L'Aîné des Ferchaux
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mars 2014
Belmondo est avec Delon et Ventura un des acteurs récurrent de l'univers melvillien. Cette adaptation très lâche d'un roman de Simenon sera la dernière collaboration entre les deux hommes. Au départ Melville avait pensé à Alain Delon et Spencer Tracy, ce seront finalement Belmondo et Charles Vanel. Sûr que la fuite aux Etats-Unis de l'aîné des Ferchaux aura inspiré Melville dont les références cinéphiliques sont essentiellement issues des réalisateurs des studios que furent les Ford, Hawks ou Mann. Très beau esthétiquement grâce à la photographie d'Henri Decae, le film soulève au final une interrogation sur l'évolution psychologique des personnages au point de finir par en ternir quelque peu la crédibilité du propos. Le cheminement mental parcouru par Ferchaux semble à y regarder de plus près franchement improbable. En tout cas il n'est pas suffisamment introduit par Melville. Le PDG implacable malmenant son conseil d'administration parisien et préparant minutieusement sa fuite vers l'Amérique du Sud paraît trop solide pour se laisser aller à la domination que finira par exercer sur lui le jeune boxeur raté. L'explication donnée par certains de la découverte par le vieil homme d'une homosexualité refoulée, semble pour le moins hasardeuse où en tout cas maladroitement présentée. Ce trop grand décalage, tout comme le changement brutal d'attitude de Michel Modet (Belmondo) qui avait plutôt intérêt à continuer à s'attirer les sympathies du PDG en fuite, font de "L'aînée des Ferchaux" un film bancal qui brille plus par ses fulgurances et ses partis pris esthétiques que par son intrigue ou son message. Melville sans doute trop heureux des références yankees qu'il parsème ici ou là (Sinatra, Kazan, Ford,..) et un peu en brouille avec ses deux acteurs n'a sans doute pas trop prêté attention à cette petite faiblesse scénaristique. Il n'empêche qu'il est toujours agréable de revoir le grand acteur qu'était Charles Vanel qui éclipse par moments un Belmondo un peu mécanique ou tout simplement ailleurs.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 février 2016
Un film assez décevant de la part de Jean-Pierre Melville, malgré une très belle photographie. On n’est pas réellement passionné par son intrigue. Cela est peut-être une conséquence des relations conflictuelles entre le réalisateur et ses deux comédiens principaux : suite à une violente dispute (Belmondo gifla Melville), ces deux derniers quittèrent le tournage pour ne plus jamais y revenir, ce qui força le cinéaste à finir tant bien que mal le tournage sans eux. Ce film marque donc la dernière et moins intéressante collaboration entre Jean-Pierre Melville et Jean-Paul Belmondo (qui reprendra d'ailleurs le rôle de Charles Vanel dans une nouvelle version télévisée réalisée en 2001 par Bernard Stora).
Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mars 2015
Beaucoup d'originalité dans le propos, dans le regard sans concession porté sur ses deux tragiques personnages d'une lâcheté absolue et qui déambulent comme des fantômes finissant par être réduits à l'état de bête au coeur d'une jungle suintante. Ce que j’estimais auparavant désarticulé (la partie road-movie qui tranche avec le prologue - à mon avis extraordinaire -) me paraît aujourd'hui prendre tout son sens ; comme si Melville en faisant s'entrechoquer deux univers nous entraînait vers une même vision, noire et fatale, comparable à la brillance de Scarface qui n’est que le vernis de sa déchéance. Dans cette fuite en avant où les extérieurs ne sont que les reflets des intérieurs, il capte au passage comme dans un documentaire la maison où est né Sinatra, signe de deuil d’un monde en train de disparaître et illustration d’un rêve américain qui n’aura jamais lieu, tant pour ses personnages que pour Melville lui-même allant jusqu’à mettre en scène des Chevrolet sur l’autoroute du Sud…

