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Un visiteur
3,5
Publiée le 16 octobre 2011
Un film étrange, un peu bancal, mais finalement très attachant. On a d’abord du mal à voir où veut en venir Melville avec ce road-movie cynique et déflationniste. La piste du polar est peu à peu évacuée, celle de la manipulation aussi… Reste ce couple d’escrocs (l’un à la petite semaine, l’autre de haut vol) qui aiment à se voir comme des prédateurs implacables, alors que leur fuite se fait sans éclat et sans panache. Et on retrouve le talent du cinéaste pour construire des personnages équivoques, qui sont comme des pages blanches sur lesquelles il nous faut construire des motifs. Vanel et Belmondo font des merveilles dans ce registre ambigu : longtemps on se demande ce que chacun à en tête, et on extrapole des scénarios tandis que le film déroule un peu lâchement le fil de son intrigue (on a aussi le temps d’admirer le subtil travail sur la couleur, avec ces pastels chaleureux qui sont une belle exception dans l’œuvre monochromatique du cinéaste). Le récit fait parfois l’école buissonnière au détour d’un quartier de New-York ou d’une traversée des Appalaches : on sent que Melville se disperse un peu dans ce pays qu’il vénère. La piste du rapport père/fils est un peu facile et ne mène pas très loin. Par contre, la fragilité et la dépendance de Charles Vanel devient de plus en plus émouvante et laisse à penser qu’il s’agit en fait d’un film sur la solitude. Et si la piste homosexuelle n’est qu’effleurée et peu convaincante, on se replie finalement sur le récit initiatique. Car même si les personnages n’évoluent guère, le retournement final du personnage de Belmondo (et sa soudaine confession) pousse à une relecture du film. Une telle rédemption (un peu artificielle sans doute) est unique dans l’œuvre ambivalente de Melville. Sans doute un film mineur du cinéaste, mais une belle errance dans le territoire de ses rêves et une belle esquisse de personnages.
Une ballade en bagnole au pays des hamburgers puis des aller-retours au bistrot du coin en Louisiane, c'est ça "l'aîné des Ferchaux". Rajoutez tout de même quelques bons dialogues entre les deux monstres sacrés, le vieux Vanel et le jeune Belmondo, tous deux à la hauteur de leur (grande) réputation mais cela ne suffit pas à faire pencher la balance d'un film bancal dès le départ.
On connaît la lenteur de la réalisation chez Melville qui s'en sert habituellement pour construire une ambiance : le résultat est juste à dormir debout ici, on a l'impression que le film dure 3 heures. Le film hésite également trop souvent sur les personnages eux-mêmes qui en deviennent inconsistants et peu crédibles : qui est le vilain au final ? comme le scénario ne veut pas choisir, le spectateur s'abstiendra lui aussi, y compris de revoir ou de recommander le film.
A noter la présence fugitive de Stefania Sandrelli, l'actrice italienne toute jeunette et teinte en blonde qui joue une Américaine ! on aura tout vu.
C'est tout le contraire d'un film "sympa" ou "rassurant", borderline, constamment sur la tangeante, à l'image de Maudet/ Belmondo. En plus il y a Andrex, tout à fait à l'aise pour mener vers ce genre de pistes. Ensuite le film souffre d'un déséquilibre évident, ce qui en fait un grand film flingué, très loin de la perfection formelle du Doulos. Je préfère Belmondo chez Melville, parce qu'il en a fait "plus" en en faisant "moins"; quelle ouverture sur le match de boxe, filmé de haut, de côté, d'ailleurs, de "pas là par où le mal arrive". C'était pas mal exiger de Belmondo, star de l'époque, de s'afficher en tant que "loser" dès les premières images. Par la suite Maudet/Belmondo se reconstitue. Il a un aspect Brando assez vite gommé mais le mimétisme est là. Il suffit de voir cela pour se rendre compte de l'acteur qu'il a pu être. Vanel se glisse dans le film sans paraître comprendre de quoi il est question pour son personnage, ce qui est tout à son honneur. Le plus drôle est que notre vision actuelle du film est à rebours avec la conception que Melville s'en faisait. Ce n'est pas son aspect le moins jouissif. GAVTSA.
