Faust, une légende allemande
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ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 mars 2026
Avec Faust, une légende allemande, Friedrich Wilhelm Murnau déploie une fresque expressionniste d’une puissance visuelle saisissante, où ombres et lumières sculptent un imaginaire presque mythologique. La figure de Faust, tiraillée entre tentation et damnation, s’inscrit dans une dramaturgie grandiloquente qui privilégie le symbole à l’émotion. Murnau enchaîne des tableaux d’une beauté plastique remarquable, mais cette succession d’images tend parfois à figer le récit dans une solennité un peu distante. La dimension morale et métaphysique, très appuyée, peut donner le sentiment d’un didactisme pesant. Reste une œuvre majeure du cinéma muet, fascinante par sa mise en scène, mais dont la froideur relative limite l’impact émotionnel.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2026
Sorti en 1926, ce film muet est la dernière œuvre allemande de Murnau avant son expatriation aux États-Unis, où il mourra 5 ans plus tard dans un accident de voiture. Considéré comme un chef-d’œuvre du cinéma expressionniste, Faust est une adaptation du mythe moderne illustré par Goethe (en 1808 et 1832). Célèbre histoire d’un vieux savant qui scelle un pacte avec le diable pour accéder au savoir universel et à la jeunesse éternelle, le film s’ouvre sur des séquences impressionnantes de beauté noire, d’une créativité folle et qui n’ont rien à envier au cinéma d’horreur contemporain. S’égarant dans des séquences comiques un peu longuettes dans sa deuxième partie, ce Faust de Murnau se clôt sur des scènes somptueuses, où la mise en lumière et le sens de l’espace sont magnifiés. Il reste un incontournable dans sa symbolique de la lutte du bien contre le mal.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 janvier 2026
La dernière image ? Tant et tant... Des images folles mais peut-être vais-je retenir deux moments : le premier est ce travelling invraisemblable alors que Faust est entraîné par Mephisto sur sa cape volante. Je ne sais toujours pas comment ce morceau d'anthologie a pu exister. J'aimerais en percer le secret. L'autre moment pour son émotion dingue est ce moment où Gretchen, véritable statue de la Vierge Marie à moitié ensevelie, croit dans son agonie déposer son bambin dans un landau alors que la tempête de neige bat son plein... Mais tant d'autres !
D'abord, je me dois de dire combien j'ai été estomaqué par ce Faust qui pour l'époque (1926 !!!) mais encore aujourd'hui vous laisse sur le derrière après un coup net à l'estomac. C'est le premier Space Opéra de l'histoire du cinoche, il n'y a pas d'autre mot. Je ne vois d'ailleurs que Tarkovski, Russell, De Palma ou Boorman plus tard à pouvoir se hisser à de telles altitudes...

Des décors aux éclairages, des effets spéciaux au jeu magnifique d'Emil Jannings (déjà exceptionnel dans Le Dernier des hommes), on est pris dans le mythe et la caméra parvient à nous le rendre palpale, crédible, on en reste baba... Chaque plan est un tableau, une peinture jouant sur les clairs et les obscurs pour illustrer l'indémodable lutte entre le Bien et le Mal.

Par ailleurs, Les visiteurs du Soir (1942) que mon père adorait, que j'ai tant aimé dans une veine fantastico-poétique magnifiée par le génie de Prévert, m'apparaît soudain comme un film ayant puisé directement sa substantifique matière dans Faust. On comprend en le voyant la parenté "Mephistophélique" évidente qui se dessine entre Jules Berry et Emil Jannings. Mais d'autres idées émanent de Goethe et du film de Murnau : le duel et la mort du frère provoqués tous deux par le Diable (on retrouve cette idée avec Dominique alias Arletty à l'origine d'un duel à mort dans le Carné). Egalement cette belle idée que Gretchen ne reconnaisse pas tout de suite son amoureux (même idée dans les visiteurs du Soir avec l'amnésie provoquée par le Diable)... Bref toute la divine poésie fantastique de Faust réside dans cette idée majestueuse que l'amour triomphe du mal même quand tout est perdu. Ce final peut d'ailleurs rappeler celui des Proscrits (V. Sojsberg)

