Hypnotique. Simplement écouter, regarder, admirer. Se fracasser contre les dunes pour laisser aller la poésie. L’esthétique, le désert, celui de la vie, l’affrontement contre la mort, la sagesse de la nature et l’honnêteté.
Médiation de notre rapport ambigu avec la nature, dévoilement cruel de la société occidentale, « Walkabout » arrache littéralement à la civilisation en racontant une histoire des plus banales. Celle de deux enfants perdus dans le désert après que leur père ait tenté de les assassiner au sein de ce dernier. Deux enfants qui vont rencontrer un aborigène de leur âge, en plein walkabout, un ordre de la tradition qui consiste à envoyer survivre dans le désert celui qui vient d’atteindre ses seize ans, qui devra revenir, quitte à tuer des humains…
Cloisonné dans la grâce, « Walkabout » emmène dans une balade sauvage qui pourrait définir le mot romanesque à elle seule. Pure et incroyablement gracieuse, dessinant les courbes de la beauté discrète de Jenny Agutter, allant en toute poésie sur les berges de l’amour, créant entre ciel et terre un dégradé des plus puissants. À la fois contemporain et libérateur, le film emmène dans un voyage sans frontière dont on aimerait qu’il ne s’arrête jamais. La nudité des acteurs étant synonyme de libération physique et mentale sous l’omniprésence d’un implacable soleil, qui dorlote ces animaux, entre un piton, un scorpion, et autres étrangetés angoissantes qui semblent sortir d’un temps reculé. Le réalisateur Nicolas Roeg, démontre qu’un choque des cultures est possible, la communication peut s’établir sans l’aide de la langue. Pour preuve la relation qui se tisse entre les personnages est littéralement magnifique, comme si il s’agissait d’un autre fantasme…
Récit remarquablement humaniste, honnête, en plus d’un prodige esthétique. Que demander de plus… Un film qui donne son amour à travers ses nombreuses insinuations sexuelles qui jamais ne tombent dans une quelconque vulgarité, bien au contraire. Une merveille.