J'ai bien aimé ce film de Melville, j'ai trouvé la première partie très bonne. L'histoire se met bien en place, bons dialogues, très bonne mise en scène, bref c'est loin d'être le plus mauvais film du cinéaste, sans bien sûr être son meilleur. La seconde partie est malheureusement moins bonne que la première, mais le film reste intéressant jusqu'au bout notamment grâce à la confrontation entre Charles Vanel et Jean-Paul Belmondo. L'aîné des Ferchaux n'est pas un grand film, mais est je trouve très divertissant, c'est toujours ça. A noter que Belmondo reprendra le rôle de Vanel environ quarante ans plus tard dans une version tv tandis que Samy Naceri lui... et bien vous l'aurez deviné.
Neuvième long-métrage de Jean-Pierre Melville, "L'Aîné des Ferchaux" adapté d'un livre de Georges Simenon se repose essentiellement sur la rivalité entre deux hommes "forts". L'un ,vieil escroc banquier obligé de quitter la France pour les États-Unis (Charles Vanel ,grand acteur, superbe dans la diction de ses dialogues) et un boxeur déchu devenu chauffeur pour Dieudonné Ferchaux, le vieux banquier. Malgré pas mal de contrastes dans la réalisation, le film ne vaut principalement être vu pour le formidable duel d'acteurs .
Gratifié d’un début flamboyant, ce film méconnu jouant sur le caractère tranchant de ces héros mythiques jamais " chez eux " pourrait en rappeler d’autres fondés sur la légitimité & le droit d’aînesse ( tels ces classiques de J.Ford ou O.Preminger décrivant des lieux envahis par d’immondes possédants facilement renversables ), mais ; hélas, Melville n'a visiblement pas bénéficié des usines hollywoodiennes à intrigues de l'époque, et, quelque peu semblable à la vacuité scénaristique de ses oeuvres précédentes connus pour leurs " twists " sans fin , nous nous lassons un peu vite d’un métrage vite lassant malgré quelques belles images dignes du réalisateur ; et de + déjà assez désuet du fait des obsessions matérialistes assez naives de l’époque et de certaines croyances sciences-fictionnels..: Quant à certains épisodes dans le genre du bar et du juke-box ; ils sonnent formidablement comiques aujourd'hui - surtout quand on sait que Sinatra a rarement eu besoin de quiquonque pour se sortir de situations difficiles ; tels d'ailleurs ces intermèdes représentés ! -
Entre deux polars magnifiques , " Le Doulos" et " Le Deuxième Souffle" , Melville ( l' un des meilleurs cinéastes français ) décrit avec finesse la relation entre un vieux banquier en fuite aux Etats- Unis et un jeune boxeur raté , devenu son garde du corps . Dernière des trois collaborations entre Belmondo et Melville suite a une brouille lors du tournage parce que le cinéaste s' en prenait trop a l' acteur Charles Vanel ( le vieux banquier ) ... Belmondo lui administrera une baffe sensationnelle faisant voler les lunettes de soleil et le stetson mythiques du grand cinéaste .... Il en reste un beau film astucieux , précis et étonnant . Du grand Melville .
J'avais un peu "peur" en abordant ce film, une nouvelle fois en raison des critiques que j'avais pu lire auparavant; mais j'ai quand même passé un agréable moment devant "L'Ainé des Ferchaux". Le film est lent, je pense que c'est voulu et c'est aussi à mon sens ce qui rebute beaucoup de gens. Cependant Belmondo joue une nouvelle fois très bien. Charles Vanel aussi. Ce n'est certes pas le meilleur film de Jean-Pierre Melville mais je trouve le scénario quand même assez original. A voir.
Pourquoi faire de Ferchaud un banquier, un Bourgeois alors que c'est un aventurier, un dur à cuir sans pitié qui a passer sa vie, seul, en Afrique à faire fortune? Pourquoi faire de son acolyte un ancien boxeur alors qu'a la base c'est juste un gamin de 20 ans, avide, pauvre mais qui va être fasciné par la puissance, le charisme de Ferchaud ? À trop édulcoré, il en à fait un film assez quelconque pour un des meilleurs romans de Simenon, le plus sombre...