On est entré ici par le conte fantastique (Hoffman, Dante, Poe), on a vécu le conte Horrifique (. Lovecraft) par ses décors cauchemardesques traversés par des cavaliers de l'Apocalypse tout droit sortis des enfers et l'on finit sur le bûcher de la sainte Jeanne d'Arc (ou presque) en célébrant le mot le plus beau du monde : LIEBE.

Ich Liebe dich Faust !
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 décembre 2025
Et que veux-tu que je te dise, mon pote ? T'as beau retourner le truc dans tous les sens encore et encore, c'est toujours la même conclusion : Murnau, c'est Murnau et y a rien à y faire. Son cinéma et ses films ne vieillissent pas. Tiens, prenons l'exemple de "Faust" : on parle d'un film qui va souffler sa centième bougie l'année prochaine et il n'existe aucun cinéaste actuellement qui a les épaules pour le refaire à l'identique et avec la même puissance. Absolument aucun. Rien que la toute première scène, aucun mec n'est capable de la tourner comme il se doit. Mais, il me faut être totalement honnête : ce film n'est pas aussi parfait que je veux bien le dire. Parce qu'après une preùière demi-heure d'une noirceur terrifiante et d'une force cinématographique quasi tellurique qui n'a jamais trouvé d'équivalent depuis, on se trouve face à quelque chose qui perd très doucement mais sûrement en intensité avant de redécoller à pleine gomme dans le final. Alors oui, imparfait narrativement, mais visuellement et techniquement, t'es face à un truc qui vient tellement d'ailleurs que tu passes l'éponge.
Iloonoyeil
Iloonoyeil

88 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 février 2025
Bonjour tout le monde, Voici un chef d'œuvre du cinéma muet ! Friedrich Wilhelm Murnau réalise des prodigieuses images cinématographiques dans ce film génial et mystérieux ! Admirer ! Cordialement. Gérard Michel
Le Cliopathe
Le Cliopathe

10 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mai 2024
Escapade dans les méandres du passé.

D'habitude, je suis assez rebuté et grimace quand j'ai à faire à un film muet, (je n'y suis pas encore assez familier) mais pour le coup, j'ai été captivité par le film de Murnau, qui m'a, par la même occasion, fait découvrir le mythe de Faust dont je n'avais que vaguement entendu parler.

L'histoire tragique spoiler: (ou romantique, vu la fin ?)
de ce vieil homme qui, prit de désespoir à une époque malmenée par la peste, pactise avec le diable, est d'autant plus touchante avec cette bande son qui nous plonge dans une profonde mélancolie.

Les jeux d'acteurs, théâtraux, romanesques à l'excès, peuvent faire rire et paraitre bien décalés pour aujourd'hui, mais l'expérience dans sa globalité m'a été bien agréable.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 avril 2023
Des effets visuels d’une qualité et d’une créativité étonnantes pour ce film expressionniste de 1925 à ranger dans les incontournables d’une culture cinématographique digne de ce nom. A noter dans la distribution la présence de la chanteuse Yvette Guilbert dans le rôle de la tante.
riverainpsy
riverainpsy

