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Un visiteur
4,0
Publiée le 12 août 2012
Vacances à Venise où la rencontre entre l'un des plus grands cinéaste, l'une des plus belles actrices et l'une des plus belles villes du monde. Un film intéressant qui marque une transition dans la filmographie de David Lean. On retrouve de nombreux éléments clés des réalisations de David Lean dont l'utilisation des trains et ces portraits ou études des personnages. Toutefois il aurait été intéressant ici que le réalisateur aille au-delà du grand canal et des images d'Epinale de la Sérénissime. On ne sait comment se placer dans ce film qui oscille entre plusieurs genres et qui frôle parfois le cliché, la légèreté et la superficialité. Cette histoire d'amour entre les deux personnages est-elle même très différente des autres films de David Lean et l'on est loin de Docteur Jivago, de la Fille de Ryan ou de Brève rencontre. On peut alors regretter un léger manque de profondeur, d'intensité et de tragique dans cette histoire. La volonté du réalisateur de ne pas utiliser le cinémascope pour pouvoir centrer la caméra sur les personnages semble empêcher d'utiliser au mieux les décors de Venise et de tomber dans l'image de carte postale. La photographie est elle même intéressante et nous permet parfois de voir la ville à travers les yeux de Jane. Un film superbe, qui, s'il n’atteint pas le regard sur la Sérénissime d'un cinéaste comme Visconti, est porté par le charme de Katherine Hepburn. Un film à voir!!
Katherine Hepburn, solaire comme de coutume, illumine cette histoire somme toute un peu ennuyeuse. La réalisation académique très sage ne fait rien pour donner du relief à un scenario qui cherche à décrire la solitude amoureuse chronique. La solitude certes, mais celle d'une bourgeoise, une quadragénaire qui ne semble pas savoir comment nourrir sa vie autrement que de rêves romantiques. Venise en arrière-plan donne un charme supplémentaire à l'histoire, sans toutefois la réhausser suffisamment pour rendre le film plus intéressant que cela.
il semble qu'une dimension ait souvent échappé : la transformation progressive de Katherine Hepburn, qui, mène un combat contre elle-même, contre ses timidités, ses peurs, et qui finit par le gagner : cette espèce de sourire crispé, un peu nigaud, un peu forcé, disparaît progressivement au bénéfice d'expressions plus authentiques, plus sereine : les dernières images sont significatives : Jane rentre en elle-même....
Le film vaut surtout pour la visite de Venise. L'histoire a un peu vieilli et cette romance, qui avait sans doute une certaine originalité en 1955, peine aujourd'hui à être attachante.
Un film malheureusement trop creux, le potentiel d'avoir une héroïne célibataire et voyageant seule allant sur ses 50 ans est gâché par la romance somme toute banale. Seuls le gamin des rues et la jolie scène finale provoquent un peu d'intérêt. "Vacuités à Venise". :-(
Il est de bon ton de dénigrer ce film, au point que j'ai mis des années à le regarder, au détour d'une après-midi d'ennui. Et là, magie. Alors oui, le film accumule les clichés. Mais il restitue aussi de manière saisissante, presque phénoménologique, la vision de Venise "au ras du sol" par une touriste de passage (et c'est terriblement actuel). Katharin Hebpurn y interprète magnifiquement la vieille fille en quête du moment unique de sa vie. C’est une Emma Bovary sympathique, qui n’est jamais plus elle-même que dans le face à face avec deux statues à moitié noyées dans le canal, deux lions ridicules qui lui font face, l’un d’eux recouvert d’une pauvre couverture, et qui entament avec elle un dialogue silencieux alors qu’elle est assise sur les marches d’un petit canal fuyant le regard masculin qui lui fait tant peur. Venise est filmé comme l’aurait fait un ethnologue. Et le film derrière la bluette est d’une négativité totale : la gérante de la pension déteste ses clients ; les clients passent à Venise sans vraiment la connaître et l’aimer ; et celle qui veut désespérément aimer brade ses sentimentsspoiler: pour une aventure sans lendemain avec un bellâtre marié, père de famille, un peu escroc à ses heure s. Très moderne, le film nous montre une femme qui filme au lieu de vivre. Puis qui croit vivre en cédant aux clichés qu’on lui impose : vivre à tout prix une romance même si tout sonne faux, pour pouvoir dire qu’on a vécu, pour pouvoir faire comme tout le monde et emporter avec soi des babioles, des images, et des souvenirs fictions. Quand elle aurait peut-être mieux fait de s’écarter des foules, de s’emplir de l’air de la lagune, d’apprendre à s’aimer alle-même.
A lire certaines critiques, je trouve étrange qu'on puisse qualifier un film de "daté". Tout oeuvre est de son époque, tout simplement, avec ses codes. C'est une curieuse confusion que font certains, que de tout vouloir rapporter au présent. Par manque de repères, de culture générale, sans doute. Faire aujourd'hui un film avec les codes des années 50 serait daté, oui. Cette petite mise au point faite, venons-en au film.
Un film qui avait en son temps choqué certains publics. Une femme indépendante, libre, voyageant seule, pensez-donc. Un film qui avait par conséquent fait un flop aux Etats-Unis. Film intimiste, tout en finesse. Toute l'insouciance d'une époque, aussi. Une Europe qui a définitivement disparu au tournant des années 2000. Un beau voyage dans le temps. Il faut peut-être avoir vécu, comme dans la première scène, l'arrivée à Venise en train, dans l'un de ces vieux trains pleins de charmes avec leurs compartiments, traversant la lagune, et mieux encore que dans le film, en wagon-lit, dans des draps frais, avec le petit déjeuner servi au lit à l'heure choisie, l'arrivée sur la lagune dans la brume du matin, pour en être ému. L'amour pour Venise de David Lean est palpable. On peut simplement regretter qu'il n'en montre pas plus. Dix ans après le réalisme social de Brève rencontre, dans une atmosphère d'après-guerre, David Lean revient sur le thème de la passion contrariée par les conventions morales et sociales. Il était un cinéaste romantique et ses œuvres les moins connues sont peut-être les plus précieuses.
Les premiers instants du film sont particulièrement révélateurs de la suite à venir. L'excitation de Katherine Hepburn qui sert d'entrée en matière au film sert en réalité de fil conducteur pour les vingt premières minutes du film qui deviennent bien longues ; la répétition des mêmes blagues en l'espace de quelques minutes et la succession de clichés n'aidant pas il est vrai. Le film ne parvient jamais en réalité à s'emballer et lasse trop vite par ce qui ressemble à de la mièvrerie.