Lancelot Du Lac
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Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2012
Sans être l'un des tous meilleurs films de Robert Bresson, son «Lancelot du Lac» ne mérite assurément pas tout le mal qu'on dit de lui. À tous les amateurs de sensationnel, de batailles rangées, de lyrisme débridé et d'emphase, revenez voir ce long métrage dans 10 ou 20 ans et comparez-le avec les films qui vous servent de référence aujourd'hui. Je peux vous garantir que le film de Bresson n'aura pas vieilli quand tous les autres seront démodés. La raison : l'art de Bresson va à l'essentiel, a pour but la vérité même s'il doit passer par l'inexactitude, l'anachronisme, tant qu'il reste bien sûr relatif. Son objectif est de suggérer le Moyen-Âge et non de le recréer, ambition de toute façon vaine car personne ne peut approcher à la perfection la représentation de cette époque vue à posteriori et toujours caricaturée, volontairement ou non. Si l'on peut regretter la relative brièveté de «Lancelot du Lac», c'est pour autant un véritable plaisir que d'avoir affaire à une version si simple, si épurée mais aussi émouvante et subtile que cette version là. L'art de Bresson s'accorde à merveille avec le sujet, et ne rend que plus belle cette histoire d'amour cornélienne, ce récit mythique mille fois vu et revu et pourtant retrouvant une fraicheur bienvenue dans les mains du cinéaste français. Son travail sur le son et l'image est comme toujours remarquable, un exemple : les chevaliers sont durant tout le film toujours en armure, et Bresson supprime tout bruit pour ne laisser que celui du cliquetis de l'armure, suggérant ainsi la lourdeur et la rusticité de la chevalerie comme leur emprisonnement dans un code difficile à porter. Et il ne rend ainsi que plus fort le seul moment où un chevalier quitte son armure : lorsque Lancelot s'abandonne à Guenièvre. Il est évident qu'il ne vaut mieux pas découvrir le cinéma(tographe) de Bresson avec ce «Lancelot du Lac», toutefois ce film moyenâgeux stylisé et sobre au possible s'adresse à tous. De son affiche aux dernières minutes, un très beau long métrage! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 30 avril 2012
Cinéaste mallarméen adepte de la pellicule blanche, Bresson aura eu le mérite, avec Godard, de ne pas réussir à tuer le cinéma comme son maître spirituel avait tué la poésie - c'est dans doute un des avantages du cinéma - comme du roman - que d'avoir besoin d'un public nombreux et ayant toute sa tête, afin de ne pas succomber sous les traits des nihilistes modernistes qui ont fini par bousiller tant d'arts (architecture, arts plastiques, poésie, musique...).

