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loulou451
146 abonnés
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5,0
Publiée le 5 février 2009
Une merveille signée Robert Bresson. Sans doute son meilleur film avec le "Procès de Jeanne d'Arc". Avec ce film, Bresson remet l'homme à sa juste place, créature parmi les créatures... Quant à l'âne Balthazar.. La fin est bouleversante !
Je suis vraiment du genre à encourager les gens à découvrir le cinéma qui ne nous est pas forcément des plus accessibles, mais là...
Je crois que c'est, à mes yeux, probablement le film le plus chiant que j'ai vu depuis très longtemps. C'est d'une lenteur, c'est d'un vide sidéral. Sans parler du jeu inexpressif et totalement artificiel (les comédiens [si on peut les nommer de la sorte] répêtent très souvent deux fois la même phrase de manière fausse.
Bref, je suis très déçu d'avoir perdu plus d'une heure de ma vie pour ça. Mais sinon, rien à dire sur le film !
très beau film, d'une incroyable densité. mise en scène magnifique, et photographie splendide de Ghislain Cloquet (qui a aussi signé celle de "Nathalie Granger" de Duras)
Encore un film de Bresson plus que spéciale et c’est d’une lenteur !!!Cette histoire d’âne est bien gentille mais terriblement pénible, elle a l’effet d’un somnifère. Je suis bien d’accord que l’âne incarne un personnage religieux qui peut être un roi mage du nom de Balthazar, cependant cette vision est trop lente, pas assez prenante. L’âne passe de la souffrance à l’amour. La souffrance passe par les hommes qui se servent de lui pour obtenir quelque chose, leur cruauté est innée, elle représente les penchants destructeurs de l’homme qui ne se soucie pas d’un animal, ils ne pensent qu’aux profits et intérêts qu’ils pourraient en tirer. L’âne Balthazar qui passe de maître en maître est maltraité, il fait l’expérience de tous les comportements cruels possibles et imaginables des hommes. L’âne est un être de pureté par excellence, le doux meunier de la fin du film qui voit d’ailleurs en lui le saint réincarné. Le film a une structure simple et chronologique mais il est bourré de références théologiques surtout venant de la religion Catholique. L’âne véritable bête de somme et une fille Marie ont la même existence, ils sont rejetés par des êtres d’une grande méchanceté. L’âne souffrira d’ailleurs tellement qu’il finira par en mourir. Un film en aucun cas moralisateur, on souffre juste pour l’âne, on se met à sa place, sa vie n’est pas gaie. Une vision que, j’ai trouvé quand même terriblement pessimiste mais elle est quand même véridique. L’homme pense souvent à ses intérêts et ça ne le dérangera pas de faire souffrir les autres. Certains actes sont méchants car ils permettent d’en tirer profit, ils ne sont pas anodins. Une œuvre qui comporte un vrai contenu, on en retire quelque chose. Par contre, le film n’est pas plaisant, la photo n’est pas sublime, le noir et blanc rend le film encore plus sombre qu’il ne l’est déjà. Le brin de sexualité qu’il est présent n’est qu’une sexualité dans la souffrance. Un film tragique et terriblement pessimiste.
«au hasard balthazar» (France, 1966) de Robert Bresson est une uvre purement cinématographique. Pur car la caméra alanguie encadre le réel dans une image et un son dune splendide netteté, et cinématographique car les images parlent delles mêmes, comme si Bresson ne sétait pas chargé de commenter ce quil décrit. Les images se suffisent, déclarant un affreux dialogue sur les hommes à partir dune petite communauté contadine. Mais Bresson est là, à lintérieur même de son film. Balthazar lâne est Bresson. Dans les multiples plans où la caméra filme lil de Balthazar, il faut y voir Bresson sy regarder. Ainsi laffection honteuse qui lie Marie à lâne est celle du réalisateur avec son actrice. Cependant, si Balthazar peut-être leffigie fictionnelle de Bresson, il est aussi un personnage à part entière, un personnage cinématographique par essence, car hormis quelques braiements de lâne, cest un personnage muet, qui nexiste que par limage et se pose très souvent en témoin ( comme Bresson ) mais aussi en acteur. Supportant livrogne Arnold avant son décès, servant à tous les personnages du film, il est un vecteur aux évolutions. La musique successivement classique et moderne caractérise elle aussi lévolution des murs et le conflit entre les jeunes voyous et la vieille génération impuissante. La vie des hommes échappe à lâne, elle se fait damour et de rage et de hasard. Témoin du malheur des hommes, lâne en est aussi linterprète de par lutilisation dont il est victime. Mais cet âne de Balthazar est toujours lobjet des hommes, si bien quà la conclusion du film où lâne sapprête à décéder, il senfuit se réfugier au sein dun troupeau de moutons comme si enfin il avait trouvé sa place au sein des bêtes, un retour à sa nature, réintégrant la sérénité des animaux, fuyant la folie des hommes, des hommes qui semblent, daprès la fuite de Marie et la mort de son père, incurables.