Le cinéaste qui a emprunté son pseudonyme à l'auteur de Moby Dick, semble dans ce film désespéré faire un parallèle entre ses mythes et sa propre vision du monde, se calquant sur ses personnages comme dans la fameuse citation qu’il emprunta à Courteline dans L’armée des ombres : « Mauvais souvenirs soyez pourtant les bienvenus, vous êtes ma jeunesse lointaine ». La partition de Delerue, empreinte de nostalgie, est effectivement superbe. Ce n’est pas le meilleur Melville mais son cinémascope lui confère une réelle beauté, et sa liberté de langage une certaine modernité.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 septembre 2011
Adapté d'un roman de Georges Simenon que je n'ai jamais lu, "L'Aîné des Ferchaux" est un superbe duel psychologique porté par deux acteurs merveilleux, un monstre sacré, Charles Vanel, et un futur monstre sacré, Jean-Paul Belmondo. Par contre malgré une belle photo, Jean-Pierre Melville n'est pas très en forme frôlant même parfois l'amateurisme en enchaînant maladroitement des intérieurs de studio présentant une vision des américains bien française avec des extérieurs américains très visiblement pris en caméra cachée et sans la présence des acteurs. Donc pour résumé à voir principalement pour son très beau duo d'acteurs.
Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

26 abonnés 853 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 août 2023
« Il n’y a que trois sortes d’hommes : il y a les moutons, les léopards et puis les chacals. »

Melville réalisateur, scénariste et dialoguiste, s’empare d’un roman de Simenon et fait jouer pour la troisième fois (et dernière suite à une rixe survenue durant le tournage entre le réalisateur et l’acteur) Jean-Paul Belmondo, après Léon Morin, Prêtre (1961) et Le Doulos (1962). A ses côtés, Charles Vanel, Michèle Mercier pas encore Angélique mais déjà sex-symbol et Stefania Sandrelli dans l’une de ses premières apparitions françaises.

Dès le début, sans explication de texte, ce qui est rare chez Melville, on assiste à ce qui doit être l’un des premiers split screen de l’histoire du cinéma français, procédé popularisé à l’envi par Brian De Palma. On notera à ce propos les liens parfois ambivalents entre Melville et la Nouvelle Vague, mouvement qui inspirera la nouvelle génération de réalisateurs étasuniens, les Hollywood Brats (De Palma, Scorsese, Spielberg, Coppola). La scène, silencieuse, comme si souvent les scènes d’action melviniennes, se poursuit également en plans multiples, plongée, contre-plongée, biais, etc.

Durant trois quarts d’heure, on suit la cavale de Ferchaux/Vanel avec Maudet/Belmondo (son nouveau secrétaire, ancien para qui vient de faire un trait sur sa carrière de boxeur) à New-York d’abord, vers le Sud ensuite, dans des décors de studio convaincants mais des décors naturels qui font parfois toc. Malgré la maigreur des dialogues (une habitude chez Melville), le lien qui se noue entre les deux hommes est passionnant, comme une sorte de quête initiatique, la transmission de codes d’un vieux grigou à un jeune arriviste.

Et puis, patatras. On plonge subitement, sans y avoir été préparé, dans une autre relation. Prévisible, ce changement d’attitude mais aussi de ton scénaristique intervient de manière beaucoup trop brutale. C’est dommage parce qu’il était possible de rendre ce changement plus fluide, plus cyniquement humain, ce qui se ressent néanmoins un peu à travers les différents personnages croisés par Maudet, au fil de la descente vers le Sud, comme une descente en enfer.

Tout au long du récit, on sera estomaqué par la qualité des changements de plan de Melville, mais aussi interloqué par la fadeur facile de certains décors, dignes d’un dépliant touristique à bas coût. Les scènes de dialogues en anglais sont jouées de manière particulièrement artificielle. On se rappellera alors l’inventivité du réalisateur et les errances de certains de ses effets spéciaux dans d’autres films (je n’ai personnellement toujours pas avalé le coup de l’hélicoptère dans « Un flic »).

