Seul succès commercial d'Orson Welles et aussi l'oeuvre de sa filmographie pour lequel il avait le moins d'estime, "Le Criminel" si il n'est pas à proprement parler une très grande oeuvre du Maître mérite quand même qu'on s'y arrête. Passons sur une interprétation d'Edward G. Robinson qui donne l'impression de faire le minimum syndical, celle de Loretta Young est très touchante et Orson Welles acteur est en très grande forme dans le rôle-titre parvenant même parfois à faire froid dans le dos. Mais on retrouve parfois quelques échos du génie d'Orson Welles réalisateur comme pour le mémorable final dans le clocher. De plus, à l'instar par exemple de "L'Ombre d'un doute" d'Alfred Hitchcock, le thème de la présence du mal dans une petite ville tout ce qui est a-priori tranquille et sans histoire est très finement traité. Autre mérite : c'est le premier film hollywoodien à montrer certaines images de la libération des camps nazis. Ces qualités font que malgré son statut d'oeuvre mineure, "Le Criminel" se doit d'être vu.
Il est étonnant mais cela arrive souvent que le meilleur film d'un grand cinéaste soit un de ses moins connus. C'est le cas ici,le criminel est pour moi le meilleur de tous les Welles. Tout d'abord parce qu'il est passionnant ,ensuite son atmosphère est quasiment irrespirable ce qui est parfait pour le contexte caché,enfin les acteurs sont percutants. Loretta Young y trouvant un rôle difficile à oublier et inoubliable en tous cas pour tous les hommes ayant passé 60 ans qui ont une fille. La mise en scène qui joue ici un rôle essentiel, comme le public pour un grand match de football,est extrêmement originale .Le noir et blanc qui l'accompagne tenant lui aussi toute sa place. C'est un vrai modèle ,bien supérieur à « Citizen Kane »pour apprécier l'originalité des plans propres à Welles car il utilise beaucoup moins les procédés optiques. Le scénario qui a quelques faiblesses que la qualité cinématographique fait négliger, un peu plus travaillé aurait pu être parfait. C'est vraiment un film à voir pour son style .Il apporte beaucoup au 7 ième art et s'il est possible de ne pas aimer le réalisateur il est impossible de ne pas lui reconnaître des qualités propres et uniques. Coté détails,le carillon de l'église est célèbre mais je retiendrai plutôt les parties de dames et le bizarre cache soleil du non moins bizarre patron du commerce.
Un film de commande et ça se voit. Manque de liberté pour Welles qui reste bloqué dans ce scénario et nous donne quelques scènes franchement ratées. Après le film est bien mis en scène comme d'habitude et les acteurs sont très bons. Le fait que ça soit un nazi n'est peut-être pas assez utilisé mais il l'est plutôt brillamment et c'est assez fort la façon dont est traité tout ça pour l'époque. Un bon film.
Quand on cause d'un film d'Orson Welles, je crois qu'il est inutile de revenir sur la réalisation, le génie du cinéaste s'impose comme une évidence à chaque visionnage d'un de ses films, celui-là ne déroge pas à la règle. Pour ne rien gâcher l'histoire est pas mal du tout, un suspense efficace se situant en banlieue pavillonnaire.
Une mise en scène une fois de plus extraordinaire de la part de Welles avec un jeu d'ombre superbe mais l'on sent que le film a été coupé car le montage rend bancal certaines scènes. Pas de suspens à proprement parler mais une atmosphère lourde se pose lentement sue cette ville "idyllique".
Le grand Orson au pire de sa (mé)forme... Un scénario aussi linéaire que prétentieux sert de support à ce film raté où chaque effet de mise en scène est boursouflé par l’aigreur de l’ex-Wonder Boy d’Hollywood… certes bien compréhensible quand on sait comment il a été traité par ce même Hollywood. De là à nous livrer un produit aussi médiocre, disons du niveau d’un mauvais polar de série B, il y avait un pas que l’auteur de Citizen Kane n’a pourtant pas hésité à franchir. C’est dommage et ça n’ajoute rien à sa gloire, mais c’est ainsi. En attendant, allez voir autre chose !
