Au hasard Balthazar
Note moyenne
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55 critiques spectateurs

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weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 mars 2019
Vous comprendrez très vite que l’âne, bête innocente, passe au milieu des hommes sans les comprendre mais en ayant pitié de leur condition d’humains. Mais vous ne comprendrez pas grand chose aux dialogues vu que la moitié du film est muette.
Au final c’est quand l’âne parle que l’on comprend le mieux. Car là il faut se taire et éviter les bavardages sans queue ni tête des personnages.
Fastidieux.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 26 janvier 2019
Après avoir détourné avec bonheur Jacques Le Fataliste dans les Dames du Bois de Boulogne, Bresson s’est amusé avec Au Hasard Balthazar à parodier les Mémoires d’un Âne de la Contesse de Ségur.
Lorsqu’on lit les exégèses du film par ceux qui tiennent « notes sur le cinématographe » pour la Bible du 7eme Art, on regrette que Bresson ne soit pas allé jusqu’au bout de la mystification en signant la réalisation et le scénario Boronali.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 janvier 2019
Sorti en 1966, ce film porté aux nues lors de sa sortie par les futurs cinéastes de la Nouvelle vague propose de suivre l’évolution de plusieurs habitants d’un village à travers les yeux tantôt malicieux tantôt tristes d’un âne, Balthazar, véritable fil rouge du récit. Le long-métrage, qui distille de très belles séquences accompagnées par une musique entêtante de Schubert (sonate pour piano numéro 20), dresse ainsi un portrait pas toujours très glorieux de l’esprit et des comportements humains. Cette œuvre cérébrale, relativement complexe et au langage cinématographique novateur pour l’époque est néanmoins à réserver aux cinéphiles avertis.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 septembre 2018
Le titre aurait pu être "les malheurs d'un âne", le pauvre Balthazar ne faisant que subir des propriétaires successifs violences et brimades. Si Bresson le chrétien voulait nous réconcilier avec la bonté de l'espèce humaine, c'est loin d'être gagné! Ce film n'est pas si long qu'il peut paraître à certains, et de mon point de vue relève plus d'une composition intellectuelle, avec quelques passages poétiques, et peine à provoquer l'émotion du spectateur; même le personnage de Marie, s'effiloche au fil du récit et n'apportera la rédemption attendue. Arrivé sans avis préconçue, je repars avec une impression mitigée, comparable à celle ressentie face à certaines œuvres portées aux nues de l'art moderne, dont on ne sait pas si la qualificatif de chef-d'œuvre survivra l'épreuve du temps, en se disant: voilà un travail indéniable d'images et de sons, mais au bout du bout, il va m'en rester quoi? Avec Fortuna, le jeune Germinal Roaux délivre ce mois-ci un film plus convaincant dans un genre "bressonien". GE1 - septembre 2018
Mathias Le Quiliec
Mathias Le Quiliec

80 abonnés 378 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juillet 2018
J'aime bien être divertit ou au moins de bonne humeur devant un film, avec au hasard balthazard c'est tout l'inverse qui arrive mais au final on ne peux que l'élever au rang de chef d'oeuvre . S'il est question d'art alors il se rapprocherai plus d'un tableau ou d'une autre forme d'art, trop cruelle pour le cinéma. C'est ça avec Bresson, c'est épuré au maximum, c'est du cinéma vérité et ça fait souvent mal. C'est incroyable, c'est d'une beauté confondante et jouer avec un amateurisme par les acteurs rendant les choses plus cyniques, une sentiment de révolte et d'infinie tristresse se dégage tout du long (sauf au début). Balthazard et Marie sont les saints témoins du monde cruelle fait d'avarice et de péchers les entourant. Une période de la vie d'un village et d'une jeune fille dans l'oeil d'un âne, du point de vue de l'âne. Pour moi cette seule prouesse de nous immerger au plus près de l'âne fait de '"Au hasard Balthazard" le meilleur film de Bresson. Et par son originalité et sa beauté peut être l'un des meilleurs films du cinéma tout simplement
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 18 août 2016
C’était le premier rôle, à 19 ans, d'Anne Wiazemsky (petite fille de François Mauriac, sœur du dessinateur Wiaz et épouse de Jean-Luc Godard de 1967 à 1979). Le film (tourné dans les Pyrénées-Atlantiques, en noir et blanc) a mal vieilli, est trop long et veut traiter trop de sujets à la fois. Le fil rouge est un âne, Balthazar que l’on suit de sa naissance à sa mort, au gré de ses propriétaires successifs. A part, peut-être, l’amoureux de la « jeune fille perdue » (Anne W.), tous les personnages sont antipathiques : son père, se drapant dans sa dignité bafouée et qui refuse de transmettre les comptes de la propriété qu’il a reçue (du père de l’amoureux), le conduisant à la ruine puis à la mort, l’amant d’Anne W. (un mauvais garçon), un clochard alcoolique et un vieux célibataire avare.
Baron Jack - Le Scarifié - L'Explorateur
Baron Jack - Le Scarifié - L'Explorateur