On a au final un film coupé en deux parties, la première en forme de parcours initiatique, enlevée et emballante, la seconde en forme de descente aux enfers, cercle après cercle, mais terriblement mal relatée par trop de froideur visuelle et narrative.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2014
Avant de devenir le maitre du polar français à l’américaine, Jean-Pierre Melville a réalisé des films d’un registre tout à fait différent. A l’image de cet « Ainé des Ferchaux ». Adapté d’un roman de Georges Simenon (écrivain connu et reconnu), ce film raconte l’histoire d’un vieux banquier qui fuit l’Europe accompagné de son secrétaire, n’ayant pas réussi à faire carrière en tant que boxeur. Ce film, c’est aussi la rencontre entre deux monstres sacrés du cinéma français. Charles Vanel et Jean-Paul Belmondo. Le premier était déjà connu et reconnu. Le second était la vedette montante de la Nouvelle Vague. Les deux hommes s’affrontent donc dans un duel psychologique qui dévoile une partie de leur personnalité. Radicalement différents au premier abord, les deux hommes partagent finalement certains traits de caractère. Ils sont aussi lâches l’un que l’autre, mais ne le montrent pas du tout de la même façon. La relation entre les deux personnages est de plus ambigües, oscillant sans cesse entre intérêt mesuré, mépris voire attirance. Cependant, ce duel psychologique manque un peu de piquant. Melville n’a pas réussi à cerner totalement ses deux protagonistes. Quant à la distribution, c’est du haut niveau. Vanel est impeccable et dégage un charisme dérangeant. Belmondo, bien que dominé par son ainé, fait forte impression et montre une autre facette de son jeu d’acteur. Ici, il est sobre, peu expressif, voire malsain. Même quand un Melville est mineur, il vaut le détour. La marque des grands.
Photo-cineaste
Photo-cineaste

83 abonnés 572 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 décembre 2008
J'aime énormément les films de Jean-Pierre Melville. Mais je doit dire que j'ai moins accroché à celui-ci.
Les acteurs sont vraiment très bon, comme le prouve Jean-Paul Belmondo. Les décors sont superbe ( le films est tourné à 95% en studio ). Mais voilà le scénario est un peu plat. Si il est bien au début. On s'en lasse en force.
Néanmoins c'est un film agréable qui se laisse voir. Mais qui s'oublie assez vite. Sauf si tout comme moi vous êtes un fan de Melville.
On remarque ici est là que quelques détails identique ou presque se trouve dans pulp fiction. Et c'est pas plus mal.
Un film sympa sans plus. 6/10
carbone144
carbone144

115 abonnés 843 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 décembre 2022
Dans l'absolu, un film moyen qu'il n'est pas nécessaire de connaître pour être heureux. Bon pour compléter sa connaissance de Melville, de Belmondo, de Vanel ou si vous vous ennuyez le dimanche, mais rien de plus. On sent ici que Melville profite de la beauté des Etats-Unis à travers un petit road-trip ensoleillé, mais on est scénaristiquement et artistiquement en bas de ses capacités. Le plaisir est neutre, l'ennui nous gratte un peu, mais une pincette d'un tas de petites choses nous garde attentif : principalement les personnages, l'histoire et le décors. Coché dans ma liste des trucs à voir, ce sera la dernière fois.
Starwealther
Starwealther

107 abonnés 1 319 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mai 2022
"L'aîné des Ferchaux" est un polar comme sait si bien les faire le très talentueux Jean Pierre Melville. il Choisit dans nous emmenant dans un polar se transposant aux Etats Unis pour se transformer en sorte de road trip propre aux films que l'on fait outre atlantique. Une véritable déclaration d'amour aux films noirs hollywoodiens et autres buddy movies nous faisant découvrir la beauté de l'Amérique. Jean Paul Belmondo est excellent dans son rôle de commis pour un banquier d'affaire joué par Charles Vanel, acteur très connu pour "Le salaire de la peur". Un film réussi par le réalisateur français qui s'est déplacé aux Etats Unis pour faire un film hommage au cinéma américain qu'il aime tant.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 octobre 2025
C’est un film mineur de la part du réalisateur Jean-Pierre Melville tissant un drame racontant l’itinérance d’un jeune boxeur renonçant à sa carrière et d’un vieux banquier contraint de fuir la France pour les Etats-Unis afin d’échapper à la justice. De cette rencontre accouche un film laborieux dont la production fut marquée par les désaccords profonds entre le cinéaste et l’acteur Jean-Paul Belmondo. Ceci explique certainement le caractère très brouillon du récit.
bobmorane63
bobmorane63