« L'Aîné des Ferchaux » est un film réalisé par Jean-Pierre Melville en 1963 avec Jean-Paul Belmondo (Michel Maudet) et Charles Vanel (Dieudonné Ferchaux) dans les rôles principaux, d'après le roman de Georges Simenon. Le film suit les aventures de Dieudonné Ferchaux, puissant banquier obligé de s'enfuir vers les États-Unis à la suite d'un scandale de corruption et de malversations, et de Michel Maudet, engagé comme secrétaire particulier et garde du corps par Ferchaux. Ensemble, ils s'envolent pour New York, puis entament une longue traversée du Sud des États-Unis en voiture, fuyant le FBI et les autorités françaises. « L'Aîné des Ferchaux » est un film hybride, difficilement classable dans un seul genre mais plutôt dans trois dominants qui s'entremêlent : road-movie, drame psychologique et film noir. Il s'agit de la troisième et dernière collaboration entre Melville et Belmondo après "Léon Morin, prêtre" et "Le doulos" en raison du conflit Vanel/Melville. En effet, le tournage fut extrêmement tendu. Melville, connu pour être tyrannique, s'est heurté à Charles Vanel. Belmondo a pris la défense de Charles Vanel ce qui a définitivement brouillé le réalisateur et Belmondo.
Réalisation mineure dans la cinématographie de JP Melville mais on y retrouve les thèmes chers à l'auteur (gangster, police, voitures américaines, cabaret, jazz, quête de l'argent, perdition). La première fois que je l'ai vu je devais avoir environ 10-12 ans et j'avais été marqué par la fin tragique du personnage interprété par Charles Vanel : passer de la toute puissance à un lent déclin pour finir dans les bas fonds de la Louisiane. 40 ans plus tard la scène de crime reste intéressante, de même que la partie road-movie, ainsi que les symboles de l'amérique de l'époque. La moiteur du sud a disparu avec le noir et blanc au profit d'une colorisation qui fait un peu carte postale ancienne. Mais finalement ce côté kitch est sympa, et Jean Paul Belmondo avec son teeshirt blanc se donne des airs de James Dean. Dommage que certains décors ne fassent pas US.
spoiler: L'histoire d'un homme qui veut trahir, mais qui reste loyal contre son gré.. Un léopard qui se veut chacal.. Les relations humaines sortent une fois de plus du cadre habituel de la psychologie à la va vite, et donnent à réfléchir, au moyen de la contradiction et de la vertu. Melville offre un regard qui est une façon d'accepter la destinée, et d'y voir comme point de repère : la vertu.
La mise en scène nous bouleverse moins que d'habitude, je ne sais pas dire pour quoi. Mais certaines scènes ne marchent pas, la tension espérée (pour du Melville) n'est pas au rendez-vous. Peut-être parceque le réalisateur a voulu se réinventer sur ses sons, et sortir un peu du silence, duquel il était un maître. Même si elle reste largement au dessus de la moyenne.
Les dialogues sont un régal, ils sont charnus, mordants et parfois virtuoses.
Melville est un grand cinéaste. Simenon est un grand auteur. Hélas, une oeuvre écrite, fût-elle de qualité ne passe par forcément bien à l'image. Je dirai même plus, il n'y a que peu de chance qu'elle le fasse! L'Ainé des Ferchaux en est l'illustration évidente. Melville le cinéaste est au fur et à mesure que le film avance dépassé par l'oeuvre écrite qui n'est pas de son ressort. D'où l'usage abusif de la voix off, et de lenteurs maladroites, voulues, certes, mais par l'auteur, pas par le cinéaste, et impropres au découpage de cinéma. La photographie de Melville est bien sûr superbe, mais ne parvient pas à atteindre la force de l'écriture de Simenon. Finalement, ce n'est plus le duel Vanel-Belmondo qui domine le film, mais bien le duel Melville-Simenon! Et c'est Simenon qui gagne obligatoirement puisque Melville ne fait qu'une adaptation.
Grand fan de Melville et Belmondo, j’avais hâte de découvrir ce film. J’avoue m’être ennuyé, j’ai aimé la première partie mais la dernière partie du film est ennuyeuse et à mon sens sans saveur. Belle carte postale des États Unis au passage. Belmondo ne crève pas l’écran pour une fois.