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Criticman17
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4,0
Publiée le 25 septembre 2024
Vivre est un film très touchant sur la vie. Cette œuvre nous fait prendre conscience de profiter de l'instant présent. C'est une maladie incurable un cancer bien avancé qui bouscule la vie de Mr Kanji Watanabe qui sur ce qui lui reste à vivre décide de faire du bien. Ce film transmet un message fort sur la vie en nous interrogeant sur nous même et notre propre vie. Que laissera t-on dans notre monde ? Comment changer son quotidien et le quotidien des proches pour ne pas le regretter plus tard ? Ce film est à voir et revoir tellement la réalisation de Kurosawa est excellente et tellement on en sort plus humain et plus grandit.
Je n'en reviens pas de ce que je viens de voir. Je ne comprends pas pourquoi c'est culte, le film est d'un ennui mortel du début à la fin, on voit juste un vieux dépressif. Super...
Construit en deux parties, le film montre les derniers mois de Watanabe, chef d’un service municipal, archétype du fonctionnaire dont l’unique succès de sa vie consiste à ne pas avoir pris de jours de congés durant trente ans de bons et loyaux services. La première partie se concentre sur sa réaction lorsqu’il apprend son diagnostic. C’est alors qu’il se rend compte être passé à côté de sa vie et décide de tout rattraper en quelques jours. La seconde, constituée de flash-back retraçant la lutte du protagoniste pour mener à bien son premier et ultime projet, élève le sujet en intégrant Watanabe dans son milieu naturel : son travail et ses collègues. En effet, pour montrer à quel point Watanabe est un employé municipal insipide (« La momie » surnom donné par l’une de ses jeunes collègues) il faut aussi montrer à quel point le système administratif est pesant, lourd, répétitif et rébarbatif. Afin de montrer à quel point l’élan, l’ardeur de Watanabe à mener à bien son projet est insolite, il faut aussi montrer la rigidité des autres directeurs de service municipaux, leurs respects inaltérables du protocole et aussi leurs hypocrisies à la fois devant les administrés, entre eux et envers eux-mêmes. Si cette construction du film rend la narration fluide, cependant l’émotion pointe malheureusement difficilement.
La construction narrative du film est très bien pensée. Il débute avec le portrait d'un homme dressé par un narrateur peu scrupuleux, qui entre tout de suite dans le vif du sujet pour annoncer la maladie du protagoniste, et poser la grande question du film : comment ne pas seulement vivre comme une momie, en étant déjà mort ? Comment dépasser cette vie qui n'en est pas une ? Le film montre ensuite la façon dont le protagoniste essaie de profiter de ces derniers mois à vivre, les divertissements auxquels il participe afin de ne pas penser à sa mort prochaine. C'est le moment le plus important de sa vie, spoiler: son dévouement aux autres à travers une action ciblée et altruiste réalisée par le biais de son travail, qui sera conté en ellipses à la fin du film, en alternance avec les souvenirs et réactions de ses collègues réunis pour son enterrement. Fameuse scène de fin qui, malgré sa longueur, est réellement savoureuse : on découvre toute la nature humaine à travers ses bureaucrates soumis à la hiérarchie, ayant peur de perdre leurs privilèges, prêts à acculer le mort pour se laver de toute ressemblance, puis, en de multiples volte-faces, prêts également à s'identifier à lui afin de profiter indirectement de sa fraîche reconnaissance. La satire de la bureaucratie, de son immobilisme, est franchement drôle. Même si presque tous les personnages sont égoïstes, décevants ou ingrats, il reste beaucoup de joie et de goût pour la simplicité dans ce film qui fait l'apologie de l'altruisme, finalement le seul comportement qui semble vraiment apaiser le personnage principal et lui donner l'impression d'avoir, si ce n'est réussi sa vie, au moins vécu.
Ceux qui peuvent encore douter des qualités de Kurosawa peuvent regarder cette leçon de cinéma et en tirer les leçons. Car seul un "Citizen Kane" peut surclasser ce pur chef d'oeuvre dans sa mise en scène et dans sa narration.
Je n'ai pas beaucoup aimé la première partie du film et les premières déambulations du héros, mais ensuite, l'apparition de la jeune femme puis la construction en flashbacks sur la fin donnent tout l'interêt au film. Dans l'ensemble, ça m'a fait penser à La Vie est belle de Capra, avec la même morale, à ceci près que Kurosawa l'applique à la société bureaucratique japonaise dont il fait globalement la critique. A voir.
Ce film représente tous ce pourquoi le cinéma est un art. La mise en scène, la réalisation, les images, le jeu d'acteur et surtout le message véhiculé bien loin des films holywoodiens, des derniers films à la mode qui crée le buzz, des (rares) films qui passent à la télé entre 2 séries et qui n'ont pas vocation à faire réfléchir ou tout du moins pas de la même façon que ce genre de film ou l'on atteint des pensées à caractère divin et qui pousse le lecteur à l'expérimentation de "vivre" dans sa vie. Chef d'oeuvre!
