Le Diable probablement
Note moyenne
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anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 7 juillet 2011
En dehors du volet écologie encore rare pour l'époque, le cinéma de Bresson n'évolue plus et se dégrade au niveau des interprètres à chi***
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 octobre 2021
Robert Bresson s'attaque au capitalisme qui aliène l'individu plus qu'il ne le libère, qui détruit la planète sans que personne ne s'en inquiète. Le poids du discours peut être lourd, mais c'est dans ces plans centrés entre autres sur la disparition des phoques et la pollution causée par les centrales nucléaires que le film trouve sa pleine puissance, froide et limpide ; en revanche, "Le diable probablement" peine à incarner ses personnages, notamment Charles, dont le trajet suicidaire manque de consistance. Il est en effet aisé de ne pas expliquer concrètement, en détail, ce qui peut amener un jeune homme à se suicider, si ce n'est d'évoquer un mal-être général lié à une société malade qui n'offre rien. C'est dans ce choix de ne pas représenter une altérité à ces jeunes anarchistes que Bresson échoue en partie à sonder le malaise d'une génération sans avenir ; le cinéaste se repose sur sa mise en scène rôdée (montage homogène et sec, voix blanche des acteurs) pour évoquer la vacuité de ces vies, mais ces qualités formelles – qui suscitent presque à elles seules l'intérêt – ne suffisent pas à élever ce film au rang de manifeste politique.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 septembre 2018
Dans Le diablement probablement, Robert Bresson met en scène un casting composé de jeunes acteurs non professionnels. Il n’y a là aucune composition puisque la jeune troupe est très contemporaine à ce film réalisé en 1976.
Sur fond de crise économique s’abattant sur une jeune génération sans repère et sans guide, le propos porté est indéniablement politique et à tendance écologiste. Si l’épilogue du Diable probablement est radical, mais attendu suite à la révélation de quelques coupures de presse dès le début du film, le propos politique tenu s’avère, quarante ans plus tard, convenu mais toujours d’actualité.
David Chollet
David Chollet

7 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 février 2023
Curieusement, un des premiers films français à témoigner de la naissance de la conscience écologique. Par ailleurs, une merveille sur le désenchantement de la jeunesse catholique post-Vatican II
Christophe Marti
Christophe Marti

8 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 26 janvier 2023
Le nombrilisme affolé, où lon depasse le centre de Paris pour n apercevoir qu'une campagne misérable. Cest sympathique, la fin est annoncée dès le debut. Beaucoup de librairies et de bavardages qui finissent même par lasser le réalisateur qui abat son comédien avant de lui avoir laissé terminer sa phrase. Pour ce beau geste une étoile.
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 février 2025
Un chef d'oeuvre probablement...

L'oeuvre qui est en adéquation parfaite avec le style de Robert Bresson.
Déjà, dans la direction d'acteurs où ses jeunes ne paraissent absolument et aucunement naturels. Ils sont totalement dilués, deviennent totalement des machines au service de la société. Après ça reste dans le pur style bressonnien donc pas tout le monde ne peut forcément adhérer à la démarche du réalisateur.

C'est le parcours de Charles qu'on suit, un jeune qui ne croit plus, à ce qu'on lui raconte, à ce qu'on lui promet, à ce que peux lui offrir la vie. Je te comprends totalement mec. C'est une véritable quête sur le sens de la vie. À quoi ça sert la vie, finalement ? La Vie ne serait-ce pas le Diable ?

Pour un film des années 70, on ne peut que saluer une telle modernité en parlant d'écologie notamment.
Pas vraiment le film le plus optimiste au monde

Un suicide ce n'est pas un individu qui termine sa propre histoire mais c'est la vie elle-même qui la conclue.

Le seul bémol que je pourrais émettre sur le film, c'est de ne l'avoir uniquement fait sur le prisme d'un jeune parisien, c'est une manière un peu cliché, je trouve. Il n'y a pas que les citadins qui pensent cela, il faut aller au delà des portes parisiennes pour le découvrir.

“Je ne suis pas déprimé, je veux seulement avoir le droit d'être ce que je suis. Je ne veux pas qu'on me force à remplacer mes vrais désirs par de faux désirs calculés d'après des statistiques, des formules, des classifications américaines ou russes connes. Je ne veux pas être un esclave, ni un spécialisé“
Jean Mariage
Jean Mariage

1 abonné 99 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 février 2026
« Ce qui m'a poussé à faire ce film, c'est le gâchis qu'on a fait de tout. C'est cette civilisation de masse où, bientôt, l'individu n'existera plus. Cette agitation folle. Cette immense entreprise de démolition où nous périrons par où nous avons cru vivre. C'est aussi la stupéfiante indifférence des gens, sauf de certains jeunes actuels, plus lucides. » (Robert Bresson).
« Le diable probablement », titre splendide pour un film splendide, est sans doute l’un des films les plus sombres de Bresson et l’un des plus désespérés du cinéma français des années 1970. Il dresse un constat implacable des désillusions qui ont suivi Mai 68, lorsque l’espoir de changer le monde s’est peu à peu dissous dans l’impuissance, la récupération et le renoncement. Le film est traversé par une profonde angoisse face à la folie du monde moderne, sa violence diffuse, sa brutalité économique et morale.
Il est d’ailleurs sidérant de constater à quel point les questions écologiques, la destruction de la nature, l’empoisonnement de l’air, de l’eau et des corps, sont déjà clairement formulées en 1976, et de mesurer combien, plus de quarante ans plus tard, nous n’avons rien su ou voulu faire. Cette folie collective devient une force de mort qui broie les individus, spoiler: comme elle finit par broyer Charles dans une scène finale d’une puissance émotionnelle absolument bouleversante.

Ce qui fait de « Le diable probablement » un chef-d’œuvre, c’est l’adéquation parfaite entre le fond et la forme. Bresson y exprime la fatalité et le tragique par une mise en scène d’une rigueur extrême : des plans qui commencent souvent avant l’entrée des personnages dans le cadre et se prolongent après leur sortie, comme si le monde existait indépendamment d’eux, indifférent à leurs errances et à leurs souffrances. Les personnages semblent prisonniers du cadre, de leurs gestes mécaniques, de leurs déplacements sans but, et leurs déambulations ne font que souligner leur tragique impuissance face à un système qui les dépasse.
Film d’une austérité radicale, réalisé avec des moyens très modestes, « Le diable probablement » n’en déploie pas moins une force émotionnelle et politique considérable. Bresson y atteint une forme de dépouillement ultime, où chaque plan, chaque regard, chaque silence devient une accusation contre un monde devenu inhabitable. Un chef-d’œuvre d’une noirceur prophétique, dont la lucidité n’a rien perdu de sa violence.
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