Jane Hudson (Katharine Hepburn) passe seule des vacances à Venise. Le nez au vent, l'appareil photo en bandoulière, escortée du seul Mauro, un jeune Gavroche vénitien, Jane déambule dans la cité des doges. Elle croise quelques compatriotes dans la pension de famille qui l'héberge : un couple de vieux touristes caricaturaux, un artiste infidèle et sa femme... Même si elle refuse de l'admettre, Jane, célibataire endurcie, se sent seule. Elle est du coup sensible au charme de Renato (Rossano Brazzi), un bel Italien aperçu à la terrasse d'un café qui tient une boutique d'antiquités.
"Vacances à Venise" est un film étonnant dont on se demande s'il a horriblement mal vieilli ou si, au contraire, ses défauts le font échapper à l'outrage du temps.
C'est un film de 1955 en Technicolor à une époque où le procédé était encore exceptionnel. Si David Lean l'utilise, c'est pour magnifier la beauté de Venise décrite comme une ville de carte postale. La cité des doges, filmée en plein été, brille de mille feux - alors que beaucoup de réalisateurs la filmeront l'hiver dans une brume qui la nimbe de mystère ("Le Casanova de Fellini", "Mort à Venise"...)
Dans cet écrin magique, on s'attache aux pas de Jane. L'héroïne est interprétée par l'une des plus grandes actrices du temps - voire de tous les temps. La cinquantaine approchant, on pouvait croire que Katharine Hepburn, qui venait de tourner "African Queen" avec Humphrey Bogart, était au sommet de sa gloire. Pourtant, elle gagnera encore trois Oscars (en 1968, en 1969 et en 1982) et mourra en 2003 à quatre-vingt-seize ans, panthéonisée de son vivant.
Le rôle qu'elle joue ici manque toutefois cruellement de profondeur. Elle interprète une vieille fille au mitan de sa vie. La sensualité des chaudes nuits vénitiennes et la conscience angoissée du temps qui passe la pressent de faire une rencontre amoureuse. Elle se laisse séduire par le premier bellâtre venu tout en ayant conscience du caractère éphémère de cette liaison. Quand la vérité éclatera - le bellâtre est marié et père de famille - la déception sera rude.
La conclusion de "Vacances à Venise" s'avère beaucoup moins frivole, beaucoup plus sombre que ses débuts ne le laissaient imaginer. On y reconnaît la patte du réalisateur de "Brève Rencontre", un des films d'amour les plus poignants et les plus tristes que j'aie jamais vu.
Un film qui vieillit mal malheureusement, et l'histoire d'amour peinte n'est pas trop crédible, malgré la bonne performance de Katharine Hepburn. Un film qui se veut ultra romanesque mais qui en fait est creux et fade. L'unique intérêt de l'oeuvre réside selon moi dans la beauté des décors de la belle ville de Venise.
Le film peut se faire rebaptiser sans problème « Rencontre à Venise ». Cela donne le ton de cette histoire ultra romantique. Charmante visite bucolique dans un Venise de carte postale. On aurait aimé des chansons même pour rajouter au kitsch. Plus que sympathique. Une belle histoire d’amour et un final dans le train très beau avec cet adieu à l’homme d’un instant.
Intéressant pour les images de Venise en 1955, le reste étant assez lourd et anecdotique. Les actrices-acteurs sont présent mais ailleurs, la faute au dialogues et scénario peut-être... Katharine Hepburn n'est pas au mieux de sa forme dans ce film et Rossano Brazzi en fait des tonnes dans son rôle de latin lover.....
Avant de se lancer dans des superproductions d’envergure, le cinéaste britannique David Lean s’est octroyé une pause récréative en tournant cette romance bien peu attirante qui ressemble davantage à un roman à l’eau de rose qu’à une œuvre cinématographique sérieuse. Dépourvu du moindre script, le réalisateur traîne sa caméra indolente dans les rues typiques de Venise et suit les pas de Katharine Hepburn qui n’a rien d’autre à jouer que la lassitude liée à sa solitude. Le couple qu’elle forme avec Rossano Brazzi n’est aucunement crédible et ne parvient jamais à s’extraire du cliché le plus éculé. Bref, on s’ennuie ferme, bien déçu de ne pas retrouver le charme d’une œuvre comme Vacances romaines auquel le titre français fait inévitablement songer.
