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Pascal G.
2 abonnés
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2,5
Publiée le 14 février 2021
J aime beaucoup lino ventura, et le film sort de l ordinaire, mais je trouve le scénario trop pauvre. C est un bon divertissement, mais je ne le regarderais pas une deuxième fois.
Où l'on voit Burton côtoyer Reemick et Ventura sur le thème de la possession... diabolique ! Bien vu dix fois, et toujours cette extase ressentie à la fin...
un bon film à l'ancienne pour passer un moment sympathique. le récit se construit pour l'essentiel sur l'enquête de l'inspecteur d'une part, et les flash-backs faisant découvrir Morlar d'autre part. les 3 acteurs principaux sont très bons (quel bonheur de regarder Lino Ventura), le film leur doit beaucoup car les dialogues sont bien plus importants que les scènes d'action dont les limites et les défauts ne sont finalement pas si gênants. le scénario tire quelques ficelles bien policières (qui est l'agresseur ? qui est la victime ? quel est le mobile ?) et préserve plus d'une zone d'ombre (d'où le pouvoir de Morlar vient-il ? qui est L ? que se passera-t-il à la fin ?).
Le film questionne la manière dont nous comprenons le lien de cause à effet. Les catastrophes semblent suivre John Morlar, comme si sa seule présence ou son esprit suffisait à les déclencher. Cela nous fait penser à la causalité objective et matérielle mais aussi à la causalité subjective et psychique (un état de conscience ou une intention pourrait être à l’origine d’événements physiques). Le spectateur est placé dans un dilemme : Morlar est-il réellement la cause des désastres, ou bien s’agit-il de coïncidences auxquelles son esprit torturé donne un sens ? Morlar illustre une hypothèse radicale : l’esprit humain n’est pas seulement spectateur du monde matériel, mais peut agir directement sur lui. Le pouvoir de Morlar pose la question : si l’esprit peut agir sans médiation physique, alors la matière n’est peut-être pas autonome, mais malléable à la conscience. Cela évoque aussi la tension entre liberté intérieure et responsabilité extérieure : si Morlar “pense” une catastrophe et qu’elle se produit, est-il coupable ou simple témoin d’un lien invisible ? La télékinésie dans le film est traitée comme une métaphore de la volonté destructrice de l’homme. Ce n’est pas seulement un “super-pouvoir”, c’est l’expression dramatique de la colère et du désespoir de Morlar envers la société. Le film suggère que les pensées humaines (surtout lorsqu’elles sont extrêmes) pourraient avoir un impact démesuré sur le réel. Cela rejoint une interrogation existentielle : jusqu’où nos émotions et notre psychisme façonnent-ils notre monde ? De manière invisible (dans nos comportements), ou de manière surnaturelle (comme dans le cas de Morlar) ? La présence d’un prêtre dans l’histoire n’est pas anodine. La foi est mise à l’épreuve face aux catastrophes. Pour la religion, les désastres sont parfois vus comme châtiment divin ou comme épreuves. Ici, c’est un homme qui en est la source — ce qui déplace la question vers la responsabilité humaine. Croire en Morlar (et en son pouvoir) revient à adopter une vision quasi-religieuse de la toute-puissance de l’esprit. La foi, au sens large, se transforme en crédulité : croire en des forces invisibles peut être perçu comme irrationalité… ou comme ouverture à une réalité plus vaste. Le film met en tension deux manières d’expliquer le monde : La pensée scientifique : cherche des causes vérifiables, reproductibles, mesurables. Pour un scientifique, les catastrophes devraient avoir des explications naturelles. La foi (au sens large) : accepte la possibilité d’un mystère, d’une causalité invisible, voire d’une force transcendante. Le duel entre science et foi apparaît dans la manière dont les enquêteurs et médecins tentent de rationaliser l’inexplicable, alors que d’autres acceptent l’hypothèse du pouvoir psychique....