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Yasujirô Rilke
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5,0
Publiée le 24 octobre 2008
Welles, cinéaste shakespearien par filiation, reconnaît n’admettre qu’Akira Kurosawa pour toucher à son maître dramaturge. «Ran» (Japon, 1985) atteint les sommets de la longue relation Kurosawa-Shakespeare. Comme chez Shakespeare où l’homme est replacé dans les flux que mène à son grès la volonté du Destin, chez Kurosawa, l’être humain, qu’il soit grand seigneur ou bouffon du roi, est positionné dans le cadre de la Nature, remis en contexte de son foyer originel pour mieux l’y confronter à sa propre corruption. Suivant le canevas du «Roi Leare», «Ran» y additionne une virtuose plastique dans laquelle le cinéaste atteint la plénitude esthétique. Les errements d’un grand seigneur âgé offre à Tatsuya Nakadai un de ses plus grands, puisque plus dignes, rôles en la personne d’Hidetora, Leare japonais. La grandeur épique de l’œuvre, soutenue par une longue durée, des costumes et des décors d’une fastueuse somptuosité, érige le film au rang du sublime, non pas un sublime abscons que l’usage a érodé, mais un nouveau sublime nourri des apports esthétiques picturaux traditionnels rendus singuliers par une modernisation au travers d’un vocabulaire basé, essentiellement nippon, sur la notion de vide et de plein. Entre feu et expression du visage, monts et corps de cavaliers, gestes amples et murs de pierre immuable, l’homme en action se heurte à l’infini naturel de la Terre. La lutte des fils pour le royaume, agrémentée de milles soldats, paraît ridicule sur les plaines des verdures. Au final, le champ de batailles, originellement olivâtres, est recouvert du rouge du sang des hommes. Avaient précédés au massacre final, des nuits d’un noir mortuaire, des attentes dans la brume, à la lueur d’un rouge prophétique. Au final, le corps d’un seigneur, réduit à celui d’un homme lambda, se meurt sur le sol et jouit enfin de quitter la petite vulgarité des humains pour rejoindre la belle éternité que lui promet, depuis le début du film, les amples paysages de la Nature.
Film historique ou pseudo historique japonais à grand spectacle impressionnant. Dramaturgie inspirée de Shakespeare avec l'inspiration d'un fameux réalisateur. Cependant le tout s'il est bien réussit n'est pas réjouissant, ce qui s'inspire de Shakespeare n'est cependant pas du Shakespeare dont les histoires sont tout de même sinistres à souhait.
J'ai du mal à mettre la note maximale de par son statue culte. L'histoire est bien, le film bien réalisé (normal pour du Kurosawa !), et il y a quelques passages humoristiques. Mais je n'arrive pas à accrocher totalement. Surtout réservé aux amateurs de films épiques à l'ancienne.
Je n'ai malheureusement pas accroché à Ran. La première heure m'a conquis m'a conquis avec le déchirement de la famille et la grande bataille grandeur nature, j'étais totalement captivé. Cependant, le ton très froid et antipathique des personnages fait que c'est dur de rester concentré à les suivre. On ne ressent aucune émotion et il y a au final très peu d'action. Si on rajoute à ça que le film est très long, je trouve qu'on s'ennuie beaucoup devant Ran malheureusement.
S'inspirant du Roi Lear de Shakespeare en le transposant dans le Japon féodal du XVIème siècle, Akira Kurosawa réalisa cette fresque guerrière aux images impressionnantes, longue (2h40) et au scénario complexe. En résulte un film ambitieux et violent sur les intrigues du pouvoir, la famille, la vieillesse, la solitude, le pardon et le remord.
"Ran" est le dernier "grand" film de Kurosawa. Désenchanté et mélancolique, "Ran" voit Kurosawa revenir comme il le fit souvent à un sujet qui lui était cher: la nature du pouvoir ( "Kagemusha" et "Le Chateau de l'Araignée" venant imméditament à l'esprit). Ici, ne reste rien de l'humanisme "positif" qu'un "Rashomon" nous offrait. Vanité, corruption, inéluctabilité de la mort, absurdité, Kurosawa nous tend un mirroir effrayant. D'une plasticité inégalée, rarement l'image ne fut d'une beauté aussi désespérée.
J'ai le souvenir d'avoir dit que chaque plan de Kagemusha pouvait être érigé en peinture. Mais je constate que ce fil n'était en quelque sorte que le prototype de ce qu'allait être Ran. Je ne m'attendais pas à ce que les ambitions artistiques de Kurosawa soient aussi élevées, et ce qu'il a fait relève du prodige. La composition picturale est vraiment belle à s'en crever les yeux. La beauté de la photographie n'a d'égal que la laideur du conflit raconté. L'historie part d'une simple affaire de passation de pouvoir : un seigneur, commençant à sentir le poids des années, décide de partager son fief entre ses trois fils, mais la répartition suscite rapidement colère et jalousie et poussera le clan dans le chaos. Les personnages prenant part au conflit sont amers, étranges, parfois difficiles à cerner. C'est par exemple le cas du bouffon, dont les motivations sont assez floues. Après que la guerre ait éclaté, il reste proche du seigneur, à tel point que le rapport de force s'inverse. Il développe envers son supérieur une attitude paternaliste, à la fois tragi-comique et nauséeuse. Chaque personnage intervenant directement dans le conflit est motivé soit par un désir de vengeance, soit par pur égoïsme. De ce fait, les intrigues politiques sont passionnantes à suivre, d'autant plus que le réalisateur insuffle aux enjeux un côté pesant très shakespearien (j'apprendrai plus tard qu'il s'agit d'une adaptation du Roi Lear). L'aspect fataliste du récit se ressent beaucoup dans l’œuvre, grâce aux images à connotation religieuse. Présents en grand nombre, les plans sur les nuages et le soleil suggèrent que toute l'affaire n'est qu'un jeu macabre orchestré par les dieux. Ces plans sont bien évidemment marquants du fait de la symbolique qu'elles véhiculent, mais aussi des moyens mis en place pour créer l'effet voulu. Parce que faire en sorte qu'un rayon de lumière accompagne un messager qui traverse un champ de bataille quand on tourne en décors naturels, c'est fort, très fort. Décidément, Akira n'a pas fini de me surprendre. Il mêle habilement de superbes peintures à une histoire sombre et tragique pour faire de Ran l'une des plus belles fresques couchées sur pellicule.