Film d'une platitude totale, qui en en plus a vraiment très mal vieilli, on a du mal à croire qu'il a été réalisé six ans après Citizen Kane. Certes, on remarque le travail sur les éclairages et les ombres, mais c'est tout. Les acteurs sont peu convaincants, et le scénario est mauvais et bourré d'incohérences. Qu'il ait été primé dans de prestigieux festivals n'est probablement dû qu'au contexte historique de l'époque, et sûrement pas aux qualités de ce tout petit film qui serait tombé dans l'oubli total s'il avait été réalisé par quelqu'un d'autre que le grand Orson.
A postériori, Orson Welles dit de son film Le Criminel : "Il n'y a rien de moi dans The Stranger. Je l'ai tourné pour montrer à l'industrie que je pouvais tourner un film standard hollywoodien, dans les limites du temps et du budget, et être un aussi bon réalisateur que n'importe qui d'autre." En effet, le film s'éloigne des oeuvres innovantes et dramatiques précedemment réalisées par Welles, à savoir Citizen Kane et La Splendeur des Amberson. Néanmoins, si ce n'est pas une production très personnelle, et plus dans un style classique du film noir (scénario écrit par John Huston), Le Criminel possède autant de qualités que de défauts. Commençons par les défauts, à savoir les nombreux moments où l'on s'aperçoit nettement que le film a pris un coup de vieux (quelques scènes brouillons, par exemple). On voit que Welles n'est pas à l'origine du film et qu'il n'a pas réussi complètement à l'élever du rang de simple polar au rang d'art. Pourtant, il aurait pu faire de ce film un chef d'oeuvre, surtout avec l'histoire des nazis, qui apportait une touche de sérieux pour en faire un grand film. Malheureusement, ce point n'est pas assez exploité et ne sert que de toile de fond à une intrigue classique, sympathique mais pas toujours prenante. Le résultat est donc assez inégal, car parallèlement, d'autres scènes sont excellentes (par exemple les scènes dans le clocher, etc).
Polar de facture relativement classique d'un point de vue scenaristique ,cette oeuvre n'en demeure pas moins interessante grace notamment a son excellent casting ainsi que part sa mise en scene maitrisé.Le remarquable travail sur les eclairages et les ombres comme l'imposante bande-son viennent en effet renforcer la pesante atmosphere qui s'installe dans cette petite ville dont le clocher va se reveler un element majeur au sein d'une intrigue meleant fiction et trame historique.Le rythme de cette traque n'est pas toujours des + élévé mais entre quelques scenes theatrales et/ou bavardes ,Welles distille des sequences de haute volé qui maintiennent le spectateur sous tension.Robinson en infatiguable "chasseur de nazis" et Welles dans la peau de la "proie" realisent d'honnetes performances tandis que la peu connue Young se montre a son avantage face a ses 2 monstres sacrés.
Le réalisateur de Citizen Kane (1940) nous plonge au cœur de l’après Seconde Guerre Mondiale, lorsqu’un inspecteur qui traque les criminels de guerre Allemands retrouve la trace de Franz Kindler aux Etats-Unis, il se met alors à sa poursuite. Le Criminel (1946), fort d’un scénario relativement bien ficelé, nous entraîne dans un sombre polar, où le mystère demeure jusqu’à la toute dernière minute du film, avec le coup fatal (une très belle séquence d’ailleurs) ! Le duo qui nous est proposé est excellent, confronté Edward G. Robinson & Loretta Young sans oublier Orson Welles qui interprète le rôle du criminel de guerre. Le film traite des crimes perpétrés par les Nazis, un sujet bien choisit qui donne lieu à une extraordinaire traque, où divers protagonistes s’ajoutent au fur et à mesure. Une œuvre réussie et qui fut nommée aux Oscars de 1946 dans la catégorie Meilleur Scénario, le film ne partit pas les mains vide puisqu’il a obtenu le Lion d’Or au Festival de Venise en 1947.
Partant d'une intrique originale et osée pour l'époque, Welles nous sert un excellent film policier, tendu et sans temps mort, avec une réalisation impeccable (dont un formidable jeu sur les ombres). Troisième film de Welles et troisième chef-d'oeuvre.
Réalisation saisissante, photographie superbe et scénario remarquable : on oublierait presque l'excellente performance d'acteur d'O.Welles qui aide autant à la grande réussite de l'ensemble.