Une superbe carte postale, mais un film, très daté, qui parait aujourd'hui daté. Dans la première partie, Lean nous montre que l'existence de son héroïne est vide est qu'elle s'ennuie. Le problème est que le spectateur s'ennuie avec elle. Dans la deuxième partie, Jane va à l'encontre de ses principes de vieille fille et accepte une aventure sans lendemain avec un bel italien. En 1955, ce comportement hédoniste a du faire scandale, d'autant que l'attrait des deux partenaires paraît un peu artificiel. Aujourd'hui, il paraitra banal à la plupart des spectateurs. Et du coup, spoiler: la rupture finale parait abrupte et sans raison. Reste les superbes paysages de Venise.
il semble qu'une dimension ait souvent échappé : la transformation progressive de Katherine Hepburn, qui, mène un combat contre elle-même, contre ses timidités, ses peurs, et qui finit par le gagner : cette espèce de sourire crispé, un peu nigaud, un peu forcé, disparaît progressivement au bénéfice d'expressions plus authentiques, plus sereine : les dernières images sont significatives : Jane rentre en elle-même....
Le film vaut surtout pour la visite de Venise. L'histoire a un peu vieilli et cette romance, qui avait sans doute une certaine originalité en 1955, peine aujourd'hui à être attachante.
Un mélo à Venise avec Katharine Hepburn et réalisé par David Lean, le projet promet beaucoup. "Summertime" ne satisfait pourtant pas mes attentes, en raison des difficultés à créer une véritable intensité autour du couple principal. Sur quelques scènes, Lean parvient à faire surgir un trouble grâce à la finesse de l'écriture, qui dévoile une justesse poignante autour des sentiments des personnages. Le film échoue surtout à dramatiser l'amorce de la rupture, trop délicate et finalement assez convenue, et se perd quelque peu en s'attardant sur des personnages certes charmants (le petit garçon, le couple de vieux) mais qui n'ont rien à dire. "Summertime" n'est pas déplaisant en soi, émeut par ses belles métaphores (la fleur qui reste dans les eaux vénitiennes, symbole d'un amour sans lendemain) mais jamais ne brûle ou ne passionne. Intéressant sans être pleinement convaincant.
Katherine Hepburn, solaire comme de coutume, illumine cette histoire somme toute un peu ennuyeuse. La réalisation académique très sage ne fait rien pour donner du relief à un scenario qui cherche à décrire la solitude amoureuse chronique. La solitude certes, mais celle d'une bourgeoise, une quadragénaire qui ne semble pas savoir comment nourrir sa vie autrement que de rêves romantiques. Venise en arrière-plan donne un charme supplémentaire à l'histoire, sans toutefois la réhausser suffisamment pour rendre le film plus intéressant que cela.
Jane, une quadragénaire célibataire américaine, décide de passer quelques jours de vacances à Venise qu'elle découvre. Accompagnée de son caméscope pour immortaliser ces moments, elle va peu à peu tomber sous le charme d'un antiquaire italien...
David Lean signe là son dernier film anglais avant son départ pour Hollywood qui le verra marquer à jamais l'histoire du cinéma avec des œuvres comme Lawrence d'Arabie. Cela fait une dizaine d'années et neuf films qu'il réalise en solitaire avant de se lancer dans Vacances à Venise, où il fait appel à Katharine Hepburn. Il nous immerge au coeur d'un magnifique et romantique Venise et dresse le portrait de cette femme solitaire qui voit la vie défilée et la solitude peu à peu l'envahir.