Fable terrible et sublime où l'on voit tout le malheur du monde se réfléchir dans le regard d'un âne, «Au hasard Balthasar» est l'un des sommets de l'oeuvre de son auteur! Bresson, le chrétien, y contemple l'humanité pécheresse avec une lucidité rare, mais aussi avec une pointe de dépit qui ne laisse point trop de place à l'espoir. Figure de la sainteté (laquelle, quoique toujours offerte, semble pour une fois inaccessible à l'homme), Balthasar, l'âne de la crèche ou de l'entrée à Jérusalem, d'ailleurs innocemment baptisé par Marie et par Jacques, supporte tout, assume tout et témoigne du mal qui ronge secrètement l'humanité jusque dans ses moindres recoins, pour finalement en mourir. Film profondément pudique, mais aussi terriblement clairvoyant, «Au hasard Balthasar» n'a pas son pareil pour sonder les coeurs et les reins et pour dévoiler les mouvements les plus secrets de l'âme. Mais, extrêmement concis et même elliptique, il exige du spectateur une attention de tous les instants, une sensibilité à la moindre inflexion des visages, des gestes, des attitudes ou des voix. On le sait, le réalisateur concevait le cinématographe comme une «mise en ordre», par quoi il demeure à mes yeux l'un des rares à avoir compris l'essence créatrice du septième art. Mettant remarquablement «en ordre» les images merveilleuses, les sons et la musique (sonate n° 20 de Schubert) qui constituent son matériau, «Au hasard Balthasar» en est l'une des démonstrations les plus abouties. Une perle rare dans l'écrin du cinéma mondial...
Voila un film que seul Bresson aurait pu réussir. Obsédé par la grâce, ecrasé par le vice, il filme ce qui n'est pas filmable et surtout d'une façon inimaginable, dans les interstices si l'on peut dire, avec un mélange de distance et d'intimité, de pudeur et de mise à nu. C'est proprement bouleversant. Dans l'oeil triste d'un âne, l'humanité des hommes n'a rien de rassurant.
Un mot pourfend le sylphe. « Balthazar, je te baptise ». Le reste est magie, ballet sublime, tant gestuel que verbal. Ils sont déjà là où léphémère voisine avec léternel, où lon se cache pour mieux se découvrir. Plus précisément, je pense à la fille alitée qui tend un morceau de sucre à lânon, celui-ci le prend et effectue un léger mouvement de tête, laissant apparaître derrière lui le corps dune infirmière assise sur le banc du jardin, sapprêtant à son tour à tendre une cuillère à linfirme. Les plans défilent au sein dun montage très serré, sans que nous ayons le temps den contempler la plasticité. Quelque chose de sibyllin se passe, dans et entre ces regards, ces gestes, ces voix, donnant lieu à de véritables faisceaux de sensations. Mais ce que la caméra a lair de cueillir, à lextrémité des objets et des êtres, cest toute lénigme et la profondeur de lhomme. Robert Bresson a bâti, en treize long-métrages, une entreprise cinématographique sensible et humaniste, une déclaration damour faite à lhomme, dans ce qui le meut et lémeut, dans la simplicité de son expérience comme dans sa confrontation avec ce qui le transcende et le pervertit.