L'Ultimatum des trois mercenaires
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Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2025
Un thriller politique tendu et oppressant sur fond de chantage au nucléaire, avec comme toile de fond la dénonciation de la politique étrangère américaine durant la Guerre froide, et en particulier l’inutilité de l’intervention au Vietnam. 3,25
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 mai 2025
Comment expliquer pareil insuccès dans nos contrées ? Z'allez trouver ça bête, et pourtant... jetez un coup d'oeil au titre... Comme tue l'amour, on ne fait pas mieux. Laissant planer le risque d'un énième film de guerre de troisième rang. Nous sommes si loin de tout ça. Car si d'ultimatum il est question, il n'est nullement question de mercenaires. C'est un thriller politique, un pur et dur, comme seules les années 70 furent capables d'en offrir. Bon, même en gardant à l'esprit que tout cela n'est que du cinéma, il y a quand même deux ou trois trucs improbables qu'il faut avaler. Quatre hommes qui arrivent aussi facilement à prendre d'assaut pareille base militaire, qu'un de ces hommes soit suffisamment éloquent pour faire plier un Président et que ce même Président vienne à leur rencontre... on a vu des choses plus crédibles que ça. Qu'à cela ne tienne, concentrons-nous bien davantage sur le message que l'on veut nous faire passer. Il n'y a pas besoin de savoir que toute guerre est inutile et imbécile, si elle intervient, c'est qu'elle arrange certaines personnes. Mais pour ce qui est de celle du Vietnam, on est face à une des plus grosses (si ce n'est la plus grosse) inepties de la seconde moitié du 20e siècle. Ce film te dit une chose, qui commençait déjà faire son chemin en 1977 : qu'aller combattre le communisme au Vietnam n'était que du flan pour se justifier auprès de la population et pour l'endormir, le but réel était de retrouver la face après l'avoir perdue face aux Soviétiques lors de la Crise des missiles. Tout un chacun connaît l'issue du conflit vietnamien. En plus d'avoir définitivement perdu toute crédibilité suite à cet échec complet, les États-Unis ont littéralement anéanti toute une génération de leurs citoyens. Tout cela est passionnant à suivre. Les 2h15 filent à toute berzingue, la maîtrise y est totale. Mené par un casting prestigieux, réunissant à la fois de nouvelles têtes (Young, Durning, Winflied) et de vieux briscards expérimentés (Lancaster, Douglas, Widmark, Cotten) ayant écrit certaines des belles pages du cinéma américain une vingtaine d'années tantôt. Aldrich grand cinéaste, on saura lui reconnaître un jour. Il n'a pas le même style qu'un Huston, Wyler, Wilder, McCarey, Walsh etc... mais ses films ont tout autant de valeur.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 juin 2025
A la tête d'un petit commando, un ancien général de l'armée américaine (Burt Lancaster) s'empare d'un site militaire stratégique pour contraindre...le Président des Etats-Unis.
Le film de Robert Aldrich propose une réflexion sur le pouvoir et la raison d'Etat, avec pour corollaire les dérives du surarmement et le risque réel d'une perte de contrôle de l'arme atomique. L'état de crise provoqué par le général renégat et ses mercenaires démontre les failles du système autant que l'impuissance du cénacle politico-militaire de la Maison-Blanche, de qui dépend le sort du Monde tout de même.
L'aspect futuriste du complexe militaire américain où se déroule une grande partie du film (et de l'attente), la sécheresse de la mise en scène d'Aldrich et le caractère alarmiste et inédit de la situation concourent pour donner au récit l'esprit et le cachet du film d'anticipation. Une réelle étrangeté émane de la réalisation, au cœur de laquelle le cinéaste, pour mieux rendre compte de l'action, découpe l'écran pour suivre simultanément les différents théâtres de l'action.
Cependant, sur le fond, dans un registre "catastrophe analogue à celui du "Docteur Folamour" de Kubrick, le propos d'Aldrich n'est pas spécialement original. Tandis qu'on ne croit guère aux motivations humanistes ou démocratiques du personnage de Burt Lancaster qui, au nom de la vérité, est prêt... spoiler: à rayer l'URSS de la carte.
D'ailleurs on peut douter qu'un spoiler: secret-défense concernant le Vietnam,
aussi scandaleux soit-il, prime, aux yeux du pouvoir américain, sur une troisième guerre mondiale...
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 octobre 2023
Si la filmographie de Robert Aldrich est traversée de plusieurs titres de qualités exceptionnelles (" en quatrième vitesse", " le grand couteau", "attaque", " Vera Cruz" " Pas d'orchidée pour Miss Blandish", " Qu'est il arrivé à Baby Jane ?"...), la dernière partie de sa carrière est observée avec plus de réserve.