65 abonnés 31 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 avril 2016
Au Hasard Batlhazar est une oeuvre filmée d'une manière incroyable qui ne rends pas ce qui est filmé incroyable. De ce fait, il donne l'impression d'être abouti techniquement et artistiquement sans cependant être passionnant. Un sentiment de frustration apparaît car l'on n'a pu goûter à la grande sensation promise. Celle-ci semble s'être échappée par une troisième voie voyant que celle de l'impeccable technique qui aurait pu mener à l'atteindre allait s'allier à celle de la volonté du réalisateur qui ne pouvait mener à l'éclosion.

En fin de compte, le film tends à démontrer que la beauté se suffit à elle-même, et qu'il ne sert à rien de la compliquer ou de faire monter le ton pour atteindre la grandeur. Malheureusement, quand des acteurs parlent comme s'ils récitaient pour s'exprimer, pour ma part, je ne ressens aucune puissance, et je ne suis pas touché. Parce-qu'il n'y a rien d'incroyable ici. Certes, quelques fois, des visages seront rendus sublimes, mais la plupart du temps, les images sont très belles, et ce qu'elles contiennent n'est pas laid mais n'est pas non plus incroyable. Et tout ce qui est le plus commun possible est le plus inintéressant, à moins que ce commun soit montré comme comme hors du commun mais ce n'est pas le cas ici, à de rares exceptions près. « Un film ne peut jamais être le reflet de la vie. Un film est une sorte de vie particulière existant quelque part entre Dieu et l'homme. » a dit Sokourov. Ainsi, si dans les films de ce-dernier il ne se passe pas forcément des choses qui sortent vraiment de l'ordinaire, il arrive cependant à rendre ce qu'il filme comme particulier et puissant, à travers une imagerie unique, son univers dépassant l'entendement. Ici, Robert Bresson peine à sortir toute chose de sa banalité.

Le réalisateur n'est cependant pas un tâcheron et sait faire défiler une mécanique qui crée une efficacité. Et en soit, on n'en ressors pas avec une mauvaise impression.
Pourtant, autant dire que je ne garderai rien de ces personnages qui n'ont pas grand chose pour eux, ils restent cloisonnés dans leur simplicité et autant dire que je m'en fiche d'eux, et je ne garderai pas grand chose du reste, très bien filmé, mais banal.

Au final, je trouve que les films repoussant toute limites sont bien plus intéressants que ceux qui se donnent celles de la banalité sous prétexte qu'il n'y a rien de plus beau que le vrai. Pour moi, au cinéma, rien ne doit avoir de limites.