Si Akira Kurosawa reconnaissait admirer V. De Seca et être influcencé par le mouvement néo-réaliste italien au lendemain de la seconde guerre mondiale, il considère aussi Vivre comme l'oeuvre qu'il préfère à travers sa titanesque filmographie. Ce conte sur le sens de la vie et de son utilité dévoile un profond humanisme d'une naïveté assez "Capresque", et à l'essence purement chrétienne. Ainsi, un homme ordinaire et vieillissant, noyé dans sa vie banale et de bureaucrate apprend un jour qu'il est atteint d'un cancer, et qui ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Durant le récit, il cesse de se laisser porter impuissament par la vie pour véritablement vivre, et profiter de la vie avant qu'il ne soit trop tard. Une première partie présente le changement que prend cette nouvelle sur sa vie et sa conception de l'existence, représenté par un chapeau blanc qui coiffe désormais sa tête. Dans la seconde partie du film, le film diffère dans sa structure et se constitue principalement d'une unique scène où des collèges de travail l'ayant connu se retrouvent pour son enterrement. Il parle de lui, évoque son changement qu'ils n'ont pas comprit au premier abord et se rémémore les derniers moments passés avec lui. Une série de Flashback à la fois court mais puissant dans leur message nous montre les derniers instants de sa vie et le dernier combat qu'il a mené, à savoir laisser une trace de ce qu'il est devenu, et non pas de ce qu'il était, dans ce monde. La reflexion métaphysique et personnelle de vivre est riche, illustrée avec de la détresse ( en témoigne ce montage rapide et l'allure pressante que prend le film à mesure que la santé se dégrade ) et fonctionne en adéquation avec le jeu tragique de T. Shimura qui sait être tellement digne et admirable dans ce combat pourtant perdu. Cet employé de l'administration pourrait aussi représenter pour certains le symbole d'un Japon qui meurt à la fin de la seconde guerre mondiale pour renaitre de ses cendres encore ardentes.
Un des plus beaux films du maître ! L'histoire de ce gratte papier qui en apprenant qu'il va mourir se réveille essaye de vivre mais va surtout essayer de faire quelque chose de bien pour la communauté.
Sspoiler: on fils ne lui parle plus et veut son argent, ses collègues le méprisent.
Mais il a trouvé la force d'agir à travers la jeune fille au lapin. La scène de l'enterrement est superbe, ses collègues se rangent d'abord à l'avis de l'adjoint, le parc n'est pas Watanabe, mais un homme se dresse pour dire que c'est faux, c'est lui qui a fait le parc malgré toutes difficultés.
Puis, chacun se remémore un détail du projet, et tous les gens du quartier viennent prier, son entêtement à passer les barrières administratives, toutes les barrières malgré la mafia. La scène où le chantier commence et on voit son visage illuminé, par dieu ? Très belle scène. Puis ses collègues commencent à réaliser le genre d'homme qu’il était à la fin et sous l'ivresse décident de changer.
spoiler: Des mois plus tard, quelque chose d'injuste arrive et ses collègues n'ont rien changé sauf l'homme qui défendait Watanabe le premier qui regarde
La scène de fin avec la balançoire est superbe ou Watanabe chante sous la neige son œuvre accomplie, il n'a plus peur de la mort plus il n'a plus le temps pour des ennemis.
Tout est ici en subtilité, on pourrait souhaiter que les gens s'exclament que c'est un saint homme, mais rien de ça, pas de sentiments faciles ici.
Une lourde charge contre la société administrative et encore des années 50.
Mon film préféré du Maître japonais. De par la narration et sa réalisation, ce film est un chef d'oeuvre absolu. A méditer encore et encore. Par certaines analogies, il me fait penser à la condition humaine de Malraux. Dieu qu'il est difficile de vivre sans se remettre en question une fois l'avoir vu. Il me sert souvent de "mètre-étalon" sur ma réflexion du genre humain. Inégalé. Inégalable.
Ce film de Kurosawa est une réflexion sur le sens de la vie. Il permet de suivre le parcours du personnage principal qui entre en dépression en apprenant qu'il a un cancer et plus que quelques mois à vivre. On y découvre des universels.
Que cinq étoiles pour noter ce film!!! Ce n'est pas suffisant. Pour moi, c'est l'un des chefs-d'oeuvre du cinéma mondial. Comment quelques images en noir et blanc peuvent-elles nous toucher aussi profondément ? Si on m'avait raconté ce film auparavant, je n'aurais pas été très tenté de le voir. J'en suis sorti bouleversé.
