Prison de cristal
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 février 2025
Klaus, un docteur nazi obsédé par les jeunes garçons et rongé par un sentiment de culpabilité est réduit à vivre dans un “poumon d’acier”, jusqu’au jour où il reçoit une étrange visite…

Prison de cristal (1987) fait partie de ces oeuvres qui, une fois que vous l’avez vue, vous marque les rétines au fer rouge et reste gravé dans la mémoire. Le film est stupéfiant de monstruosité par son caractère malsain. Nazisme, pédophilie, tortures et meurtres d’enfants, non vous n'êtes pas devant un film hongkongais classifié CAT III mais devant le premier long-métrage du cinéaste espagnol Agustí Villaronga. En faisant un parallèle entre l’Holocauste et l’Espagne franquiste, il réalise une oeuvre troublante et y dépeint une relation macabre spoiler: entre cet ex-bourreau et ce jeune infirmier (où quand le jeune éphèbe devient bourreau à son tour).


Pêle-mêle, il est question de fascination homosexuelle, du syndrome de Stockholm et surtout, de vengeance. Un film qui aurait sans le moindre doute captivé Pier Paolo Pasolini (Salò ou les 120 journées de Sodome - 1975) tant les deux films partagent une certaine appétence pour le mauvais goût et le politiquement incorrect.

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pfloyd1
pfloyd1

177 abonnés 2 294 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 décembre 2022
Aussi malsain que gênant, ce film n'est pas fait pour les âmes sensibles. Un ancien médecin nazi finit sa vie dans un sas à oxygène avec simplement sa tête qui en sort (ça promet). Un jeune garçon se faisant passer pour infirmier se présente à son épouse et propose ses services. L’histoire est assez longue à se mettre en place, les plans cameras sont assez mous, de longs silences s'installent, il fait être patient. Les scenes chocs sont relativement subjectives mais on comprend la cruauté lorsque l'ambiance devient malsaine. D'autres dérangent et sont franchement immorales, forcement avec un tel sujet de départ...Passée la curiosité, l'histoire reste fade et les nombreuses actions subjectives (récupérées par le très bon jeu d'acteur de la victime, finissent par ennuyer. Un film dérangeant qui n'apporte rien sinon du sadisme appuyé.
Henri M
Henri M

60 abonnés 194 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2025
Dans son premier film, aussi dur que réussi, Agusti Villaronga montre ce qu’il veut montrer sans se soucier des réactions qu’il va provoquer. On est loin du film à consensus mou pour sensibilités fragiles...
La première scène qui est une déclaration d'intention, nous montre un enfant nu, pendu au plafond, pieds et les mains liés alors qu’il est photographié par un homme au regard lascif et aux intentions visiblement perfides dans un bâtiment en ruine. L'homme pose ensuit son appareil photo, s'approche du garçon, vérifie qu'il est encore en vie et lui lèche la figure. Puis il sort de la pièce, grimpe des escaliers pour monter sur un toit et se jette dans le vide !
On peut difficilement faire plus terrible !
Dans la séquence suivante, on retrouve le même homme cloué au lit, immobile, entièrement enfoui dans un poumon d’acier qui, seul le maintient en vie et d’où n’émerge que son visage. Cet homme,c’est Klaus Klaus, un médecin de l'ancien régime nazi, récemment exilé en Espagne. Sa femme vit en semi-esclavage, sa jeune fille est solitaire et introvertie.
Une nuit, comme sorti de nulle part se faufile dans la maison un étrange jeune homme qui prétend être un infirmier. Il se propose de prendre soin de Klaus et se heurte à la réticence mais face à l’insistance de Klaus, elle finit par accepter et le jeune homme s’impose… Et je ne peux vraiment pas vous en raconter plus...
Un des films les plus incroyables et dérangeants de ma vie de cinéphile pourtant bien pleine de films tordus. Du coup j’ai bien du mal à comprendre comment un tel film soit pratiquement oublié aujourd'hui. L’atmosphère y est sombre et étouffante.
Ce n'est pas seulement un drame exceptionnel qui reflète les conséquences de la guerre, c'est aussi une représentation monstrueuse de la terreur psychologique la plus pure et la plus incompréhensible jamais vue dans un film (à l’échelle nationale espagnole, c'est sûr.

