Depuis pas mal d'années, avec Chabrol, c'est toujours le même phénomène: ça démarre assez fort pour piquer la curiosité du spectateur, et ça se termine en eau de boudin. Cette "fleur du mal" n'échappe point à la rêgle... Le décor est vite planté, c'est une fois de plus cette bourgeoisie de province faux-derche que le metteur en scène affectionne qui est le thème du film... Mélanie Doutey et Benoit Magimel sont crispants. Le Coq cabotine dans son rôle de saligaud friqué. Quant à la conclusion -un homicide aussi subit qu'invraisemblable- elle semble bâclée, comme si Chabrol en avait marre de tourner et qu'il avait inventé la fin vite fait avant de passer à autre chose. Et puis, quel manque d'imagination !! Quand donc les "cinéastes" trouveront-ils autre chose pour finir leurs films qu'une histoire de secret de famille bidon à base de méchant papa collabo qui fait tuer son brave fiston résistant ?? Quel manque d'imagination, et quel manichéisme... d'un côté la barbarie fasciste, de l'autre, le courage à l'état pur, le sacrifice d'une vie pour la nation. Et dans la même famille s'il vous plaît! Ce film mérite tout de même une étoile pour l'excellente scène de la visite des HLM par Nathalie Baye, en femme politique condescendante et ultradémago, et pour la prestation, brève mais intense, de Bénureau dans le rôle d'un candidat FN plus vrai que nature.
Déçue. Très déçue car j'aime Chabrol, mais je trouve que dans ce film manque le côté jubilatoire et amoral qui est sa marque. Ici on s'ennuie ferme. Les bons (à quoi?) sont tout bons et le méchant est tout méchant. On ne dénonce rien que l'on ne sache déjà, et il manque une touche d'émotion pour faire passer. Aucun des personnages n'est crédible, et surtout aucun n'est attachant. A quand un grand Chabrol?
Bon, c'est du Chabrol certes, avec toute son expressivité appuyée... qui vous enferme deux personnages pris au piège dès la début du film (tel un spoile peu discret) derrière une cage à oiseaux, par un mouvement peu élégant, sans doute effectué par un membre de la famille Chabrol qui plus est... Et ses défauts majeurs d'éloquence ne font pas de lui le plus habile de la bande de la nouvelle vague. Interressons nous plutôt au sujet. Toujours avec un casting alléchant, on suit une famille qui sous ses apparences de parfaite petite famille, cache un tas de secrets et de désunions. Le rythme va crescendo, sans grande complexité, tout se suit et se devine plutôt facilement, donc sans surprise et grâce aux tous premiers plans d'ouverture, on s'ennuie presque sur toute la longueur malgré les révélations progressives.
Tout ça pour ça ! Chabrol nous explique une fois encore que la bourgeoisie derrière sa façade de respectabilité recèle des secrets pas bien beaux. C'est bien possible, mais ça devient rengaine, et comme le sujet n'est pas si passionnant que ça, on fait dans les scènes qui se traînent et qui n'apporte rien du tout à la progression dramatique du récit. Il y a pourtant une scène géniale spoiler: celle de la visite des HLM, d'un réalisme saisissant même si on peut la consolider comme une digression dans laquelle Chabrol s'est fait plaisir. Côté acteur, Nathalie Baye est impériale, Mélanie Doutey est mignonne comme un cœur, les autres sont corrects, mais je n'ai pas trouvé le jeu de Suzanne Flon très bon. Tout juste moyen ce film.
Comme à son habitude Chabrol s'amuse à dépeindre la petite bourgeoisie provinciale. Tout à fait respectable aux premiers abords, mais dès que l'on gratte un peu, l'horreur n'est pas loin. Un film agréable à suivre et très bien interprété.