Watanabe , tout comme ses collègues , à la mairie , a passé une grande partie de sa vie derrière son bureau et sa carrière s'est déroulée à ne pas faire grand'chose , à entasser des dossiers puis à les classer , " sans suite ." Lorsqu'il apprend qu'un cancer lui ronge l'estomac et qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre , il se dit qu'il va donner un sens à sa vie . Il essaie bien de se confier à son fils , puis renonce : ce fils et sa femme ne l'estiment guère et , même le dédaignent , pensant surtout , que , lui mort , la maisonnette où ils habitent tous les trois semblera moins étroite . Watanabe , alors , décide de "vivre sa vie " , il rencontre un romancier , s'achète un chapeau blanc et fait le tour des boîtes avec lui . Le matin venu , il est dégrisé , son chapeau est sale et la mort est toujours là , à l'attendre . Il décide alors de tomber amoureux , il invite une jeune collègue à déjeuner , mais le cœur n'y est pas ... C'est alors qu'il comprend qu'il peut réaliser une grande chose et que c'est par le biais de son poste à la mairie qu'il peut y arriver . Une chose minuscule et immense : créer un terrain de jeux pour les enfants du quartier qui pataugent dans un endroit insalubre infesté de moustiques . Dès lors , et jusqu'à sa mort , il fait le siège des administrations , essuyant les refus ou les réponses gênées de ses anciens collègues . À force d'obstination , il obtient la réalisation du jardin . C'est ce chemin de croix qui nous est conté lors de sa veillée funèbre . Ses collègues sont réunis , ils sont d'abord sur leur quant-à-soi , puis , le saké aidant , ils ouvrent un peu leur cœur , le fils découvre son père . Ce film , le chef d'œuvre de Kurosawa , est ponctué de scènes extraordinaires comme celle où Takeshi Shimura chante " Gondola no Uta " dans le bastringue , une chanson où il est question des roses de la vie et de l'urgence qu'il y a à les cueillir . Cette scène est une des plus belles du cinéma , avec les mouvements du rideau de perles qui se balance , les danseurs qui se lèvent pour une danse simplement , se figent puis fuient la piste en fixant Watanabe , en fuyant la mort . La seconde scène-clé du film est celle où Watanabe , assis sur une balançoire de son parc enfin achevé , commence à chanter " Gondola no Uta " ; la mort arrive , il la voit venir , il a tenu la promesse qu'il s'était faite de " Vivre " et il n'a pas peur : il a vécu .
Vivre suit un fonctionnaire vieillissant confronté au vide de son quotidien et à l’urgence de redonner du sens à son existence. J’ai trouvé le film profondément humaniste et très riche dans ses thèmes, même si je n’ai pas été aussi bouleversé que je l’espérais.
Avec ce drame contemporain situé dans le Japon d’après-guerre, loin de ses grands films de samouraïs, Akira Kurosawa observe une société marquée par la bureaucratie, les habitudes et l’usure du quotidien. Porté par la très belle interprétation de Takashi Shimura, Vivre s’appréhende moins comme un récit spectaculaire que comme une réflexion intime sur le temps, la dignité et ce que l’on fait du temps qu’il reste.
Le film parle de la mort, mais surtout de ce qu’elle révèle d’une vie presque absente. Kurosawa interroge ce que signifie réellement vivre lorsque l’existence s’est réduite au travail, au silence et aux regrets. Il oppose ainsi les plaisirs immédiats à quelque chose de plus profond : vivre pleinement ne consiste pas seulement à profiter, mais à donner un sens à son existence, notamment par un geste concret tourné vers les autres.
Cette réflexion rejoint une critique très forte de la bureaucratie. L’administration apparaît comme une machine capable de produire du mouvement sans véritable action, où chacun suit les procédures pour éviter toute responsabilité. La seconde partie interroge aussi ce qu’il reste d’un individu après sa disparition et montre combien une prise de conscience peut être fragile : comprendre qu’il faudrait changer ne suffit pas toujours à résister à l’inertie collective.
J’ai particulièrement aimé l’équilibre que le film trouve entre l’intime et le social, ainsi que cette émotion progressive qui gagne en force au fil du récit. Dans cette sobriété, Vivre parvient à faire émerger quelque chose de profondément humain et universel à partir d’une existence ordinaire, ce qui explique aussi pourquoi son propos reste aussi actuel.
Toutefois, je m’attendais peut-être trop à découvrir un chef-d’œuvre bouleversant, et je n’ai pas été touché autant que je l’espérais. La grande sobriété émotionnelle et le rythme très posé ont parfois créé une distance avec moi. La mise en scène est précise et maîtrisée, mais elle ne m’a pas particulièrement impressionné formellement, et j’ai trouvé l’interrogation centrale exposée de manière assez frontale dès le départ.
Au final, je comprends facilement pourquoi Vivre est considéré comme une œuvre majeure de Kurosawa. J’en admire le propos et la manière dont il transforme une existence ordinaire en réflexion universelle sur ce qui donne de la valeur à une vie, même si sa retenue m’a laissé davantage dans l’admiration que dans le bouleversement.