44 abonnés 433 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2021
Si le film a forcément beaucoup vieilli au niveau du scénario ( qui synthétise habilement de nombreuses variations du mythe) et déroule sa deuxième partie longuement , néanmoins c'est un monument du cinéma : un festival de techniques nouvelles et d'inventivité , une merveille visuelle mêlant expressionisme , références à Rembrandt ou Gustave Doré, travail d'orfèvre sur les décors ... Bref un peu long au niveau narratif mais un régal absolu pour les yeux .
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 décembre 2020
La justesse absolue de la mise en scène justifie à elle seule le visionnage de ce film remarquable dans son traitement des lumières et des symboles, de même que la prestation d'Emil Jannings en Méphistophélès, terriblement loufoque. Mais le didactisme appuyé, la théâtralité de certains interprètes et la redondance de quelques effets ancrent ce Faust dans son temps, nous le rendant moins puissant, voire longuet. A visionner sans conteste, avec une remise en contexte.
Vincent D
Vincent D

6 abonnés 123 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juillet 2019
je me fais toujours un peu violence quand je décide de voir un film muet mais en l'occurrence, putain que c'est beau !!! ( excusez mon langage, c'est parti tout seul)
Comme la peinture , le cinéma est aussi un art pictural et à ce niveau le Faust de Murnau est un véritable chef d'œuvre.
Un des plans les plus marquants ( il y en a plein d'autres) est celui de la scène magistrale de Méphisto qui tendant ses ailes sur le village et bloquant le soleil émet le brouillard de la peste noire sur les habitants. Mais quand Mephisto reprend sa dimension humaine pour tenter Faust, le film n'en reste pas moins grand mélangeant des scènes d'ordre naturalistes à d'autres expressionnistes plus spectaculaires et permettant ainsi de lui donner un équilibre et d'éviter de tomber dans la grandiloquence .
L'autre intérêt du film est qu'ayant tous un peu entendu parler de Faust sans savoir trop de quoi il en retourne ( sauf pour des gens plus cultivés que moi) le film est à la dimension de la légende et lui donne l'ampleur qu'elle mérite
Dorénavant j'aurai marqué à jamais en mémoire le plan de Marguerite qui à l'image d'une pietà incarne la douleur absolue en tenant ( ou en croyant tenir) son enfant mort dans les bras.
En gros c'est tellement beau que Murnau a du sans doute passé un pacte avec le diable pour réaliser ce film....
.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juillet 2018
Il suffit parfois d'un plan pour qu'un film bascule, pour que notre perception change, comme un élan soudain qui nous fait dire le mot "chef-d'oeuvre". Il suffit d'un mot s'illuminant sur l'écran comme le cri de rage d'une victoire étincelante pour que "Faust" ne soit plus seulement un grand film incontestable, formellement abouti, mais bien le chef-d'oeuvre suprême qui, pour faire éclater la lumière, aura dû aller au tréfonds des ténèbres. Le mythe est bien connu, le pacte faustien consistant à vendre son âme au diable en échange d'une jeunesse éternelle : toute la première partie du film s'emploie à décrire le rapport de Faust aux opprimés de sa ville puis sa rencontre avec Méphisto et la manière dont le savant cède à la tentation. Lors de ces quarante-cinq premières minutes, chaque plan fait événement, regorge d'une trouvaille visuelle novatrice; le film s'apparente alors à un pur objet de mise en scène absolument sidérant, jusqu'au point où l'on se demande comment Murnau va pouvoir relancer la machine et tenir une heure de plus. C'est alors que la noirceur visuelle, celle qui gagne le ciel et les toits des maisons, va s'inviter dans le mélodrame, soit la rencontre entre un Faust rajeuni et l'innocente Marguerite. Les apparitions de Mephisto prennent alors une tournure aussi grotesque que glaçante et prolongent le mal jusque dans l'histoire d'amour avortée, devant soudainement s’éclipser pour laisser place au drame. Apogée de l'expressionnisme allemand dans la mesure où l'architecture suggère à des degrés variables un monde en perdition et le vertige d'une descente aux enfers, "Faust" emploie sa structure plastique pour réfléchir sur l'opposition entre le bien et le mal, sur les moyens de combattre les forces obscures.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2017
Le style gothique de l'oeuvre n'est pas à son avantage dans les sorties modernes. La faute à la musique, terriblement atroce.....
Sinon cinématographiquement c'est superbe et l'histoire est déjà à la base un formidable creuset pour décrire les sentiments humains au-delà de leur apparence, c'est-à-dire de leur diction. Ici c'est la façon dont s'exprime l'être qui est mies en avant et c'est très beau.
Grouchy
Grouchy