Ce n'est pas le meilleur des Chabrol qui signait avec ce film sa cinquantième réalisation, pas le plus mauvais non plus mais on se laisse emporter sans passion par l'histoire de cette famille bourgeoise, dont les origines et les histoires ne sont pas toujours reluisantes, et dans laquelle l'hypocrisie est souvent de mise. Un récit qui bénéficie d'un casting exceptionnel dont (entre autres) la merveilleuse Suzanne Flon, si radieuse et naturelle, et la jeune et superbe Mélanie Doutey au regard tellement hypnotique. Les rouages de cet imbroglio familial tournent à merveille avec l'objectif de sauver les apparences, et ne pas entraver l'élection d'une de ses membres. Un bon moment à passer même s'il n'est pas inoubliable. On se serait volontiers passé de l'horrible musique, fût-elle signée Matthieu Chabrol, censée illustrer ce récit mais qui ne fait qu'agacer. Ce film est en lui-même celui d'une histoire de famille bourgeoise (celle de Chabrol) puisque cinq de ses membres y ont collaboré. willycopresto
S'il n'a pas perdu de son acuité, Claude Chabrol ne s'essaie pas non plus à bousculer ses habitudes, soignant ses outils pour mieux torpiller son éternelle victime, la petite bourgeoisie. Cependant son cinéma tend parfois à s'engourdir autant que l'est la famille tourmentée dont il brosse un portrait caustique, s'amusant à en esquinter les fards. Sans jamais basculer vers la lourdeur, le décryptage des contradictions du microcosme trituré à l'envie se laisser porter par une démarche très vieille école, s'orientant à chaque fois vers des issues somme toute peu fulgurantes. (..)
"la fleur du mal" bénéficie d'une bonne interprétation et d'un scénario intéressant, cependant, le fin manque d'aboutissement et l'ensemble reste assez prévisible.
L’un des derniers grands films de Chabrol qui dépeint encore et toujours la bourgeoisie provinciale. A travers une campagne électorale, les secrets et le côté obscur de deux familles bourgeoises volent en éclat. Comme toujours, Chabrol sait mieux que quiconque créer une alchimie entre ses thèmes de prédilection et l’actualité en ajoutant cette fois ci un côté froid pour l’ensemble des personnages (excepté Suzanne Citron) qui nous sont d’emblée répulsifs. Cela permet davantage de souligner la critique de ce vieux monde qui se meurt en décalage flagrant avec la réalité.
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1,5
Publiée le 17 mars 2021
J'ai vu beaucoup de films de Chabrol et tout ce que je peux constater c'est que la proportion de ratés augmente avec les années. Même les bons réalisateurs méritent la retraite. On sent maintenant que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. C'est un charme trop discret de la bourgeoisie et il traite ses bourgeois avec indulgence. Les acteurs passent de l'excellent la vétérane Suzanne Flon dans un rôle indigne d'elle au passable Baye est assez bonne dans ses scènes de visite aux pauvres au lugubre Bernard LeCoq qui est généralement relégué aux comédies médiocres. Benoit Magimel et sa petite amie qui pourrait être ou ne pas être sa cousine, Signe des temps la séquence gastronomie que l'on retrouve dans tout ce que qu'il a fait pour la première fois est un fiasco. Les huîtres dit le bourgeois Magimel ne sont plus ce qu'elles étaient. Mais s'il n'y avait que les huîtres...
Sur fond de campagne politique, une famille bourgeoise se retrouve confronter à son passé sulfureux par le biais de tracts malsains balancés par un corbeau. La culpabilité et le meurtre est-elle une maladie génétique se transmettant de génération en génération ? La famille va-t-elle rompre d’avec son histoire ? Chabrol entame son film tambour battant ; on perçoit les secrets de famille, les non-dits, les hypocrisies et les relations tout justes cordiales. Tout cela est fait avec beaucoup de finesse et il nous appate très vite ; mais malheureusement çà tourne trop vite en eau de boudin. Pour finir par une fin plus qu’invressemblable. Le portrait vitriolé d’une certaine bourgeoisie est réussi ; mais la séquence d’anthologie du film est la visite d’un ensemble HLM par mère et future candidate aux municipales, une belle galerie de personnage. Un film très vieillot ne méritant pas plus que la télé, çà se traine ; paradoxellment c’est l’actrice la plus ancienne qui tire le mieux son épingle du jeu. Suzanne Flon est magnifique en vieille mamie bourgeoise et digne se transformant peu à peu en prédatrice. Ne perdez tout de même pas à voir ce Chabrol
Un film ou un téléfilm, ca aurait été certainement l'idéale pour un feuilleton d'été . A noter un belle performance de Suzonne Flon, ainsi que sa belle histoire, mais le reste est à dormir debout. Un Claude Chabrol sans inspiration.
Après "La Cérémonie" et "Merci pour le Chocolat", Claude Chabrol poursuit sa collaboration fructueuse avec la scénariste Caroline Eliacheff et offre, une fois de plus, un grand moment de cinéma. Quel plaisir de retrouver les ingrédients typiques à la réussite de l'auteur : bourgeoisie malsaine tiraillée entre l'ambition (enrichissement, gloire politique...) et un passé douteux, perversité feutrée, distribution prestigieuse dominée par un Bernard Le Coq et une Suzanne Flon au plus haut de leur forme... Un plat tout à fait délicieux à consommer... sans modération !