Ran est un bon film, dans lequel on assiste à 2h30 de belle image dans de magnifiques décors. Les acteurs sont très bons, les costumes très beau et un scnéario intéressant. Ce film possède pour moi un seul défaut, c'est que malgré un bon scénario le film n'a pas réussis à me captivé, j'ai sentis des longeurs et parfois trouvé des scènes inutiles. L'ensemble reste bon et la beauté des images fait son effet.
Ran est un nouveau chef d’œuvre pour Akira Kurosawa qui parvient à filmer des tableaux de maître, tout en racontant une magnifique histoire de vengeance et de cruauté. Inspiré par le roi Lear, on sent l’influence de Shakespeare à chaque instant, tout en étant brillamment transposé dans le Japon féodal au cœur des luttes de clan. Marqué par un humanisme constant qui permet de transfigurer les personnages, le long-métrage est certes lent et plutôt bavard, mais il n’exclut aucunement les morceaux de bravoure. On admirera notamment ces plans de toute beauté sur des champs de bataille où gisent les corps décharnés et déchiquetés des combattants. On sent à chaque instant le dégoût de Kurosawa pour la violence et la guerre. Il en tire une œuvre essentielle qui constitue l’un de ses derniers chefs d’œuvre.
La beauté formelle du film est à couper le souffle. Chaque plan, semblable à des tableaux vivants, contribue à l'immersion totale dans cette tragédie familiale et politique. Le travail sur la couleur, en particulier le rouge sang, et sur le cadrage, ajoute une dimension presque mystique à l'ensemble, soulignant la folie grandissante de Hidetora Ichimonji. Cette dimension mystique, incarnée dans la perte de repères entre la réalité et l'au-delà, enrichit le film d'une profondeur rare. Ce qui est également captivant, c'est la manière dont le film aborde la guerre et le pouvoir. Inspiré par « Le Roi Lear » de Shakespeare, Kurosawa construit une fresque épique où les scènes de batailles, d'une ampleur et d'une intensité rarement égalées, servent de toile de fond à une réflexion sur l'ivresse du pouvoir et ses conséquences désastreuses. La performance des acteurs, la majesté des décors et la puissance évocatrice des images contribuent à faire de « Ran » un chef-d'œuvre homérique du cinéma japonais. Mais au-delà de sa grandeur esthétique, « Ran » est une méditation désespérée sur la condition humaine, sur la violence intrinsèque à l'homme et l'absurdité de la guerre. Le film se révèle être une critique acerbe de la folie meurtrière, où même la nature et les dieux semblent impuissants face à la déchéance morale et spirituelle des personnages. WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU (TOME 1) et LE CIMETIERE DES SQUAWS (TOME 2) (Amazon Kindle).
Ran est un très beau film d'Akira Kurosawa, toujours aussi impressionnant. L'histoire, fortement inspiré du roi Lear de William Shakespeare est magnifique. La tragédie y atteint son paroxysme. La retranscription dans l'univers médiéval japonais est très réussie. Les acteurs sont bons. Les décors sont sublimes (de magnifiques montagnes vertes). Les scènes de guerre font preuve de beaucoup de réalisme. Les stratégies guerrières sont très intéressantes à suivre. On voit que le réalisateur a vraiment investi de l'argent dans ce film lorsque l'on regarde la dimension épique des combats, avec des milliers de figurants et de costumes. C'est vraiment impressionnant si l'on se dit que le film a tout de même 40 ans et qu'il ne sort pas des studios hollywoodiens. Peut-être le meilleur film du réalisateur, j'ai adoré.
Transposition japonaise du Roi Lear de Shakespeare, ce film du grand Kurosawa a nécessité un très gros budget en partie français. Tourné au Mt Fuji (le tournage lui-même a fait l’objet du film « AK », reportage sur les méthodes du Maître), la mise en scène et la photographie sont exceptionnelles avec des scènes très fortes (le vieux face à une de ses brus, la décapitation, les batailles, la prise du château) mais l’exposé de cette tragédie sur l’ambition et la vengeance demeure un peu confus.
Une fresque sensationnelle de la part de Kurosawa. La réalisation est très propre, les costumes magnifiques, et l'histoire introduit des questions touchant directement à la nature de l'homme et à ses valeurs : loyauté, respect des ancêtres ( verticalité ) et fidélité pour la fratrie ( horizontalité ), ou encore préjugés et convoitises. Kurosawa rappelle également que si les femmes ne possèdent pas les capacités de décision dans un système patriarcal, celles-ci sont capables d'influer au plus profond des décisions prises par les grands hommes. Enfin, mention spéciale pour Nakadai qui se grime aussi bien en chef charismatique qu'en vieillard mystique et fou