140 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mars 2016
Les plus grandes légendes allemandes dans le cinéma expressionniste ont de quoi promettre de belles images. Murnau apporte un grand soin à la direction artistique, que ce soit aux costumes et à la lumière.
Les effets visuels et lumineux, bien que dépassés aujourd'hui, plongent le film dans une ambiance unique. Les inspirations sur les arts médiévaux se font ressentir, surtout dans les séquences de l'amante perdue dans la neige, évoquant une Piéta, et le laboratoire de Faust rappelant l'astronome de Vermeer. Les acteurs surjouent mais c'est pour une bonne cause, l'humour est présent malgré les fortes tensions dramatiques. En revanche, le scénario est presque à la ramasse. On passe d'un début intéressant avec Faust tentant d'éradiquer la peste avec le Diable, d'un retour en arrière sur sa jeunesse. Et le film se termine sur cette partie. Pourquoi n'avoir pas résolu la première intrigue ? C'est de là que sont partis les accords entre Méphisto et Faust. De plus le film semble extrêmement long par ce rajout soudain de nouvelles intrigues qui sont presque du hors-sujet. Beau, gothique à souhait, Faust de Murnau déçoit et émerveille à la fois.
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 février 2016
Je retrouve dans ce *Faust* les mêmes qualités et défauts que j'avais relevé dans *Nosferatu*, à savoir quarante cinq première minutes très bonnes et captivantes et une seconde moitié de film jusqu'aux dernière minutes beaucoup plus lent, redondant et limite en inadéquation avec le reste du film. C'est exactement ce qui s'est passé avec ce Faust, j'ai beaucoup aimé la première moitié, extrêmement bien mise en scène, très intéressante, tant au niveau de l'histoire que du rythme installé. Une fois qu'on se retrouve dans le petit village, le film commence à tourner en rond et à s'étirer en longueur sans forcément de justifications, on s'éloigne même de la teneur symbolique de la première moitié pour tomber dans du mélo et de la comédie pas toujours très justes, du moins selon mon point de vue. Néanmoins, à la différence de *Nosferatu*, le dernier quart est très réussi et relève le niveau du second tiers.
*Faust* est donc un film que j'ai globalement apprécié, j'ai d'ailleurs eu la chance de le découvrir dans le cadre d'une séance de "Ciné-Théâtre" plus que réussie. Il fait preuve de qualités techniques, narratives et rythmiques indéniables mais souffre de longueurs dans le second tiers et surtout d'un basculement dans le ton qui m'a quelque peu déçu.
A voir tout de même, bien plus captivant que *Nosferatu* et plus intéressant en terme de mise en scène !
trineor
trineor

204 abonnés 33 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 janvier 2015
Une œuvre crépusculaire, d'une beauté visuelle absolue et marquée dans le drame par sa soif des grandeurs. À peine reprocherait-on au film, après une première demi-heure d'une noirceur et d'une puissance cinématographique insensées, de s'affaisser quelque peu dans des digressions comiques intruses, que déjà la dernière partie resurgit de façon fulgurante et tragique. Du reste, parler pour décrire Faust de son ambiance irréelle, de sa poésie glaciale et déchirante, de sa photographie ineffable ou de la composition remarquable des cadres, c'est chaque fois dire encore trop peu... sans doute vaut-il mieux parler d'un grand film, donc - peut-être le meilleur de Murnau, assurément l'un des plus beaux de l'histoire du cinéma, et quoiqu'il en soit une histoire magnifique, dite avec des images d'un chagrin et d'une splendeur à rompre l'âme, à briser le cœur.
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