C'est ainsi l'exemple de " l'ultimatum..." (1977), raccourci à sa sortie en salle puis proposé dans un nouveau montage dans les années 2010.

Film d'action ( ce n'est pas la partie qui me semble la plus réussie) et surtout politique ( le débat autour de la table ovale qui réunit le président américain et ses collaborateurs est formidable).

C'est le thème des motivations cachées de la guerre du Viet-nam et son corollaire ( montrer aux soviétiques que les usa sont capables du pire, afin de convaincre de leur capacité morale a déclencher le feu nucléaire ) sur lequel s'attarde Aldrich.

Le film s'inscrit aussi indirectement dans la veine des films critiques sur l'arme atomique ( " docteur Folamour" de Kubrick et " Point limite" de Lumet) mais aussi sur ceux qui évoquent directement ou subtilement l'assassinat du président Kennedy (" JFK" de Stone, " A cause d'un assassinat" de Pakula, " la théorie des dominos" de Stanley Kramer...)

Aldrich porte aussi son regard sur les intentions cachées d'un gouvernement qui fait pourtant de la défense de la Liberté son cheval de bataille.

La thèse exprimée ici par Aldrich est confirmée par la révélation journalistique de la fameuse affaire dite des " pentagon papers", traitée au cinéma plusieurs décennies plus tard par Spielberg dans le film éponyme.

Ce n'est pas un des meilleurs opus de Aldrich, mais le sujet est suffisamment fort pour que cet opus soit vu et surtout considéré à sa juste valeur.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 février 2014
L'Ultimatum des trois mercenaires est un film saisissant. Non seulement, Aldrich y met en exergue le profond malaise post-Vietnam, mais il critique également très sévèrement la politique de son pays avec un style très sobre où la tension est omniprésente. Burt Lancaster incarne le général Dell, homme de bien, honnête et droit, qui menace d'envoyer des missiles qui provoqueraient une troisième guerre mondiale, si le président ne rend pas publique un rapport qui explique les vraies raisons -idéologiques- de l'engagement américain au Vietnam. C'est un peu comme si un réalisateur faisait aujourd'hui un film sur le fait que les Etats-Unis sont allés en Irak pour le pétrole. En claire, Aldrich pense que la politique américaine se soucie plus de l'ordre et de la guerre froide que de la vérité. L'Ultimatum des trois mercenaires offre donc une vision très noire du pouvoir et de la politique. Ouvertement contestataire, brillant dans l'idée, le film est plutôt bien réalisé, avec une utilisation judicieuse du split-screen, et montre habilement les rouages politiques. A réserver aux amoureux des années 70...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 mai 2007
Film préféré d'Aldrich. Echec public et critique total. Version complète (presque) introuvable de 145 minutes. Donc film ultra Maudit !!!!
Véritable monument de la série B (à budget confortable quand même). Suversif, inventif, haineux face à toute autorité...
Musique de Goldsmith étonnante, montage epoustouflant de Michael Luciano (ah les split screen superbes...). Histoire formidable...
Casting des vieux de la vieille de Hollywood (Richard Widmark en général fasciste...Magnifique...). Mention spéciale aussi à
Charles Durning (ça c'est un président américain de l'ecran...). Ample, iconoclaste, virtuose : bref du Aldrich.
Chapeau bas maestro !
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