246 abonnés 2 211 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2013
De Jean-Pierre Melville, je n'ai vu que deux films à l'ambiance froide et glaciale, "Le samourai" et "Le cercle rouge" et en découvrant "L'ainé des Ferchaux" adapté d' roman de Georges Simenon, nous voila dans autre chose avec un hommage aux polars Américains traité de façon humaniste sous forme de road movie !! Un jeune boxeur déchu découvre par petites annonces dans un journal qu'un type ne voulant pas dévoiler son nom (Monsieur Ferchaux) cherche un secrétaire ou un chauffeur avec une manette pour les Etats-Unis. Suivront les connaissances, les mensonges, les trahisons puis une ballade dans les états d'Amérique en écoutant Frank Sinatra, draguant les filles, faire une pause dans les snacks, déclenchant des bagarres et autres péripéties. Jean-Pierre Melville aime les Etats-unis et nous le montre par de superbes images nocturnes dans les villes et la nature et les plages en campagne. La musique de Georges Delerue est interressante aussi commençant par de l'accordéon et finissant par du rythme and blues. Jean-Paul Belmondo livre une prestation inhabituelle tout en finesse de dialogues et virilité face au grand Charles Vanel. Du bon cinéma datant de 1963.
NomdeZeus
NomdeZeus

131 abonnés 1 044 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 janvier 2015
Melville adapte un roman de Simenon et nous plonge au cœur d’un voyage à travers les USA en compagnie d’un vieux banquier impitoyable et de son jeune secrétaire aux dents longues. L’inversion progressive des rapports de forces entre les deux personnages principaux (magistralement interprétés par Charles Vanel et Jean-Paul Belmondo) donne beaucoup de sel au scénario. D’un autre coté, le cinéaste semble un peu dépassé par cette œuvre et livre un film alternant les passages maladroits et les instants de bravoure.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 avril 2024
Michel, boxeur sans talent, devient le secrétaire particulier d'un banquier en fuite. Munis d'une valise remplie de dollars, les deux hommes arpentent les Etats-Unis à la recherche d'une hypothétique retraite pour le vieux PDG menacé d'extradition.
Féru d'Amérique et de cinéma américain, Jean-Pierre Melville promène son excellent duo Belmondo-Vanel sur les terres du western et du film noir comme pour un pélerinage. car on devine bien, au-delà du sujet, le plaisir de cinéphile que Melville trouve à ce voyage, à ce road movie, au pays du cinéma qu'il aime.
Pour l'essentiel, Melville y explore la relation entre ses deux personnages, entre le vieil homme arrogant et cynique et son subordonné que la fortune qu'ils transportent ne laisse peut-être pas indifférent. Insensiblement, le rapport de force et d'autorité entre les deux se modifie. Vanel, interprétant la déchéance, comme un châtiment mérité, de l'homme de pouvoir, et Belmondo, personnage incertain et ombrageux qui semble ne pas se résigner à la crapulerie qu'il pourrait commettre, composent deux personnages intéressants.
Toutefois, on mesure à son inaboutissement, comme le souligne le dénouement trop vite expédié, que "L'ainé des Ferchaux" n'est pas la plus belle réussite de Melville. L'impression est que le réalisateur n'est pas allé au bout des possibilités de ses deux personnages ni développé entièrement leur fort potentiel. Ce drame -moins un film noir qu'une fuite ou une balade tragique (un sentiment que renforce la musique de Georges Delerue, dont les sonorités rappellent et annoncent "Le mépris- ce drame laisse, non pas des zones d'ombre mais un goût d'inachevé.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 23 août 2012
Malgré que ce film commence comme un polar Melville tourne vite le dos au genre avec cette histoire. Pourtant il garde son style avec son ambiance froide et ces personnages désabusés, bref un Melville étonnant et pas dénué d'intérêt.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 11 mars 2009
Du bon cinéma avec un super Vanel et un Belmondo encore tendre mais qui apprend vite. Dommage que le film peine un peu à conclure.
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