Au Hasard Balthazar est un film correct, mais de par ces barrières derrière lesquels il s'est retranché, s'est empêché toute possibilité pour lui de faire jaillir des éclats.
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 mars 2016
Il y a quelques temps je découvrais, fasciné, la façon de diriger les acteurs de Bresson. Cette démarche était à la fois unique et profondément déroutante, mais elle servait totalement le propos d'Un condamné à mort s'est échappé. Malheureusement, j'ai eu l'impression de voir dans Au hasard Balthazar les limites de cette méthode. Parce que bon, j'ai beau prendre sur moi, je ne suis pas capable de croire aux scènes où les personnages sortent de leur monolithisme pour s'énerver (sur un ton monocorde) ou pleurer (en s'enfouissant le visage dans les mains et en respirant bruyamment). Leur(s) émotion(s), sans être artificielles, me paraissent désincarnées, déconnectées de la réalité. Je n'arrive donc pas à comprendre les personnages et encore moins leurs actions qui, en plus d'être montrées par bribes (est-ce là le point de vue de Balthazar ?), n'ont pas grand chose de cohérent (Marie qui s'entiche de Gérard, la descente aux enfers du père...). Paradoxalement, j'ai beaucoup aimé l'écriture des dialogues, en particulier ceux de Marie, qui philosophe l'air de rien, avec sa petite moue contrariée. Les paroles échangées çà et là sont à plusieurs moments fines et remplies de poésie. Mais je pense que cette beauté littéraire est bien aidée par les magnifiques compositions de Schubert qui accompagne ponctuellement le sentiment de mélancolie que Robert Bresson tente de me faire parvenir. Dire que je suis resté de marbre devant le film serait faux, car quelques idées visuelles m'ont atteint (en particulier le plan tout simple où Balthazar refuse l'eau qu'on lui offre), mais dans l'ensemble je suis très loin de l'implication émotionnelle provoquée par Un condamné à mort s'est échappé. Je pense que le nœud du problème se situe au niveau du scénario, il me semble trop complexe pour Bresson. Je crois que le réalisateur est plus intéressant quand il filme une histoire très simple, sans fioritures. Je vérifierai la validité de cette thèse quand j'explorerai sa filmographie plus en profondeur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 novembre 2015
Bresson nous livre un chef-d'œuvre d'une sincérité et d'une humanité saisissante !
Et Anne Wiazemsky est tout simplement sublime et touchante.
Top of the World
Top of the World