Certes tout n'est pas dénué d'intérêt dans ce film glaçant si l'on ferme les yeux sur certaines situations véritablement grotesques comme ces hennissements de chevaux pré-enregistrés. Il n'était pas ainsi vain de dépouiller la narration car après tout les romans de Chrétiens de Troyes sont eux aussi quelque peu dépouillées : mais ici on dépouille tant qu'à la fin il ne reste vraiment plus grand chose. Car enfin, Chrétien de Troyes ne s'intéressait pas tant que ça aux pattes des chevaux pour meubler le vide et décrivait les combats sans hésiter à recourir aux clichés : ce que refuse avec bêtise anti-spectaculaire le cinéaste. Eh oui... Hollywood est tout de même plus fidèle que Bresson à l'esprit de ces romans. Car malgré tout, chez Bresson, c'est bel et bien le contresens qui l'emporte... et l'attrape-gogo à snobinards distributeurs de subventions.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2012
C'est un Bresson mal aimé et en le voyant on comprend pourquoi, en effet si l'on s'attend à un film de chevalerie, ouais, c'est pas ça du tout.
En fait c'est un film que j'ai aimé, et ceci pour plusieurs raisons, la première, et principale, c'est comme pour la plupart des Bresson, il arrive à capter de l'invisible, bon là beaucoup moins que dans d'autres de ses films, mais quand même, les scènes entre Lancelot et Guenièvre je les trouve très belle, le regarde que pose Guenièvre sur son chevalier je trouve ça émouvant, tendre et terriblement beau.
Après les acteurs jouent comme chez Bresson et j'adore cette façon de dire le texte un peu monotone, donc forcément je suis conquis, ou du moins ça aide fortement pour que j'apprécie le film.
Les mythes arthuriens si j'aime beaucoup ce que j'entends d'eux, je ne les connais pas très bien non plus, donc je ne saurai dire si c'est très fidèle, mais je me renseignerai, par contre je trouve qu'il s'agit de mythes très importants, parce que justement, ils sont fondateurs pour l'Europe chrétienne, cette quête du Graal vouée à l'échec, il est question de surnaturel avec Merlin, mais aussi de la chrétienté, ce qui me semble très peu compatible, c'est peut-être (du moins à ma connaissance, je peux me tromper), le dernier mythe européen à faire appel au surnaturel.
Le film a un petit côté Perceval le Gallois de Rohmer qui sortira 4 ans plus tard, parce que comme chez Rohmer, les décors ne sont pas "réels", c'est à dire qu'on est pas dans une grande reconstitution historique, chez Rohmer c'était le texte qui importait, là c'est l'histoire.
Bresson filme dans une sorte de maison faisant vaguement médiévale, et j'y crois, c'est comme Pasoloni filmant Médée dans des ruines, il s'agit de réalisateurs qui proposent des univers fait à partir de rien, et je préfère faire qu'un déluge de CGI, parce que justement il vaut mieux un anachronisme dans le décor plutôt que tout le film soit un anachronisme en lui même.
J'aime le côté très cheap du film, le sang c'est de la peinture rouge vif, la scène d'intro pourrait même faire penser aux Monty Python (bon c'est pas gentil pour Bresson pour le coup), avec le sang qui coule d'une carcasse de chevalier, mais ça propose un univers, et j'aime ça.
Bon c'est très loin d'être le meilleur Bresson, je n'aime pas trop ses films en couleur (enfin moins que les autres), sauf quatre nuits d'un rêve, celui-ci ne déroge pas à la règle, il est un peu en dessous du noir et blanc magnifique qu'il peut proposer dans d'autres films, du coup la photo en pâtit.
Mais toujours est-il que c'est sans déplaisir que j'ai parcouru le château de Camelot accompagné de Gauvain et de Lancelot, et ça reste un beau film.
lucyinthesky4
lucyinthesky4

283 abonnés 102 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 janvier 2011
Lancelot du lac est, avec Le procès de Jeanne d'Arc, le seul film d'époque de Robert Bresson. Autant on peut aisément comprendre l'intérêt du cinéaste pour la confrontation verbale entre la pucelle Jeanne touchée par la grâce et ses juges incrédules, autant le lyrisme et l'héroïsme de la geste arthurienne semblent a priori mal lui convenir. Un a priori que paraissent confirmer les premiers plans de Lancelot du lac, quelque un peu risibles : un combat très lent où seul le bas du corps des chevaliers est filmé. Ceux-ci lancent des « Oh! » et des « Ah! » assez peu convaincants, et les « effets spéciaux » (décapitation, sang qui coule) laissent pour le moins perplexes. Heureusement, le film abandonne vite la dimension épique du récit pour se concentre sur l'intime - et en particulier sur le conflit intérieur de Lancelot, tiraillé entre son amour pour la reine Guenièvre et son devoir envers le roi Arthur (qui s'appelle ici Artus, je ne sais trop pourquoi).

Minimaliste, Lancelot du lac est unique en son genre et a le mérite de ne pas paraître daté ou kitsch. C'est que Bresson fait du Bresson, et évite de se confronter trop directement à l'imagerie du film de chevalerie. La scène du tournoi est exemplaire de ceci. Bresson n'y filme quasiment que les sabots des chevaux et les duels sont hors champ : on entend uniquement les bruits des armures et des lances qui s'entrechoquent. Cette sobriété est un peu hors-sujet mais elle sert le film, dont les quelques tentatives de faire « chevaleresque » sont des échecs. Bresson filme un moment de relâche dans la quête du Graal, s'attarde sur les gestes quotidiens et les scènes d'intérieur. La reconstitution est minimale (bien que Lancelot bénéficie du budget le plus important parmi tous les films de Bresson) et l'on peut se demander si le beau sens de l'ellipse dont le cinéaste fait preuve n'est pas dû à son embarras vis-à-vis de son sujet... On pariera plutôt qu'il cherche à rester fidèle à lui même : et en effet, le dépouillement du style et la diction neutre et épurée de ses modèles sont bressoniens au possible.