Agustin Villaronga sait comment mener à bien cette histoire terrible, qui parle de folie et de vengeance, d'ambition et de mépris pour l'être humain, avec toile de fond , les horreurs des camps de concentration :
Des histoires non avouées sur des tortures horribles et des exécutions qui sont racontées par une voix off qui lit les carnets du médecin et donne encore plus de poids à l'horreur.
Le film oscille entre drame et terreur avec un équilibre précis.
L'obsession du jeune intrus, à la limite de la folie, atteint une proportion inimaginable et déconcertera le spectateur le plus avisé.
La conclusion du film nous fait connaître en profondeur la folie causée par le traumatisme et l'impuissance, sans faire de concessions. Celle d’un esprit instable qui hésite entre l’admiration et la haine, dans une ambivalence malsaine qui le fait renier son propre être,
Villaronga surprend par la crudité de son propos et de sa mise en scène et impose une atmosphère tendue, malaisante et perturbant.
Ça va très loin dans l’horreur psychologique, mais c’est aussi une leçon de cinéma à bien des égards et on remarquera le talent de Villaronga qui sait remarquablement bien nous donner l’impression de tout nous montrer alors qu’en réalité il ne montre rien frontalement (À l’inverse du Salo de Pasolini) pour que notre imagination soit responsable de ce que l’on voit, de ce que l’on entend, de ce que l’on ressent… Un peu à l’image de la scène de la douche dans Psychose où la lame ne touche jamais la victime ou des dents de la mer, où le requin n’apparaît qu’à la fin du film.
Chef-d'œuvre du cinéma espagnol.
Facebook groupe : #cinemaetlitteraturegay
Shawn777

805 abonnés 3 929 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 octobre 2023
Premier long-métrage très surprenant d'Agustí Villaronga et sorti en 1987, dont je n'attendais pourtant pas grand-chose, est très bon ! Effectivement, même si le pitch m'intéressait, le film ne m'attirait pas spécialement, du moins certaines images que j'avais pu voir qui reflétaient un film à l'ambiance crasse et au rythme peut-être un peu trainant. Et c'est honnêtement sans surprise que j'y ai retrouvé ces deux éléments mais ils s'incorporent dans un film tellement fascinant que ce rythme lent en devient hypnotisant et cette ambiance crasse correspond parfaitement au ton du récit et à son propos. Nous suivons ici un ancien nazi et pédophile, coincé dans un tube en verre lui permettant de respirer après une tentative de suicide. Un témoin de ses crimes se fait passer pour un infirmier pour prendre "soin" de lui. Si le ton du film est déjà donné par ce synopsis qui rappelle d'ailleurs un peu la nouvelle "Un élève doué" de Stephen King (par certains aspects seulement), la scène d'introduction s’occupe quant à elle de mettre tout de suite le spectateur dans le bain avec une scène crue et profondément choquante. Mais ce n'est pas la pire du film, loin de là, le film s'enfonce dans la noirceur mais surtout dans la violence psychologique mais ce n'est jamais de la violence gratuite. Non, c'est au contraire une violence qui questionne et qui est d'ailleurs rarement mise en scène (mis à part certains meurtres) ; c'est une violence qui passe surtout par notre propre imagination, notamment lorsque le jeune homme lit les fantasmes que l'ancien nazi a couché dans son journal. spoiler: Fantasmes que "s'amuse" d'ailleurs ensuite à reproduire le jeune homme
, ce qui rend le tout d'autant plus gênant, surtout qu'on ne sait pas où tout cela va nous mener. Ce qui rend le twist final d'autant plus surprenant et je vous invite d'ailleurs à ce propos à ne lire aucun synopsis (que ce soit sur AlloCiné, SensCritique, Wikipedia etc.) qui spoile allégrement la fin malgré eux. Concernant les acteurs, tous sont excellents et en particulier David Sust, convainquant du début à la fin avec un rôle pourtant très difficile à jouer. "Prison de cristal" est donc un film malsain qui met autant mal à l'aise qu'il fascine.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 janvier 2024
Prison de cristal est le premier long-métrage réalisé par Agustí Villaronga. Malgré un petit budget, cette première réalisation est remarquable tant dans son contenu que dans sa réalisation. Il est en effet bien difficile de reprocher quoi que ce soit à ce premier film très maîtrisé et abordant un contenu extrêmement difficile à traiter. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/lumiere2023/#PC
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