90 abonnés 153 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 novembre 2015
Sur le papier, "Au hasard Balthazar" intrigue. Raconter la vie d'un âne en une heure et demie pour sonder l'âme humaine, surtout dans ce qu'elle a de pire: autant dire que j'ai vu des projets moins excitants. Problème: si les défauts de Bresson sont bien présents, notamment dans sa direction d'acteurs (Philippe Asselin, qui interprète le père de Marie, tutoie le ridicule sans difficultés), on peine à retrouver ses qualités, notamment dans une mise en scène à laquelle il manque la radicalité de "Pickpocket" et qui n'a donc rien de transcendant (oui, les puristes vont me lyncher). Le film n'est par ailleurs pas toujours très subtil, en témoigne cette réplique prononcée par une femme dans le film: "c'est un saint" dit-elle à propos de l'âne. Ah, merci Robert, comme ça, si ceux qui n'avaient pas compris que tu racontais une histoire lourdement religieuse, eh bien, maintenant, ils l'auront remarqué ! Sans être une purge interminable (le film n'est finalement pas si ennuyeux), cette oeuvre souffre de personnages inintéressants, d'une progression dramatique égale au néant et d'une absence de sensations, d'idées ou de trouble provoqués. Une poignée de bonnes idées (le face-à-face entre l'âne et les autres animaux au cirque) n'a jamais fait un grand film, en voici une bonne illustration.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 septembre 2018
À l'instar de films comme "À bout de souffle" ou "Hiroshima mon amour", "Au hasard Balthazar" invente un nouveau cinéma. L'ambition de Bresson est de se focaliser sans cesse sur l'instant et sur la pluralité d'émotions qu'il peut véhiculer. Comment, par la mise en scène, exprimer le désir, la peur ou l'amour, tout en faisant progresser de façon plus large une dimension tragique représentative d'un discours pessimiste sur la nature humaine, c'est la grande idée qui traverse le film. Une idée qui procure des scènes tout à fait incongrues et parfois magistrales, en particulier quand le cinéaste utilise la sonate 20 de Schubert, qui transcende à elle-seule l'image. Mais le film comporte deux grandes limites, fonctionnant dans une relation de cause à effet : l'hermétisme d'un certain nombre de scènes qui ne parvient jamais à fasciner ou à attiser une quelconque curiosité mais qui, au contraire, fait ressentir une lenteur assez exaspérante. Je ne suis également pas toujours convaincu par la direction d'acteurs de Bresson, qui atteint ici une singularité extrême, indéfendable à certains moments. Le film peut donc me passionner par ses réflexions menées et m’envoûter par son atmosphère austère, mais aussi réellement m'ennuyer dans ses passages les plus abscons.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2020
Profondément chrétien, Robert Bresson âgé de 65 ans et parvenu au mitan d'une carrière qui l'a vu être reconnu comme l'un des maîtres du cinéma français malgré une œuvre âpre et confidentielle, livre sans doute avec "Au hasard Balthazar" (référence à l'hymne des comtes de Baux qui se disaient descendants du roi mage Balthazar) suivis de "Mouchette" (1967), ses films les plus amèrement lucides sur la nature de l'homme. Il y a en effet un immense fossé entre la sagesse proférée dans les écrits de l'homme, notamment dans les livres saints, et la réalité quotidienne de ses agissements. Trois siècles après Voltaire qui faisait voyager Candide à travers le monde pour constater la dangereuse illusion de la philosophie optimiste prônée par son maître Pangloss (référence au philosophe Leibniz), le cinéaste français entend rappeler à une génération de l'Après-Guerre illusionnée par les Trente Glorieuses triomphantes que non décidément : "Tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes". C'est dans le règne animal qu'il choisira son Candide, avec Balthazar un âne qui n'aura pas besoin de faire le tour du monde mais seulement celui d'une vallée pyrénéenne pour découvrir à travers les souffrances infligées à son corps, l'étendue de la sauvagerie humaine. De ses premières années passées avec sa jeune maîtresse Marie (Anne Wiazemsky,petite fille de François Mauriac), il ne lui restera pas grand-chose une fois qu'il sera devenu en âge de travailler, passant de maître en maître pour servir de défouloir à leurs vices et à leurs frustrations. En la matière, l'éventail choisi par Bresson toujours fidèle à ses acteurs non-professionnels est varié. spoiler: De Gérard l'apprenti boulanger petit ami de Marie, cruel au point de torturer l'animal en lui enflammant la queue, jusqu'à un marchand cynique et cupide en passant par Arnold le vagabond abruti par l'alcool puis des forains pour qui l'animal n'est qu'un accessoire de spectacle (scène sublime où Balthazar pénètre dans la ménagerie d'un cirque et fait face aux animaux sauvages emprisonnés dont les sanglots lui laissent entrevoir qu'il n'est pas seul et peut-être pas encore le plus à plaindre)
. Toujours stoïque et sans aucune capacité à se défendre, Balthazar assiste à la bêtise humaine. Souvent frappé, il est le témoin muet, celui qui est sans le vouloir le plus accusateur face à des humains comme lui privés de communication à défaut de parole. Ce récit picaresque funeste nous laisse pantois face aux ressources infinies développées par l'homme pour choisir si souvent le mal comme exutoire à une condition de mortel que Balthazar sans doute ignore. Marie la compagne des débuts retrouvera Balthazar à plusieurs reprises mais sa passivité et sa résignation ne seront d'aucun secours au pauvre animal qui finira son parcours terrestre sur un chemin de contrebande, frappé par une balle perdue. Qu'il est loin le temps de l'éden où l'homme était en complète harmonie avec la nature semble nous dire Bresson qui par ce cri d'alarme symbolisé par les braiments plaintifs de Balthazar nous conjure de reprendre notre vraie place sur Terre : celle d'un être vivant parmi les autres. Les démonstrations les plus simples sont souvent les meilleures, Bresson au cinéma épuré à l'extrême et souvent raillé pour la platitude du jeu de ses acteurs, nous en apporte la plus brillante démonstration. Seulement cinquante ans sont passés depuis le chef d'œuvre de Bresson et nous en sommes aujourd'hui réduits à organiser des conférences mondiales pour sauver notre planète. Balthazar peut toujours braire, plus personne ne l'entendra.
calliphilus
calliphilus

