Le calice d’argent » (1954) a toujours été la bête noire de sa filmographie pour Paul Newman qui n’a jamais cessé de renier son premier film tourné à Hollywood après qu’il ait obtenu un immense succès dans « Picnic » une pièce de William Inge qui a été durant 450 représentations à l’affiche du Music Box Theater de New York. Il est alors sollicité par Victor Saville réalisateur vétéran anglais qui pour la Warner doit adapter un roman écrit deux ans plus tôt par Thomas Bertram. Péplum inséré dans la période postérieure à la mort de Jésus de Nazareth qui voit ses adeptes soucieux de diffuser leur foi, pourchassés par la Grèce et Rome peuples encore païens. Paul Newman est très enthousiaste sachant que son ami Marlon Brando vient de recevoir une nouvelle consécration critique après avoir tourné « Jules César » de William Shakespeare sous la direction de Joseph L. Mankiewicz. Débarquant novice à Hollywood, le jeune acteur est un peu désorienté mais aussi déçu par les méthodes de production industrielles pratiquées au sein de la Mecque du cinéma. De plus son entente avec Victor Saville est déplorable concernant ses choix de mise en scène notamment esthétiques tant au niveau des décors que des costumes qu’il juge ridicules. Tentant sans succès de rompre son contrat pour rentrer à New York, il finit par se résoudre à donner le meilleur de lui-même pour ne pas ternir d’emblée sa réputation dont il devait penser qu’elle pâtirait immanquablement de ce premier film. La vision du film achevé ne le réconciliera pas avec Victor Saville dont il ne voudra plus prononcer le nom jusqu’à la fin de sa carrière. Tenace et rancunier, Newman une fois sa réputation solidement établie fera paraître dans les journaux un article pour présenter au public ses excuses de s’être commis dans « le plus mauvais film des années 1950 ». Avec le recul en découvrant le film après avoir vu moult péplums récents ou anciens y compris le fameux « Jules César » précité, on comprend assez mal la haine au long cours développée par le grand acteur pour « Le calice d’argent ». Un film où le jeune Paul Newman venu de l’Actors’ Studio plutôt bien dirigé livre une prestation très correcte. Jean Gabin avait lui aussi revêtu la jupette dans « Golgotha » (Julien Duvivier en 1935) et l’expérience ne l’avait pas autant traumatisé, préférant même en rire quand on lui rappelait cet épisode cocasse de sa prestigieuse carrière. On comprendra peut-être mieux avec ce violent blocage pourquoi Paul Newman sera si emprunté dans les quelques comédies de ses débuts. Concernant les partis pris esthétiques avant-gardistes de Saville notamment au niveau des décors conçus par le grand directeur artistique Boris Leven ont peu rétrospectivement les trouver appropriés et inclusifs car jamais en décalage avec l’action. D’ailleurs Martin Scorsese ne s’y était pas trompé qui après avoir vu « Le calice d’argent » recourra aux services de Leven pour « New York, New York » et « La couleur de l’argent » qui ironie du sort, rapportera son seul Oscar à Paul Newman. Au sein de ces décors épurés mais remarquablement colorés dans un style vaguement Art déco magnifié par le Cinémascope, l’action semble toujours crédible et l’ensemble des acteurs paraissent très à l’aise grâce à un scénario fluide et très bien structuré par Lesser Samuels que Saville connait bien et qui vient de travailler avec Joseph L. Mankiewicz (« La porte s’ouvre ») et Billy Wilder (« Le gouffre aux chimères »). On peut donc penser que le jeune acteur qui savait devoir compter sur son physique a sans doute mal réagi lorsqu’il s’est vu en jupette et a découvert par la suite que Saville l’avait choisi pour sa vague ressemblance avec Marlon Brando. « Le Calice d’argent » est donc un honnête péplum à réhabiliter où Jack Palance en magicien voulant s’inventer un destin de prophète est tout simplement prodigieux diffusant une onctuosité suffisante qu’il n’aura plus guère l’occasion d’exploiter tout au long de sa carrière de « dur ». Virginia Mayo redouble d’une sensualité contrôlée faisant le contrepoint avec la beauté virginale de Pier Angeli déjà très professionnelle à seulement 23 ans. Malheureusement Paul Newman dans sa rage inexpliquée aura définitivement entaché la réputation du « Calice d’argent » et par ricochet enterré la carrière de Victor Saville. On lui pardonne.
Bon c'est du péplum il ne faut pas s'attendre à des miracles. On remarque un Newman plutôt à l'aise dans un premier rôle risqué et un jack Palance inspiré dans la peau de Simon le magicien. Le scénario est "correct" sauf la fin qui semble avoir été abrégé et se finit de manière brouillonne.
Un péplum à grand spectacle de 1954 qui se laisse suivre car il y a cette pâte hollywoodienne dans des décors, des actions; des acteurs, des intrigues élaborées. C'est le premier film où apparaît Paul Newman (1925-2008) qui y joue le rôle principal. Pourtant on n'est jamais convaincu de la légitimité de cette histoire qui raconte un itinéraire du Saint Graal où on fait la part belle ou pas à Simon le magicien joué par Jack Palance spoiler: il devient fou à la fin comme s'il ne l'était pas depuis le début . Peu légitime de vouloir en faire une oeuvre d'art de cette coupe, prétexte à mettre en relief l'esclavagisme dans le monde romain, les débuts du christianisme pour terminer dans un ersatz de Quo vadis avec Néron et sa mégalomanie et Pierre à Rome spoiler: avec un discours final emphatique . Pas bien convaincant ou peut être a beaucoup vieilli car tout cela est terriblement brouillon et l'on ne retrouve une cohérence que dans une fin bien morale et rassurante lspoiler: e gentil couple Basile et Deborra qui s'en va vers de nouveau horizons. qui fait mièvre. Car c'est bien là un défaut du style péplum classique lorsque l'action devient trop décousue et l'épaisseur des personnages mal définie, le manque de finesse, d'humour et de second degré transparait un peu trop.
Un péplum étrange pas complètement réussi sur les début de la chrétienté. On est surpris et un peu dérouté par le parti pris esthétique des décors épurés façon maquette. L'histoire se suit même si elle paraît bancale. Quelques scènes sont intéressantes, la bataille dans le désert, la folie de Jack Palance dans une scène ahurissante et les scènes de combat avec Paul Newman. Pour son premier film ce dernier est convaincant et forme avec la jolie Pier Angeli un couple charmant. Les autres comédiens hormis Jack Palance ne semblent pas très concernés. A noter l'acteur Joseph Wiseman en assassin et qui deviendra célèbre une dizaine d'année plus tard en jouant l'infâme docteur No dans le premier James Bond.