion totale.
Je pense que si j’avais vu Beetlejuice plus jeune, j’aurais peut-être eu une toute autre appréciation de ce film. Mais, en tant qu’adulte, j’ai eu du mal à entrer dans l’univers, et certaines parties du film m’ont même semblé un peu vieillottes. En tout cas, cela ne me motive pas à m’enthousiasmer trop pour le deuxième opus, que je vais aborder sans grandes attentes.
En conclusion, Beetlejuice est un film à l’image de Tim Burton : visuellement frappant et créatif, mais qui ne m’a pas totalement emporté cette fois. Les thèmes abordés sont audacieux, mais certains choix de personnages et de situations sont, à mon sens, mal gérés, en particulier le traitement du méchant. Le film reste un classique pour certains, mais il ne m’a pas vraiment convaincu.