8 abonnés 78 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 avril 2014
J’admets qu’il est difficile de rentrer dans le monde de Bresson. De Beethoven, on retient le « boum-boum-boum-boum » de la 5° symphonie mais bien peu connaissent l’ariette de sa 32° sonate ou les derniers quatuors en particulier la grande fugue. Dans ces dernières œuvres, le musicien fait preuve d’une modernité telle qu’il faudra attendre Debussy, Bartók et Webern pour entendre une musique qui ose bousculer les habitudes des mélomanes. Les guides de haute montagne ne méprisent pas les promeneurs qui se contentent de sentiers gentiment balisés. Voir du Bresson, écouter les quatuors de Beethoven ou ceux de Webern c’est accéder à l’Himalaya. Pour certains c’est « chiant », pour d’autres c’est enthousiasmant. Il faut visionner plusieurs fois « au hasard balthazar » pour en déceler les richesses mais aussi pour comprendre le scénario. Ce dernier est-il la faiblesse du film ? Lorsque Bresson adapte du Bernanos, il joue sur du velours tant la pensée de l’écrivain est limpide. Lorsqu’il écrit lui-même le scénario, l’histoire devient plus obscure. Qu’a fait le père de Marie pour susciter l’opprobre des habitants du village ? La réponse semble être dans les mots de l’avare qui recueille Marie à la fin du film. On notera la similitude de cette scène avec Mouchette. 2 filles trempées sous la pluie (tout un symbole) recueillies par 2 pêcheurs, un avare d’un coté, un ivrogne de l’autre. Et ces deux libidineux profitent de la situation. Avec Balthazar, on est plus proche de Dostoïevski que de l’écrivain français.
Pour le reste, si l’on veut bien partager le postulat de Bresson sur le cinéma, force est de constater qu’il est un maitre de l’art cinématographique : pas de pléonasme, pas de redondance, pas d’emphase ni d’esthétisme ampoulé, pas de dialogue inutile, l’image en mouvement suffit. Il applique à la lettre la règle du classicisme français édictée par Boileau : « ajoutez quelque fois et souvent effacez ». Cet art à l’opposé de la surabondance démonstrative des anglo-saxons peut rebuter tant l’œil de l’amateur est habitué à des traits grossièrement appuyés. Il séduit les peuples raffinés comme le peuple Japonais (voyez Kurosawa) ou mystique comme le peuple Russe (voyez Tarkovski et Lounguine). Quant aux français, ils restent partagés comme en témoignent les critiques.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 20 novembre 2013
Particulièrement décousu parce que traitant une longue durée, ce film est extrêmement laborieux, tant par le jeu de acteurs que par la narration. C'est le seul film de Bresson que j'ai pu voir jusqu'à présent, et j'avoue avoir été particulièrement déstabilisé par le jeu extrêmement faux des acteurs, alors même que la mise en scène est plutôt réussie. J'étais curieux de voir comment un cinéaste pouvait se sortir d'une histoire affublée d'un aussi étrange postulat de départ, à savoir la représentation de la vie d'un âne. L'âne sert en effet plusieurs maîtres, tous plus alcooliques et stupides les uns que les autres (même l'instit', muré dans son raisonnement). Le personnage principal de Marie est une catastrophe : elle n'exprime rien. Exemple : la scène WTF dans la 2CV avec Jean-Claude, assombrie par ailleurs d'une série de faux-raccords. Voilà pourquoi j'ai beaucoup de mal à comprendre certains films d'auteur, à mon sens, largement surévalués. En bref, un film intellectuel et pessimiste où presque rien n'émerge si ce n'est un ennui profond, et une morale simpliste qui consiste à peindre la société comme on peindrait l'enfer.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 avril 2013
J'ai toujours eu un peu de mal avec la direction d'acteurs volontairement monocorde de Robert Bresson, sauf pour l'admirable "Un Condamné à mort s'est échappé" et un peu pour "Le Journal d'un curé de campagne" et "Le Procès de Jeanne d'Arc" où là ça colle assez bien (parfaitement pour le premier !!!) avec le climat du film, et là aussi c'est le cas pour ce "Au hasard Balthazar". Ce qui pousserait et pousse même dire que le meilleur acteur du film, et peut-être même de la carrière entière de Bresson, est l'âne qui donne son nom au titre. Il suffit qu'il apparaisse pour qu'instinctivement on soit touché et qu'on ait le droit à quelque instant assez déchirant. La fable aurait pu même être très forte sans cet aspect monocorde (même si dans les moments les plus intenses on arrive parfois à l'oublier ; en outre autant on est émotionné par le destin de l'animal autant on en a rien à foutre de celui parallèle du personnage joué par Anne Wiazemsky !!!), le scénario manque parfois de clarté mais on a une belle et émouvante preuve que les animaux sont les meilleurs comédiens du monde.
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