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inspecteur morvandieu
98 abonnés
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3,0
Publiée le 30 août 2026
Bien que l'intrigue de "La cage aux hommes" semble pour le moins improbable, le film de Russel Rouse ne déshonore pas la série B américaine. C'est vrai que la tentative d'évasion d'Arnie Judlow, avec la complicité de son frère et sosie Bill, n'est pas très réaliste et que, malgré sa réputation sévère, la prison de San Quentin prend rapidement des airs de passoire. Pourtant, le récit est efficace, l'action plus ou moins ingénieuse tandis que le rythme de la mise en scène ainsi que la présence, pas plus utile que ça, d'une blonde peroxydée entretiennent agréablement le style de la série noir. Le charisme de Jack Palance, d'une indéniable présence dans ce rôle principal (et pas seulement parce qu'il est double), fait le reste. On peut regretter simplement que le réalisateur n'ait pas poussé plus loin la comparaison, qui aurait eu pour effet d'épaissir le sujet, entre les deux frères, l'un incarnant le parfait mauvais garçon, l'autre un brave type plutôt scrupuleux. A cet égard, le dénouement est aussi surprenant que moral. L'utilisation du cinémascope et du noir et blanc donne par ailleurs une belle apparence au polar.
Tout ce que fait Russel Rouse est bien et original, aucune de ses mises en scènes ne s'oublient ce qui est le meilleur des critères. D'autre part, ce film est particulier comme tous ceux dans lesquels l'acteur principal tient deux rôles. On se plaint souvent de voir trop peu Jack Palance, c'est le moment d'en profiter. Il est parfait, autant dans le rôle du méchant que dans celui du gentil. Le suspense démarre vers la dixième minute pour ne cesser que cinq minutes avant la fin, ce sont d'ailleurs ces cinq dernières minutes qui constituent le seul point un peu faible du scénario. En effet, le coté moralisateur n'a guère de place dans cette histoire et le directeur de prison semble bien trop angélique d'autant que San Quentin est remarquablement filmée avec une sobriété qui l'a rend crédible, ce qui n'est presque jamais le cas à chaque apparition dans d'autres films. Coté réalisme, une phrase retient particulièrement l'attention ''quand un ancien boxeur se sert de ses poings c'est exactement comme s'il utilisait une arme''. Tout est traité de cette façon ce qui donne une crédibilité à une histoire pourtant totalement issue de l'imaginaire. L'héroïne du film est excellente et sa motivation basée sur le remord ne fait qu'augmenter ses angoisses face à ce qu'elle a décidée de faire, ce qui est pourtant fort peu par rapport à ce qui incombe à son beau-frère. Rouse fait partie de la dizaine des grands cinéastes du passé qui ne sont pas à la place qu'ils méritent dans l'histoire du cinéma.