90 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
26 critiques spectateurs
5
1 critique
4
3 critiques
3
7 critiques
2
4 critiques
1
6 critiques
0
5 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Nicolas S
54 abonnés
667 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 11 mars 2026
Il ne faudrait surtout pas aborder Lancelot comme un film de Jackson ou de Boorman : là n'est pas l'enjeu. Ce Lancelot donne au contraire à Bresson l'occasion de tester sa méthode sur le mythe, le merveilleux, et d'en donner une interprétation sèche et concrète qui mettrait en tension la légende et la basse matérialité qu'elle recèle. Il y a donc cette voix blanche bressonnienne omniprésente, qui interdit aux acteurs toute forme d'effusion pour laisser toute place au texte et à l'interprétation du spectateur ; mais aussi cette attention portée sur la réalité concrète des choses représentées, constamment soulignée par les hennissements et les bruits d'armures. Ainsi débarrassée de son folklore, la légende arthurienne devient pour Bresson le lieu d'une dualité entre les hautes aspirations et le terrien, voire le terre-à-terre (ce que les plans de pieds soulignent abondamment). C'est ainsi à une opération de déconstruction méthodique qu'il a recours ici, non sans humour, notamment quand il s'agit de souligner le ridicule de ces armures qui ne couvrent que l'avant de nos preux chevaliers. À défaut d'être particulièrement éblouissante, cette interprétation des légendes arthuriennes a l'intérêt de réfléchir à la nature et au sens de son matériau source, et est par conséquent souvent stimulante -- malgré ses atours parfois très kitsch.
A mille lieues des couleurs chatoyantes des "Chevaliers de la table ronde" de Thorpe, plus proche du carton pâte de "Perceval le Gallois" de Rohmer, le "Lancelot du lac" de Bresson est une belle fresque automnale, faite de châteaux forts en ruine et de couleurs froides, de héros aux armures anachroniques et de chevaux filmés au garrot, mais en partant des sabots, de batailles terminées et d'un nom prononcé, dans un dernier souffle, "Guenièvre" ! Quant au "Monty Python Sacré Graal", datant de la même année, 1974, rien à voir avec la choucroute, Joyce ! Mais, dans les deux cas, il y a des décapités !
Adaptation d'un moment de la légende arthurienne, celle du retour de Lancelot du lac, le meilleur des chevaliers de la table ronde, sans le graal. Cet échec, Lancelot le sait, vient de sa relation adultère avec Guenièvre la reine, femme d'Arthur. Pour éviter tout malentendu, soulignons que nous sommes chez Bresson et que le film ne s'adresse en rien au grand public. L'oeuvre de Chrétien de Troyes n'est pas ici le prétexte à des aventures à grand spectacle, mais à se resserrer sur le sens de ce moment de la légende Arthurienne. Mon hypothèse est que Bresson se propose ici d'illustrer " le désenchantement du monde". Lancelot revient les mains vide, il n'est pas un chevalier honorable et fidèle, sa relation adultère conduira à la guerre et au massacre entre les chevaliers. Réalisé avec peu de moyens, on retrouve ici la manière de faire et le style fameux du metteur en scène. Austère ( surtout dans sa seconde partie), pratiquant l'ellipse, le film appartient à la dernière période de Bresson. Voisin dans l'esprit, de "Perceval le Gallois" de Rohmer, " lancelot du lac" est un film exigeant qui s'adresse au cinéphile qui apprécie le cinéma d'auteur. Il n'est toutefois, certainement pas la porte d'entrée adéquate pour le néophyte qui souhaiterai explorer la filmographie de cet auteur. On notera la présence de Humbert Balsan, futur fameux producteur de cinéma, qui se donnera la mort plusieurs décennies plus tard, tout juste quinquagénaire.
Dès l’entame du film, Robert Bresson fait usage de trucages de mauvaise qualité sur les scènes introductives de duels armés. La narration prend ensuite rapidement le dessus sur l’action mais reste circonscrite à un court épisode de la conquête du Graal. Lancelot du Lac n’a pas la vocation d’une fresque historique tant sur la forme que sur le fond. Bresson centre son récit sur Lancelot du Lac incarné par Luc Simon - ce qui vient justifier le titre du film - et sur la reine Guenièvre interprétée par Laura Duke Condominas. L’interprétation des comédiens et quelques scènes répétitives ont raison d’une intrigue peu captivante.