Si Lean m'a emporté dans un tourbillon d'émotion avec des films comme Brève Rencontre ou Docteur Jivago, ce n'est pas vraiment le cas ici et il peine à vraiment faire ressortir toute l'émotion de Jane. C'est dommage car il arrive tout de même à donner une dimension romantique et mélancolique à son oeuvre, sublimant un Venise très carte postale que l'on découvre au côté de Jane. On ressent à travers le personnage d'Hepburn cette sensation du temps qui passe et qu'il faut prendre sa vie en main pendant qu'il en est encore temps. Il garde ici un côté intimiste que l'on retrouve dans ses oeuvres anglaises, tout en sobriété et justesse.
C'est ce qui ressort aussi de sa mise en scène, manquant parfois d'émotions mais d'une justesse incroyable. Le film est lent, mais ce rythme est adéquat et ne se fait pas ressentir tant il arrive à dégager une vraie atmosphère de Venise. La photographie en couleur est assez belle et permet de mieux nous immerger au coeur de la ville Italienne. Par contre, je suis déçu par la prestation de Katharine Hepburn (et c'est très rare) qui manque de justesse et en fait un peu trop (toute proportion gardée, elle garde une présence incroyable), contrairement à un excellent Rossano Brazzi.
Un Lean mineur, manquant notamment d'émotions mais qui n'empêche pas le réalisateur britannique de bien sonder l'âme et la fragilité de son personnage, le tout dans un magnifique Venise. Peu de temps après, il s'envolera pour Hollywood où il régnera pendant une décennie.
David Lean est un grand cinéaste et il filme admirablement Venise. Mais une belle ville n'a jamais fait un bon film et la beauté des images ne suffit pas à porter une romance invraisemblable qui ne provoque pas la moindre empathie.
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4,0
Publiée le 28 avril 2023
Ah Venise, ville magique et faite pour l'amour qui se prête à des visites d'une journèe, autour de la place Saint-Marc; de deux ou trois jours, pour avoir le temps d'entrer dans les dômes qui recèlent nombres de ses trèsors; d'une semaine, pour vivre l'atmosphère de ses ruelles, de ses ponts et canaux; sinon beaucoup plus pour y dècouvrir ce magnifique film de David Lean! Le charme romanesque opère parce que le cinèphile se plait à voir le Ponte Barnaba ou la Fondamenta Rezzonico, lieux secrets vènitiens que l'on a pas l'habitude de voir au cinèma! Brève histoire d'amour autour de la douleur du temps qui passe et de la diffèrence des cultures entre deux êtres pourtant proches! Un de ces ètès inoubliables que l'on a tous connu au moins une fois dans sa vie. "Summertime" (1955) est servi avant tout par une formidable Katharine Hepburn, vieille fille amèricaine avec un coeur plein de rêves! En rèsulte une romance belle et nostalgique avec Venise, ville idèale pour un Lean romantique...
Bon, je peux le dire car peu de monde verra cette fiche de film : j'ai un problème avec Katharine Hepburn. Alors y en a certains qui s'enthousiasment complètement, allant jusqu'à dire qu'elle fut la plus grande actrice du monde, mais je les conseille vivement de revoir ses films. Car Katharine Hepburn joue toujours Katharine Hepburn, c'est à dire une femme virevoltante, au fort caractère, qui bouge, qui parle fort, qui fait du bruit. C'est comme la série Martine, elle se décline un peu partout, et chez David Lean c'est Katharine Hepburn à Venise. Mais non, je n'exagère pas, c'est ça, malheureusement. Ce n'est jamais autre chose. David Lean aimerait - ou aurait aimer - nous conter l'histoire de cette femme qui réalise sa solitude, sa lassitude, sa mélancolie etc, mais malheureusement avec cette actrice on y croit jamais. C'est dommage car derrière y a quand même des choses intéressantes, le film est pas mauvais, j'aime bien l'idée, si j'essaie de penser au film de façon "intellectualisée" je trouve qu'il y a de bonnes idées, mais sur la pellicule ça passe beaucoup moins bien, on y croit pas, c'est surjoué, maladroit et agaçant. Même la photographie qui avait l'air très belle était décevante... Pour rendre justice à l'actrice, je la trouve très bien dans Suddenly, Last Summer (même si Taylor est encore mieux à mon sens).