Une idée de base intéressante et une assez bonne tension dramatique, bien ficelée et assez prenante, et enfin, une interrogation globale sur l'existence que génère ce film après coup. Voilà pour les points positifs. Hélas, rien de tout cela ne s'apparente à un quelconque projet artistique, plutôt à une parade de petit malin qui a décroché un filon qui rapporte en cette ère de troubles métaphysiques et de désenchantement(Inrocks, sortez de ce corps...). Raté, d'ailleurs, le film s'est vautré à sa sortie, ce qui lui a conféré une aura totalement usurpée de film d'auteur en butte au philistinisme et à l'inculture de la masse. Car finalement, c'est quoi ? Une théorie fascinante mise au service d'un scénario très léger (d'où la référence au papillon?) qui empile les séquences flash-backs catastrophe en prétendant brosser un portrait au vitriol des conditions d'existence des jeunes... Lesquels, en effet, en bavent pas mal ; on remarque au passage que la vie d'Ashton (transparent), si on exclue le bordel qu'il y fout lui-même, était dès le départ un tantinet trop tragique pour être crédible... Le chien, le bébé, la charmante petite martyrisée, le gros lard bouc émissaire, tous les tire-larmes de base sont sacrifiés sur l'autel des gros sabots hollwoodiens, c'était bien la peine de se prétendre original. Que dire de la platitude révoltante de la mise en scène, qui dessert encore plus une intrigue qui apparaît du coup sous un jour "teen-movie" n'invitant pas à l'empathie recherchée... Enfin, tout cela manque affreusement d'humour et de distance, salutaires pourtant. La séquence ou Kutcher privé d'avant-bras, c'est vrai que ça doit être chiant, se vautre de sa chaise roulante sous les rires des affreux petits branleurs bornés est un summum de pitoyable et de complaisance. Si c'est ça notre film culte générationnel, dans 10 ans c'est Jean-Claude Van Damme qui aura le Nobel de philosophie (au moins on rigolerait)