Robert Bresson adaptant les romans de chevalerie de Chrétien de Troyes, ce pourrait être une blague, mais non. Il l'a fait. À sa manière. Autant dire que l'on est à mille lieues des flamboyants Chevaliers de la Table ronde de Richard Thorpe, ou encore d'Excalibur, de John Boorman. On ne pouvait rêver adaptation plus triste. Voix blanche des acteurs, jeu désincarné, décors de misère, austérité narrative... Un film sans passion, sans vie. D'une grande rigueur, certes, mais formidablement ennuyeux. À bas la dimension romanesque et spectaculaire, vive le jansénisme ! Prix de la critique internationale au festival de Cannes 1974.
Euh... Ce film est une VERITABLE catastrophe!! Je ne comprends pas qu'il puisse resortir! Il devrait être oublié depuis longtemps! Je l'ai vu l'autre jour au Champo, dès la première minute, j'ai su qu'il serait vraiment insipide. Je n'ai jamais vu des acteurs aussi mauvais, des décors aussi pauvres, des prises de vues aussi pourries... Seuls les dialogues sont bien, mais dits sans conviction et tête baissée...
Voilà, j'ai pris la peine d'écrire une critique, car vraiment, rétablir la vérité me tenait à coeur!
Scandaleux une comédie pillée par les monty python! Ah ce n'est pas une comédie !!? On voit bien la limite de l'utilisation de comédiens amateurs et malheureusement pour le réalisateur ce défaut va s'amplifier dans la suite de sa filmographie. Le montage n'est pas non plus très judicieux quelques scènes limites les dégats et laissent entrevoir ce qu'aurait pu être le film.
j'avoue que j'ai pas vu le film en entier parceque c'est assez mou, assez mal filmé mais surtout un jeu d'acteur qui meriterait un oscar pour leur nullité... depuis the hillside strangler je ne pensais pas un retrouver des aussi nuls, a se demander si c'est pas une parodie. Donc au debut j'etais morte de rire, mais au bout d'une demi heure... stop.
Jamais je me suis aussi chier dans un film, impossible de tenir jusqu'à la fin, jeu d'acteur médiocre, décor, son, costume nul ! Une purge ! Éventuellement pour un cadeau à quelqu'un que vous détestez ....
Cinéaste mallarméen adepte de la pellicule blanche, Bresson aura eu le mérite, avec Godard, de ne pas réussir à tuer le cinéma comme son maître spirituel avait tué la poésie - c'est dans doute un des avantages du cinéma - comme du roman - que d'avoir besoin d'un public nombreux et ayant toute sa tête, afin de ne pas succomber sous les traits des nihilistes modernistes qui ont fini par bousiller tant d'arts (architecture, arts plastiques, poésie, musique...).
Certes tout n'est pas dénué d'intérêt dans ce film glaçant si l'on ferme les yeux sur certaines situations véritablement grotesques comme ces hennissements de chevaux pré-enregistrés. Il n'était pas ainsi vain de dépouiller la narration car après tout les romans de Chrétiens de Troyes sont eux aussi quelque peu dépouillées : mais ici on dépouille tant qu'à la fin il ne reste vraiment plus grand chose. Car enfin, Chrétien de Troyes ne s'intéressait pas tant que ça aux pattes des chevaux pour meubler le vide et décrivait les combats sans hésiter à recourir aux clichés : ce que refuse avec bêtise anti-spectaculaire le cinéaste. Eh oui... Hollywood est tout de même plus fidèle que Bresson à l'esprit de ces romans. Car malgré tout, chez Bresson, c'est bel et bien le contresens qui l'emporte... et l'attrape-gogo à snobinards distributeurs de subventions.
Avec Lancelot du Lac, Robert Bresson dépouille la légende arthurienne jusqu’à une forme d’ascèse radicale, où la chevalerie devient mécanique et désenchantée. Les corps, enfermés dans les armures, semblent privés d’élan, comme réduits à des gestes répétitifs et sans gloire. Bresson privilégie une mise en scène fragmentée et austère, qui refuse toute emphase héroïque. Cette rigueur, fascinante dans son principe, peut aussi instaurer une distance presque hermétique. Reste une œuvre singulière et exigeante, mais dont la sécheresse formelle peut limiter l’adhésion émotionnelle.