Le film dégage une espèce de raideur qui finit par restituer au mythe sa puissance brute et son réalisme (il est filmé comme s'il était contemporain). Ni kitsch, ni épique, ni ludique, ce Lancelot, pour décalé et déconnecté qu'il soit, n'en est pas moins fort beau.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 août 2010
Le film de Robert Bresson commence après la quête mythique et vaine du Graal par les chevaliers de la Table ronde! il faut tout de même avouer que son "Lancelot du lac" manque cruellement de spectaculaire et on reste frustrè face à un tel sujet plein de bruit et de fureur! Une oeuvre mineure de Bresson qui laissa perplexe le public pour un film austère, dèpouillè et un poil languissant! Si le cinèaste dèpouille ses personnages, c'est au sens propre...
loulou451
loulou451

146 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 août 2007
Qu'y a-t-il à dire sur ce film ? Tout a déjà été écrit par les autres critiques. Interprétation misérable, mise en scène catastrophique, décors pitoyables, action inexistante, prises de vue nullissimes, scénario famélique... On en vient à regretter les bonnes vieilles séries B américaines des années 50. Le comble, c'est qu'au bout d'une heure de visionnage, on en vient à penser que les acteurs sont un peu moins mauvais qu'au début !
Bref, ce "Lancelot du lac" de Bresson vient un peu tard dans la carrière du réalisateur. A croire que son "Procès de Jeanne-d'Arc" (sans doute l'un des 5 plus grands films français jamais tournés) avait déjà tout dit. Une étoile pour feindre de croire que tout ceci n'est que pure parodie.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 24 juillet 2007
j'avoue que j'ai pas vu le film en entier parceque c'est assez mou, assez mal filmé mais surtout un jeu d'acteur qui meriterait un oscar pour leur nullité... depuis the hillside strangler je ne pensais pas un retrouver des aussi nuls, a se demander si c'est pas une parodie. Donc au debut j'etais morte de rire, mais au bout d'une demi heure... stop.
Jean-François S
Jean-François S

59 abonnés 671 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 avril 2007
Evidement ça ne sent pas la super-production, mais l'équipe technique avait réussi une belle prestation sur ce film vu leurs moyens. Malheureusement les acteurs amateurs l'ont ruinés! C'est incroyablement mal joué, chacun d'eux se pétrifie dès qu'ils ont une ligne de texte et la récite avec un manque de conviction évident. Ce film est vraiment la caricature même du film intello.
aaber
aaber

39 abonnés 399 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 mars 2007
A mille lieues des couleurs chatoyantes des "Chevaliers de la table ronde" de Thorpe, plus proche du carton pâte de "Perceval le Gallois" de Rohmer, le "Lancelot du lac" de Bresson est une belle fresque automnale, faite de châteaux forts en ruine et de couleurs froides, de héros aux armures anachroniques et de chevaux filmés au garrot, mais en partant des sabots, de batailles terminées et d'un nom prononcé, dans un dernier souffle, "Guenièvre" ! Quant au "Monty Python Sacré Graal", datant de la même année, 1974, rien à voir avec la choucroute, Joyce ! Mais, dans les deux cas, il y a des décapités !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 26 mars 2007
Euh... Ce film est une VERITABLE catastrophe!! Je ne comprends pas qu'il puisse resortir! Il devrait être oublié depuis longtemps! Je l'ai vu l'autre jour au Champo, dès la première minute, j'ai su qu'il serait vraiment insipide. Je n'ai jamais vu des acteurs aussi mauvais, des décors aussi pauvres, des prises de vues aussi pourries... Seuls les dialogues sont bien, mais dits sans conviction et tête baissée...

Voilà, j'ai pris la peine d'écrire une critique, car vraiment, rétablir la vérité me tenait à coeur!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Le plus poétique et le plus lyrique des films de Robert bresson.

"Batis ton film sur du blanc, sur le silence et l'immobilité." (Robert bresson)
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