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benoitparis
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3,5
Publiée le 3 décembre 2011
Beau personnage surnaturel, qui serait une sorte de fée Mélusine plus rurale, plus primitive et plus maléfique. La meilleure réussite du film est de réussir discrètement à approcher la dimension mythique, la Vouivre relevant su surnaturel, mais aussi de l’hallucinatoire, dans un entre-deux indéterminé. Il est aussi de rendre compte, sans effets spectaculaires déplacés, de biais, du traumatisme subie par la France dans ses profondeurs, du fait de la Grande Guerre. La réalisation est plus inégale: on a une coproduction Gaumont A2 un rien académique, sans audaces formelles. On a une palette de grands comédiens pas forcément bien dirigés ou inspirés. Jean Carmet, particulièrement, en fait beaucoup et en fait mal. L’histoire est belle et donne envie de lire le récit de Marcel Aymé.
La ruralité, les croyances et au centre l'homme rescapé de la guerre et dont la conscience se manifeste par la vouivre, symbole féminin étrange qu'il semble n'être que le seul à voir et qui cristallise dans le pays toutes les superstitions mais qui est pour lui un apaisement.
S'inspirant d'une légende campagnarde George Wilson nous offre une jolie histoire qui décrit bien une certaine misère ressentie par les paysans juste après la guerre de 14 à cause du manque de main d’œuvre. Lambert Wilson incarne un poilu qui retourne auprès de sa famille après une longue convalescence et il va partir à la rencontre de la Vouivre. C'est un beau film mais un peu plus de mystère et de suspense aurait sans doute fait de La Vouivre un film plus réussi.
Unique réalisation de l'acteur prestigieux que fût Georges Wilson, cette adaptation du roman de Marcel Aymé " La vouivre" (1989) ne reçut pas un bon accueil.
Le casting est remarquable ( Jean Carmet, Jacques Dufhilo, Suzanne Flon et Lambert Wilson neveu du réalisateur) mais la symbolique du scénario doit sans doute est comprise ( disons plutôt, tenté d'être interprétée ) pour apprécier ce film. C'est à la fois sa force et sa faiblesse.
La vouivre c'est une légende à la fois aquatique et terrestre, femme très belle ( Laurence Treil mannequin vedette de l'époque, oubliée aujourd'hui) mais entourée de serpents et surtout redoutable.
Arsène revient dans son village. Il est un combattant traumatisé de la première guerre mondiale et va se trouver sur son chemin.
Chacun y trouvera son interprétation sur ce que symbolise dans l'imaginaire humain archaïque " la vouivre ".
Elle fait penser au Shiva des hindouistes, on la retrouve peut-être dans la figure de " la charmeuse de serpents " du douanier Rousseau, dans le titre du roman de Bazin " vipère aux poings" c'est peut-être la figure originelle dans l'imaginaire humain, celle de la femme ou de la mère maléfique.
Il faut dire que la mère du personnage principal n' est pas très empathique et la fille de ferme que Arsène pensait être sa fidèle confidente ne vaut guère mieux en terme de loyauté.
La description des habitants du village, les conflits qui les entourent sont des thèmes classiques chez Marcel Aymé et introduisent la rencontre avec la vouivre et sa symbolique, mais aussi à l'imaginaire.
Tourné dans un cadre bucolique de l'Indre, même si la figure de la vouivre vient de Franche Comté, où Marcel Aymé a été élevé, " la vouivre" de George Wilson vaut ( selon moi ) bien mieux que ce qu'on a pu en dire. Une invitation à lire ou relire le roman.